Comment lire la Bible

8. UNE BIOGRAPHIE : JACOB

Etudions la biographie de l’un des patriarches dont la Genèse nous retrace l’évolution : Jacob.

Qui est Jacob ?

Demandons-le à ceux qui l’ont connu de près : à Rebecca, sa mère : c’est « un homme simple et tranquille qui restait sous les tentes » (25.27), un garçon serviable et obéissant qui avait sa préférence. Si nous interrogions son père, Isaac, il nous dirait sans doute que son caractère tient tout entier dans son nom : Jacob = supplanteur, trompeur. Né en tenant le talon de son frère comme s’il voulait lui prendre sa place d’aîné, il cherche par deux fois à le supplanter et à lui ravir ses privilèges : par le plat de lentilles, et par la ruse employée pour obtenir la bénédiction paternelle.

Nous pourrions imaginer de même comment Esaü, Laban, Rachel et Léa le jugeraient si nous pouvions les interviewer. Le portrait qui se dégagerait de ces différents avis serait certainement fort nuancé : de bons côtés (gentil, docile), mais beaucoup de traits moins sympathiques : fourbe, égoïste, colérique, susceptible. C’est le portrait d’un arriviste qui n’hésite pas sur le choix des moyens pour parvenir à ses fins. Jacob : l’image de ce que nous sommes par nature, de l’homme que Dieu ne peut ni agréer, ni utiliser.

Que fait Dieu pour Jacob ?

Il ne se désintéresse pas de lui — comme nous l’aurions probablement fait. Il utilise ses erreurs mêmes pour l’éduquer. La ruse de Jacob l’oblige à fuir la maison paternelle, Sur le chemin solitaire de l’exil, Dieu va le prendre en main. Il commence par se révéler à lui : lire Genèse 28.10-15. Noter les conditions dans lesquelles se trouve Jacob (fatigué, pauvre, fugitif, peut-être commence-t-il à prendre conscience de sa culpabilité). Quel est le contenu du rêve donné par Dieu (à quoi sert une échelle) ? Quel mot revient 4 fois ? Pourquoi ? Quelles sont les 7 promesses que Dieu lui donne ? Pose-t-il des conditions à leur réalisation ?

Comment Jacob réagit-il à ces grâces ?

Lire v. 16-22. Pourquoi a-t-il peur (v. 17) ? Que fait-il ? Pourquoi ? Que signifie son vœu ? Jacob a-t-il compris ce qu’est la grâce ? Pourquoi pose-t-il des conditions à Dieu ? Pourquoi promet-il la dîme ?

Que nous apprend cet épisode sur le caractère de Jacob ? Est-il prêt à accepter les promesses de Dieu ? Nos relations avec Dieu auraient-elles aussi pour base le marché — ou le marchandage ? Comment comprenons-nous les promesses divines ?

L’école de Dieu

Par une série d’épreuves humiliantes, Dieu brisera l’orgueil de Jacob et vaincra son incrédulité. Qu’apprend-il à Charan ? Quelles leçons lui donne Laban ? Faites le parallèle entre la tromperie dont Jacob sera victime et celle dont il fut l’auteur envers son frère. Quelles luttes marquent sa vie à Charan (avec Laban, dans sa famille, que nous apprennent les noms de ses enfants) ? L’infidélité de Jacob empêche-t-elle Dieu d’accomplir ses promesses ? Quels moyens Dieu utilise-t-il pour le ramener dans la terre des pères ? Comment se révèle-t-il à lui ?

Le chemin du retour

Comment Jacob prépare-t-il son retour (31.17-21) ? A-t-il changé ? Que fait Dieu pour lui (31.29) ? Quelle est la cause secrète du comportement fourbe de Laban et des difficultés familiales de Jacob (v. 30-32) ? Jacob a-t-il accompli son vœu de Béthel ? Quel est le bilan spirituel des années passées à Charan ? Pourquoi Dieu le bénit-il quand même ? Que pouvons-nous en apprendre ?

L’expérience décisive

Comment Jacob réagit-il à l’annonce de la venue d’Esaü ? Lire 32.4-5. En quoi place-t-il sa foi pour triompher de la difficulté ? Analysez le message qu’il adresse à son frère et demandez-vous à chaque mot pourquoi il le fait transmettre. Sa ruse réussit-elle (v. 6) ? Réaction de Jacob ? Quelle est sa première pensée pour faire face à la situation (v. 7-8) ? Quelle est la place de la prière dans son plan ? A-t-il foi en elle (v. 14-15) ? Quelle est la signification du stratagème relaté (v. 16-20) ? Jacob est-il entièrement rassuré par toutes ses précautions ? Quelles questions pouvait-il poser ?

« Alors un homme lutta avec lui ». Pourquoi Dieu choisit-il ce moment pour attaquer Jacob ? Peut-il permettre à un tel homme d’entrer dans le pays de la promesse ? Quelles signification pouvons-nous donner à cette lutte ? Que veut Jacob ? Que veut Dieu ? Qu’est-ce qu’il ne peut « vaincre » en lui ? Il le frappe à la hanche (symbole de sa force, de son indépendance), pourquoi ? Pourquoi l’ange veut-il quitter Jacob ? Que signifie cet abandon pour Jacob ? (Exclu de Charan par ses tromperies envers Laban, infirme, livré au courroux de son frère, abandonné par Dieu). Avons-nous passé par une telle heure de crise et de désespoir ? Qu’a pu penser Jacob ?

« Je ne te laisserai point aller que tu m’aies béni » : Quelle est la signification de ce cri de détresse pour Jacob ? Ce n’est plus l’ange qui lutte avec lui, mais Jacob qui lutte et qui supplie. « Il eut le dessus en pleurant et en demandant grâce » (Osée 12.5). Qu’a-t-il dû abandonner pour prendre cette nouvelle attitude ? Quelle est la seule arme qui lui reste ? (La promesse que Dieu lui a faite : « cette terre, je te la donnerai, je suis avec toi, je te ramènerai, je ne t’abandonnerai point ».) Application pour nous.

« Quel est ton nom » ? Quelle est la signification du nom en Orient, dans la Bible ? (c’est l’essence même de la personnalité de quelqu’un.) Que signifie Jacob ? Ce qui empêche donc Dieu de le bénir n’est pas ce qu’il a fait, mais ce qu’il est : trompeur.

Pour nous : reconnaître que l’échec de notre vie a sa source, non dans nos actes, mais dans notre nature pécheresse. Dieu peut pardonner à Jacob ce qu’il a fait, non ce qu’il est. Il ne peut donc le bénir. Jacob a perdu : il n’a plus d’argument, plus de confiance en lui, plus d’espoir. A ce moment-là, Dieu peut intervenir. S’il ne peut bénir Jacob, il peut le supprimer : « Tu ne t’appelleras plus Jacob ». Jacob, le supplanteur, est mort (cf. Gal. 2.20). « Tu t’appelleras Israël » (= Dieu règne) : c’est ce que Jacob ne connaissait pas et qu’il a besoin d’apprendre. Avons-nous passé par ce changement de nature ? « Et il le bénit là » : Pourquoi Dieu peut-il le bénir maintenant ? Que signifie le nom que Jacob donne à ce lieu (v. 31) ? De quoi Jacob a-t-il été guéri ? Quels changements pouvons-nous relever dans sa vie après Péniel ? Quelle est sa nouvelle attitude (Gen. 49.18) ?

La signification de son évolution pour nous

Jacob avant Péniel : compte sur ses propres ressources (raison, ruse, habileté), se met en avant (30.26, 33, 38-41) ; s’irrite lorsqu’on méconnaît ses droits (Gen. 31.36). Le MOI domine sa vie. Ce qui lui manque : la dépendance confiante de Dieu (cf. Jean 5.30 ; 7.28 ; 14.28), le règne de l’Eternel sur sa vie.

La crise : prise de conscience de sa nature, confiance dans la promesse divine (repentance, foi). Cette crise pour nous peut être la conversion, une expérience spirituelle marquante après la nouvelle naissance. Exemple : J. Penn-Lewis raconte une telle crise après sa conversion : « Je vis devant moi une main tenant une poignée de haillons sales : « voici le fruit de ton service pour Dieu ». Cependant, Seigneur, je me suis donné à toi, dis-je, et je t’appartenais durant toutes ces années passées. Mon travail a été pour toi. — Oui, mon enfant, mais tout ton service, c’est toi, le Moi consacré, le fruit de ton énergie propre, de tes plans personnels pour gagner les âmes, de ta propre piété. Tout pour moi, je l’accorde ; et cependant : toi.

Puis j’entendis une voix : « Crucifiée mais revêtue du Saint-Esprit. La Croix conduit à l’Esprit et l’Esprit ramène à la Croix… Dieu ne donne pas sa puissance au vieil homme, mais à ceux qui sont crucifiés » (J. Penn-Lewis, La Croix du Calvaire et son message, pp 54-57).

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