Ils sont nés deux fois

L’objet de la foi : la croix du Christ

John Sung

La conversion du Chinois John Sung eut lieu deux fois. Agé de 8 ans, il participa aux réunions de Hinghwa où Dieu accordait un véritable réveil. Il pleura sur ses péchés et accepta le salut que lui avait procuré Jésus en croix. « Dès lors, sa vie fut marquée par un amour exceptionnel de la Parole de Dieu, un besoin inaccoutumé de prier et une passion de témoigner qui n’auraient jamais pu naître dans une nature irrégénérée ». (L. Lyall John Sung p. 33).

Lorsqu’il avait 18 ans, il put se rendre aux Etats-Unis pour y faire des études de chimie et de mathématiques. Il gagna sa subsistance par différents emplois et se révéla brillant élève. Au terme de la première année, il était à la tête de sa classe. En 1923, il passa brillamment sa maîtrise avec mention, étant l’un des quatre meilleurs sur 300 étudiants, tout en ayant effectué son parcours universitaire en trois ans au lieu de quatre, malgré son handicap linguistique et ses travaux extrascolaires. Sa photo parut dans tous les journaux américains et il se vit offrir des postes d’assistant et une bourse de 1000 dollars pour étudier la médecine à Harvard. Il choisit de continuer ses études de chimie en vue d’un doctorat. Pour cela, il lui fallait connaître le français et l’allemand. Il avait un peu étudié la première de ces langues mais n’avait aucune idée de la seconde. En deux mois, il estima en connaître suffisamment pour comprendre des livres de chimie. En fait, on lui confia un gros volume rédigé en allemand qu’il devait traduire en anglais pour son examen. Il réussit son doctorat un an et neuf mois après avoir décroché sa maîtrise. Le gouvernement chinois lui fit parvenir une invitation à venir comme professeur à la faculté de médecine de Pékin, l’Allemagne lui proposa de travailler à ses frais avec d’autres chercheurs, maïs un soir, alors qu’il soupesait toutes ces offres, il lui sembla entendre : « Que servirait-il à un homme de gagner le monde entier s’il perdait son âme ? ». Après un entretien avec un professeur de l’Université wesleyenne, il se décida à s’inscrire à la faculté de théologie de New York.

La faculté où il étudia était très libérale ; tous les récits de la Bible étaient passés au crible de la raison, Jésus n’était plus qu’un modèle à imiter, sa mort substitutive et sa résurrection étaient rejetées. Sung se mit à étudier le taoïsme et le bouddhisme pour y trouver un sens à sa vie. La mystique bouddhiste le séduisit, mais son âme resta vide.

Un soir, il se rendit à une réunion d’évangélisation où il entendit une jeune fille de 15 ans annoncer l’Evangile. Son cœur en fut touché et il retourna tous les soirs à ces réunions. Il sortit de sa malle son Nouveau Testament qu’il n’avait plus ouvert depuis plusieurs mois. Il y chercha l’histoire de la crucifixion. Il se vit au pied de la croix où le Fils de Dieu expiait ses péchés. Alors il entendit une voix : « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés ». Aussitôt le pesant fardeau tomba de ses épaules. Une paix profonde l’envahit. Oubliant qu’il était minuit passé, il bondit dans le dortoir en louant Dieu à haute voix. Le lendemain, il témoigna courageusement auprès de ses professeurs et de ses camarades de ce qu’il avait découvert, les invitant à prier avec lui et à accepter le salut que Dieu leur offrait. Il brûla ses livres de théologie et ne lut plus que la Bible, apprenant des passages entiers par cœur en déambulant dans les couloirs. « Il avait vécu une seconde conversion » (Lyall p. 69).

Son exubérance fut jugée suspecte par les responsables du séminaire théologique. Ils y virent la manifestation d’un trouble psychologique et le firent examiner par un psychiatre qui décida son internement dans une clinique psychiatrique « pour une cure de repos » de six semaines. Mais au bout de ce temps, on refusa de le libérer. Ayant le sentiment d’avoir été trompé, il s’en prit violemment à son docteur — qui le fit interner dans la section des malades dangereux, d’où il s’’échappa et fut ramené par la police. Durant ce séjour de six mois dans la clinique, il lut quarante fois toute la Bible. Plus tard, il considéra cette clinique comme son véritable séminaire théologique.

Après avoir séjourné sept ans aux Etats-Unis et y avoir gagné les titres universitaires les plus élevés, il retourna en Chine. Sur le bateau, il sortit de sa malle ses diplômes, ses médailles et des clés d’or des différentes associations et les jeta par-dessus bord. « Ces choses-là ne signifient plus rien pour moi ».

Le soir de son arrivée à la maison, son père lui demanda d’accepter un poste à l’université pour l’aider à nourrir et à éduquer ses jeunes frères. Mais John était décidé à annoncer l’Evangile. Sans tarder, il se mit à évangéliser sa province et à former des jeunes chrétiens pour cette tâche.3

3 Lire le témoignage de sa vie dans Leslie Lyall John Sung « le moindre de tous les saints » Fontenay-sous-Bois, Ed. Farel 1987 (préfacé par John Stott).

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