La réponse à nos problèmes

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VOTRE ÉGLISE ET SES PROBLÈMES…

Pourquoi trouvons-nous parmi les chrétiens tant de différences d’opinion et des idées si arrêtées sur des questions de foi et de formes ecclésiastiques ?

Les raisons sont nombreuses. La foi chrétienne est si complexe qu’il est difficile à un homme de la voir dans sa totalité. Elle est semblable à un diamant aux multiples facettes dont on ne peut voir qu’une partie à la fois. Une autre raison est que parfois nous insistons sur un point particulier au-delà de sa signification stricte. Dans la foi chrétienne, il y a des choses essentielles et il y en a d’autres, plus ou moins importantes, qui ne portent pas à conséquence pour notre salut personnel. Parfois les hommes montent en épingle un point secondaire et en font un point essentiel. La faillibilité et la perversité de la nature humaine peuvent aussi nous amener à interpréter certaines vérités du point de vue strictement humain, nous faisant oublier leur signification spirituelle. Votre question est intéressante, mais permettez-moi de vous conseiller de regarder non aux différences existant entre les églises, mais à ce qui au cours de l’histoire a toujours réuni les chrétiens : la divinité de notre Seigneur, sa mort pour nos péchés, sa résurrection et son retour parmi nous. Si nous nous mettons d’accord sur ces points, au sujet desquels la Bible est très claire, nous pouvons nous différencier sur des questions de moindre importance. Un esprit disposé à argumenter glorifie rarement le Seigneur.


Pourquoi dites-vous toujours qu’un nouveau chrétien doit immédiatement se joindre à une Eglise ?

Pourquoi un nouveau-né a-t-il besoin d’un foyer ? C’est aussi simple que cela. Un enfant peut naître hors de la maison et une personne peut devenir chrétienne en dehors de l’Eglise, mais la nourriture et les soins sont essentiels au développement de l’un comme de l’autre. C’est dans un foyer qu’un enfant trouvera ce qui lui convient le mieux, et c’est dans l’Eglise qu’un chrétien découvrira ce qu’il lui faut.

Chaque Eglise est en puissance un centre de résurrection. C’est à elle que viennent ceux qui auparavant s’occupaient égoïstement de leurs affaires. En elle, leur horizon s’élargit et ils commencent à sentir les besoins des autres. Un des signes de la vie chrétienne est le désir de partager.

C’est dans l’Eglise qu’on est transformé d’individus égocentriques en membres dévoués de la société.

Seule l’Eglise donne la nourriture convenant à l’accroissement spirituel. Elle nous enseigne à croître dans la Parole, elle nous offre l’aide d’autres chrétiens quand nous sommes tentés de tomber. L’Eglise est une dispensatrice de nourriture spirituelle : elle développe l’homme intérieur jusqu’à sa maturité. Si elle manque à cela, elle ne remplit pas sa tâche.


Il n’y a pas longtemps que je suis chrétien. Pourriez-vous me dire comment je dois choisir mon Eglise ? Je désire faire partie d’une communauté prêchant l’Evangile fidèlement.

Comme évangéliste travaillant avec toutes les dénominations, ce n’est pas mon devoir de vous dire à quelle Eglise vous devez vous joindre, Cependant il est certaines qualités que l’on peut trouver dans des Eglises de toutes dénominations.

Tout d’abord et comme vous le dites vous-même, je choisirais une Eglise qui annonce fidèlement l’Evangile. Il n’est cependant pas suffisant d’avoir une saine théologie. Je choisirais donc une Eglise qui me donne la possibilité de pratiquer ce qu’elle prêche, et de vivre ce qu’elle croit dans la vie de tous les jours. J’aimerais une Eglise ayant de la tolérance pour les autres chrétiens, car trop souvent notre témoignage est affaibli par l’esprit critique et négatif que nous avons envers les chrétiens appartenant à d’autres groupements. Je prendrais encore une communauté qui accueille tous ceux qui ont un besoin spirituel, quel que soit leur rang social. Donnez votre préférence à une dénomination ayant l’esprit et la vision missionnaires et qui accepte de collaborer aux efforts faits pour annoncer Christ au monde. Enfin, je porterais mon choix sur une Eglise qui soit digne de mes dons et de mes offrandes et où-je pourrais avoir l’occasion de manifester mes talents et mes capacités pour la gloire de Dieu. Et quand j’aurais trouvé cette Eglise, j’espérerais simplement qu’elle soit assez indulgente pour m’accepter dans sa communion.


Il y a quelque temps j’ai promis à mon Eglise un don pour les missions. J’ai annoncé une grande somme, simplement pour impressionner les gens, et maintenant je ne peux pas la payer. Que va-t)il se passer? Pourrais-je être obligé de payer ? Que dois-je faire ?

Vous me faites penser aux pharisiens que Jésus a condamnés si vivement quand Il était sur la terre. Ils désiraient toujours être vus des hommes dans tout ce qu’ils faisaient. Ils disaient leurs prières publiquement, et quand ils faisaient l’aumône, ils voulaient que l’on sonnât de la trompette pour attirer l’attention sur leur munificence. Jésus a dit en parlant de ces gens-là : « Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense. »1 Vous avez reçu votre récompense au moment où vous avez promis votre don généreux.

1 Matthieu 6.2.

Je doute qu’une communauté cherche à forcer l’accomplissement d’une telle promesse. Mais vous devez encore répondre de votre engagement à Dieu. En réalité, c’était devant Lui que vous le preniez. Qu’allez-vous en faire ? Il n’y a aucune hésitation quant à la décision que vous devez prendre. Il vous faut, ou faire une déclaration publique de vos fausses intentions, ou demander un délai pour honorer votre promesse. En faisant cela, vous libérerez votre conscience devant les hommes, sinon devant Dieu. Vous devez, dans la repentance, vous tourner vers Dieu et Lui demander le pardon au nom de Jésus. Celui qui pardonne tout péché vous pardonnera aussi.


Mes amis prétendent que je ne suis pas chrétien, car je ne vais pas à l’église. Ne peut-on donc pas être religieux et bon sans être membre d’une Eglise ?

Ce n’est pas d’aller à l’église qui fait de quelqu’un un chrétien. Maïs il est un fait certain : refuser un contact avec d’autres croyants ne fait pas non plus de vous un chrétien.

J’imagine qu’il est possible de vivre selon les principes de la Loge maçonnique sans en faire partie. On peut approuver les principes du Rotary-Club sans en être membre, mais il me semble que pour être un bon rotarien ou un bon chrétien, il est bon d’avoir des contacts avec ceux qui ont la même optique que soi.

L’Eglise est la famille des croyants. Christ est mort non seulement pour chacun en particulier, mais pour l’Eglise tout entière. La Bible dit : « Christ a aimé l’Eglise, et s’est livré lui-même pour elle. »2 Si Christ a aimé l’Eglise au point de mourir pour elle, nous devons l’aimer assez pour nous associer à elle.

2 Ephésiens 5.25.

En nous joignant à une Eglise vivante, nous faisons connaître au monde où nous portons notre intérêt. Vous-même avouez que vos amis disent que vous n’êtes pas chrétien puisque vous ne vous rattachez à aucune Eglise. Si nous croyons vraiment en Christ, le moins que nous puissions faire est de nous identifier à ceux qui croient aussi. En le faisant, nous fortifions notre foi et nous donnons du poids à notre témoignage.


Notre Eglise a un programme très chargé ; en fait, quelque chose y est organisé chaque soir de la semaine. Je me rends compte de l’importance de ce travail, mais pour assister à chacune de ces réunions je devrais négliger ma famille. Pouvez-vous m’aider à résoudre mon problème ?

Remerciez Dieu d’être membre d’une Eglise active. Cependant je pense que votre pasteur serait le premier à vous encourager à ne pas négliger votre famille. La première responsabilité d’une mère, c’est son foyer et sa famille, ce qui ne veut pas dire qu’elle n’ait pas un devoir à accomplir dans l’Eglise.

Une mère très occupée doit trouver une juste mesure. La Bible dit qu’il y a « un temps pour pleurer et un temps pour rire… un temps pour déchirer et un temps pour coudre… un temps pour aimer… et un temps pour la paix »3. Si vous établissez le programme de votre semaine, vous trouverez du temps pour votre famille et du temps pour les activités de votre Eglise. Ces deux occupations se complètent très heureusement.

3 Ecclésiaste 3.4, 7, 8.

Ne faites cependant pas une trop grande différence entre votre foyer et l’Eglise, car leur but final, à tous deux, est le même : l’édification du caractère de vos enfants. Faites de votre foyer une congrégation dont vous êtes le berger. Que ce soit à l’église ou que ce soit à la maison, vous travaillez pour l’éternité.


Notre Eglise est si bien organisée qu’elle paraît ne plus laisser de place à la spontanéité ou à l’expression individuelle. Christ me semble disparaître sous l’organisation. Ai-je tort de voir la chose de cette manière ?

Non, je ne crois pas que vous ayez tort. Je suis persuadé que votre pasteur accueillerait volontiers les suggestions constructives que vous pourriez lui faire.

La plupart des pasteurs regrettent que leur congrégation ne participe pas plus activement à la vie de l’Eglise et je suis sûr que le vôtre serait heureux de toute spontanéité que vous apporteriez à la vie de la communauté.

J’espère que le jour ne viendra jamais où les Eglises abandonneront les études bibliques et les réunions de prière. Dans ces services, tous ceux qui le désirent devraient avoir la possibilité de s’exprimer. Les anciennes réunions de témoignages devraient être réhabilitées, car par ce moyen nous pouvons partager avec les autres notre foi et nos victoires, nos besoins et nos fautes.

Bien que nos possibilités d’expression paraissent se limiter au cadre de l’Eglise, il est important de savoir que nous avons une quantité d’occasions de témoigner à nos voisins et à nos amis de la puissance salvatrice de Christ. En vérité, il est beaucoup plus utile de témoigner à ceux qui ont besoin de Christ qu’à ceux qui Le connaissent déjà. Ayez du courage, soyez spontané dans votre témoignage chrétien !


Notre communauté projette de faire une nouvelle construction qui, me semble-t-il, dépasse nos possibilités financières. Mes amis sont emballés de la chose. Dois-je persévérer dans mon opposition et travailler encore dans cette Eglise ou dois-je la quitter par acquit de conscience ?

Comme chrétiens, nous ne nous trouvons pas toujours en parfait accord sur les décisions à prendre. Aussi longtemps que vos amis ne renient pas l’essentiel de la foi et qu’ils vous gardent leur amitié malgré votre désaccord, continuez à travailler avec eux. Il ne s’agit pas d’une divergence fondamentale, mais d’une question d’affaires. Nous devons, tout en n’étant pas d’accord, être capables de continuer à travailler ensemble avec amour pour amener des hommes à Jésus-Christ. Faites part de vos objections et si elles ne rencontrent pas l’approbation, acceptez cela de bon cœur, et continuez à travailler avec vos amis qui sont vos frères et sœurs en Christ. Le temps prouvera peut-être que c’est vous qui vous êtes trompé et non pas eux. Dans ce cas, vous aurez toujours vos amis et votre Eglise.


J’ai été élevé dans une famille très attachée à l’Eglise. Maintenant je suis mariée et je vis dans un endroit où il n’y a pas à mon avis d’Eglise fidèle. Pensez-vous que mon mari et moi devrions essayer de fonder une nouvelle Eglise ?

La plupart des grandes dénominations ont fondamentalement les mêmes doctrines. Il est vrai que certaines sont plus près de leurs croyances originelles que d’autres et c’est pour cette raison qu’il y a tant de différences entre les communautés et entre les pasteurs. Je vous conseille d’étudier les doctrines fondamentales des Eglises de l’endroit où vous êtes et de vous joindre à celle qui se rapproche le plus de votre idéal. Souvenez-vous qu’aucune Eglise ni aucune communauté n’est parfaite. Il est possible que Dieu vous offre une nouvelle occasion de Le servir dans une Eglise qui a besoin de votre témoignage et de votre aide. Souvenez-vous aussi que nous confondons parfois nos préjugés et nos croyances. De toute manière, vous devez vous rallier à une Eglise où vous pouvez trouver chaque semaine l’aide et la force spirituelle qu’il vous faut et où vous pouvez participer aux efforts faits pour atteindre ceux qui, dans votre localité, ne vont pas à l’église. Il ne m’est pas possible de vous répondre autrement que par des généralités, car il y a beaucoup de détails que je ne connais pas et surtout parce que votre cas présente un problème personnel. Dieu seul peut vous conduire à la décision finale qui est juste. Faites de tout cela un sujet de prières et veillez à suivre les directives de Dieu. Si vous le faites, vous ne vous tromperez pas.


Lorsque nous nous sommes mariés, nous étions chrétiens, mon mari et moi, et nous allions tous les dimanches à l’église. Maintenant nous vivons dans un quartier de banlieue où nos voisins passent leurs week-ends à pratiquer des sports et à faire des excursions, et nous nous sommes mis à faire comme eux. Nous en sommes malheureux.

Remerciez Dieu d’être malheureux de cette situation. Il vous parle par votre conscience. Dans le plus profond de votre cœur, vous savez que vous avez échangé des choses durables contre des plaisirs temporels et illusoires. Les voyages et les sports ont droit à une place dans nos vies, mais lorsqu’ils remplacent notre présence à l’église et les choses spirituelles en général, ils sont un piège et n’apportent que désillusion et chagrin. Je connais beaucoup de personnes qui sont dans votre situation fâcheuse. J’en connais d’autres qui vivaient comme vous, mais qui se sont rendu compte que la vie est plus qu’un délassement ou qu’un amusement et qui ont mis les choses essentielles à la première place. Aujourd’hui, ils sont rayonnants de la joie que Christ met au cœur de ceux qui s’abandonnent à Lui. J’ai l’impression que plusieurs des couples qui vous entourent sont aussi malheureux que vous. Il est possible qu’ils ne connaissent pas la cause de leur tristesse, mais Dieu vous donne l’occasion non seulement de corriger l’erreur que vous avez commise, mais encore de leur montrer que la vie est plus que ce qu’ils en connaissent maintenant. Si vous mettez Christ à la première place dans votre vie personnelle, dans votre foyer avec vos enfants, si vous en faites le centre de votre vie d’Eglise, vous verrez que la joie remplacera la tristesse et que le sens de cette vie-ci et de celle à venir deviendra clair et lumineux. Il vous faudra du courage pour prendre cette décision et faire le premier pas, mais vous ne le regretterez jamais.


Pensez-vous que si je commence à donner la dîme cela m’aidera à résoudre mon problème financier ? J’ai remarqué que beaucoup de prédicateurs plaident en faveur du don de la dîme.

Le don de la dîme est enseigné dans l’Ancien Testament et Jésus a pleinement approuvé cette pratique. Lorsque les pharisiens s’en vantaient, Il leur a dit : « C’est là ce qu’il fallait pratiquer, sans omettre les autres choses. »4 Malheureusement on a souvent fait de la dîme un moyen de récolter de l’argent alors que ce n’est pas cela son premier but. Elle est un acte d’adoration et une expression de notre foi en Dieu. Elle nous permet de montrer que ce que nous avons appartient au Seigneur.

4 Luc 11.42.

Donner la dime ne résoudra pas votre problème financier. Si je comprends bien votre question, vous êtes en réalité en train d’essayer de marchander avec Dieu plutôt que de l’adorer. Vous ne pouvez acquérir la faveur de Dieu avec de l’argent, car Il n’a pas besoin du peu que vous avez. En vous demandant de donner de votre argent, Dieu vous donne l’occasion de prendre part à la propagation de l’Evangile et de collaborer avec Lui.


Nous sommes membres d’une nouvelle Eglise. Notre pasteur, qui est jeune, nous invite à le soutenir financièrement. Pensez-vous qu’il ait raison de faire de telles demandes et y a-t-il des raisons qui l’empêchent de faire un autre travail pour gagner sa vie ?

Je ne connais pas votre pasteur, mais si c’est un homme profondément spirituel et s’il désire donner beaucoup de son temps à sa vocation, vous avez le devoir de faire de votre mieux pour le soutenir financièrement. La Bible nous dit : « L’ouvrier mérite son salaire. »5 Elle nous dit encore : « Que celui à qui l’on enseigne la parole fasse part de tous ses biens à celui qui l’enseigne. »6

5 Luc 10.7.

6 Galates 6.6.

Une des catégories de gens les plus mal payés au monde sont les pasteurs. La moyenne de leur salaire est bien inférieure à ce qu’elle devrait être.

Mais, d’autre part, je ne crois pas qu’un pasteur doive demander quoi que ce soit. Peut-être avez-vous employé un mot trop fort pour qualifier une suggestion ou une proposition qu’il a faite.

Il n’y a rien de fondamentalement faux à ce qu’un pasteur ait un autre travail. L’apôtre Paul et bien d’autres encore l’ont fait. Cela ne veut pas dire que ce soit le meilleur système. Votre pasteur ne peut pas donner le temps ni l’effort nécessaires à son ministère s’il doit gagner sa vie par un autre moyen. Vous seriez probablement le premier à le critiquer s’il ne visitait pas les malades ou s’il ne prêchait pas un sermon convenable le dimanche. Je conseillerais à ses paroissiens de faire un effort.


On dit tant de choses au sujet des Eglises qui donnent des repas dans le but de récolter de l’argent ; pensez-vous qu’elles aient raison de le faire ?

Je pense que les repas pris en commun par une Eglise sontune bonne chose. Jésus a mangé avec ses disciples dans la chambre haute, et je crois qu’il y a quelque chose d’édifiant pour les enfants de Dieu à prendre un repas ensemble et à communier.

C’est une autre question de savoir si l’Eglise a raison d’imiter un restaurant pour faire de l’argent. Je crois personnellement que si les chrétiens payaient leur dîme et donnaient de ce qu’ils ont aussi libéralement qu’ils le devraient, les repas d’Eglise ne seraient plus nécessaires. J’ai remarqué que dans les communautés où les fidèles donnent leur offrande, on a davantage de temps pour gagner ceux qui sont perdus que dans les groupements où on recourt à des moyens profanes pour récolter de l’argent. Donner ne procure pas seulement une grande bénédiction spirituelle, cela donne encore aux chrétiens davantage de temps pour faire des choses plus importantes pour Christ. Jésus a donné une appréciation de ce problème en s’adressant à Marthe qui se plaignait de voir sa sœur Marie se dérober à ses devoirs domestiques : « Marie a choisi la bonne part. »7 Jésus ne critique pas le service de table, Il veut simplement montrer que les chrétiens pourraient employer leur temps avec beaucoup plus de profit.

7 Luc 10.42.


Dans notre Eglise, nous sommes sans cesse sollicités de donner de l’argent pour les missions ou pour d’autres causes. Nous avons l’impression que l’argent y est jugé plus important que les besoins de la communauté. L’Eglise doit-elle vraiment s’inquiéter à ce point de questions matérielles et financières ?

La somme versée chaque année aux missions représente deux à trois centimes par chrétien. Je ne crois donc pas que nous fassions trop pour les missions. Nous avons besoin de cent mille missionnaires, pasteurs et techniciens missionnaires.

Le Dr Frank Laubach, dont la voix fait autorité dans les questions missionnaires, a dit qu’il ne nous restait que très peu de temps pour résister au communisme. Il a déclaré que si nous ne nous rendons pas compte de la responsabilité que nous avons d’aider ceux qui ont faim et ceux qui sont sous-développés, nous risquons de nous trouver face à un ennemi beaucoup plus puissant que nous, et devant qui nous ne pourrons pas résister.

Le travail missionnaire a bien sûr plus qu’un aspect économique. Les millions d’hommes qui n’ont jamais entendu le nom de Jésus ont droit à la joie et à la paix qu’Il procure et que donne sa puissance de pardon.

Si votre Eglise insiste trop sur les finances, c’est probablement parce que ses fidèles n’ont pas donné à Dieu la part qui Lui revient. Je n’ai jamais entendu quelqu’un qui donne à Dieu ce qui Lui appartient se plaindre des demandes d’argent. C’est généralement celui qui a des dettes envers Dieu qui se sent mal à l’aise quand le prédicateur fait allusion aux questions financières.


Nous sommes récemment venus habiter dans une localité où il n’y a pas d’Eglise de notre dénomination. Il y a par contre une Eglise avec laquelle nous sommes en accord à part quelques restrictions. Devons-nous chaque dimanche faire un grand trajet pour nous joindre à une Eglise de notre dénomination, ou pouvons-nous servir Dieu où nous sommes ? On m’a demandé d’enseigner à l’école du dimanche.

Je crois à la fidélité dénominationnelle, mais je crois aussi que les chrétiens doivent témoigner là où ils vivent. Si vous ne montrez pas d’intérêt ni d’amour pour les gens de votre localité, ceux-ci pourront penser que vous êtes prétentieux — ce que vous n’êtes manifestement pas.

Vous me dites que vous approuvez la doctrine de l’Eglise locale avec quelques restrictions. Les choses secondaires séparent plus souvent les gens que les choses essentielles. En lisant l’histoire des diverses dénominations, il est intéressant de remarquer qu’à part la Réforme, les grandes divisions ont toujours été la conséquence de différences très petites. Il est important de maintenir une attitude chrétienne en dépit des différences qui nous séparent. Certaines personnes appellent cela des compromis — d’autres voient là la manifestation de la charité chrétienne.

Je me suis décidé à collaborer avec tous ceux qui aiment Jésus-Christ de tout leur cœur et qui cherchent à lui gagner des âmes. Quelques personnes me critiquent pour cela, mais j’aimerais mieux perdre quelques amis plutôt que la bénédiction et l’approbation de mon Seigneur. Si vous pensez pouvoir être une bénédiction pour ces gens qui ne voient pas exactement toutes choses de la même manière que vous, alors employez tous les moyens qui sont à votre disposition et servez Dieu là où vous êtes.

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