Comment lire la Bible

En conclusion...

VIVRE AVEC LA BIBLE

« Ta parole est un beau jardin » dit un cantique. Image suggestive. Ce qui caractérise un beau jardin c’est la variété : légumes, fleurs, fruits y alternent. Il y en a pour tous les besoins et tous les goûts : nourriture consistante ou facile à digérer, rafraîchissante ou tonifiante. Certains produits du jardin peuvent se consommer immédiatement, d’autres demandent une assez longue préparation et cuisson. Les uns se mangent par quantité, les autres servent à assaisonner les premiers et s’emploient parcimonieusement. Quelques-uns sont indispensables au maintien de notre vie et de notre santé, d’autres contribuent à notre agrément ou à notre bien-être : fleurs multicolores, framboises, fraises des quatre-saisons…

La Parole de Dieu nous offre la même variété. « Sagesse infiniment variée de Dieu… ». Si nous sommes sous-alimentés ou si nous avons perdu goût à la lecture de la Bible, ne serait-ce pas parce que nous nous contentons d’exploiter toujours les mêmes parcelles de notre immense jardin ?

Nous avons essayé, dans ce livre, d’explorer quelques recoins moins connus de ce vaste domaine que Dieu met à notre disposition. Il y en a bien d’autres, et dans ceux que nous avons abordés, nous n’avons fait que grappiller quelques fruits par-ci, par-là.

A vous de partir « à la découverte de la Bible » et de cultiver tout votre jardin. Par sa lecture quotidienne et sa méditation assidue, vous vous rendrez vite compte qu’elle est la plus passionnante et la plus tonifiante de toutes les lectures.

Il y a cependant encore bien davantage à découvrir. Votre domaine est plus riche qu’une vue superficielle ne le laisserait soupçonner. En effet, si le sol en est particulièrement fertile, le sous-sol recèle également des trésors bien précieux. Les richesses minières, cependant, sont plus difficilement accessibles : leur exploitation demande une technique, un équipement et un effort persévérant. De plus, elle n’est jamais l’ouvrage d’un homme isolé. Si nous jouissons aujourd’hui des bienfaits de la civilisation, c’est parce que des générations d’hommes ont creusé le sol pour y chercher les minerais et les combustibles qui nous permettent de bâtir, de nous chauffer et de nous déplacer.

 Il en va de même des trésors de la Parole de Dieu. Jésus parle de « sonder les Ecritures », c’est-à-dire de creuser sous la surface, d’aller en profondeur. La lecture et la méditation de la Parole de Dieu sont suffisantes pour nourrir notre piété personnelle. Elles ne le sont plus pour élaborer une vision de l’avenir et un système de pensée cohérents et capables de tenir tête à l’assaut des philosophies et des idéologies du monde contemporain. Si nous voulons acquérir une vue d’ensemble du plan de Dieu et de sa volonté pour nous, si nous voulons connaître exactement l’enseignement des prophètes, de Jésus et des apôtres, si surtout nous voulons transmettre à d’autres les précieuses vérités contenues dans la Parole de Dieu, alors il nous faut entreprendre son étude plus systématiquement en nous aidant des techniques et des outils élaborés au cours des siècles par ceux qui ont, avant nous, sondé les Ecritures. Si nous voulons communiquer à d’autres les enseignements de la Bible, il nous faut connaître les meilleures méthodes d’étude biblique en commun.

« Comment étudier la Bible ? »

Tel sera le titre du prochain cahier de la série « A la découverte de la Bible », qui fera suite à celui-ci et dans lequel nous examinerons :

Quelles sont les techniques qui faciliteront l’étude de la Bible ?

Certaines d’entre elles sont fort simples, telle l’utilisation constante des « six fidèles serviteurs » : où ? quand ? qui ? quoi ? comment ? pourquoi ? D’autres, comme la méthode inductive, exigent l’application d’une progression méthodique dans l’analyse du texte : observation, interprétation, application. Pour l’interprétation des passages difficiles, les exégètes ont établi un certain nombre de règles dont nous aurons intérêt à nous servir, si nous ne voulons pas nous égarer dans des explications plus ou moins fantaisistes. Le nombre de techniques est pratiquement illimité : étude structurale des phrases, analyse historique, psychologique, sociologique, étude d’un thème dans un chapitre ou un livre, étude d’un aspect particulier du message biblique : promesses, commandements, prières, miracles…

De quels instruments de travail disposons-nous pour faire ces études ou pour les faciliter ?

  1. La Bible elle-même, qui se présente à nous dans différentes versions. Quelles sont les caractéristiques de chacune d’elles et l’in- térêt qu’elles offrent pour notre travail ?

  2. Les concordances, index et dictionnaires bibliques. Quels renseignements nous apportent-ils ? Comment s’en servir pour en tirer le maximum de profit ?

  3. Les commentaires. Quelle utilité peuvent-ils avoir ? Que faut-il en attendre — et ne pas en attendre ? Comment les choisir ?

  4. Les atlas bibliques, les ouvrages d’introduction et autres livres. Lesquels sont les plus utiles ? Quels sont leurs avantages et leurs inconvénients ?

Comment étudier la Bible en commun ?

La Bible a été donnée, non à des individus isolés, mais à la communauté du peuple de Dieu. Aussi avons-nous intérêt à chercher ensemble à comprendre son message. L’étude biblique collective obéit à des règles qui lui sont particulières. Ces dernières années, elle a été enrichie par les recherches faites dans d’autres secteurs, en particulier celui de la dynamique de groupes. Nous donnerons, dans ce cahier, quelques indications sur la manière de préparer et de conduire une étude biblique, surtout en vue de l’étude par petits groupes. Nous aborderons également d’autres formes du ministère de la parole : préparation d’un message d’évangélisation et d’un message d’édification.

Lorsqu’on a découvert les joies que nous procurent la lecture et la méditation de la Parole de Dieu, on ne peut pas s’arrêter à mi-chemin. Tout naturellement on a envie d’aller plus loin et d’accéder aux « trésors cachés » qu’elle recèle. Et lorsqu’on a trouvé tant de richesses si précieuses, on ne peut les garder pour soi : il faut les partager avec d’autres.

L’homme qui avait trouvé le trésor caché dans son champ « va vendre tout ce qu’il a pour acheter le champ ». Le marchand qui cherche de belles perles fait de même lorsqu’il a trouvé la perle de grand prix. Il se peut que si nous voulons régulièrement lire et méditer la Bible, et surtout si nous voulons l’étudier et communiquer nos découvertes à d’autres, il nous faille « vendre » un certain nombre d’occupations, de loisirs auxquels nous tenons peut-être. Le trésor en vaut la peine et nous comprenons que l’homme alla vendre ce qu’il possédait auparavant « dans la joie » (Mat. 13.44). « Je vous ai dit ces choses afin que ma joie soit en vous, et que votre joie soit parfaite » (Jean 15.11). « Nous vous écrivons ces choses afin que notre joie (ou : votre joie) soit parfaite » (1 Jean 1.4).

En nous donnant sa Parole, Dieu voulait nous communiquer sa joie. Plus nous connaîtrons cette parole, plus nous découvrirons la joie profonde et durable que nul ne pourra nous ravir.

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