George McArthur grandit dans une riche famille de banquiers. Dès l’âge de 9 ans, il avait un goût prononcé pour les liqueurs fortes. Lorsque les amis de son père étaient partis après leurs parties de cartes, il allait vider leurs verres de whisky et se servait à la bouteille.
Quelques années plus tard, lorsqu’il avait 16 ans, son grand-père le surprit et lui dit : « Si tu es assez grand pour boire du whisky, tu l’es aussi pour travailler » et il lui procura une place dans leur banque familiale. Son premier salaire lui donna le vertige. Tout à coup, la vue de tous ces billets verts dans la banque suscita une convoitise insatiable en lui. Il lui était facile de subtiliser quelques billets de 10, 20 ou même 50 dollars.
Son grand-père se sentit flatté lorsque George manifesta le désir de renoncer à l’école et de s’engager à la banque. Il le voyait déjà comme son successeur. Le zèle du jeune employé le fit grimper rapidement jusqu’au poste de directeur adjoint. Il développa un système de comptabilité double pour masquer ses soustractions. Il passait ses samedis après-midi dans la chambre forte de la banque, admiré pour son zèle. Avec l’argent qu’il subtilisa, il acheta des terrains, une vieille église qu’il transforma et revendit. Le samedi matin, il déchargeait sa nervosité accumulée par ses subterfuges sur la glace de la baie d’Hudson. Jusqu’au jour où il eut un grave accident et se retrouva dans une clinique avec une triple fracture de la jambe. « Il faut absolument que j’aille cet après-midi à la banque ! — Pas question ! — Si ! il le faut ! ». Anesthésie ! Il dormit pendant 48 heures.
Le lundi matin, son grand-père attendait depuis longtemps son réveil. « Ce qu’il te faut, Dieu seul peut te le donner — s’il y a un Dieu. Nous Savons que tu as soustrait au moins 30 000 dollars, sinon plus. Nous n’allons pas te dénoncer. Ton père, ton oncle et moi-même, nous sommes trop fiers du nom de McArthur pour cela. Mais tu as brisé ma vie. Dès que tu seras rétabli, nous te renverrons. Je ne veux plus jamais te revoir ! ».
Dès sa sortie de l’hôpital, il partit de New York à Chicago où il trouva une place de comptable. Pour oublier et compenser le vide de sa vie, il s’adressa au cognac et au whisky en quantités de plus en plus grandes. Il fut renvoyé et déambula dans les rues de la ville. Il s’adressa à un passant : « Vous n’auriez pas quelques cents pour moi ? — Non, car vous allez les dépenser pour boire, et vous aurez encore davantage soif. Voici un moyen de ne plus jamais avoir soif » Et l’homme lui remit une carte avec le verset : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive » portant l’adresse d’un Centre missionnaire.
Tout à coup — était-ce un hasard ? — il se trouva devant ce Centre d’où émanait une musique attirante. Il entra et demanda le bureau du directeur. Ce fut madame Clark qui le reçut et l’amena à accepter que Jésus avait porté toute la culpabilité de son passé. Il avait 45 ans et vit toute sa malhonnêteté et son ivrognerie. Il les remit entre les mains du Christ dans l’espoir qu’il pourrait faire quelque chose de sa vie.
Dieu le fit : pendant les 40 années suivantes, il travailla honnêtement comme comptable d’une organisation missionnaire.13
13 D’après Faith Coxe Bailey Auch sie wurden frei Konstanz, Chrisil. Verlagsanstalt p. 81-92.