Le 9 décembre 1531, Notre-Dame de Guadalupe (Mexique) s’est identifiée en disant : « Je suis la parfaite et toujours Vierge Marie, Mère du vrai Dieu ». Juan Diego qui a reçu cette révélation fut canonisé le 31 juillet 2002 par Jean-Paul II.
En 1830, dans une apparition de la Vierge à une novice des filles de la charité, elle lui demande que soit faite une médaille à son effigie portant cette invocation « O Marie, conçue sans péché, priez pour nous qui avons recours à vous ! ».
Le 19 septembre 1846, à La Salette, la Vierge apparaît à deux enfants et se plaint : « Le bras de mon Fils est trop lourd, je ne puis plus le supporter ».
Le 11 février 1858, elle se montre à Bernadette Soubirous à Lourdes et demande que soit édifiée une chapelle en son honneur. Le 25 mars, elle s’identifie en disant : « Je suis l’immaculée Conception ». Elle ordonne « Allez dire au prêtre qu’on vienne ici en procession ». C’est l’origine des pèlerinages de Lourdes.
Le 13 mai 1917, c’est l’apparition de la Vierge à trois enfants à Fatima. Elle leur promet de revenir tous les 13 du mois. Pour le 13 octobre, elle prédit un grand prodige. Effectivement, ce jour-là, 50000 personnes voient tourner le soleil qui crache des gerbes de flammes multicolores. Le samedi 13 octobre 1917, « Sans que la foule s’en aperçoive, Marie apparaît aux enfants et leur dit : ‘Je suis Notre-Dame du Rosaire. Je veux ici une chapelle en mon honneur. Il faut réciter le chapelet tous les jours’ » (Le prodige inouï de Fatima Ed. Villa Notre-Dame, Montana 1943, 140e mille).
Le 8 décembre 1942, pour répondre à la demande pressante de la « Dame de Fatima », le pape Pie XII a solennellement consacré les peuples « au cœur immaculé de Marie » (D’après H. Gras Marie servante du Seigneur p. 98ss).
La dame qui apparut aux trois bergers était « d’une beauté frappante, elle tenait un rosaire à son bras droit et joignait les mains sur sa poitrine ». Au dire de ceux qui l’ont vue, elle pouvait avoir 18 ans (or, Marie, à sa mort, devait avoir au moins 50 ans). Elle s’est identifiée comme étant « Notre-Dame du Rosaire » (qui n’existait pas du temps de Marie). Elle demanda aux enfants de faire pénitence (c.-à-d. de s’infliger des souffrances volontaires) et de réciter le chapelet tous les jours (donc 10 fois plus d’Ave Maria que de Notre Père).
Lors de la première apparition, le curé de Fatima a dit aux trois bergers : « Il est fort possible qu’il s’agisse d’un tour du démon ». Peut-être connaissait-il l’avertissement de l’apôtre Paul dans 2 Thessaloniciens 2.9-10 ou celui de Jean dans Apocalypse 13.13-14.
Luzia, la seule des trois enfants qui survécut, entra au couvent. Elle reçut des prophéties de la « dame » – qui s’avérèrent toutes fausses (la fin de la guerre le 13 octobre 1917, alors qu’elle dura une année de plus, une guerre civile au Portugal – qui n’eut jamais lieu, le début de la 2e guerre mondiale sous Pie XI – il eut lieu sous Pie XII, etc.).38
38 Voir P. Bernardus Fatima : Wahrheit oder Täuschung ? München. Ernst Reinhadt Verlag s.d.
A l’île Bouchard, le 8 décembre 1947, elle demande : « Dites à monsieur le curé de construire une grotte le plus tôt possible, là où je suis, d’y placer ma statue et celle de l’ange (Gabriel) à côté. N’aurait-elle jamais lu Exode 20.4 ?
A Paris en 1830, elle avait demandé de faire frapper une médaille avec sa silhouette. Les personnes qui la porteront « jouiront d’une protection toute spéciale de la Mère de Dieu ». « Sur cette médaille, Notre-Dame apparaît sous l’image bien connue de la femme d’Apocalypse 12, couronnée de 12 étoiles et terrassant le serpent.39 Au revers de la médaille, un ‘M’ Marie) surmonté d’une croix montre combien la royauté du Christ repose sur celle de Marie et passe par elle… Le 26 juillet 1897, le cardinal Richard, archevêque de Paris, au nom du pape Léon XIII, couronna la Vierge du sanctuaire des apparitions. Lors de son premier voyage en France, le samedi 31 mai 1980, le pape Jean-Paul II est venu se recueillir et prier à la chapelle de la rue du Bac » (B. Prunneaux 1998-2003 p. 63-64). Lorsque sœur Catherine Labouré mourra en 1876, plus d’un milliard de médailles seront répandues dans le monde. En 1894, on instaurera la fête liturgique de l’apparition de la Médaille miraculeuse.
39 Que les exégètes catholiques eux-mêmes ne rapportent plus à la Vierge Marie.
Ce sont souvent des apparitions de la « Vierge » qui ont allongé la liste des titres de la Vierge. En 1830, rue du Bac, à Paris, la Vierge apparaît à Catherine Labouré (24 ans) et elle se nomme « Marie, reine du monde » ; en 1846, elle apparaît à La Salette à Maximin Giraud (11 ans) et à Mélanie Calvat (15 ans) avec le titre « Réconciliatrice des pécheurs. Notre Dame des douleurs » ; en 1932-33 à Beauraing à 5 enfants de 9 à 15 ans avec le titre « Mère de Dieu, Reine des cieux, Vierge au cœur d’or » ; enfin en 1933, à Banneux, à Mariette Beco, avec le titre « Mère du Sauveur, Mère de Dieu, Vierge des pauvres » (cité dans le livre de J.-P. Prévost La Mère de Jésus 1987 p. 111). Imaginerait-on la Marie des Evangiles se parant de tels titres ?
Les apparitions sont considérées par l’Eglise catholique comme des « révélations privées qui ne sauraient être comparées à la révélation consignée dans l’Ecriture. Elles n’appartiennent pas à la foi, c.-à-d. que chaque catholique garde à leur sujet sa liberté d’appréciation » (Groupe des Dombes n° 308).
Les apparitions furent aussi à l’origine du port des scapulaires, vêtements à capuchon couvrant les épaules mais se réduisant souvent à un carré d’étoffe béni. Le 16 juillet 1251, la Vierge apparut à Simon Stock, un ermite vivant sur le Carmel en lui disant : « Quiconque meurt revêtu de cet habit sera préservé des flammes éternelles ».
« Cinquante ans plus tard, la Très Sainte Vierge apparut au pape Jean XXII, lui rappela ses promesses et voulut y ajouter la promesse de la délivrance du Purgatoire le samedi suivant la mort, non seulement en faveur des Carmes, mais encore de tous les fidèles portant le scapulaire, qui voudraient s’agréger à la confrérie de l’ordre du Carmel ».40
40 Cahier « Notre Dame et la France » Coll. Savoir et servir n° 59 (mai 1996) p. 28 – cité par B. Prunneaux 1998-2003 p. 64.
« A l’occasion du 750e anniversaire de cette apparition, le pape Jean-Paul II a révélé qu’il portait, lui aussi, le scapulaire de Noptre Dame du Mont Caermel » (B. Prunneaux Satan lui-même se déguise en ange de lumière p. 16).
D’autres scapulaires, bleus, verts, ont été révélés entre 1617 et 1876 par des messages de la Vierge.
« Le 13 octobre 1917, la Sainte Vierge apparut aux enfants de Fatima avec le scapulaire du Mont Carmel. Lucie a expliqué ensuite : ‘La Sainte Vierge voulait que tout le monde porte le scapulaire, qui est le signe de la consécration au cœur immaculé de Marie. Le Rosaire et le scapulaire sont inséparables’ ».41
41 Même référence que ci-dessus.
« Il suffit que le scapulaire soit béni par un prêtre et porté, même à son insu, par la personne que l’on veut confier à Marie. Sauvé malgré lui ! Ce scapulaire vert a été approuvé à deux reprises par le pape Pie IX ».42
42 Ce scapulaire vert a été révélé par la Vierge à Sœur Justine Bisrueyburu résidant rue du bas à Paris. Cahier « Notre Dame et la France » Coll. Savoir et servir n° 59 (mai 1996) p. 90 – cité par B. Prunneaux 1998-2003 p. 64.
Bernard Prunneaux résume l’image de Marie « telle que la révèlent les phénomènes d’apparitions surnaturelles » : 1° L’apparition se présente généralement avec les qualités, titres et rôles en usage dans la dévotion mariale (parfaite, toujours Vierge, Immaculée Conception, Reine des cieux…). 2° L’apparition demande qu’on lui rende culte et honneur (faire des processions, construire une chapelle en son honneur, dire le chapelet tous les jours, lui élever une statue). 3° L’apparition promet salut, protection et guérison (scapulaire qui sauve, médaille protectrice, tissu qui guérit des malades).
« Est-ce vraiment Marie, la mère de Jésus, qui se révèle en ces divers lieux d’apparition ?… NON ! répond le croyant fondé sur la Parole de Dieu parce que ces révélations présentent une Marie différente de celle des évangiles ; de plus, les signes et les miracles ne constituent pas une preuve d’origine divine. « Dans tous les récits bibliques, nous ne voyons jamais Dieu envoyer une personne défunte vers les vivants pour leur parler de sa part. Dieu envoie toujours des anges, comme il l’a fait, par exemple avec Marie et Joseph avant la naissance de Jésus (cf. Hébreux 1.14). mais toute apparition angélique n’est pas obligatoirement digne de foi : la Parole de Dieu nous avertit que ‘Satan lui-même se déguise en ange de lumière’ 2 Corinthiens 11.14)… et Paul dit aux Galates : ‘Si un ange du ciel annonçait un autre évangile que celui que nous avons prêché, qu’il soit maudit’ Galates 1.6-9)…
« Or, le message des apparitions surnaturelles de la Vierge est bel et bien un ‘autre évangile’ puisque :
Souvenons-nous, à propos de ces apparitions miraculeuses et des prodiges qu’elles ont opérés, de l’avertissement de Jésus : « De faux christs surgiront, ainsi que de faux prophètes. Ils produiront des signes extraordinaires et des prodiges au point de tromper, si c’était possible, ceux que Dieu a choisis. Voilà, je vous ai prévenus ! » (Matthieu 24.24-25). L’apôtre Paul avertit de son côté que « l’apparition de cet homme (de péché) se fera grâce à la puissance de Satan, avec toutes sortes d’actes extraordinaires, de miracles et de prodiges trompeurs. Il usera de toutes les formes du mal pour tromper ceux qui se perdent, parce qu’ils sont restés fermés à l’amour de la vérité qui les aurait sauvés » (2 Thessaloniciens 2.9-10) et, en parlant des faux apôtres déguisés en apôtres du Christ, il dit : « Cela n’a rien détonnant : Satan lui-même ne se déguise-t-il pas en ange de lumière ? Il n’est donc pas surprenant que ses agents aussi se déguisent en serviteurs de ce qui est juste » (2 Corinthiens 11.14-15).
« L’histoire montre que tous ces ‘miracles’ ont finalement conduit l’Eglise catholique à :
Le magistère de l’Eglise « discerne ces apparitions selon deux critères majeurs : la conformité du message entendu à celui de l’Ecriture et à la foi de l’Eglise ; les fruits spirituels de conversion qui se manifestent à l’occasion des pèlerinages » (art. 310). Il faut croire que ces critères sont appliqués de façon très souple pour que des papes cautionnent publiquement certains de ces lieux de pèlerinage (si l’on compare les messages des « Vierges » apparues au caractère de Marie tel qu’il ressort de l’Ecriture).
« Tout personnage qu’on nous présenterait ou qui se manifesterait sous le nom de Marie sans avoir les caractères de Marie de Nazareth, sera rejeté comme imposture ou comme apparition du démon » (G. Racine Les leçons de Marie p. 13).