En 1809, César Malan, un Genevois descendant des Vaudois du Piémont, est nommé régent (professeur) au Collège de Genève et consacré pasteur. Malgré ses études de théologie, la Bible est restée pour lui un livre fermé et, lorsqu’il prêche, il enseigne la vertu, en bon disciple de Jean-Jacques Rousseau. « J’étais grand admirateur de la sagesse des païens et je rapportais toutes mes facultés et mes forces à la dignité de l’homme et à sa gloire. Alors la vertu, telle que l’imaginent et la vantent les sages du siècle, était mon idole… l’éducation n’avait d’autre sens pour moi que de former les citoyens les plus utiles ou les caractères les plus distingués… ».
Sa pédagogie, basée sur l’effort et le mérite, lui rapportait les éloges des parents et de ses supérieurs. Or, à l’heure où tous s’unissaient pour encenser ses talents, un événement bouleversa sa vie.
« Un jour que je lisais l’Evangile à mon pupitre pendant que les écoliers faisaient un devoir (c’était l’après-midi), je lus le deuxième chapitre des Ephésiens, et quand j’arrivai à cette parole : “Vous êtes sauvés par grâce par la foi ; cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu”, le livre me sembla lumineux, et je fus si vivement ému que je dus sortir dans la cour du Collège, où je marchai en m’écriant : “Je suis sauvé ! Je suis sauvé ! ».
« Toutes choses, désormais sont merveilleusement nouvelles, écrit G.Mützenberg. Malan reste ce qu’il était : pasteur, régent. Mais une fraîcheur qu’il ne connaissait pas l’habite. Sa façon de penser change. Plus jamais il ne prêchera la vertu qui justifie. L’homme ne peut être justifié que par la foi ».
Telle sera désormais sa prédication — qui, au lieu de susciter l’enthousiasme, crée partout de l’hostilité. « Quel est ce jeune prédicateur qui ôte ainsi à l’homme tout ce qui lui donne le sentiment d’être digne de la miséricorde de Dieu et veut le voir, dépouillé de tout mérite, nu, implorer la grâce du pardon ? Une hostilité non déguisée sourd. A l’avenir, les pasteurs refuseront leurs chaires à
Il va aussi changer sa pédagogie ; sa classe en est transformée — mais il est révoqué. Il commence une Ecole du dimanche qui attire bientôt 250 jeunes. Mais ce succès excite la jalousie de la Compagnie des pasteurs qui lui interdit l’usage du local. Il fait construire dans son jardin un local en bois qu’il inaugure avec 800 personnes. Ayant été déchu de sa consécration pastorale parce qu’il ne prêche plus la philosophie et la raison, il rattachera sa communauté à l’Eglise d’Ecosse.
class="textindent">Malan sera l’un des artisans du Réveil de Genève, prédicateur, évangéliste et auteur de centaines de cantiques.1515 D’après G. Mützenberg A l’écoute du réveil Ed. Emmaüs 1989.