Ils sont nés deux fois

Les fruits de la nouvelle naissance

1. L’assurance du salut

Le Comte Korff

Le comte Korff (1842-1933), maître de cérémonies à la cour du Tsar à St-Petersbourg, trouva de manière soudaine l’assurance de son salut :

« Croyez-vous que vous êtes sauvé ? me demanda Lord Radstock. — Sur cette terre personne ne peut savoir s’il est sauvé ou non, nous ne le saurons que lorsque nous serons au ciel. — Pour qui donc a été écrite la Parole de Dieu, pour les habitants du ciel ou pour les hommes sur cette terre ? — Evidemment pour les hommes, répondis-je. Alors le Lord me cita une série de textes pour me démontrer que ceux qui croyaient en Christ avaient la certitude qu’il avait porté leurs péchés sur la croix, et que la vie éternelle nous est donnée, non en vertu de nos bonnes œuvres, mais uniquement à cause du sacrifice sur la croix. Le Christ frappait à la porte de mon cœur et demandait à entrer. Soudain s’imposa à moi cette question : Où est la vérité ? — De toute évidence, elle ne pouvait être de deux côtés à la fois. Dans la Parole de Dieu, il ne pouvait y avoir une ombre d’erreur. Le Christ est la vérité, et il dit : “Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos”. Il m’appelait, moi aussi, et il ouvrit les yeux de mon cœur. Je reconnus et je saisis qu’il avait réellement porté mes péchés, et je pus recevoir le salut éternel par le sang de Jésus. Ce salut était parfait, une fois pour toutes. Je m’écriai : “Je viens à toi, ô Christ, tel que je suis”. — Ce fut comme si une lourde pierre était tombée de mes épaules ; je ne ressentis plus jamais ce fardeau par la suite. L’Esprit de Dieu rendit témoignage à mon esprit que j’avais été accepté comme enfant de Dieu ».

Cela se passait le 5 mars 1874. Le comte Korff avait trente-deux ans. Il devint l’instrument d’un réveil en Russie et put montrer à beaucoup de ses concitoyens le chemin du salut. Dix ans plus tard, il fut banni de son pays par le tsar ; il vécut en exil jusqu’à l’âge de quatre-vingt-onze ans, « répandant partout la bonne odeur du Christ ».1

1 D’après M. Kroeker Graf Korff, Brunnen-Verlag, Giessen.

Herman Hegger

Herman Hegger, par contre, a dû faire un long cheminement douloureux avant de parvenir à l’assurance de son salut. Il raconte sa quête de certitude dans son autobiographie Du couvent à l’Evangile. Elevé dans une famille catholique pieuse de Hollande, il se destinait déjà tôt à la prêtrise. Tout au long de ses études, des doutes l’assaillaient de temps en temps au sujet de la vérité de ce qu’on lui enseignait. Il obtint la permission spéciale de lire la Bible. Des versets comme « Il y a un seul médiateur entre Dieu et les hommes :» ou « Il n’y a de salut en aucun autre qu’en Jésus-Christ » s’opposaient à la médiation de Marie ou des saints, au salut par les sacrements. Rappelé à l’ordre par des paroles comme « Hors de l’Eglise pas de salut », il poursuivit sa carrière et fut nommé professeur de philosophie dans un Grand séminaire du Brésil. Intérieurement, il se sentait constamment tiraillé, accusé d’être hypocrite, inconséquent avec ses convictions. Pour en finir avec ces rappels de sa conscience, il prit la décision de quitter l’Eglise romaine. Il séjourna quelque temps chez un pasteur méthodiste.

« Mon passage au protestantisme est avant tout la conséquence de problèmes intellectuels et d’une soif inassouvie de l’Infini. C’est dans une détresse extrême que j’ai eu recours au protestantisme. On m’en ouvrit la porte avec affection, mais je ne me trouvais encore qu’au seuil de ma nouvelle foi. Les trésors secrets du véritable christianisme ne m’étaient pas encore apparus.

» Par l’assistance aux prédications, je me mis progressivement à percevoir la grandeur de la miséricorde du Christ… On me citait constamment de nouveaux textes de la Bible apportant plus de clarté. Chacune de ces citations provoquait en moi une explosion de joie. Ce bombardement devait finir par vaincre ma résistance. Toutefois, la pleine certitude de l’absolue miséricorde du Christ ne me fut pas donnée par des citations isolées. Elle naquit en moi par une nouvelle méditation du Nouveau Testament. C’est alors que la Personne véritable du Christ m’apparut, se dévoilant toujours plus belle à mes yeux. Je commençais de voir la largeur, la longueur, la hauteur et la profondeur de l’amour de Jésus-Christ. Sa grâce inonda mon âme de flots de lumière. Elle s’épanouissait. La vie éternelle commençait de sourdre en tout mon être. Je regardais, dans l’étonnement, un pays tout nouveau aux horizons infinis… J’entendais la promesse de Jésus : “Celui qui croit en moi a la vie éternelle” (Jn 3.15, 25). Je savais maintenant que j’étais pour toujours uni à Jésus. Auprès de Lui, j’avais un sentiment de pleine sécurité. Je le sais : la raison profonde de ma communion avec le Christ n’est rien d’autre que mon abandon total à sa miséricorde » (Du couvent à l’Evangile p. 137-139).

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