Marie dans l’Évangile et dans l’Histoire

Marie co-rédemptrice ?

La co-rédemption c.-à-d. la collaboration active de Marie avec le Christ à la rédemption du monde, est le thème mariologique propre au 20e siècle.

« On ne saurait exagérer l’importance de ce point de doctrine. Il ne s’agit pas d’un sujet marginal comme l’Assomption de la Vierge qui demeure, même après la définition de 1950, un élément secondaire de la mariologie. Il s’agit au contraire d’une doctrine centrale, ou mieux : d’un sommet où tout le développement mariologique précédent vient trouver sa conclusion et sa synthèse » (G. Miegge La Vierge Marie p. 170).

St François de Sales : « C’est une vérité que qui ne se sauvera pas par Marie périra, comme tout ce qui était hors de l’arche de Noé fut voué à la perdition ».

Sur quels passages bibliques se fonde cette présomption d’une co-rédemption de Marie ?

Première « base biblique » : Genèse 3.15 interprété comme l’a fait Jérôme dans la Vulgate : en faisant de la descendance de la femme, non le Christ, mais Marie. Puisqu’elle écrasera la tête du serpent, elle est donc associée dans la victoire sur lui. L’argument s’appuie aussi sur le parallèle entre Eve et Marie : Eve eut une part active dans la chute de l’homme, donc Marie doit aussi avoir une part active dans notre rédemption.

Deuxième passage : l’annonciation et « le consentement de Marie », « ouvrant pour ainsi dire à l’incarnation du Verbe de Dieu la porte par laquelle notre rédemption objective prend son départ et même virtuellement s’accomplit » (Roschini Mariologia II/1 p. 289). Dans la perspective de cet auteur, Marie avait une parfaite connaissance de sa mission, des souffrances de son Fils et du fait qu’en acceptant cette mission, elle allait souffrir avec lui.

Le mérite principal de la Vierge, c’est son acceptation du rôle qu’elle devait jouer dans la rédemption. Le « grand ouvrage de l’incarnation… demeure encore en suspens jusqu’à ce que la divine Vierge y ait consenti » (Bossuet : «Sermon sur la Dévotion à la Très Sainte Vierge » cité par Terrien III, 147). « C’est de cette réponse de Marie que dépendait l’accomplissement du glorieux mystère » que nous célébrons. Ce consentement était, dans l’ordre des décrets éternels de Dieu, une des conditions requises pour l’incarnation du Verbe » (Bourdaloue « Sermon sur l’Annonciation » (Terrien Ibid.).

Le second moment de la coopération de la Vierge à la rédemption du monde est sa présence au pied de la croix.

« Près de la croix de Jésus se tenaient sa mère, la sœur de sa mère, Marie, femme de Clopas, et Marie de Magdala » (Jean 19.25). Les mots en gras sont traduits dans la Vulgate par Stabat Mater. Ces mots ont inspiré bien des peintres et des musiciens. C’est sur eux que se fonde la notion de co-rédemption de Marie. « Il n’y a qu’une explication plausible de la présence et du maintien qui nous étonne dans sa Mère : elle s’unit à lui pour offrir le sanglant holocauste d’où sortira la réconciliation de l’homme avec Dieu… Marie coopère librement et généreusement à l’offrande de la nouvelle victime » (R.P. Terrien La Mère de Dieu et la Mère des hommes Paris, Lethielleux 1933-1943 p. 201). « Il faut, disait Bossuet, qu’elle se joigne au Père éternel, et qu’ils livrent leur commun Fils d’un commun accord au supplice ; c’est pour cela que la providence l’a appelée au pied de la croix » (« Sermon sur la compassion de la Vierge » cité par Terrien).

Marie se tenait là, « poussée par le devoir, pour immoler son Fils pour le salut du monde, dans la mesure où cela dépendait d’elle, de même qu’elle lui avait donné le jour pour le salut du monde, pour unir son sacrifice à celui de son Fils. Comme son Père céleste, elle « n’a pas épargné son propre fils, mais l’a livré pour nous tous. En la victime se trouvait quelque chose de la Vierge elle-même, le sang versé pour la rémission des péchés avait ainsi jailli de son cœur très pur, et elle le savait et le voulait » (Roschini). « En abdiquant ses droits maternels envers la Victime pour le salut éternel du genre humain, elle immolait son Fils pour autant que cela dépendait d’elle et, par conséquent, elle devenait co-rédemptrice du genre humain ». Son rôle n’est pas sans évoquer celui d’Abraham sacrifiant son fils sur le mont Morija. Marie s’associait au sacrifice de son Fils et formait avec lui une seule et même Victime ».

« C’est du consentement de Marie à l’annonciation, à l’incar nation et au sacrifice de la Croix que dépendait effectivement notre salut. Bien sûr, par le moyen des sacrements, nous avons part aux grâces que le Christ nous a acquises. Mais la médiation de Marie reste indispensable pour nous acquérir les faveurs qui nous sont nécessaires pour nous disposer à recevoir dignement les sacrements… D’une façon générale, l’Eglise enseigne à l’heure actuelle, que toutes les grâces nous sont obtenues par l’intercession de Marie, de sorte que le rôle de Marie est étendu à tous les aspects de notre vie spirituelle » (R. Mehl Du catholicisme p. 82).

Ainsi, Marie représente le genre humain qui collabore avec Dieu à son propre salut. C’est pourquoi elle devient, non seulement la Mère de l’Eglise, mais une figure de l’Eglise. « L’Eglise de Rome, par une profonde nécessité interne, est tout ensemble l’Eglise de la coopération humaine à la rédemption, l’Eglise des mérites, l’Eglise dispensatrice de salut, – et l’Eglise de Marie » (P. Maury Le protestantisme et la Vierge Marie p. 64).

« La Vierge Marie a coopéré au salut des hommes avec sa foi et son obéissance libres. Elle a prononcé son oui ‘au nom de toute la nature humaine’ (S. Thomas d’Aquin). Par son obéissance, elle est devenue la nouvelle Eve, mère des vivants » (Jean-Paul II Catéchisme de l’Eglise catholique art. 511).

Ces pensées, pour édifiantes et émouvantes qu’elles puissent être, sont totalement étrangères au Nouveau Testament comme à la pensée de l’Eglise jusqu’à une époque très récente.

« Dans l’annonciation, nous n’avons pas le moindre indice que Marie soit consultée, que le plan divin dépende un seul instant de son fiat, que, absolument parlant (c.-à-d. en principe), elle aurait pu refuser. Dans le récit évangélique, l’Annonciation est tout simplement une annonce… dont Marie ne peut que prendre acte, comme elle le fait avec une humble soumission et sans que son obéissance constitue le moindre mérite. Dans sa personne, déjà, la rédemption du monde est tout entière l’œuvre majestueuse et exclusive de Celui qui sauve » (G. Miegge La Vierge Marie p. 177).

Evidemment, on ne voit pas Marie dire à l’ange : « Non merci. Pas pour moi ! » Le plan de Dieu est souverain et devait s’accomplir. Marie n’avait certainement pas non plus conscience de tout ce que ce plan impliquait de sa part. N’empêche que l’image de Dieu qui se dégage de la Bible n’est pas non plus celle de quelqu’un qui ne tient aucun compte des réactions humaines. Il a créé l’homme libre. Adam et Eve ont refusé son plan. Jésus a laissé repartir le jeune homme riche qui ne voulait pas payer le prix pour le suivre. La réponse de Marie à l’ange était une réponse libre qui nous est rapportée comme un exemple de ce que Dieu attend de nous – comme celle de Saul de Tarse sur le chemin de Damas : « Que veux-tu, Seigneur, que je fasse ? ». A force d’insister sur l’œuvre souveraine de Dieu, il ne faut pas occulter complètement : « Qu’il me soit fait selon ta parole ».

Cependant, aucun des auteurs du Nouveau Testament ou des premiers siècles de l’Eglise n’a interprété ni ces paroles de Marie ni sa présence à la croix dans le sens d’une participation à l’œuvre de la rédemption. Le nom de Marie est totalement ignoré dans les écrits des apôtres, il ne vient pas une seule fois sous la plume de Paul qui n’envisage aucune coopération de quelque sorte que ce soit à l’œuvre parfaite du Christ (sauf le fait que Jésus soit « né d’une femme » Galates 4.4).

Le théologien catholique E. Neubert, Marianiste et Dr en théologie, dit, à propos de l’Eglise primitive : « Il n’y avait pas, à cette époque, de motifs particuliers pour attirer l’attention des fidèles sur le concours prêté par Marie à une telle œuvre (la rédemption). C’était la part assumée par le Christ qu’il fallait avant tout faire comprendre. Cependant, on pourrait, à partir de là, deviner la part qu’eut la Vierge dans le mystère de notre rédemption » (Maria nel dogma p. 205).

Au Moyen Age, on commence à associer les souffrances de Marie à celles de Jésus, mais sans leur attribuer une valeur co-rédemptrice. Le premier qui ait émis l’idée d’une valeur méritoire de la compassion de Marie était Denis de Chartres (mort en 1471). Aux 17e et 18e siècles, on parle d’une coopération de Marie « à la distribution des mérites du Christ », tout en précisant que « le Christ seul a des mérites pour racheter le monde ». C’est à la fin du 19e et au 20e siècle que les mariologues ont commencé à parler ouvertement d’une co-rédemption de Marie. Un certain nombre de papes ont émis des pensées qui allaient dans ce sens.

Pie X (2 fév. 1904) : « Marie est la très digne Réparatrice du genre humain et, par conséquent, la dispensatrice de toutes les grâces que le Sauveur nous a méritées par sa mort ».

Benoît XV (22 mars 1918) : « On peut dire à bon droit qu’elle a, avec le Christ, racheté le genre humain… Lorsque son Fils souffrait et mourait, elle a souffert et elle est morte pour ainsi dire avec lui, renonçant alors, afin de sauver les hommes et d’apaiser la justice divine, aux droits maternels qu’elle avait sur son fils, immolant ce fils pour autant qu’il était en elle, et dans ce sens, on peut dire à bon droit qu’elle a, avec le Christ, racheté le genre humain » (Iner Sodalicia du 22 mars 1918).

Pie XI a proclamé : « La Vierge douloureuse a participé avec le Christ à l’œuvre de la rédemption » (Litt. Apost. du 2 février 1923, Denzinger n° 3034 n° 4).

Pie XII concluait son Encyclique Mystici Corporis Christi (le 29 juin 1943) par ces mots : « Ce fut elle qui obtint par ses prières très puissantes que l’Esprit du divin Rédempteur, déjà donné sur la croix, fût communiqué le jour de la Pentecôte en dons miraculeux à l’Eglise qui venait de naître… Ce fut elle qui, en supportant ses immenses douleurs, vraie Reine des martyrs, ‘compléta ce qui manquait aux souffrances du Christ pour son Corps qui est l’Eglise’ (Colossiens 1.24). Supplions donc la très sainte Mère de tous les membres de Christ, au Cœur immaculé… ».

« La relation unique de Marie avec Dieu a amené habituellement les théologiens à lui assigner un triple rôle : premièrement, elle a été décrite comme co-rédemptrice, coopérant avec le Christ dans l’œuvre de salut des hommes. Cette idée est aussi présente dans les documents du Concile de Vatican II, bien que le terme lui-même n’y apparaisse pas. Comme Mère de Dieu, Marie est unie à son Fils, le Rédempteur, avec ses grâces et ses offices particuliers (canon 63 de Vatican II). Après son ascension, elle n’a pas renoncé à son rôle salvateur (canon 62). Son deuxième rôle est celui de Médiatrice, dispensant la grâce du Christ aux pécheurs qui en ont besoin. Ce titre a aussi été utilisé par le concile, et Marie est aussi appelée ‘notre mère dans l’ordre de la grâce’. En troisième lieu, elle est appelée Reine du ciel qui règne avec Dieu dans sa providence» (David F. Wells Revolution in Rome p. 114).

Dans une note sur ce passage, Wells ajoute qu’« en 1918, le pape Benoît XV a déclaré qu’au Calvaire, Marie a offert le Christ et ainsi, ‘avec le Christ, elle a racheté la race humaine’ (Denzinger p. 502) ». Le mot de co-rédemptrice apparaît pour la première fois dans l’Encyclique Sunt Quos Amo qui a demandé aux fidèles d’ajouter le nom de Marie à celui de son Fils dans leurs prières ».

« Marie continue au ciel sa mission de co-rédemptrice, en distribuant maintenant à chaque âme en particulier les grâces qu’elle a aidé à mériter à toutes en général… c’est Marie qui les enfante les unes et les autres à la vie… Le petit être qui, dans l’eau baptismale, d’enfant de colère devient enfant de Dieu ; le pécheur, cadavre spirituel, qui, au contact du sang du Christ tombant sur lui de la main du confesseur, se ranime et redevient un fils du Père céleste, c’est Marie qui les enfante l’un et l’autre à la vie… Sans la grâce de vie qu’elle leur obtient, ils resteraient pour toujours dans la mort. Nul ne renaît jamais à la vie sans que Marie lui ait, surnaturellement, donné naissance… La vie que Marie nous donne, elle peut nous la rendre si nous la perdons. Car nous ne pouvons rien faire de surnaturel sans la grâce, et toute grâce nous vient de notre Mère Céleste » (E. Neubert Marianiste, Dr en Théologie : Marie dans le dogme 2e édition Paris 1946 p. 69s.).

« Marie a déjà tout expié… La Sainte Vierge obtient parfois de l’homme qu’il se désiste où Dieu même si souvent échoue » (P. Doncoeur La Sainte Vierge dans notre vie d’hommes p. 606-607).

« Elle mérita dignement de devenir la Rédemptrice du monde perdu » (Pie X Ad diem ilium. 1904).

« Elle abdiqua ses droits maternels sur son Fils afin de procurer le salut des hommes… Autant qu’il était en son pouvoir, elle immola son Fils, de sorte qu’on peut affirmer avec raison qu’elle-même, avec le Fils, racheta tout le genre humain » Benoît XV Acta Ap. Sedis 1918).

« Elle est arrivée, par sa singulière et presque infinie grandeur, à toucher aux confins de la Divinité… Il faudra éclairer toujours davantage la coopération immédiate de Marie à la Rédemption, pour mettre en lumière son titre de Corédemptrice du genre humain, il faudra éclairer toujours davantage la nature de la royauté de Marie, Reine de l’Univers, et la nécessité morale de la dévotion à Marie pour le salut » (Cardinal Pizzardo, ouvrant en tant que représentant du Pape Pie XII, le Premier Congrès Mondial de Mariologie à Rome le 23 octobre 1950).

Cette doctrine romaine ravit au Christ le caractère unique de sa qualité de seul Sauveur et seul Médiateur entre Dieu et les hommes. Jésus a affirmé qu’il donne la vie au monde. Le Concile de Vatican II déclare que Marie « a donné la vie au monde » (DV II, 86). Vatican II déclare : « Elevée au ciel… par sa multiple intercession, elle continue à nous donner les dons du salut éternel… elle veille avec soin sur les frères de son Fils » (Lumen Gentium n° 62).

Le catéchisme de l’Eglise catholique déclare : « Après son Assomption au ciel, son rôle dans le Salut ne s’interrompt pas : par son intercession répétée elle continue à nous obtenir des dons qui assurent notre salut éternel » (art. 969).

Les apôtres disent que nous sommes destinés à être semblables à Christ (Romains 8.29 ; 2 Corinthiens 3.18 ; Philippiens 3.21 ; 1 Jean 3.2). Le Concile déclare que « Marie est le modèle de l’Eglise » et que ceux qui aspirent à la sanctification « portent leurs yeux sur Marie qui rayonne sur toute la communauté des élus comme un modèle de vertu » (DV II, 86, 93). L’Ecriture déclare constamment que seul le Christ est sans péché (2 Corinthiens 5.21 ; Hébreux 4.15 ; 7.26 ; 1 Pierre 1.19 ; 2.22 ; 1 Jean 3.5), mais le Concile affirme que Marie était « entièrement sainte et libre de toute tache de péché ». (D’après P.E. Hughes « The Council and Mary » Christianity Today 8 déc. 1967 p. 10).

Karl Barth a déclaré que « dans la doctrine mariologique et dans le culte de Marie apparaît l’hérésie fondamentale de l’Eglise catholique romaine qui explique tout le reste. La ‘Mère de Dieu’ du dogme mariologique catholique romain est tout simplement le principe, le type et l’essence de la coopération de l’homme à sa propre rédemption sur la base de la grâce prévenante » (Dogmatique II, 143). La coopération de Marie au salut est le type de celle de l’homme à son salut et de celle de l’Eglise romaine « hors de laquelle » il n’y a pas de salut. Le catholicisme post conciliaire affirme ne vouloir retenir que ce qui est conforme à l’Ecriture sainte. Les déclarations de Vatican II au sujet de Marie ne semblent pas aller dans ce sens.

« En Christ, nous avons la rédemption par son sang » (Ephésiens 1.7-8 ; cf 1 Pierre 1.19 ; 2.24). « Si ‘nous avons tout pleinement en Christ’ (Colossiens 2.10), si nous sommes ‘gratuitement justifiés par sa grâce’ (Romains 3.24), si nous confessons vraiment que ‘Dieu a donné son Fils unique’ (Jean 3.16) et qu’il n’y a ‘pas d’autre nom par lequel nous puissions être sauvés’ (Actes 4.12), comment envisager quel que élément supplémentaire, voire complémentaire qui s’ajouterait au ministère du salut en Christ, seulement et parfaitement » (M. Leplay Marie… p. 56).

Le parallèle entre Jésus-Christ et Marie a déjà été développé sur presque tous les points : naissance annoncée par des anges, conception miraculeuse et sans péché, humanité parfaite (sans péché), maternité spirituelle, Seconde Eve (parallèle au Second Adam), source de vie et de pardon, de réconciliation avec Dieu, souffrances rédemptrices, victoire sur la mort, ascension au ciel, règne dans les cieux, intercession pour les hommes, exaucement des prières… : autant de caractéristiques de la divinité – qui ne lui a jamais été attribuée.47 La reconnaissance officielle de sa coopération à l’œuvre de la rédemption du genre humain l’en rapprocherait.

47 Il est vrai que pratiquement, ceux qui l’invoquent ont foi en son pouvoir même sur Dieu (affirmé clairement par bien des auteurs accrédités comme Alphonse de Liguori). Certains n’ont pas craint d’aller encore plus loin, comme Mgr J. Malou qui, dans un livre sur L’Immaculée Conception (Bruxelles 1857, pourvu évidemment de l’imprimatur et du Nihil obstat des autorités ecclésiastiques) appelle Marie « une personne divine » ou « la quatrième personne de la sainte Trinité » et cela « selon les Pères » (cité par le Groupe des Dombes Marie p. 145).

A l’heure qu’il est, le dogme de Marie co-rédemptrice n’est pas encore officiellement proclamé. Il le sera tôt ou tard car il répond à des besoins humains profonds : l’homme veut faire son salut – ou du moins y contribuer. Accepter tout par grâce est trop humiliant. Marie coopérant à notre salut nous représente tous et nous rassure : on n’est pas si « incapable de tout bien » que la confession des péchés calviniste veut nous le faire croire.

Le Père Nicolas considère que la co-rédemption de Marie et de l’Eglise est le point principal qui sépare le protestantisme du catholicisme. Il pourrait bien avoir raison.

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