Jésus-Christ est venu afin « de délivrer tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans l’esclavage » (Hé 2.15). Avant sa conversion D.L. Moody (1837-1899), le plus grand évangéliste du 19e siècle, était terrassé par la peur de la mort.
En parlant de son état avant sa conversion, Moody dira par la suite : « Comme tout était sombre en moi lorsque je pensais à l’avenir ! Je me rappelle très bien comme je tenais la mort pour le plus grand épouvantement. Souvent son ombre avait plané sur mon chemin. Comme je tremblais à la pensée de cette heure où elle me saisirait. Je souhaitais de mourir d’une longue maladie, parce qu’alors je pourrais prévoir quand la mort arriverait.
» On avait l’habitude, dans mon village, d’indiquer l’âge de décès des défunts par le nombre des coups de cloche. Dès que le glas retentissait, je les comptais exactement. Souvent il y en avait soixante-dix ; mais quelquefois aussi moins de dix, parfois même juste mon âge. Alors la peur me saisit. Je croyais sentir la main de la mort toucher le fil de ma vie ».
Kimball, son moniteur d’école du dimanche, raconte : « J’avais résolu de lui parler du Christ et de son âme et, un beau jour, je me dirigeai vers son magasin de chaussures de Holton. En approchant, je me dis : “Fais-tu vraiment bien d’aller le voir juste à l’heure du gros travail ? Quand tu seras parti, les autres employés vont lui demander qui c’était et se moqueront de lui”, Je résolus de foncer en avant et d’avoir la victoire. Je trouvai Moody au fond du magasin en train d’envelopper des chaussures. J’allai droit vers lui et, posant ma main sur son épaule, je l’appelai à se donner à Jésus-Christ. Je ne sais pas exactement de quels mots je me servis, ni ce que Moody put me dire lui-même. Je lui parlai très simplement de l’amour que le Christ avait pour lui et de celui qu’il réclamait en retour, et c’est tout. Le jeune homme, me semble-t-il, était tout juste préparé à recevoir la lumière qui fondit sur lui, et là, dans le fond de ce magasin, il donna sa vie à Jésus-Christ. »
Moody lui-même dira plus tard : « Le matin de ma conversion, je m’en allai dans la campagne, et je me mis à aimer toutes choses. Jamais auparavant, je n’avais autant aimé le beau soleil quand il brille sur la terre, et quand j’entendis les oiseaux chanter leurs chants, je me mis à aimer même les oiseaux. Toutes choses étaient devenues nouvelles ».
Moody ne parlait pas souvent de sa conversion, pas plus que de ses autres expériences personnelles.12
12 A.P. Fitt, Moody, Dieulefit 1937, p. 25-26.
Quelque temps après sa conversion se manifesta dans sa vie un autre fruit de la nouvelle naissance : Moody organisa à Chicago une école du dimanche où il réunit jusqu’à 1500 jeunes ramassés dans la rue. Plus tard, ce petit campagnard sans instruction rassembla des foules plus importantes qu’aucun prédicateur avant lui. Il put montrer à des dizaines de milliers de personnes le chemin du salut.