Dieu a parfois des voies étranges pour amener quelqu’un à la conversion. John Williams, une jeune apprenti des environs de Londres, n’avait guère d’intérêt pour la religion. Il dit lui-même : « Je n’observais pas le dimanche et j’aimais le plaisir plus que Dieu. Je raillais souvent le nom du Christ et la religion ».
Un dimanche soir, il avait donné rendez-vous à quelques jeunes de son âge pour passer la soirée dans une taverne et, dans la rue, il attendait ses amis qui étaient en retard. La femme de son patron vint à passer, allant à l’église. Elle reconnut Williams et lui proposa de l’accompagner. Pour punir ses amis de leur retard, le jeune homme accepta. Le pasteur avait pris pour texte de son sermon : « Que servirait-il à un homme de gagner le monde entier s’il perdait son âme ? » (Mt 16.26). Williams comprit le prix de son âme ; il résolut de changer de conduite, de revenir à Dieu et à la foi de son enfance.
Le pasteur le dirigea avec sagesse dans la voie nouvelle où il s’était engagé. Quelques mois plus tard, Williams fut reçu comme membre de l’Eglise. Chaque semaine, il se réunit avec d’autres jeunes gens pour étudier la Bible. Il s’engagea comme moniteur de l’Ecole du dimanche, se mit à distribuer des traités et à évangéliser. Au cours d’une réunion missionnaire, Dieu l’appela à s’engager dans la mission en terre lointaine. Il offrit ses services à la Société des missions et après une rapide formation, il fut accepté comme missionnaire pour l’Océanie. Il avait 20 ans. Le 18 novembre 1816, le bateau qui devait le transporter là-bas leva l’ancre. Les 18 missionnaires arrivèrent à Tahiti un an plus tard. Il évangélisa les différentes îles de l’archipel avant de mourir martyr à 44 ans dans l’île d’Eromanga après 23 ans d’apostolat dans ces îles.13
13 D’après F. Faure : John Williams, Missionnaire en Océanie (1798-1839) Paris 1929.
Ce désir de servir apparaît aussi très tôt après la conversion de Mathilde Wrede (1864-1928). Celle que l’on appellera plus tard « l’ange des prisonniers » a été élevée à l’abri des soucis matériels dans la maison du riche gouverneur de Vasa (Finlande).
Très tôt elle est tourmentée par des doutes métaphysiques (Dieu existe-t-il ?), par un sentiment de solitude et de vide intérieur. A l’école maternelle, elle est frappée par le bonheur que reflète son institutrice, Alba Hellmann. Celle-ci, malgré sa maladie qui l’oblige à passer ses nuits assise dans son fauteuil, ne songe qu’à soulager la misère de ceux qui l’entourent. Un soir, la jeune Mathilde qui avait dix-neuf ans assiste à une réunion tenue par un prédicateur laïque, Carl Orest. Elle voit clairement son état de perdition et le salut en Jésus-Christ. Après la réunion elle doit se rendre à une réception à l’hôtel de ville, mais elle ressent un impérieux besoin de solitude. Elle prie son père de la reconduire chez elle et là, dans sa chambre elle s’agenouille devant Celui qui était encore pour elle le grand Inconnu : « Si tu existes, lui dit-elle, prends-moi telle que je suis, maintenant. Donne-moi un signe… Je veux t’appartenir tout entière. Si tu existes, réponds-moi, fais-moi sentir ta présence, parle à mon âme… réponds-moi. Je veux t’obéir. J’irai jusqu’au bout du monde en t’obéissant aveuglément, j’irai où tu voudras m’envoyer. Si tu existes, donne-moi de l’assurance. Je me donne à toi, je te donne toute ma force. Fais que je sois transformée à cette heure… que je naisse de nouveau… que je te sois consacrée… ».
C’était le 5 mars 1883.
Quelques jours plus tard, un prisonnier devait réparer la porte de sa chambre. Elle entre en conversation avec lui et lui raconte sa conversion. — « Ne pourriez-vous pas venir nous parler de cela dans la prison ? ». Elle y va et revient bouleversée. Peu après, Dieu lui parle dans un rêve. Elle voit, comme l’apôtre Paul avait vu le Macédonien, un prisonnier chargé de fers qui lui dit : « Nous sommes plusieurs milliers. Nos âmes sont plus malades que nos corps. Viens-nous en aide !… Parle-nous de Celui qui peut nous libérer… Nous t’attendons ».
Mathilde ouvre sa Bible au hasard ; le premier passage qu’elle a sous les yeux est Jérémie 1.6-8. « Je répondis : Ah ! Seigneur, Eternel ? Voici je ne sais pas parler, car je suis un enfant. Et l’Eternel me dit : Ne dis pas : Je suis un enfant. Car tu iras vers tous ceux auprès de qui je t’enverrai, et tu diras tout ce que je t’ordonnerai. Ne les crains pas ! ». Etait-ce la confirmation de la vision nocturne ? Mathilde ne pouvait y croire. Elle rouvre sa Bible ailleurs. Sous son doigt, à l’autre page, elle lit : « Va vers les captifs, vers les enfants de ton peuple ; tu leur parleras et, qu’ils écoutent ou qu’ils n’écoutent pas, tu leur diras : Ainsi parle le Seigneur, l’Eternel » (Ez 3.11).
Maintenant elle savait : Dieu lui avait clairement assigné sa tâche. Le 5 mars, elle s’était consacrée à lui et lui avait juré obéissance. Il ne restait rien d’autre à faire qu’à être conséquente. Une paix profonde l’enveloppa dès qu’elle eut dit oui.14
14 D’après Esther Stahberg, M. Wredes Vermächinis, Verlag Oprecht, Zurich.
George Williams naquit en 1821 dans une ferme d’Angleterre, huitième fils de fermiers aisés. On le destinait d’abord à prendre la succession de ses parents à la ferme, mais, par suite d’une maladresse, il fut jugé « tout au plus bon pour la ville ». On le mit en apprentissage chez un drapier de Bridgewater. « J’étais à l’époque un garçon étourdi, impie et porté aux jurons ». « Peu d’années plus tard, il quittera cette ville sérieux, enthousiaste et brûlant de zèle pour le Maître » (T.H. Geisendorf). Comment ce changement eut-il lieu ?
Né dans une famille très attachée à l’Eglise anglicane, il en fut rebuté un jour où le culte eut pour seul texte et sujet une éclipse de soleil. Par un acte d’indépendance et de volonté, il se rattacha à une Eglise dissidente où il entendit prêcher la Parole de Dieu. Un jour, après le culte, il rentra chez lui, s’agenouilla au fond de la boutique et se donna de tout son cœur à son Maître et Seigneur : un flot de paix et de foi emplit son cœur. Il dira plus tard que c’est par « le murmure doux et léger » que Dieu s’est fait connaître à lui, comme à Elie sur le mont Horeb.
Reçu membre de l’Église, il provoque sans tarder la formation d’un groupe de prière, s’occupe de l’école du dimanche et consacre son temps libre à des lectures spirituelles. A 19 ans, son apprentissage terminé, il fut embauché dans une grande maison de draps de Londres parmi 140 employés qui étaient tous logés dans le même immeuble. Son travail assidu le fait remarquer par ses patrons ; en une année, il fait augmenter de 30 000 livres le chiffre d’affaires de la maison. Il devient l’un des meilleurs vendeurs de la Cité. Aussi monte-t-il en grade, de sorte qu’avec un meilleur salaire, il peut consacrer les deux tiers de son revenu à l’œuvre de Dieu.
Le travail est dur dans la maison. Outre les heures de balayage, tous devaient travailler de 7h à 20h, ou 21h en été, avec trente minutes pour les trois repas. Les rares loisirs étaient consacrés à la débauche et à des beuveries. On disait alors qu’il était impossible d’appartenir à la maison Hitchcock et de rester vraiment chrétien. Trois ans plus tard, il était devenu presque impossible de ne pas y être chrétien. D’où vint une telle transformation ? Du fait qu’un jeune homme de 21 ans n’a eu, en y entrant, qu’un seul but à sa vie : le salut de ses contemporains. Son arme principale est la prière. Il cherche parmi ses compagnons quelqu’un qui se dit chrétien. Il en trouve un seul. Bientôt, ils seront trois et chaque mois, leur nombre augmente. A la fin de la première année, ils sont déjà neuf. D’une chambre à l’autre, des réunions de prière se propagent. Puis on pense au patron de la maison que la conduite et les prières de ses employés amènent à la conversion, ainsi qu’aux jeunes gens qui travaillent dans d’autres maisons. Le soir du 6 juin 1844, douze jeunes fondent dans une chambre à coucher l’Association de Bérée où Union chrétienne de jeunes gens « pour l’évangélisation de la jeunesse par la jeunesse ». Ce qui caractérise la période des débuts, c’est la puissance d’intercession des premiers membres : dès qu’un « nouveau » leur est présenté, quatre ou cinq d’entre eux s’en emparent et l’entourent de leurs prières. Aussi, les progrès furent-ils rapides durant ces premiers mois : des services religieux s’établirent dans 14 maisons de commerce et chaque semaine on se réunissait en commun dans un hôtel. En novembre 1844, c.-à-d. 5 mois après sa fondation, l’Union compte déjà 161 jeunes hommes. Un an plus tard, ils seront 300, y compris les pasteurs de plusieurs Eglises anglicanes, méthodistes, baptistes ou indépendantes.
George Williams pense à l’instruction de tous ces jeunes gens et l’on appelle un missionnaire urbain à se consacrer à plein-temps à l’Association pour des entretiens, des études bibliques et des conférences (imprimées à 36 000 exemplaires). Pendant ses vacances, Williams parcourt la province avec ce missionnaire pour fonder des Unions chrétiennes dans différentes villes. Pour la présidence de leurs conférences annuelles, il ne craint pas d’inviter le Lord-Maire de Londres, le Comte de Harrowby et Lord Shaftesbury, le grand philanthrope chrétien. En 1851, lors de la première exposition universelle, un millier de membres de l’Union distribuèrent 362 000 traités et tinrent 550 réunions. Lors d’un voyage d’affaires à Paris, Williams y fonde une Union chrétienne. Un voyageur de commerce hollandais qui assistait à la première réunion rentra enthousiasmé dans son pays pour y fonder une Union. En 1855 eut lieu à Paris une conférence universelle des Unions chrétiennes de jeunes gens avec des délégués de divers pays. C’est là que l’on établit le Statut de Paris qui devait servir de base à toutes les U.C.J.G. du monde.
En 1873, Williams sera l’organisateur de la campagne d’évangélisation de Moody et Sankey, en partie par reconnaissance pour le bien que Moody avait fait aux Unions d’Amérique parce qu’il leur devait sa préparation au ministère évangélique.
Entre temps, Williams était devenu le patron de la maison Hitchcock. C’est au bénéfice des Unions qu’il employa plus de la moitié de ses revenus. En 1894, lors du jubilé des Unions chrétiennes, George Williams fut anobli par la reine Victoria et nommé bourgeois d’honneur de la Cité de Londres. En 1900, on comptait 7722 Unions et plus d’un demi million de membres dans toutes les classes de la société. En 1905, lors du jubilé de l’Alliance mondiale des Unions chrétiennes fondée en 1855, il s’adressa aux mille délégués venus de 25 nations en leur disant : « Jeunes gens de France, si vous voulez que votre vie soit heureuse et utile, donnez vos cœurs à Dieu pendant que vous êtes jeunes ». Jusqu’à la fin, il garda l’habitude de distribuer des traités aux passants et d’annoncer l’Evangile aux cochers ou aux vagabonds qui passaient.
En considération des services qu’il avait rendus à son pays, il eut droit à des funérailles nationales et à une inhumation dans la crypte de la cathédrale St Paul entre l’amiral Nelson et le général Wellington.15
15 D’après H. Williams George Williams, Pionnier UCJG Flavion (Belgique) 1978.
Malgré ces débuts 100% évangéliques, les U.C.J.G. passèrent par des crises qui les éloignèrent souvent de la Base de Paris. Les publications du Comité universel des U.C.J.G. des années 20 et 30 portent davantage la marque du libéralisme théologique (H.E. Fosdyck) ou du christianisme social (W. Rauschenbusch) que du courant évangélique. Les centres Y.M.C.A (Youg Men Christian Association) sont devenus des hôtels très appréciés qui n’ont souvent conservé que quelques valeurs morales de leur inspiration première. N’empêche que certains groupes qui ont la chance d’avoir un leader chrétien (en Allemagne, par exemple) restent des foyers de vie spirituelle authentique où ceux qui cherchent peuvent trouver le Seigneur.
Personnellement, je suis reconnaissant à la section cadette de l’Union d’avoir semé en moi des graines de foi qui allaient lever plus tard. Je n’oublie pas non plus que mes premières expériences spirituelles marquantes datent d’un camp de l’U.C.J.G. où nous nous sommes retrouvés chaque soir avec un camarade qui avait fait une tentative de suicide. De retour en ville, nous avons poursuivi ces réunions de prière et essayé de revivifier la Base de Paris pour notre groupe local.
L’Eglise qui est née dans cette même ville après la guerre plonge donc ses racines dans le sol de l’U.C.J.G. et doit, en fin de compte, son existence aux graines semées par George Williams.
Bakht Singh, né au Pendjab (l’actuel Pakistan occidental) comme fils d’une famille hindoue pieuse, fut consacré à la religion sikh. Il grandit avec la haine du christianisme. Ayant reçu une Bible, il la déchira, n’en conservant que la couverture en cuir. Envoyé à Londres pour des études d’ingénieur, il se plongea dans toute la vie dévergondée de la société occidentale. Durant un voyage au Canada, il assista à un culte à bord d’un bateau et se trouva subitement en train de s’écrier : « Seigneur Jésus, que ton nom soit béni ! ». A partir de là, il eut une attitude plus bienveillante envers le christianisme. La rencontre d’un homme au visage rayonnant le frappa. Il se hasarda à lui demander le secret de sa joie : « Jésus-Christ est dans mon cœur » fut sa réponse. Ces paroles se gravèrent dans son esprit et il accepta un Nouveau Testament qu’il entreprit d’étudier, désirant connaître la vie véritable. En lisant les paroles de l’institution de la cène, il lui sembla entendre Jésus-Christ s’adresser directement à lui en lui disant : « Ceci est mon corps qui a été rompu pour toi. Ceci est mon sang versé pour la rémission de tes péchés ». Ce fut comme si un grand fardeau tombait de ses épaules. Il était né de Dieu.
À partir de ce moment, il eut le désir de faire connaître cette Bonne Nouvelle à son pays. Il retourna aux Indes et commença à distribuer des traités et vendre des évangiles dans les rues de Bombay, accostant les passants pour leur parler du Sauveur. Il poursuivit cette œuvre à Karachi, puis à Madras où il travailla pendant sept ans, en coopération avec les Eglises organisées, tenant tous les soirs des réunions d’évangélisation. Cependant, comme il remarqua que les Eglises étaient incapables de s’occuper des nouveaux convertis, que leur enseignement était souvent imprégné de libéralisme, il se mit à rassembler les nouveaux chrétiens en communautés organisées selon le Nouveau Testament. Il concentra ses efforts sur des régions où l’Evangile n’avait pas encore été annoncé. Avec quelques frères, il parcourait les rues du village ou de la ville, distribuant des traités et vendant des évangiles puis invitant les gens à une réunion dans la soirée. Après quelque temps, ils repartaient, laissant un collaborateur sur place pour prendre soin de la nouvelle communauté, baptiser les nouveaux croyants et instituer un culte de louange avec la cène tous les dimanches. C’est ainsi que, par le ministère de Bakht Singh et de son équipe, plus de 400 Eglises sont nées aux Indes et au Pakistan.
Bakht Singh a conservé toujours la passion de l’évangélisation. Pour lui, l’une des fonctions principales d’une Eglise était d’amener des hommes et des femmes à connaître Jésus-Christ. La première fois que je l’ai rencontré, il m’a demandé tout de go : « Combien de nouveaux convertis avez-vous dans votre Eglise chaque semaine ? — ? — Chaque mois ? ». L’une des caractéristiques d’une foi vivante comme d’une Eglise vivante est le désir de servir le Christ en amenant des gens des ténèbres à la lumière. Un autre trait qui le caractérisait était sa haine de tout formalisme religieux. En lui faisant visiter Strasbourg, je lui ai demandé si cela l’intéresserait de voir l’intérieur de la cathédrale. « Non, je sais ce qu’il y a dedans : rien que des ténèbres ».16
16 Une réponse qui tranchait avec celle que me donnait à la même question l’apôtre des Flandres, Odilon Vansteenberghe : « Tout m’intéresse ». Dieu utilise à son œuvre des tempéraments très différents ! D’après D. Smith : Bakht Singh, un prophète de Dieu aux Indes. Le secret d’une action missionnaire efficace Voix de l’Evangile, Strasbourg s.d.
Louis Zamperini était champion olympique de la course de fond. Pendant la guerre, son avion tomba dans le Pacifique et, avec un compagnon, il a dérivé pendant 47 jours sur un radeau avant d’être sauvé par les Japonais qui les ont enfermés pendant deux ans et demi dans un camp de prisonniers. Il rentra en héros en Amérique, mais, n’ayant pas de but de vie, il se mit à boire. Ce fut la déchéance physique et morale. «&nbso;J’avais oublié toutes les promesses que j’avais faites à Dieu sur mon radeau et dans le camp. Je devins un habitué de tous les bars du Hollywood Boulevard. Je me mariai, mais cela ne changea pas ma vie. Un soir, ma femme me persuada d’aller écouter Billy Graham. Pendant l’appel, je me levai pour partir lorsque j’ai entendu l’orateur dire : “Si vous acceptez le Christ comme votre Sauveur, il vous aidera à mener une vie chrétienne”. Je me dis : “Peut-être que si quelqu’un m’aide, j’ai encore une chance”». Il fit demi-tour et se joignit à ceux qui s’avançaient vers le podium. Plus tard, un conseiller posa son crayon debout sur sa Bible pour lui montrer que livré à lui-même, le crayon tombe, mais s’il le tient, il reste debout. « Ce crayon, c’est vous. La main est celle du Christ qui veut vous tenir debout ».
Le lendemain, lorsque Zamperini passa devant son bar préféré, il avait le sentiment qu’une main touchait son épaule. Il se détourna et passa outre.
Pendant sa captivité, il avait été torturé et exploité. Une fois, les Japonais l’ont affamé puis ils l’ont engagé dans une compétition avec des sportifs japonais sous les regards narquois des spectateurs. Il avait conçu une terrible haine de ses tortionnaires. Après son expérience de conversion, il conçut le désir de se rendre au Japon et de rechercher celui qui l’avait fait le plus souffrir pour lui dire qu’il lui pardonnait. Il emprunta l’argent pour le voyage et se rendit chez tous les anciens surveillants du camp pour leur apporter son pardon et leur offrir son amitié. Puis il demanda à Dieu quoi faire de sa vie. La réponse vint assez rapidement. Il fréquenta des camps de jeunes et dirigea l’un des premiers camps Lifeline de « Jeunesse pour Christ ». Il y apprit l’art de mener des adolescents difficiles ; puis il demanda à l’Etat de lui confier des jeunes délinquants de 16 à 18 ans. On lui donna un groupe de jeunes gangsters et on lui adjoignit un psychiatre officiel.
Cela ne dura pas longtemps jusqu’à ce que cinq de ces jeunes mirent tout le camp sens dessus dessous. Le psychiatre lui conseilla de lier ces jeunes avec des menottes à des arbres. Zamperini dit : « Je crois que nous devrions trouver une solution chrétienne ». Cela changea l’atmosphère du camp. Un jour, les cinq trouble-fête vinrent devant tous demander pardon. Plus tard, un autre psychiatre vint dans le camp et se convertit lors de l’annonce de la Bonne Nouvelle.
Zamperini poursuivit son œuvre des Victory Boy’s Camps. Il a interviewé des centaines de jeunes délinquants en leur demandant pourquoi ils avaient attaqué une station-service, brûlé une voiture, battu un retraité ? « Pour nous amuser ». « Il faut donc trouver quelque chose qui les amuse davantage ! ». Avec un collègue, ils ont élaboré un programme d’activités diverses : ski, ascensions en montagne, saut à l’élastique… Chaque été, 25 à 35 jeunes viennent dans ces camps. Beaucoup repartent en chrétiens. Les premiers jours, on leur présente un film puis on les envoie au lit avec une prière. Lorsque les cœurs s’ouvrent, on leur annonce la Bonne Nouvelle. Zamperini a un entretien avec tous ceux qui ont manifesté une décision pour en connaître les motifs. Souvent, il leur dit : « Prends ton temps jusqu’à la fin de la semaine ; si tu es toujours décidé à accepter le Seigneur, reviens me voir ! ». Le respect de la liberté est un point important de son action.