Ils sont nés deux fois

Une vie nouvelle

Philip Mauro

Beaucoup de témoignages de conversions au « banc des pénitents » émanent de buveurs ou d’hommes et de femmes bas tombés ; au point que l’on se dit que pour ces gens-là, il est normal de se reconnaître pécheurs et de faire demi-tour. Le Dr Philip Mauro est un cas contraire. Conseiller renommé à la Cour d’appel de New York, en excellente santé, 45 ans, ayant une bonne famille. « Rien de ce qui contribue au bonheur et au contentement ne me manquait. Et pourtant, la paix intérieure et la conscience tranquille ne peuvent pas être trouvées dans ce que le monde appelle des “circonstances favorables”. Je n’avais apparemment aucune raison de ne pas être très satisfait de mon sort, et je pouvais jouir de tout ce que le monde peut nous offrir. Néanmoins, mon état mental était tout sauf satisfaisant. J’étais sujet à de fréquents accès de dépression pour lesquels il n’y avait ni raison ni explication ».

« “Tu travailles trop ! Il faut te relaxer, te divertir !”, me disaient même des membres d’Eglise bien intentionnés. J’ai cherché de la diversion. Un soir, je flânais à travers les boulevards de New York City. J’ai fait la queue devant un théâtre quand tout à coup des sons lointains d’un chant parvinrent à mes oreilles. Pourquoi cela m’a-t-il attiré ? Pourquoi ai-je suivi cette musique ? Il n’y a pas d’explication. Je suis entré dans une salle qui n’avait rien d’attrayant. Quelques personnes étaient rassemblées pour une réunion de prière. Ce qu’elles dirent ne m’a ni impressionné ni attiré, mais en voulant partir, plusieurs personnes m’ont salué, me serrant la main avec un mot aimable et un homme s’est même enquis de mon état spirituel.

» Aucune explication rationnelle ne peut rendre compte du fait que j’ai été comme obligé de retourner à ce lieu peu attrayant, si étranger à mes goûts naturels. Les gens qui s’y rassemblaient étaient d’un niveau social très différent de celui auquel j’étais habitué. Mais “les voies de Dieu ne sont pas nos voies” et “la sagesse de Dieu est une folie pour l’homme”. Dieu n’a pas choisi une compagnie de savants théologiens pour me convaincre par des arguments philosophiques, mais une compagnie de gens très simples, sans éducation, dont je me sentais infiniment supérieur.

» Je ne sais plus combien de fois je suis retourné à ces réunions ; je n’ai aucun souvenir d’un profit spirituel que j’en aie tiré. Je me souviens seulement qu’un soir, cédant à une impulsion intérieure qui a vaincu ma répugnance naturelle devant un tel acte, je m’avançai et je m’agenouillai avec quelques autres sur le devant de la salle de réunion. J’ai pris la place du pécheur et j’ai reconnu que j’avais besoin de la grâce de Dieu. L’homme qui s’était enquis de mon état spirituel lors de ma première venue est venu s’agenouiller à côté de moi, demandant à Dieu de me sauver.

» Qu’est-ce qui s’est passé ensuite ? Les choses qui, auparavant, m’attiraient ont perdu leur attrait (2 Co 5.17-18). En peu de temps mes habitudes de vie et mes occupations ont subi un profond changement. La lecture de la Bible et la prière devinrent des nécessités inéluctables. Mes doutes, mon scepticisme et mes critiques concernant Dieu et sa Parole s’évanouirent. J’ai vu que le siège de l’incrédulité ne réside pas dans la tête, mais dans le cœur, pas dans le raisonnement, mais dans la volonté (Jn 5.40 ; Rm 10.10). C’est le Saint-Esprit qui m’a convaincu de mon péché et de la divinité du Christ.

» Ma tendance à la dépression a complètement disparu quand “la paix de Dieu” s’est emparée de mon esprit. Dans les deux mois qui suivirent, je me suis senti obligé de parler à un membre de ma famille qui souffrait des mêmes symptômes qui m’avaient opprimé auparavant. Que d’efforts m’a coûtés mon premier sermon — qui ne consistait qu’en quelques mots : “Tu as besoin du Seigneur Jésus-Christ” ». Et pourtant ce petit témoignage assorti de quelques versets bibliques a suffi pour faire passer une âme morte à la vie éternelle. Puis deux membres de la même famille passèrent des ténèbres à la lumière et à l’assurance du salut.2

2 D’après Philip Mauro, Counsellor-at-law A Testimony London, Morgan & Scott Ltd, s.d.

Par la suite, Philip Mauro fut très actif dans son Eglise. Il fut l’auteur de nombreux livres dont plusieurs ont été traduits en français (La Parole qui vit, L’apogée de la civilisation, Ruth).

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