Frère André raconte qu’étant à l’Ecole biblique à Glasgow, il fut saisi subitement d’une profonde conviction de péché au sujet de larcins qu’il avait commis dans son enfance. Il dut écrire à son frère aîné pour lui avouer qu’il lui avait volé de l’argent ; en rentrant en Hollande, il alla trouver un grossiste auquel il avait dérobé des pommes dans des cageots et le responsable d’un magasin où il avait volé des briquets et des canifs. Dans tous ces cas, il proposa de dédommager ceux qu’il avait lésés, mais reçut partout un pardon généreux.
Cela me rappelle un souvenir personnel. Aux Chantiers de jeunesse pendant la guerre, nous souffrions gravement de la faim. Etant nommé chef d’atelier de l’équipe administrative — qui comprenait le cuisinier — je reçus plusieurs fois de ce dernier des suppléments de nourriture auxquels je n’avais pas droit. Cette irrégularité me fut aussi rappelée lorsque j’étais à l’Institut Biblique Emmaüs. J’écrivis au chef du Chantier en lui demandant comment réparer ce tort fait aux autres. Il me signala l’existence d’une caisse de secours mutuel où je pouvais verser une somme correspondant à ce dont j’estimais avoir lésé la communauté. L’ayant fait, ma conscience fut soulagée.