Évangile pour le monde – Préface

Préface

Billy Graham, un évangéliste universellement renommé

Une plaque de bronze apposée dans la ville de Charlotte aux Etats-Unis, près du lieu de naissance de Billy Graham, le présente comme un « évangéliste universellement renommé ».

En France, cependant, sa renommée ne s’est pas répandue facilement. Les réactions des média, surtout lors des premières missions en 1955, en 1963, puis en 1970 sur grand écran depuis l’Allemagne, ont d’abord été hostiles et bien souvent ironiques : « Que vient faire chez nous ce play-boy américain qui prétend convertir la France ? » Cela n’a pas empêché la prédication de Billy Graham de toucher un nombre inattendu de personnes et d’en conduire beaucoup à la foi en Jésus-Christ.

Un changement de ton est apparu lors de Mission-France en 1986. Sans doute un scepticisme moqueur était-il encore perceptible ici ou là, mais dans l’ensemble, les média ont pris Billy Graham beaucoup plus au sérieux et ont rendu compte plus fidèlement des réunions où il annonçait l’Evangile. Malgré les préjugés, le style inhabituel des réunions, la grande méconnaissance des Français en ce qui concerne l’Evangile, Mission-France a été un succès remarquable, déjà par le nombre d’auditeurs, mais surtout par le nombre de ceux qui ont répondu à l’appel en s’avançant pour témoigner que Dieu leur avait parlé. Pour la première fois, la technique moderne a permis de multiplier les lieux de réunion, comme ce fut encore le cas en 1993 lors de Mission-Monde-Europe, depuis Essen en Allemagne. Et maintenant, en 1995, c’est toute la terre qui pourra entendre, grâce au satellite, le message de l’Evangile annoncé par Billy Graham à partir de San Juan au Porto-Rico.

Qui est donc cet homme qui a pu proclamer la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ à des millions de personnes dans le monde entier ?

« Un évangéliste universellement renommé ». Ces mots le définissent bien en effet. Mais ce qui importe à ses yeux, ce n’est pas la renommée, mais l’Evangile qu’il a reçu mission d’annoncer. Il est vrai que son nom apparaît sur les affiches ou dans les média. Cependant, il n’a rien d’une vedette qui soigne son audimat, ou d’un franc-tireur qui travaille pour lui-même. Ce qui a inspiré et guidé sa vie, c’est la forte conviction que Dieu l’a appelé à proclamer l’Evangile. C’est un homme qui a le sens d’une mission à laquelle il ne peut se dérober. Les échos rencontrés par sa prédication, les nombreuses invitations venues de tous horizons et surtout les fruits de son ministère ont certainement renforcé cette vocation.

Dès le début, Billy Graham a refusé de travailler en solitaire. Il s’est entouré d’une équipe d’amis, partageant une même vision, le soutenant dans son action et le gardant des pièges du succès et de la popularité qui auraient pu défaire l’œuvre à laquelle il s’est consacré.

Bien plus, Billy Graham a très vite compris que l’évangélisation ne pouvait être l’affaire d’un seul homme ou d’une petite équipe, mais bien de l’Eglise tout entière, par-delà les frontières confessionnelles. C’est pourquoi, il a toujours et partout tenu à ce que ses campagnes d’évangélisation soient menées en étroite collaboration avec le plus grand nombre possible de Communautés chrétiennes de l’endroit où il se rendait. Son objectif est resté constant : attirer les hommes et les femmes à Jésus-Christ, et non à une Eglise particulière et, encore moins, à lui-même.

Il n’a pas l’ambition d’être un grand théologien, il ne recherche pas l’originalité dans sa prédication, il a simplement le souci de rester fidèle au message du Christ, de ne prêcher que l’Evangile et non des idées personnelles ou controversées. Pour ne pas s’égarer hors de ce chemin, Billy Graham est resté attentif à ce qu’ont pu lui apprendre les nombreux théologiens et responsables d’Eglises avec qui il s’est entretenu. Ceux qui l’ont approché, comme j’ai eu le privilège de le faire, savent qu’il y a en lui un grand désir d’apprendre. Il prêche avec conviction, mais il sait écouter avec humilité.

Parallèlement, pour que son message ne soit pas désincarné, mais en prise directe avec les réalités que vivent les gens, il s’intéresse à ce qui se passe dans le monde et aime à parler avec des journalistes, des hommes d’affaires, des leaders politiques. Mais il est tout autant, et même davantage, disposé à rencontrer des gens ordinaires et à les entendre lui faire part de leurs joies ou de leurs soucis. Cela lui donne une vision de la société humaine plus large que celle qu’il avait au début, mais aussi une grande attention aux questions sociales et au vécu quotidien des humains. Des problèmes comme la pauvreté, le racisme, les guerres, l’armement nucléaire le préoccupent beaucoup. C’est ainsi qu’il a créé, avec son association, un Fonds de Secours d’Urgence. Il n’est donc pas étonnant qu’il y ait, dans sa prédication, un va-et-vient entre la constante référence à la Bible qui reste son autorité et d’où il tire son message, et l’actualité ou l’expérience humaine.

Il a souvent été accusé de simplisme. Ce qui est sûr, c’est qu’il veut être simple, accessible à tous. Il est capital à ses yeux de pouvoir être compris par des hommes et des femmes de toutes les nationalités, de tous les niveaux sociaux, de toutes les origines culturelles. C’est d’ailleurs une des choses les plus étonnantes du ministère de Billy Graham que l’accueil qu’il trouve dans des pays aussi différents que les Etats-Unis ou le Kenya, l’Inde ou la Pologne, le Brésil ou les Philippines. De la même façon, son message touche aussi bien des illettrés que des universitaires.

La simplicité qu’il recherche est celle de l’Evangile. Lors de Mission-France en 1986, le journaliste Patrick Poivre d’Arvor l’a invité à participer en direct à une émission télévisée du dimanche après-midi et lui a demandé de résumer en une minute l’essentiel des sermons qu’il prêchait à Bercy. Il a aussitôt cité le texte de l’Evangile de Jean, chapitre 3, verset 16 : « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle », il ne connaît pas, en effet, d’autre Evangile que celui du Christ crucifié et ressuscité. Il ne se lasse pas de répéter que ce message appelle les hommes à se repentir de leurs péchés et à accepter Jésus-Christ comme leur Sauveur et Seigneur, mais aussi que cette démarche de foi est le début d’une vie nouvelle transformée par l’action du Saint-Esprit dans le croyant. D’où la place importante que tient, dans sa prédication, le comportement quotidien des chrétiens, en particulier la mise en pratique des relations d’amour avec leurs prochains, comme Jésus l’a ordonné à ses disciples.

Billy Graham est conscient que le ministère qui lui est confié n’est qu’une petite partie de la mission du peuple de Dieu dans le monde. Il vient aider les Eglises dans la tâche que Dieu leur confie, mais l’essentiel du travail est fait par les chrétiens eux-mêmes. L’engagement des Eglises locales qui préparent les réunions dans la prière et par le témoignage actif auprès des amis ou voisins, puis le suivi et l’accueil par les Eglises des personnes touchées par le message, enfin l’enseignement biblique qui leur est ensuite apporté sont indispensables pour que l’effort accompli porte du fruit.

Je ne peux que me réjouir de la parution du livre que vous tenez entre les mains. Il présente un choix de prédications de Billy Graham qui retrace l’essentiel du message annoncé depuis près de 50 ans sur tous les continents. Il rassemble aussi quelques témoignages de personnes qui ont trouvé la foi en Jésus-Christ par son ministère de proclamation de l’Evangile dans notre pays. J’en souhaite bonne lecture à chacun.

Robert Somerville,
pasteur

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