Bataille pour l’Afrique

PRÉFACE DU TRADUCTEUR

Au moment de commencer la traduction de « Battle for Africa », la question s’est posée de savoir comment il fallait procéder : reprendre le texte tel qu’il avait été rédigé en 1977, ou bien lui faire subir un certain nombre de modifications en raison des événements qui se sont produits depuis lors au sud du Sahara ?

Rappelons-en quelques-uns pour mémoire. En 1977, mort troublante de Steve Bico, incarcéré dans une prison sud-africaine. C’était le père du mouvement « Conscience noire ». En juillet 1978, dans la même prison, décès également étrange d’un autre leader noir, Lungila Tabalaza.

En octobre 1977, un an après les dramatiques événements de Soweto, le gouvernement sud-africain supprime brusquement toutes les organisations noires du pays, après avoir fait arrêter en 1977 de nombreux leaders africains et interdit dix-huit associations. Certaines de celles-ci étaient multiraciales, en particulier l’Institut chrétien de l’Afrique du Sud, dont le directeur, le pasteur Naude, a dès lors été placé en résidence surveillée.

Depuis lors, dans une certaine mesure, l’Union sud-africaine semble adopter une politique différente. Avec l’élection d’un nouveau premier ministre, P. W. Botha (1978), une série de mesures plus libérales sont prises. D’autre part, en 1979, le synode de la Nederduits Gereformeerde Kerk de la région du Cap a adopté une résolution s’opposant à toute discrimination raciale : celle-ci a été reconnue comme étant en conflit avec la règle éthique fondamentale du christianisme, l’amour du prochain. En conséquence, ce même synode a décidé que le séminaire théologique de cette Eglise, à l’Université de Stellen-bosch, serait désormais ouvert aux étudiants métis et africains munis des diplômes nécessaires.

D’autre part, on a encore également en mémoire les événements politiques qui se sont produits dans d’autres pays du continent. En Ouganda, la chute du régime sanguinaire d’Idi Amin Dadaénbsp;; dans l’ex-Empire Centre-africain, la destitution du « Maréchal Bokassa », en Guinée équatoriale, le renversement du président F. Macias Nguema et son exécution après condamnation pour crimes contre la nation. D’autres événements moins sanglants, mais significatifs, ont également marqué cette période. Les votations, réussies dans le calme, au Sud-Ouest Africain, pays qui s’achemine, on veut l’espérer, vers l’indépendance ; celles qui, en Rhodésie Zimbabwe, ont vu l’établissement d’un gouvernement à majorité noire, avec par la suite les pourparlers de Londres au sujet de l’avenir de ce pays…

Malgré tant de fluctuations dans les événements politiques d’Afrique, il ne nous a pas paru nécessaire d’apporter des changements importants au texte de Frère André. Cela permettra aux lecteurs avertis de voir avec quelle rapidité les situations évoluent et changent dans ces pays en gestation.

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En écrivant ce livre, Frère André s’adresse au monde occidental et surtout aux Eglises et à leurs membres. Il y plaide avec amour la cause de l’Eglise martyre, partout où elle est opprimée par des régimes révolutionnaires de droite ou de gauche, tous également dictatoriaux et totalitaires. Il le fait en toute connaissance de cause et avec toute la lucidité et la clarté dont est capable ce témoin courageux et sincère d’un terrible drame actuel, qui peut avoir des conséquences graves pour nous aussi. A le lire, on sent qu’il dit simplement ce qu’il a vu et vécu au cours de ses voyages en Afrique.

En lisant ce témoignage, on découvre le profond amour de Frère André pour l’Eglise de Jésus-Christ. Il la considère, et à juste titre, comme le don de Dieu, aujourd’hui plus que jamais, pour le salut du monde en détresse. Certains se demanderont peut-être, en refermant ce livre : Qui est cet homme ? D’où lui vient cette vision du monde ? Au nom de quelle autorité parlet-il ainsi ?

En effet, il n’est ni un grand penseur chrétien, ni un théologien chevronné, ni même un pasteur de paroisse. C’est un simple laïc, membre de sa paroisse en Hollande, fondateur et chef d’un mouvement mondial de soutien aux Eglises en détresse. Quel est le secret de sa vie ? Il a passé par une conversion profonde qui a eu pour conséquence de changer totalement l’orientation de son existence. La réponse du prophète Amos à Amatsia, prêtre du temple de Béthel : « Je ne suis ni prophète, ni fils de prophète, mais je suis berger et je cultive des sycomores. L’Eternel m’a pris derrière le troupeau et il m’a dit : « Va, prophétise à mon peuple d’Israël », nous permet, toutes proportions gardées, de comprendre qu’aujourd’hui encore, celui qui se laisse saisir vraiment par l’Esprit de Dieu peut parler avec autorité, car il le fait alors au nom de son Sauveur Jésus-Christ.

Lausanne, novembre 1979

G. A. Berthoud

M. et Mme J. R. et M. Couleru, MM. les pasteurs J.-D. Chapuis et R. Barilier ont bien voulu relire ce texte et m’aider de leurs conseils. Qu’ils trouvent ici l’expression de ma vive reconnaissance.

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