La tragédie des foyers brisés constitue le plus grave problème social dans la plupart des pays occidentaux. Elle menace même de destruction toute notre civilisation. Le foyer constituait la base solide de toute société. Dès lors que cette cellule familiale est ébranlée, c’est tout l’édifice de la société qui est menacé d’effondrement. Ce n’est pas un sujet qui fait la une des journaux mais, comme les termites, il ronge le cœur et sape les fondements de nos sociétés.
Il y a quelques années, la Cour Suprême des Etats-Unis a fait cette déclaration : « Le mariage est une institution dont la pureté concerne le public au premier chef, car elle constitue le fondement de la famille et de la société ; sans elle, il n’y a ni civilisation ni progrès. Tout système qui s’attaque au foyer se condamne lui-même comme hostile au bien-être public et au bien-être personnel ».
Autrement dit, la Cour Suprême déclare ennemi des Etats-Unis tout ce qui porte atteinte à la stabilité et à la solidité des foyers. Partout où ce cancer des foyers divisés reste impuni, il poursuit ses ravages jusque dans les fibres profondes de la vie nationale. L’histoire du monde en fournit une démonstration éclatante. La quasi-totalité des historiens admettent que la cause de la chute de l’Empire Romain réside dans la destruction de la cellule familiale. Des savants récents, qui ont effectué des études sur les conditions morales de vie en Grèce, en Perse et en Babylonie, ont conclu que les divorces et autres ruptures des liens conjugaux ont précipité la chute de ces empires.
Je reçois tous les jours des lettres de personnes dont le cœur est meurtri par la rupture de leur foyer. Des millions d’Américains ont pris à la légère leur engagement de fidélité lors du mariage, ce qui fait qu’aujourd’hui le nombre de divorces est plus élevé aux Etats-Unis qu’ailleurs, sans même parler de toutes les séparations et les expériences prématuritales qui se terminent par des ruptures.
Mais le nombre des divorces ne constitue pas le seul critère de cette désintégration sociale. Dans des foyers où mari et femme continuent à demeurer ensemble, le mariage prend l’allure d’une épreuve d’endurance. Ils restent ensemble jusqu’au bout pour des raisons sociales ou autres.
Le nombre des divorces ne dit rien non plus sur le nombre des époux infidèles l’un à l’autre ; par les relations extra-conjugales qu’ils vivent, la Bible les classe parmi les adultères et affirme clairement qu’il n’y a point de place pour de telles personnes dans le Royaume des cieux.
Enfin, le nombre des divorces ne révèle qu’imparfaitement la situation de ces milliers de garçons et de filles qui, à cause de foyers désunis, passent leur adolescence dans des établissements d’éducation surveillée, dans des orphelinats, des maisons d’accueil, des maisons de correction ou qui mènent une vie anormale.
Depuis une cinquantaine d’années, notre système éducatif enseigne que l’homme n’est rien de plus qu’un animal évolué. Notre jeunesse a été amenée à penser que le bonheur ne résidait que dans l’harmonie physique, et que les considérations spirituelles ne jouaient aucun rôle.
Il saute aux yeux maintenant qu’une telle semence produit aujourd’hui la désastreuse moisson de foyers désunis et détruits.
Dernièrement, un conseiller conjugal bien connu, demanda le divorce. Il confessa que sa théorie du bonheur conjugal basée sur une philosophie humaniste avait lamentablement échoué dans sa propre expérience. Et quand on pense que des milliers d’hommes et de femmes ont suivi ses émissions radiodiffusées et ses conseils, on tremble d’effroi. Un peu partout, des centaines d’éducateurs, de conseillers conjugaux et de psychiatres lèvent les mains au ciel et crient au secours.
Il serait grand temps que nos soi-disant spécialistes des questions conjugales et familiales reviennent à l’enseignement de la Bible !
Nous nous sommes habitués à lire des quantités d’articles parus dans nos journaux sur ces questions ; nous avons consacré beaucoup de temps à écouter les spécialistes sur les ondes radio ; peut-être avons-nous rendu visite à des psychiatres. Et, paradoxalement, nous avons laissé de côté l’avis de Celui qui a présidé au premier mariage dans le jardin d’Eden et qui a établi les conditions de l’alliance entre un homme et sa femme.
C’est Dieu qui a créé les mâles et les femelles dans chaque race animale. C’est Dieu qui leur a ordonné d’être féconds et de se multiplier.
C’est Dieu qui a dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul ; je lui ferai une aide semblable à lui » (Genèse 2.18).
C’est Dieu qui a conduit l’épouse vers le premier homme et présidé au premier mariage. C’est Dieu qui a établi le principe suivant, valable pour tous les temps et pour tous les lieux : « L’homme quittera son père et sa mère et s’attachera à sa femme, et ils seront une seule chair » (Genèse 2.24).
Nous parlons parfois du « sacrement » du mariage. Avec raison, car le mariage est sacré et saint ; il est la première institution divine. Il n’est pas simplement un arrangement social et civil entre deux personnes. Le mariage est un don divin qui fait d’un homme et d’une femme une seule chair. Dans l’Ancien Testament comme dans le Nouveau, le mariage est considéré comme la plus belle des relations humaines.
Lorsqu’il écrit aux Ephésiens, l’apôtre Paul compare l’amour que le mari éprouve pour sa femme à l’amour que Christ a témoigné à l’Eglise.
De plus, la Parole de Dieu ne connaît qu’une seule raison qui puisse mettre fin au mariage sans provoquer le mécontentement de Dieu : la mort. C’est encore ce que se promettent mutuellement les jeunes époux : « jusqu’à ce que la mort nous sépare ».
Quand Dieu a institué le mariage, il n’avait nullement prévu de cas de séparation entre l’homme et son épouse. Les conjoints devaient s’attacher l’un à l’autre. Dans son institution originelle, le mariage devait durer toute la vie.
Les Pharisiens, un jour, ont posé la question suivante à Jésus : « Est-il permis de répudier sa femme ? »
Christ évoqua l’origine de cette institution divine et leur répondit : « Que l’homme ne sépare donc pas ce que Dieu a uni » (Matthieu 19.6).
L’apôtre Paul souligne ce même principe : « Ainsi, une femme mariée est liée à son mari tant qu’il est vivant » (Romains 7.2).
J’imagine que plusieurs d’entre vous se posent aussitôt la question : « Mais n’y a-t-il vraiment aucune exception à cette règle divine ? »
Il y en a effectivement une et Jésus l’a abordée, dans son Sermon sur la Montagne. Quand il oppose sa mission à celle de Moïse, il déclare : « Il a été dit : Que celui qui répudie sa femme lui donne une lettre de divorce. Mais moi, je vous dis : Quiconque répudie sa femme, sauf pour cause d’infidélité, l’expose à devenir adultère, et celui qui épouse une femme répudiée commet un adultère » (Matthieu 5.31-32).
En d’autres termes, l’infidélité conjugale peut rompre la relation du mariage et le conjoint innocent peut l’invoquer comme cause de divorce.
Le péché de l’immoralité est si grave aux yeux de Dieu que c’est la seule raison qui lui fait admettre la rupture du lien conjugal. Malheur à celui qui s’est rendu coupable d’un tel péché ! Si vous n’avez pas confessé ce genre de faute et si vous n’y avez pas renoncé, il eut mieux valu pour vous que vous ne fussiez pas né !
Un bulletin consacré au mariage fournit la liste des fautes qui autorisent le divorce dans un certain pays : 1 : l’adultère, 2 : la cruauté, 3 : l’abandon du domicile conjugal, 4 : la boisson, 5 : le refus de pourvoir aux besoins, 6 : le vagabondage, 7 : la culpabilité de crime, 8 : la séparation de fait, 9 : la bigamie et 10 : l’incompatibilité d’humeur. En fait, à la base de chacune de ces raisons, nous retrouvons le péché sous ses différentes formes. Si nous n’attaquons pas le péché à ses racines, nous continuerons à voir croître le nombre des foyers désunis.
Dans quels milieux constate-t-on le plus de foyers brisés ? Une étude récente a montré qu’il n’y avait qu’un divorce pour 57 mariages chez les personnes qui fréquentent une Eglise.
Les statistiques officielles indiquent qu’un mariage sur trois finit par un divorce. La même étude a révélé que dans les foyers qui pratiquent régulièrement la lecture de la Bible, il ne se produisait qu’un divorce sur 500 mariages. Cette étude souligne donc deux faits significatifs : c’est parmi les non-pratiquants que se comptent le plus de divorces ; bâtir son foyer sur une base chrétienne est la plus sûre protection contre la faillite du mariage.
Des milliers de foyers vont à vau-l’eau. Des milliers de couples vivent dans la hantise d’un échec. Il n’y a qu’une assurance qui puisse vous garantir le bonheur, l’unité dans la durée : faire de Christ le centre de votre foyer.
La cellule familiale est semblable à un système solaire en miniature. Au centre, le soleil maintient le système en équilibre. Sans le soleil, le système irait à la dérive. Si le Fils de Dieu n’occupe pas le centre de votre foyer, celui-ci est grandement exposé à l’éclatement. C’est pourquoi je vous invite à faire de Jésus-Christ le centre de votre foyer.
Suivez régulièrement les offices religieux. Veillez à ce que tous les membres de votre famille participent à l’activité correspondant à leur âge. Très peu de foyers qui ont mené une vie religieuse et spirituelle réelle ont connu les tourments de la rupture.
Pratiquez la discipline chrétienne dans l’amour. L’obéissance que les enfants doivent à leurs parents est l’une des plus grandes vertus. C’est en menant une vie pure et droite que les parents réussiront le mieux à obtenir de leurs enfants l’obéissance qui leur est due.
Ayez un culte de famille quotidien. Par exemple, rendez grâces avant chaque repas. Réservez un moment le matin ou le soir, quand les membres de la famille sont réunis, pour lire la Bible et avoir un moment de prière.
Un récent sondage sur la pratique religieuse aux Etats-Unis a révélé que 60 % des membres d’Eglises n’ont pas de culte de famille régulier. Il y a quelque temps, l’éditorial du Wall Street Journal déclarait : « Ce dont les Etats-Unis ont le plus besoin, c’est d’un réveil de la piété, de cette piété que possédaient nos pères et nos mères. C’est ce dont nous avons le plus besoin pour débarrasser ce pays de la cupidité et de la fraude ».
Plusieurs femmes m’ont écrit pour me dire que leur mari n’était pas chrétien et qu’il n’était pas d’accord avec la pratique religieuse qu’elles voulaient introduire dans leur foyer. Plusieurs de ces maris menaient une vie d’ivrognerie et de débauche. Elles me demandaient conseil.
Une réponse aurait pu être fournie à partir du témoignage d’une autre femme dont le mari était esclave de la boisson depuis plus de dix ans. Après qu’il eut accepté Christ comme Sauveur personnel, cette femme écrivit : « Je suis heureuse de n’avoir jamais abandonné mon mari, car maintenant qu’il a accepté le Seigneur dans sa vie, je ne peux pas imaginer d’aimer un autre homme comme j’aime mon mari ».
N’abandonnez jamais tout espoir de salut pour votre conjoint, car le bonheur de votre foyer et la paix de votre cœur sont directement concernés par ce salut. Avec deux vies abandonnées au Seigneur, vous pouvez avoir la certitude de constituer un foyer conforme au désir divin et goûter non seulement au bonheur conjugal terrestre, mais aussi à la bénédiction de Dieu par un témoignage de fidélité rendu à Jésus-Christ.
Quelques-uns rétorqueront qu’il n’est pas facile de former un foyer uni et heureux.
J’affirme personnellement que c’est possible. A la racine de toutes vos difficultés, il y a un cœur qui n’est pas en règle avec Dieu. Si les membres de la famille se tournent vers Dieu, tous les problèmes d’incompatibilité, de négligence, tous les prétextes qui détruisent les foyers seront rapidement éliminés.
Si les fondements de votre propre foyer deviennent chancelants, demandez-vous si vous êtes vous-même disciple de Christ, si vous avez un jour demandé la purification de votre cœur par le pardon de vos péchés, par la foi en Jésus-Christ.
Demandez ensuite à Dieu la patience et l’amour pour pouvoir aimer votre conjoint rebelle. La puissance glorieuse de Dieu peut assurément transformer la nature de ce conjoint indifférent ou hostile aux choses de Dieu. La perspective d’un foyer si radicalement transformé doit alimenter votre patience et soutenir votre espérance, même si cela demande des mois, voire des années.
D’autres personnes m’ont écrit : « Je suis déjà divorcé(e) et remarié(e). Dois-je quitter mon conjoint actuel pour retrouver mon premier compagnon ou ma première compagne ? »
Habituellement, je conseille de ne pas modifier la situation présente. Vous ne pouvez pas davantage agir sur vos fautes passées que vous ne pouvez reconstituer l’œuf avec son jaune et son blanc, à partir d’œufs brouillés ! La seule chose que vous puissiez faire, c’est de vous humilier de vos fautes passées et vous assurer, en ce qui vous concerne, que votre foyer actuel se conforme aux principes bibliques. La Bible nous a laissé une admirable promesse : « Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner et pour nous purifier de toute iniquité » (1 Jean 1.9).
Si certains vous proposent un divorce rapide, Christ, lui, vous offre une transformation rapide des conditions de vie de votre foyer. Ces caractères qui s’emportent soudain, ces irritations constantes, ce climat de suspicion et de doute, la monotonie et l’ennui d’une existence que l’amour a fui depuis longtemps, tout cela peut, en un clin d’œil, faire place à la nouvelle aventure de l’amour redécouvert en Christ.
Lors de notre Convention de Seattle, une femme vint trouver l’un de nos collaborateurs et lui déclara : « L’alcool fait de notre foyer un enfer sur terre. Nous avons des petits enfants et mon mari boit comme un trou... Nous devons envisager le divorce ».
Quelqu’un prit son courage à deux mains et invita le mari à venir aux réunions. Il y vint et se convertit. En l’espace de quelques jours, le foyer était métamorphosé. La crainte et la haine de l’épouse envers son mari et des enfants envers leur père firent place à l’amour et au respect pour l’homme qui venait d’ouvrir son cœur à la grâce de Dieu.
A Los Angeles, après que l’évangéliste eut invité les personnes de l’auditoire à s’avancer pour accueillir le Seigneur, on vit se diriger vers l’avant un homme d’affaires élégamment vêtu. Dans une autre allée du bâtiment, une dame portant manteau de vison s’avança, elle aussi, pour manifester son acceptation de Christ comme Sauveur personnel. Tous les deux furent introduits dans une salle annexe où des conseillers allaient prier pour eux. Tous les deux passèrent par une authentique conversion.
Au moment de sortir de la salle, leurs regards se croisèrent. Il y avait quelques mois encore, ils étaient mari et femme ; maintenant, ils étaient divorcés. Ils tombèrent dans les bras l’un de l’autre et versèrent d’abondantes larmes d’émotion. La semaine suivante, ils se remarièrent.
« Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé, toi et toute ta famille » (Actes 16.31).
Ce que Christ a accompli en faveur de milliers de foyers, il peut aussi l’accomplir pour vous, à condition que vous le lui permettiez.