L’Afrique est un gigantesque champ de bataille. Les titres de la presse mondiale témoignent de l’agonie de ce continent en délire…
Ceci n’est qu’un échantillon de ce qui s’est passé en Afrique pendant les trois derniers mois de 1976 : assez de bains de sang et de soulèvements pour remplir dix ans d’histoire.
L’Afrique a été un continent dangereux, plein de violence, même avant que les premiers explorateurs aient pénétré dans ce que l’on appelait alors le Continent noir. Mais aujourd’hui ce n’est pas simplement une terre lointaine et étrange où des primitifs se font la guerre. La situation y est beaucoup plus grave. Actuellement il s’y déroule le plus important combat qui se soit jamais livré ici-bas entre les forces de Dieu et les puissances mauvaises. La bataille pour l’Afrique est engagée ; que nous le voulions ou non, tous, nous en sortirons soit vainqueurs soit vaincus.
Le but que je me suis fixé en écrivant ce livre, c’est de vous exhorter à vous joindre à ce combat. Non pas tellement pour des raisons idéalistes ou altruistes. Il s’agit beaucoup plus simplement de notre survie. Installés dans des pays où la vie est agréable, et situés à des milliers de kilomètres de l’Afrique, nous devons nous engager dans ce combat. En quoi l’Afrique nous concerne-t-elle ? Il y va de notre avenir ! La Révolution fait rage en Afrique. Si elle submerge ce continent, sa menace se rapprochera de nous. Son but final, c’est de vous atteindre, vous et chaque personne que vous aimez et à qui vous tenez. Ce qu’elle recherche, c’est la destruction de tout ce qui est bon et beau. Ou bien nous en serons vainqueurs, ou bien chacun de nous en deviendra la victime.
Dire qu’il y a une bataille pour l’Afrique signifie que les grandes puissances sont engagées dans un combat dont l’Afrique est le prix. C’est vrai politiquement, économiquement, militairement et racialement. Mais ce n’est pas de ces luttes que nous devons nous occuper : laissons-les aux politiciens, aux généraux et aux économistes. La bataille pour l’Afrique à laquelle nous devons prendre part est d’ordre spirituel. Et c’est la plus importante de toutes.
A mon avis, il y a en Afrique un seul conflit et il est fondamental. Les hommes politiques n’ont ni le courage de s’y attaquer, ni le bon sens nécessaire pour l’affronter, ni la force morale indispensable pour prendre les décisions qui permettraient de lui trouver une solution. C’est le conflit spirituel entre l’Eglise, avec tout ce qu’elle représente, et la Révolution, avec tout ce qu’elle comporte. Mais considérer la situation africaine dans cette perspective-là ne résout pas les problèmes qui s’y posent. Cela n’apporte pas de solutions immédiates et faciles. Tout au contraire, cette bataille ne sera gagnée qu’au moyen de très grands efforts, par la prière et en en revenant aux principes fondamentaux de la vocation évangélique. Mais savoir que l’Afrique est un champ de bataille spirituel nous indique par où il faut commencer. Cela fournit l’élément valable pour comprendre vraiment la situation et pour s’attaquer au vrai problème.
Si nous admettons que notre combat en Afrique est d’ordre spirituel, alors nous pouvons croire que ce que nous faisons et savons est important. Le Diable voudrait bien que nous croyions que l’issue du combat dépendra des armées et de leurs gouvernements, des généraux et des diplomates. Mais ce n’est pas vrai. La lutte étant spirituelle, les armes essentielles dans un tel combat sont la prière, l’intercession et l’engagement des chrétiens, partout dans le monde. Vous pouvez exercer une influence en Afrique : même si cela paraît absurde, c’est la vérité. S’il s’agit vraiment d’une bataille spirituelle, et si les solutions le sont aussi, alors il est clair que chacun, pris individuellement et là où il vit, peut exercer une influence décisive sur le sort de l’Afrique.
Tout ce que nous ferons doit être basé sur la certitude qu’il n’est pas trop tard pour changer l’évolution de l’histoire en Afrique. Ne soyons pas fatalistes : Nous devons croire que chaque chrétien peut intervenir dans le déroulement des événements mondiaux et contribuer ainsi à changer le cours des choses. Ce qui se produit n’est pas déterminé par une espèce de prédestination ou par un hasard inévitable. Bien au contraire, l’évolution de l’histoire dépend aussi de votre foi, de votre action, de votre volonté, de votre amour, de votre désir de vous charger d’un fardeau spirituel et de le porter avec l’aide de Dieu.
Nous ne saurions nous contenter de rester simplement spectateurs de ce drame. Nous pouvons intervenir dans le dénouement du conflit africain avec autant de chances de succès qu’un diplomate, qu’un homme d’Etat ou que n’importe quel soldat. Nous avons le choix. Nous pouvons nous en laver les mains et regarder l’Afrique s’effondrer sous les coups de la Révolution. Nous pouvons au contraire chercher à savoir ce qui s’y passe, et, prenant Dieu au sérieux, essayer de savoir comment nous pouvons être utiles.
Voilà ce dont il sera question dans ce livre.