Évangile pour le monde – Les questions de l’homme : Qui suis-je ?

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Les questions de l’homme : Qui suis-je ?

A la fin d’une discussion qui avait duré jusqu’à une heure avancée, un étudiant de l’Université de Yale me demanda soudain : « Qui suis-je ? » Quelques camarades qui n’avaient pas saisi la profondeur de sa question, se mirent à rire. Mais cette question ne me fit pas rire parce que je savais que cet étudiant avait posé là une des questions les plus profondes qui soit. Socrate a dit : « Connais-toi toi-même ». L’homme moderne est encore plus perplexe dans sa recherche pour se connaître que les philosophes de l’ancien temps. Bien des penseurs d’aujourd’hui se demandent si l’homme est connaissable. D’où est-ce que je viens ? Pourquoi suis-je ici ? Où vais-je ? Quelle est la raison de mon existence ? Ces questions préoccupent chaque homme qui réfléchit.

Il y a quelques années, l’homme pensait qu’il pourrait diriger le monde par ses réussites scientifiques, aussi rejeta-t-il Dieu. Cependant, l’homme est en train de se rendre compte qu’il s’est aussi rejeté lui-même. Il a fait des progrès brillants dans le domaine scientifique, mais il n’a pas beaucoup avancé dans sa connaissance de lui-même. Le Dr Fred H. Klooster a déclaré : « Il est vrai que l’homme a pris conscience de lui-même d’une manière plus réaliste, mais cette expérience a simplement voilé ses anciens mythes et l’a laissé dans le scepticisme et le désespoir. De stupéfiantes manifestations du mal dans notre société industrialisée et des violences sans pareilles durant les guerres mondiales ont ébranlé le mythe de la bonté innée de l’homme ».(1)

(1) The Nature of Man, Carl F. Henry, Edition Christian Faith and Modern Théology (New York : Channel Press, 1964), pages 147-148.

Le pessimisme

Les écrivains modernes décrivent le pessimisme de notre époque. Plusieurs d’entre eux ne savent plus à quel saint se vouer et disent qu’il n’y a pas de solution au dilemme humain. Ernest Hemingway, dans Mort dans l’Après-Midi, écrit : « Il n’y a aucun remède pour quoi que ce soit dans la vie... la mort est le remède souverain pour tous les malheurs ». Eugène O’Neill, dans Le Long Voyage vers la Nuit, exprime l’attitude philosophique de notre époque : « La seule signification de la vie, c’est la mort, dit-il, aussi regardez-la avec courage et même avec amour de l’inévitable. La mort devient semblable à une couverture par une nuit froide ». Le film Les Misfits, qui allait être le dernier que Clark Gable et Marilyn Monroe devaient tourner, est l’histoire de « gens perdus ». Après la Chute, d’Arthur Miller, est l’histoire du désespoir de l’existence. Nous vivons une époque de vide spirituel dans laquelle les hommes cherchent désespérément quelque chose, mais que peu d’entre eux semblent trouver.

Ainsi l’homme s’est laïcisé. Il court le danger d’entrer dans un état de nihilisme spirituel. Il nie les valeurs de l’esprit, il a perdu la foi et rejette tout idéal plus élevé que la satisfaction de ses appétits.

« Nietzsche affirmait que Dieu était mort au dix-neuvième siècle, mais certains penseurs ajoutent maintenant que c’est l’homme qui est mort au vingtième siècle. La relation qui lie l’homme à Dieu est si forte que toute connaissance que peut avoir l’homme sur lui-même devient impossible si la foi en Dieu faiblit ».(2)

(2) Ibid.

Le dilemme de l’homme moderne réside dans le fait qu’il ne sait pas qui il est ni ce que le but de sa vie exige.

Dans mes voyages autour du monde, quelques vérités m’ont beaucoup impressionné. L’une d’entre elles est que l’homme est le même partout. Ses espérances, ses rêves, ses problèmes, ses difficultés et ses aspirations sont essentiellement les mêmes, qu’il vive au cœur de l’Afrique, en Europe ou en Amérique. Une autre vérité qui m’a frappé en étudiant l’homme des différents continents est que l’être humain n’est pas essentiellement différent aujourd’hui de ce qu’il était il y a un millier d’années. Les circonstances qui l’entourent changent mais la nature humaine reste la même. Goethe a dit : « L’humanité avance toujours. L’homme reste toujours le même ».

Ainsi, le problème qui se pose au monde aujourd’hui a un caractère anthropologique. Qu’est-ce que l’homme ? Quel est le but de son existence ? Il n’y a qu’un seul livre au monde qui donne une réponse satisfaisante, et ce livre est la Bible. La nature et la destinée de l’homme sont révélées dans l’Ecriture sainte.

L’homme est fait pour Dieu

L’Ecriture nous dit que Dieu fit l’homme à son image. La condition actuelle de l’homme n’est plus ce qu’elle était à l’origine. La Bible nous dit que Dieu créa l’homme à sa ressemblance. Ce n’était pas une image physique, car Dieu qui est esprit n’a point de corps. L’homme porte l’image de Dieu dans ses facultés rationnelles et morales et dans sa nature sociale. Dieu donna à l’être humain la liberté de la volonté. Il diffère de toutes les autres créatures dans le monde : il appartient au même ordre d’êtres que Dieu lui-même. Ainsi, parce que nous avons été faits à l’image de Dieu, nous pouvons le connaître. Si nous n’étions pas comme lui, nous ne pourrions pas le connaître.

Adam et Eve étaient parfaits. La Bible déclare : « Dieu a fait les hommes droits » (Ecclésiaste 7.29). Dans la Genèse nous voyons que l’homme était moralement parfait (Genèse 1.31). La luxure, la convoitise et la haine n’existaient pas au commencement du monde.

Parce que l’homme était mentalement, moralement et socialement semblable à Dieu, il était aussi libre. Il pensait, il comprenait, il était bon, il aimait et il pouvait aussi choisir. Il était absolument libre de prendre ses décisions morales. Il avait la possibilité de toujours opter pour le bien, mais il avait aussi reçu la faculté de choisir le mal. La liberté d’Adam apparaît dans le commandement de Dieu : « Dieu donna cet ordre à l’homme : Tu pourras manger de tous les arbres du jardin, mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras » (Genèse 2.16-17). Si l’homme n’avait pas pu faire le mal, pourquoi aurait-il été averti ? S’il lui était impossible de pécher, alors pourquoi le punir ? L’homme avait la possibilité de pécher ou de ne pas pécher.

Il n’y a aucune évidence scientifique concluante qui montre que l’homme « descend » du singe. Les animaux furent créés « selon leur espèce » et il est dit que « Dieu créa l’homme à son image » (Genèse 1.24-27). La Bible ne nous dit pas exactement comment Dieu créa l’homme. Il est donc inutile de faire de plus amples spéculations. Nous savons simplement que l’homme est unique, différent et spécial. Pour autant que nous puissions le savoir, il n’y a pas d’autres créatures dans l’univers qui soient comparables à l’homme. Il a été le couronnement de la création de Dieu. Un animal est conscient, mais l’homme est conscient de lui-même. L’animal ne peut se considérer que comme sujet et non comme objet. Si un chien pouvait dire une fois : « Je suis un chien », il cesserait de l’être. L’animal ne distingue pas son « moi » de ses sensations. L’homme est un être conscient de lui-même, prenant ses propres décisions, fait à l’image de son Créateur et il est capable de choisir librement entre le bien et le mal.

L’homme est le partenaire de Dieu

Au commencement, Dieu et l’homme étaient amis. Ils marchaient ensemble et parlaient l’un avec l’autre. Ils firent peut-être de grands projets pour le peuplement et le développement de cette planète. La planète Terre devait montrer la gloire de Dieu à l’univers entier.

Il est évident que Dieu désirait être en communion avec une créature semblable à l’homme. L’homme fut créé pour une destinée élevée et grandiose.

Dieu n’a pas créé l’homme comme une machine sur laquelle il n’aurait eu qu’à presser un bouton pour être obéi. L’homme n’était pas un robot, il était un être en soi-même. Il avait une dignité et une personnalité. Il pouvait choisir s’il voulait ou non l’amitié de Dieu. Dieu ne voulait pas que sa créature l’aime par contrainte, car alors son amour n’aurait pas été authentique. Il voulait l’amour et l’amitié librement offerts de la part de l’homme.

Dès le commencement, Dieu mit à l’épreuve cet amour et cette amitié de l’homme. C’est pour cela qu’il mit l’arbre dans le jardin. Il déclara : « Tu pourras manger de tous les arbres du jardin ; mais tu ne mangeras pas de l’arbre de la connaissance du bien et du mal, car le jour où tu en mangeras, tu mourras » (Genèse 2.16-17).

Dieu promit de récompenser l’homme avec « l’arbre de la vie » s’il lui obéissait, mais il prédit aussi la punition de la mort s’il lui désobéissait. Nous ne savons pas tout ce que signifiait cet « arbre de la vie », mais la récompense devait être quelque chose dépassant de beaucoup notre compréhension. Si nous acceptons le récit de la Genèse, récit que Christ a certainement accepté, alors la vie entière prend une signification.

Une vie qui a une signification

Lors d’une émeute d’étudiants, on demanda à quelques-uns des manifestants quelle était leur raison de s’agiter ainsi. Certaines réponses furent révélatrices. « Nous n’avons aucun but, aucune raison de vivre ». « La vie n’a pas de sens ». Au sein de la crise mondiale et devant tant de bouleversements, des milliers d’êtres humains s’efforcent de trouver la signification de la vie.

Quel est ce sens si recherché ? Nietzsche a dit : « Si un homme a trouvé le pourquoi de sa vie, il supporte presque n’importe quel comment ». Albert Camus, lui, a dit que ce qui l’effrayait, c’était de voir se dilapider et disparaître la signification de la vie et la raison de notre existence. Ce qu’il trouve intolérable, c’est que l’homme vive sans but.

L’homme créé à l’image de Dieu a un but. La vie a un but, une destinée et un sens. Dans son livre intitulé Du Camp d’Extermination à l’Existentialisme (From Death Camp to Existentialism), Victor Frankl, qui eut à subir les pires horreurs nazies, a écrit : « Toutes ces souffrances et toutes ces morts autour de nous, ont-elles une signification ? Si elles n’en ont pas, survivre n’a donc finalement plus aucun sens ».

Jean-Paul Richter a dit une fois : « Je n’oublierai jamais le phénomène qui s’est produit en moi… quand j’ai assisté à la naissance de ma propre prise de conscience. L’endroit et le moment de cet événement sont précis dans ma mémoire. C’était un matin, je me tenais devant la porte de la maison et je regardais un tas de bois ; alors, en un clin d’œil, la révélation intérieure « Je suis moi », semblable à un éclair descendu du ciel, resplendit et jaillit devant moi. En cet instant-là, je m’étais vu moi-même comme « moi »… pour la première fois et pour toujours ».

Ce « moi » a été créé à l’image de Dieu pour être en communion avec lui. Sans Dieu, il est misérable, vide, rempli de confusion et de frustration. Sans Dieu, la vie n’a pas de sens ; mais si Dieu est au centre de ce « moi », il y a vie, force et paix intérieure, satisfaction profonde et joie inaltérable comme seuls les possèdent ceux qui connaissent Jésus-Christ. Avec lui, même les ennuis et les souffrances de la vie peuvent procurer cette joie intérieure qui se glorifie dans les tribulations.

« Hors de Jésus-Christ, nous ne savons ce que c’est ni que notre vie, ni que notre mort, ni que Dieu, ni que nous-mêmes », a écrit Pascal. Avec Jésus-Christ, nous pouvons savoir tout cela.

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