UN PAYS DONT ON PARLE BEAUCOUP depuis quelque temps c’est l’Afghanistan. Une conférence sur les missions a eu lieu récemment au Moyen Orient. L’attention s’était focalisée sur l’Afghanistan, un pays comme quelques autres pays du bloc Arabe où il n’y a jamais eu d’église nationale, autant que nous le sachions. Une question fut posée : « Pourquoi n’y a-t-il jamais eu d’église en Afghanistan ? » Il y eut un long silence. Après quoi un vieux missionnaire aux cheveux gris se leva, et dit d’une voix hésitante : « C’est peut-être parce que personne n’a jamais offert sa vie en sacrifice pour l’Afghanistan… »
Je pense qu’il avait vu juste. Les héros de la foi sont ceux qui vont audacieusement dans les régions où il n’y a pas d’église et où l’Evangile n’a jamais été prêché ; mais ils y vont, avec la détermination de donner leur vie en sacrifice. Et quelquefois il n’y à un résultat que lorsqu’ils donnent effectivement leur vie en sacrifice.
De nombreux pays dans le monde, aujourd’hui, ont un immense besoin spirituel et matériel. Plus de la moitié des pays de la planète ont fermé leurs portes au travail missionnaire traditionnel, en raison des restrictions politiques et religieuses. Lorsque nous réalisons que des millions de personnes n’ont jamais entendu parler de Jésus-Christ, nous disons : « Dieu, ce monde est toujours le tien. » Le temps viendra où tous les royaumes de ce monde deviendront le Royaume de Jésus-Christ. Mais pour parvenir à ce but nous devons travailler.
En lisant les Ecritures, je retrouve le monde dans lequel nous vivons, les problèmes auxquels nous avons à faire face, et les gens auxquels je peux m’identifier. Je constate combien ils étaient timides et peureux, mais Dieu a posé malgré tout Sa main sur eux, et leur a dit : « Je veux t’utiliser. » En voyant de telles ressemblances, j’entends Dieu qui me dit : « Tu es capable de faire de même. Tu es capable d’avoir une influence durable sur les conditions du monde actuel. »
L’histoire de Gédéon, qui commence dans Juges 6, contient des parallèles du même genre. Lorsque les enfants d’Israël se trouvaient dans le pays de Canaan, Dieu leur avait clairement dit de chasser ses habitants et de revendiquer ce pays pour eux. Quelques-unes des tribus chassèrent les Cananéens du territoire qui leur avait été attribué, mais d’autres échouèrent et ne terminèrent pas leur travail, Dieu les avait pourtant mis en garde : « Ces peuples seront à vos côtés, et leurs dieux vous seront un piège » (Jg. 2.3). Par la suite Josué mourut, de même que la génération qui avait pénétré si victorieusement avec lui sur ce territoire ; et la génération qui lui succéda abandonna le Seigneur Dieu, et se mit à adorer Baal et d’autres dieux cananéens.
Les Israélites continuaient à se battre contre leurs ennemis, mais à cause de leur désobéissance Dieu leur avait retiré Sa protection, et ils furent continuellement harassés, pillés et battus. Néanmoins, Dieu suscita des juges parmi eux, des hommes et des femmes intègres qui écoutaient Dieu, transmettaient Sa parole au peuple, et l’aidaient à se libérer de ses ennemis. Parfois le peuple écoutait les juges et expérimentait ainsi la victoire et la paix ; mais il retournait généralement à ses mauvaises voies et se trouvait de nouveau en difficulté.
Ce sont des faits que nous reconnaissons très facilement. Au temps des juges (comme à présent) chacun faisait ce qui lui semblait juste à ses propres yeux (Jg. 17.6 et 21.25). C’était aussi une époque où les gens n’avaient qu’eux-mêmes pour référence morale ; ils ne reconnaissaient pas la Loi de Dieu comme modèle à suivre ; ils avaient leurs propres règles de conduite. Ce comportement n’est-il pas tristement semblable à ce que nous voyons et entendons aujourd’hui ?
Peu de temps avant que nous ne rencontrions le jeune Gédéon, Dieu avait permis au peuple de prospérer et de vivre en paix durant quarante ans, mais par la suite : « Les Israélites firent ce qui est mal aux yeux de l’Eternel ; et l’Eternel les livra entre les mains de Madian durant une période de sept ans. Israël fut très appauvri par Madian, et les Israélites crièrent à l’Eternel » (Jg. 6.1 et 6). En étudiant ce chapitre, nous voyons que les activités du peuple ne pouvaient se faire que sous le couvert de la nuit. Ils battaient leur blé la nuit ; leurs provisions étaient rangées sous clé, dans des cachettes ; tout devait être fait en secret.
Dans plus de la moitié du monde, aujourd’hui, les gens vivent dans les mêmes conditions !
Au milieu de sa détresse, Israël a eu le bon sens d’appeler Dieu à son aide. C’est ce qu’il y a de merveilleux dans la grâce de Dieu. Il ne fait aucun reproche à ceux qui crient à Lui après avoir gâché leur vie. Lorsque vous avez compris le caractère de Dieu, vous savez que vous pouvez compter sur Lui. Vous ne devez pas vous sentir gênés de vous tourner vers Lui, quoi que vous ayez fait comme péché, parce qu’Il est toujours prêt à pardonner l’âme sincèrement repentante. Il ne revient jamais non plus sur vos péchés passés, déjà pardonnés et couverts par le sang de Jésus. Vous pouvez toujours revenir vers votre Père.
Le peuple d’Israël cria au Seigneur, qui répondit en lui donnant un dirigeant intègre. Lorsque Dieu répond à notre demande de pardon, Il ne se contente pas de nous pardonner, et de nous oublier. Il répond, en nous donnant des instructions, en nous apprenant à marcher dans la justice, en formant notre caractère, et en faisant de nous des hommes et des femmes aptes à Le servir ; qui soient capables, non seulement de vaincre le péché dans leur vie personnelle, mais de devenir, par leur exemple, des guides pour les autres. Pourquoi pas ? On a tellement besoin de dirigeants chrétiens aujourd’hui.
Mais comme nous le verrons dans l’histoire de Gédéon, une direction sainte n’est pas nécessairement basée sur nos qualifications personnelles, mais sur le plan de Dieu pour Son peuple, sur notre compréhension de Ses desseins pour l’homme, et sur notre volonté de demeurer dans l’obéissance.
Lorsque le peuple cria au Seigneur, Il lui envoya d’abord un prophète pour l’éclairer sur les événements qui avaient eu lieu véritablement. Lorsque nous nous trouvons en difficulté, notre perception est souvent limitée, comme ce fut le cas pour les Israélites : nous sommes persuadés que c’est l’ennemi qui nous attaque ou nous opprime, et nous appelons à l’aide. Mais ce n’est pas toujours la situation exacte. Voici ce que le prophète a dit au peuple :
« Ainsi parle l’Eternel, le Dieu d’Israël : Je vous ai fait monter d’Egypte et je vous ai fait sortir de la maison de servitude. Je vous ai délivrés de la main des Egyptiens et de la main de tous vos oppresseurs ; je les ai chassés devant vous et je vous ai donné leur pays. Je vous ai dit : Je suis l’Eternel, votre Dieu : vous ne craindrez pas les dieux des Amoréens dans le pays desquels vous habitez. Mais vous n’avez pas écouté ma voix. » (Jg. 6.8-10)
Le prophète a rétabli la vérité : Dieu avait placé le peuple dans une situation qui lui assurait la paix et la sécurité, mais Il lui avait donné, en même temps, l’ordre de ne pas adorer les dieux païens. Mais voilà : les Madianites les avaient envahis ! Etaient-ils sous l’oppression parce que Dieu n’avait pas rempli Ses engagements jusqu’au bout ? Non, certainement pas. La vérité, c’est qu’ils avaient désobéi à Dieu.
Nous nous trouvons souvent dans la même situation. Nous pensons que nous sommes persécutés injustement, mais, en réalité, nous ne récoltons très souvent que ce que nous avons semé. Il est incontestable que Satan est notre ennemi, et qu’il est toujours en train de rôder pour nous détruire. Mais nous avons tendance à oublier, que nous ne pouvons semer de mauvaises graines, et prier ensuite pour avoir une bonne récolte. Si nous semons des ordures nous récolterons des ordures. Si nous voulons obtenir une bonne récolte, nous devons semer de bonnes graines. Lorsque nous avons semé des graines de péché, nous devons, tout d’abord, l’admettre. Tant que nous ne reconnaîtrons pas la vérité, par rapport à nos propres attitudes et à nos actes, nous n’aurons aucune possibilité d’être véritablement libérés. Toutefois la vérité est souvent dure à accepter.
La seconde chose que Dieu ait faite en réponse aux cris du peuple, fut d’envoyer « l’ange du Seigneur » pour enrôler, en qualité de dirigeant, un jeune homme nommé Gédéon, dans le but de lui donner la mission de conduire Israël vers la liberté.
Bien qu’un ange, quel qu’il soit, envoyé pour exécuter les ordres de Dieu, puisse être appelé un ange du Seigneur, les références à « l’ange du Seigneur », dans l’Ancien Testament, se situent dans des circonstances qui semblent indiquer qu’il s’agit toujours du même messager exceptionnel. Quelques exégètes pensent même qu’il s’agit du Christ préincarné. Mais, quoi qu’il en soit, ce messager céleste parlait toujours avec la pleine autorité du Seigneur Lui-même.
Imaginez la scène. Le travail de Gédéon consistait à battre le blé ; mais en raison de la situation dangereuse, il le faisait dans le pressoir de son père. Un étranger vint et s’assit à proximité sous un chêne, peut-être pour le regarder travailler quelques instants. Puis l’étranger — le messager de Dieu — dit quelque chose qui sembla fort étrange à Gédéon : « L’Eternel est avec toi vaillant héros ! » (Jg. 6.12).
A ce moment-là, Gédéon était justement en train de battre son blé en secret, par crainte de l’ennemi — c’était un jeune homme apeuré. Mais pourtant, l’ange du Seigneur lui déclarait que Dieu était avec lui et qu’il était un vaillant guerrier. Ceci nous montre que Dieu nous voit d’une manière totalement différente de notre manière à nous de nous voir. En effet, la seule chose qui importe, c’est ce que Dieu voit en nous.
Ce n’est pas important que je sois un Hollandais balbutiant, ayant des difficultés avec la langue anglaise. Ce n’est pas important si vous découvrez en moi, ou en vous-même, un grand nombre d’autres faiblesses. Dieu a une manière différente de vous voir et de me voir. Dieu voit notre potentiel. En fait, Dieu a vu votre potentiel avant que vous ne soyez devenu chrétien et avant même que vous ne naissiez. Et Dieu met en place toutes les circonstances de votre existence, en fonction du potentiel qu’Il voit dans votre vie. C’est pourquoi les voies de Dieu, pour les hommes et les femmes, sont tellement surprenantes et tellement différentes de ce que nous pourrions imaginer. Il se peut que nous ne remarquions rien de spécial chez nos enfants, chez notre pasteur, ou chez la personne assise près de nous à l’église. Mais Dieu, qui voit la finalité dès le commencement, peut venir vers l’une de ces personnes et l’appeler, en se basant sur « le » potentiel qu’Il voit, Lui, par une révélation, une parole venant des Cieux, que personne n’aurait pu imaginer dans la circonstance : « Le Seigneur est avec toi vaillant héros ! »
Comme elle a dû être confuse la première réaction de Gédéon ! Je m’explique. Supposez que Dieu vous dise la même chose aujourd’hui, alors que vous n’avez pas eu le courage, justement hier, de profiter d’une bonne occasion pour témoigner avec quelqu’un. Et que Dieu vous dise malgré tout : « Tu es un vaillant guerrier. »
« Ai-je bien entendu, Seigneur ? As-tu réellement dit cela ? » Quelle serait votre réaction ? — argumenter avec Dieu ou être totalement d’accord avec Lui ?
Il est important que nous sachions que Dieu n’a pas fait de nous des robots. Dieu a choisi de faire de nous, partiellement, des individus rationnels, afin que nous fassions l’effort de Le comprendre et de comprendre Ses voies — une réaction qui est bien supérieure à celle d’un robot, n’est-ce pas ? Dieu veut même faire plus encore, comme Il l’a fait pour Abraham en l’appelant : « Mon ami » (Es. 41.8). Dieu veut vous parler comme à un ami, et vous devez, vous aussi, Lui parler comme à un ami. Mais ne dites pas que vous comprenez le Seigneur si vous ne le comprenez pas. C’est un fait que nous devons parfois obéir sans comprendre. Mais ne craignez pas de poser des questions à Dieu. Gédéon ne craignait pas de le faire. N’ayant pas compris la salutation de l’ange, il avait un certain nombre de questions à poser à Dieu :
« Ah ! mon seigneur, si l’Eternel est avec nous, pourquoi tout cela nous est-il arrivé ? Et où sont tous ces prodiges que nos pères nous racontent, quand ils disent : l’Eternel ne nous a-t-il pas fait monter hors d’Egypte ? Maintenant, l’Eternel nous abandonne et nous livre entre les mains de Madian ! » (Jg. 6.13)
C’était une bonne question. Gédéon était respectueux, mais il n’a pas admis pieusement que Dieu était avec eux. Il voulait comprendre la vérité. Il voulait comprendre pourquoi ce n’était pas visible que Dieu soit avec eux.
Certaines personnes utilisent Mt. 28.20, où Jésus dit : « Je suis avec vous tous les jours », pour l’encadrer, le mettre sur leur cheminée en disant : « N’est-ce pas merveilleux que Jésus soit toujours avec nous ? » Mais ils ne vivent pas de manière à ce que cette promesse s’accomplisse réellement dans leur vie. Examinez donc, dans le contexte, « comment » Jésus est avec nous : « Avec puissance et autorité » (v. 18). Voilà la vérité ! Bien que Jésus soit toujours « avec nous » et qu’il entende nos cris de repentance ou nos requêtes, Sa bénédiction, Sa puissance et Son autorité, ne sont pas automatiquement avec nous, si nous sommes dans une situation ou dans un lieu où nous ne devrions pas être. Dans Matthieu, le contexte de la promesse débute avec le commandement que Jésus nous donne : « Allez, faites de toutes les nations des disciples. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Mt. 28.19, 20). C’est dans ce contexte que Jésus nous a promis d’être toujours avec nous.
Si les choses ne sont pas ce qu’elles devraient être, demandez à Dieu quelle en est la raison. Découvrez la vérité. La réaction de Gédéon était la bonne. Vous avez certainement entendu beaucoup de causeries pieuses dans votre vie, assisté à de nombreux services à l’église, écouté de nombreuses chorales. Votre mère vous a peut-être acheté une jolie petite boîte à promesses contenant une grande quantité de versets bibliques — ceux qui ne parlent que de bénédictions, évidemment, mais qui ne parlent jamais de repentance ; ils ne disent pas quelles sont les conditions nécessaires pour recevoir la bénédiction. C’est la Bible de l’homme paresseux !
Nous ne pouvons pourtant pas vivre de versets bibliques que nous ne mettons pas en pratique. Nous avons besoin de rechercher la vérité et de vivre selon toute la vérité. Si Gédéon n’avait pas recherché ce qui avait mal tourné, rien n’aurait changé en Israël. Rien n’aurait changé dans sa propre vie, non plus. Mais il a dit : « Dieu, si ce que tu dis est vrai, alors dis-moi où sont tous les miracles dont mes pères m’ont parlé. Je ne peux vivre des miracles que tu as fait pour mes pères ; j’ai besoin de miracles dans ma propre vie. Je ne peux me contenter d’étudier les réveils du passé ; j’ai besoin du réveil aujourd’hui. Je ne peux vivre sur les bénédictions que tu as données à mon père ; j’ai besoin de bénédictions pour ma famille. Où sont ces miracles, si Dieu est avec nous ? »
Osons-nous questionner Dieu au sujet des choses qui ne vont pas dans notre vie ? « Si Tu es avec nous aujourd’hui, Seigneur, où sont donc les miracles ? Pourquoi ne puis-je envoyer ma fille la nuit de l’autre côté de la rue ? Pourquoi suis-je contraint de fermer ma voiture à clé ? Pourquoi est-ce que je vois tant de sans-abri dans ma ville ? Pourquoi les adolescents se suicident-ils ? Pourquoi sommes-nous si effrayés ? »
Où sont les miracles ? Où est la bénédiction ? Où se trouvent les réveils ? Où est la protection du Dieu Tout-Puissant ? Mes amis, je souhaiterais que nous posions ces questions à Dieu. Mais seulement dans le cas où nous serions préparés à écouter la vérité, à l’accepter et à agir en conséquence.
À moins que nous ne commencions à poser de bonnes questions, les choses ne changeront pas. Gédéon a manifestement posé la bonne question, puisque Dieu a répondu : « Va avec cette force que tu as, et tu sauveras Israël de la main de Madian ; n’est-ce pas moi qui t’envoie ? » (Jg. 6.14).
Dieu a certainement envoyé Gédéon ; Il a même donné, comme preuve, un signe à Israël lors de la première bataille contre les Madianites. Le Seigneur avait dit à Gédéon de réduire l’importance de son armée, encore et encore jusqu’à ce qu’elle ne compte plus qu’un ridicule petit groupe de trois cents hommes, pour se battre contre des ennemis qui « s’étaient abattus sur la vallée comme une multitude de sauterelles » (Jg. 7.12). Lorsque l’armée de Gédéon eut vaincu les Madianites, il ne fut plus question de douter que cette victoire était bien un miracle de Dieu.
Mais au cours de cette première rencontre avec le messager céleste, Dieu avait aussi dit à Gédéon : « Va avec cette force que tu as. » De quelle force s’agissait-il ? Quelle force Gédéon possédait-il ? Il rappela à Dieu qu’il n’était pas grand-chose : « Voici que ma parenté est la plus pauvre en Manassé, et je suis le plus petit dans la maison de mon père » (Jg. 6.15). Je crois que la force de Gédéon se trouvait dans sa détermination de rechercher la vérité, de l’accepter et d’agir en conséquence. Dieu pouvait se fier à cet homme, parce qu’il ne revendiquerait pas pour lui une gloire qui n’était pas la sienne. Il n’avait pas pieusement accepté quoi que ce soit, qu’il n’était pas certain de pouvoir s’attribuer, et encore moins le titre de « vaillant héros ». Dieu semblait dire : « J’aime cela. J’aime celui qui recherche la vérité. J’ai besoin d’un homme qui soit convaincu que sa force doit venir de Dieu. C’est cette attitude que je recherche. Va avec cette force. C’est là la qualité puissante que tu possèdes. »
Aussitôt qu’il fut convaincu que les difficultés d’Israël étaient consécutives à sa désobéissance et à son adoration des idoles, et que Dieu l’appelait dans le but de faire quelque chose à ce sujet, Gédéon fit un premier pas dans l’action, en mettant la vérité en pratique dans sa propre maison. Des siècles plus tard, Jésus nous a dit de propager l’Evangile chez nous — dans notre propre « Jérusalem ». C’est le meilleur endroit pour débuter. Si nous ne pouvons déclarer la vérité d’abord chez nous, nous n’aurons pas de succès à vouloir l’imposer ailleurs.
Ainsi sur l’ordre du Seigneur, Gédéon prit dix de ses hommes pour détruire l’autel du faux dieu — Baal — là où il se trouvait, dans la cour de son père.
Il est vrai que Gédéon avait peur. Il le fit de nuit parce qu’il « craignait la maison de son père et les gens de la ville ; il ne le fit pas de jour » (Jg. 6.27). Mais rappelez-vous, Dieu nous connaît mieux que nous nous connaissons nous-mêmes. Dieu n’a jamais dit que Gédéon était exempt de peur. Sa consécration à la vérité fut le point fort de Gédéon, et en se basant sur cela, Dieu lui confia l’exécution de ce travail en dépit de sa peur. Et Gédéon le fit. Il engagea un premier pas dans l’action.
Ne croyez pas qu’avec un premier pas vous allez arriver à destination. Dans des victoires personnelles vous devez progresser pas après pas. Cette nuit-là Gédéon était encore un peu effrayé. Mais il renversa l’autel ; il attaqua l’ennemi. Une action avait été entreprise et Dieu l’avait bénie.
Peut-être devrions-nous définir le terme « courage ». Le courage (ou vaillance) n’est pas l’absence de peur ; mais aller de l’avant en dépit de la peur. Les hommes et les femmes de Dieu — héros de la foi — ne sont pas nécessairement exempts de la peur ; ils sont tout simplement des personnes qui font ce qui doit être fait.
Avant l’action de Gédéon, toute la région était esclave du mensonge qui était entré par leur péché. Ils étaient opprimés par les Madianites, et leur esprit était prisonnier du faux dieu, Baal. Mais l’action entreprise par Gédéon, au nom de la vérité, commença à libérer le peuple. Le premier d’entre eux fut son père. De nombreuses personnes de la ville étaient furieuses et voulaient venger Baal. Mais le père de Gédéon, Joas, prit la défense de son fils : « Si Baal est un dieu, qu’il plaide pour lui-même sa cause, puisqu’on a renversé son autel » (Jg. 6.31). Joas fut libéré par la vérité. Peu de temps après, d’autres furent également libérés par la vérité et désirèrent se rallier à l’appel de Gédéon, alors qu’il se préparait à combattre les Madianites.
La défense de Joas est un défi pour moi, en tant que père, et devrait interpeller tous les parents que nous sommes. Soutenons-nous réellement nos enfants ? Sommes-nous suffisamment braves pour permettre à nos enfants d’aller dans le monde et d’affronter le danger, au nom de la vérité ? Encourageons-les en leur disant : « Mes enfants je suis avec vous. Vous voulez aller sur le champ missionnaire ? Vous êtes appelés à faire un travail dangereux pour Dieu ? C’est bien. Allez-y et servez Dieu. Donnez votre vie pour l’Afghanistan, pour l’Iran, pour Cuba ou pour la Chine. Votre père et votre mère sont derrière vous. Nous ne voulons pas essayer de vous garder à la maison, simplement parce que cela sera dangereux. »
Après avoir fait le premier pas dans l’action, quelque chose de merveilleux arriva à Gédéon. L’ennemi commença à bouger, à se regrouper et à menacer le peuple de Dieu. Mais « Gédéon fut revêtu de l’Esprit de l’Eternel ; il sonna du cor » (Jg. 6.34). Et alors le peuple de Dieu commença à bouger, à se regrouper, et à s’engager lui aussi dans l’action.
C’est là le véritable secret. C’est la vie remplie de l’Esprit, c’est le ministère oint par l’Esprit, qui va finalement opérer le changement.
Gédéon a ouvert la voie en recherchant la vérité, et alors l’Esprit du Seigneur prit possession de lui. Les Ecritures ne disent pas qu’il ait eu à faire d’abord une étude au sujet du Saint-Esprit, aussi valable que cela puisse être. A la place, c’est son obéissance parfaite à la vérité qui a abouti à son baptême dans le Saint-Esprit.
Gédéon continua à éprouver la vérité. Il faisait ce que Dieu lui disait de faire mais il demandait aussi à Dieu de confirmer la réalité de Ses instructions, par un acte que nous appelons : « Poser une toison. » Gédéon mit effectivement une toison dehors et demanda à Dieu de la mouiller de rosée pendant que le sol resterait sec tout autour. Puis de nouveau, il demanda que le sol soit mouillé et que la toison reste sèche (voir Jg. 6.36-40). Vous pourriez penser que Dieu s’impatienterait contre lui, comme si les requêtes de Gédéon étaient l’expression d’un doute continuel. Mais Dieu connaissait Gédéon. Il était honnête dans sa quête de la vérité, et cela fut prouvé, par la suite, par son obéissance.
Trop souvent nous nous abstenons pieusement de poser des questions à Dieu, mais nous ne faisons, par ailleurs, rien d’autre non plus. Ou alors nous questionnons Dieu, en « posant une toison », tout simplement parce que nous recherchons un moyen de nous défiler. Nous n’avons pas l’intention de nous engager ; nous ne désirons pas obéir.
Mais Dieu a besoin aujourd’hui de héros comme Gédéon, de héros qui soient désireux de découvrir pourquoi le peuple de Dieu est ainsi opprimé par l’ennemi de tous côtés. Dieu a besoin d’hommes et de femmes qui soient disposés à poser de bonnes questions, et à agir ensuite selon la vérité de Dieu. Si nous le faisons, Dieu nous donnera l’assurance qui nous est nécessaire pour aller de l’avant et pour démarrer une action.
Les victoires de Gédéon n’ont pas été remportées par la force d’une puissante armée, et nous ne remporterons, nous non plus, aucune victoire de cette façon. Dieu délivre son peuple avec un petit groupe de personnes consacrées, guidées par des hommes et des femmes qui recherchent la vérité et qui ont la volonté d’agir, aidées par la puissance qui accompagne l’obéissance.