Héros d’hier et aujourd’hui

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David : vaincre avec la bonne arme

LORSQUE VOUS PENSEZ AUX HÉROS DE LA FOI, qu’est-ce qui vous vient à l’esprit ? De grandes batailles spirituelles contre les démons ? Cependant, quelques-unes des plus grandes batailles spirituelles ont été livrées avec des mots. Cela fait de la Parole de Dieu une arme infiniment précieuse.

Un jour, alors que j’étais en Union Soviétique, j’ai rencontré un chrétien russe qui s’appelait Joseph. Il m’a dit qu’il avait été interné pendant dix ans dans un camp de travail. Pendant que nous marchions, je découvris qu’il avait fait une Bible absolument unique durant son internement dans cette prison. Son travail consistait à vider des sacs de ciment ; il en profitait pour en déchirer des morceaux d’épais papier brun et, avec un crayon qu’il avait trouvé, il écrivait chacun des versets bibliques dont il pouvait se souvenir.

« J’ai réussi à couvrir douze pages avec ces versets, me dit-il. Souvent lorsque j’étais seul dans un coin tranquille, d’autres chrétiens venaient se joindre à moi. Alors, j’ouvrais ma chemise, en retirais ma Bible fabriquée à partir de ‘sac-de-ciment’, et nous lisions les versets ensemble. »

Comme il aimait cette Bible ! Mes yeux se remplirent de larmes lorsqu’il la mit dans mes mains pour que je l’examine.

Une maxime attribuée à Karl Marx dit ceci : « Donnez-moi vingt-six soldats de plomb, et je ferai la conquête du monde. » Il faisait évidemment référence aux vingt-six lettres de l’alphabet, que l’on trouve dans une boîte à caractères d’imprimerie. Mais ces mêmes vingt-six lettres peuvent aussi composer la Parole. En voyant combien la Bible, faite à partir du papier des sacs de ciments, lui avait été précieuse, et comment elle avait nourri sa foi et celle des autres dans une période de grande épreuve, je me suis engagé plus à fond pour donner à tout le monde accès à la Parole de Dieu.

La bataille des mots

L’une des plus grandes batailles relatées dans la Bible engagea des armes que nous connaissons tous : les mots. C’est l’histoire de David et de Goliath citée dans 1 Samuel 17 :

« Les Philistins rassemblèrent leurs armées pour faire la guerre. Ils se rassemblèrent à Soko, qui appartient à Juda ; ils campèrent entre Soko et Azéqa, à Ephès-Dammim. Saül et les hommes d’Israël se rassemblèrent aussi ; ils campèrent dans la vallée de Ela et ils se rangèrent en ordre de bataille pour affronter les Philistins. Les Philistins se tenaient sur la montagne d’un côté, et Israël sur la montagne de l’autre côté : la vallée était entre eux. »

Imaginez la situation. D’un côté de la vallée il y avait les Philistins, armés jusqu’aux dents. De l’autre côté se tenait l’armée d’Israël — avec des bâtons et des gourdins ! Pourquoi n’étaient-ils pas armés pour la guerre ? C’était parce que les Philistins, qui occupaient Israël, avaient chassé les forgerons du pays afin qu’ils n’aient aucune possibilité de forger des épées et des lances. Lorsqu’un Israélite avait besoin d’affûter sa hache ou sa faucille, il devait aller humblement jusqu’au camp des Philistins et payer pour l’affûtage. Seuls le roi et son fils avaient leur armure personnelle (voir 1 Samuel 13.19-22).

Pensez à l’humiliation que l’ennemi infligea au peuple de Dieu, en disant aux Israélites qu’ils n’avaient ni le droit de posséder des armes, ni celui d’entraîner leurs jeunes gens à la guerre. Comparez cette situation aux conditions spirituelles de notre époque. Comme c’est outrageant de la part d’un pays athée quel qu’il soit de décider du nombre de Bibles que l’église peut avoir dans son pays. Comme c’est scandaleux qu’une quelconque autorité laïque puisse empêcher le peuple de Dieu d’éduquer ses enfants dans les voies du Seigneur. Est-ce que l’ennemi va nous dire ce que nous devons faire, et va pouvoir restreindre notre activité, nous empêcher d’obéir à la Parole de Dieu, d’aller évangéliser le monde ? Reconnaissez-vous cette situation ?

La seule chose que les Israélites pouvaient pratiquement faire, c’était de parler.

Mais c’était exactement ce que les Philistins faisaient eux aussi. Leur champion Goliath se pavanait sur le champ de bataille du haut de ses « six coudées et un empan » (1 S. 17.4). Si la coudée biblique était égale à quarante-six centimètres environ, et un empan de vingt-trois centimètres environ, comme le pensent la plupart des exégètes, alors Goliath avait une envergure menaçante de deux mètres quatre-vingt-dix-neuf ! Cependant, tout ce qu’il lançait c’était des mots : injures, insultes et accusations :

« Il s’arrêta, et s’adressant aux troupes d’Israël, il leur cria : Pourquoi sortez-vous en ordre de bataille ? Ne suis-je pas moi, le Philistin, et vous, n’êtes-vous pas les esclaves de Saül ? Choisissez un homme qui descende contre moi. S’il peut se battre contre moi et me tuer, nous serons vos esclaves ; mais si je l’emporte sur lui et que je le tue, vous serez nos esclaves et vous nous servirez… Je lance en ce jour un défi aux troupes d’Israël ! » (1 S. 17.8-10)

Chaque matin et chaque soir, Goliath criait les mêmes insultes. En réalité c’était Dieu qu’il insultait, car un fait, reconnu parmi les peuples antiques, c’était que leur force ou leur faiblesse dans la bataille était une expression de la force de leur dieu. Par conséquent, ce défi était lancé au Dieu d’Israël, autant qu’aux hommes de Son armée. Nous ne devons pas sous-estimer l’impact de ce genre de propagande. Pendant quarante jours, chaque matin, chaque soir, et chaque nuit, il vociféra contre les Israélites, afin que tous puissent l’entendre. Il n’y avait aucun moyen d’y échapper. Quatre-vingts fois il répéta le même message : « Vous ne pouvez gagner ! Vous ne serez jamais aidés ! Vous ne serez jamais libérés du péché ; vous serez toujours perdus. Vous n’y arriverez pas ; vous serez toujours des esclaves ! » J’appelle cela un lavage de cerveau, et son effet est puissant. Les Israélites étaient tellement paralysés par la peur, qu’ils n’osaient même pas nommer l’ennemi par son nom. Par contre, ils disaient : « Avez-vous vu monter cet homme ? » (1 S. 17.25)

Révélation à travers un défi

Cette situation ne changea pas, jusqu’au moment où un jeune homme nommé David arriva sur la scène. Son père l’avait envoyé au camp des Israélites pour aller voir ses frères et leur rapporter des nouvelles de leur prospérité. Lorsque David arriva, l’armée israélite faisait semblant de s’avancer sur la ligne de bataille, mais faisait aussitôt demi-tour et s’enfuyait, dès que Goliath lançait son défi injurieux. En contact avec la volonté de Dieu, David sut immédiatement que cette situation n’était pas juste aux yeux de Dieu.

C’est la première démarche qu’un héros de la foi doit faire : rechercher la volonté de Dieu avec l’intention de s’y conformer. Si nous étudions la Bible simplement pour assurer notre propre salut ou pour étaler notre grande connaissance de la Parole de Dieu, cela ne fera de bien ni à nous ni à personne d’autre. Nous devons être en contact avec Dieu, afin de changer la situation autour de nous. Alors nous verrons la vie telle que Dieu la voit.

Aussitôt que David arriva, la vraie bataille s’engagea. Choqué par la terreur de ceux qui étaient supposés être du côté de Dieu, il exprima aussitôt son indignation : « Qui est donc ce Philistin, cet incirconcis, pour lancer un défi aux troupes du Dieu vivant ? » (1 S. 17.26)

David releva immédiatement son défi. Ce géant ne faisait pas partie du Royaume de Dieu. Comment David le savait-il ? À cause des mots blasphématoires que Goliath proférait. David n’avait pas peur de l’identifier pour ce qu’il était vraiment. Il en fit une question théologique, puisque cette bataille était d’ordre spirituel. Cela n’avait rien à voir avec les Philistins et Israël, en tant que nations civiles. Il y avait quelque chose de beaucoup plus important en jeu : l’honneur de Dieu. Une sainte indignation s’empara de David ; il ne put se retenir plus longtemps. Il se mit très en colère. Quelque chose bouillonnait en lui, et il fallait qu’il agisse.

Ce n’est que ce qui bouillonne en vous qui se transformera en action.

Remettre les choses en place

La bonne nouvelle se répandit rapidement à travers le camp : quelqu’un acceptait de relever le défi de Goliath ! Rapidement, le roi Saül apprit qu’un héros de la foi était arrivé. Y avait-il de l’espoir après tout pour Israël ? Saül envoya chercher David. Lorsque celui-ci arriva, il déclara à Saül : « Que personne ne se décourage à cause de ce Philistin ! Ton serviteur ira se battre avec lui » (1 S. 17.32).

Comme cela s’est passé très souvent dans l’Église, David constata qu’Israël s’était engagé dans la bataille sans s’être préparé et sans armes appropriées. Saül et son fils Jonathan étaient absolument les seuls à posséder des armes. Mais David se concentra sur la vraie solution : se battre par la puissance du Seigneur. C’était le genre de combat qu’il connaissait. Mais Saül avait subi un tel lavage de cerveau, qu’il ne voyait pas les choses de cette façon. Il n’était capable de voir qu’une seule chose : David était un adolescent — pas de taille à affronter un guerrier géant et aguerri.

David essaya de communiquer au roi la vision d’un combat lorsqu’il est livré sous la puissance du Seigneur, en lui relatant son expérience passée :

« Ton serviteur faisait paître le troupeau de son père. Et quand le lion ou l’ours venait enlever une bête du troupeau, je courais après lui, je le frappais et j’arrachais la bête de sa gueule. S’il se dressait contre moi, je le saisissais par le poil du menton, je le frappais et je le tuais. C’est ainsi que ton serviteur a frappé le lion et l’ours, et il en sera du Philistin, de cet incirconcis, comme de l’un d’eux, car il a lancé un défi aux troupes du Dieu vivant. » (1 S. 17.34-37)

De nouveau David remit les choses en place. Ceci était un conflit spirituel. C’était le défi de l’ennemi envers Dieu qui avait dicté à David sa façon d’agir — ce n’était pas à son profit personnel, ni pour sauver la face, ni même pour libérer physiquement le peuple hébreu. La clé de son succès résidait dans le fait qu’il avait agi sur un plan spirituel.

Nous ne pouvons pas toujours empêcher l’iniquité des autres

La rétrospective de l’histoire de David révéla une autre vision importante. Notez que malgré la présence de David lorsque l’agneau fut pris, il ne put empêcher cela d’arriver. Il ne pouvait agir qu’après coup.

Nous devons tous vivre dans un monde de réalités. Il existe réellement un Rideau de Fer, la persécution, le terrorisme, la famine, et la pauvreté dans le monde. Nous n’avons pu prévenir ce genre de choses. David non plus, n’avait pu empêcher le lion et l’ours de s’introduire dans le troupeau.

Ce qui l’a le plus indigné cependant, c’est que les moutons n’étaient pas les siens, mais ceux de son père. Ce sens des responsabilités devrait aussi être le nôtre. Quels sont les chrétiens qui sont déterminés à prendre soin des brebis, uniquement parce qu’elles appartiennent à notre Père céleste ?

Faire notre devoir

Nous trouvons David courageux, mais en réalité il n’a fait que son devoir, coûte que coûte. Il était responsable de la sécurité et de la santé de ces brebis ; le lion et l’ours n’avaient pas le droit de s’introduire dans le troupeau de son père.

On est tenté de se demander : « Qu’’est-ce qui est plus important : la vie d’une brebis ou celle de David ? » C’est une façon typiquement occidentale de penser, mais ce n’est pas la pensée de Dieu. Notre vie ne vaut rien, si nous manquons à notre devoir et si nous négligeons nos responsabilités. Nous ne verrons jamais les miracles de l’intervention Divine, si nous sommes plus préoccupés de nous-mêmes que de notre mission. David avait pour motivation : « Je l’ai fait parce que ces brebis appartenaient à mon père. »

Très souvent nous calculons d’abord les risques et nous décidons ensuite de ne pas nous engager, en laissant aux faibles, aux vulnérables, et aux craintifs le soin de se défendre par eux-mêmes. Pourtant, ils en sont incapables. C’est pourquoi une grande partie du monde souffre de tant d’injustice, de violence, de persécution et de racisme. Ici, David trace pour nous un exemple à suivre.

Au début, le roi Saül fut déçu en voyant que David n’était qu’un adolescent — à peine une allumette, pensait-il, contre le guerrier géant qui les terrifiait tous. Mais le témoignage de David impressionna Saül. Il comprit qu’il avait finalement trouvé un homme qui agirait selon ses principes, armé de la présence et de la puissance de Dieu. C’est tout ce qu’il faut pour être un héros de la foi. Avec Dieu nous pouvons tout faire.

L’intégrité intérieure produit la force extérieure

Grâce à son expérience personnelle, David avait confiance dans la puissance de Dieu pour le délivrer, et grâce à sa force intérieure, il communiqua au roi sa foi qu’il pourrait réussir là où n’importe qui d’autre aurait échoué. Sa vie privée, basée sur la discipline, le dévouement et la fidélité, garantissait son succès dans l’arène publique.

La foi que David insuffla à Saül était considérable. Goliath avait imposé comme condition que si David échouait, comme champion d’Israël, les Israélites deviendraient les serviteurs des Philistins. Il n’est pas évident que cela aurait été pire que la situation qui existait déjà, mais c’était un grave enjeu de laisser ce jeune berger représenter tout Israël. Songez combien ils devaient être désespérés.

Voulant lui venir en aide, Saül donna à David sa propre armure, celle qu’il aurait lui-même utilisée pour se battre contre Goliath. Nous savons par les Ecritures que Saül était très grand de taille, dépassant la plupart des autres de la tête et des épaules. Le fait qu’il ait même essayé de mettre sa cuirasse et sa côte de maille sur David, nous permet de penser que David n’était pas particulièrement petit de taille. Mais la Bible dit qu’il n’était pas habitué à porter une armure et qu’il l’enleva.

En fait, l’armure de Saül aurait été inutile pour David ; elle l’aurait encombré et handicapé sérieusement. Dieu avait appelé David à être un petit pâtre, et non un guerrier, lourdement armé. Lorsque Dieu nous appelle, Il nous demande de venir tels que nous sommes. N’essayons pas de faire de grandes choses avec les capacités de quelqu’un d’autre. Nous ne serons efficaces dans le service de Dieu, que si nous nous soumettons tels que nous sommes, sans prétendre à ce que nous ne sommes pas.

Affronter le géant

Finalement le moment arriva pour David de s’attaquer au géant. Goliath se servait de sa taille menaçante pour narguer les Israélites et leur Dieu, mais cette fois la situation était différente. Un petit pâtre, avec une fronde et cinq pierres polies lui faisait face.

Vous êtes-vous déjà demandé pourquoi il ramassa cinq pierres ? Avait-il peur de manquer quelques coups au début et d’avoir besoin de plus de munitions ? Je ne le crois pas. Je pense qu’il a choisi cinq pierres parce que Goliath avait quatre frères ; ils étaient donc cinq y compris le géant, qui avait six doigts à chaque main et six orteils à chaque pied (voir 2 S.21.20-22 ; 1 Chr. 20.4-8). David supposait qu’il n’aurait pas à défier un seul ennemi, il était prêt à affronter tous les ennemis d’Israël.

Les héros de la foi sont des hommes et des femmes qui croient dans une victoire totale. Il ne devrait y avoir aucun compromis avec le diable. Avec cinq pierres polies, David démontra à tout le peuple d’Israël que si la nation se tournait avec foi vers Dieu, elle pourrait être délivrée de tous ses ennemis.

Comme David s’avançait en direction de Goliath, le Philistin gronda : « Suis-je un chien, pour que tu viennes vers moi avec des bâtons ? » Effectivement, la réponse fut : « oui ! » Cette provocation de David était une déclaration selon laquelle il n’y avait aucune place dans le royaume pour un homme comme Goliath, l’ennemi de Dieu lui-même.

Les batailles spirituelles exigent des armes spirituelles

Goliath dévisagea David du haut de sa taille, avec une satisfaction évidente, mais David répondit en se servant de l’arme même que Goliath avait utilisée pour intimider Israël : les mots. Bien que Goliath fut lourdement armé d’une énorme lance et d’un javelot, et qu’un porteur d’armes tint son bouclier, il n’eut pas la chance de s’en servir.

Les batailles spirituelles ne sont jamais livrées avec des armes matérielles mais avec des principes. Il y a des batailles qui mettent en jeu l’esprit et l’âme des gens, mais le plus souvent elles sont livrées avec des mots. David ne mâcha pas les siens :

« Tu marches contre moi avec l’épée, la lance et le javelot ; et moi je marche contre toi au nom de l’Eternel des armées, du Dieu des troupes d’Israël, que tu as mises au défi. Aujourd’hui l’Eternel te livrera entre mes mains, je te frapperai et je te couperai la tête ; aujourd’hui je donnerai les cadavres du camp des Philistins aux oiseaux du ciel et aux animaux de la terre, et toute la terre reconnaîtra qu’Israël a un Dieu. Toute cette assemblée reconnaîtra que ce n’est ni par l’épée ni par la lance que l’Eternel sauve. Car la bataille appartient à l’Eternel, et il vous livre entre nos mains. » (1 S. 17.45-47)

N’était-ce pas incroyable à entendre ? Ce petit pâtre se tenait devant cette impressionnante machine de guerre avec une arme spéciale : la Parole de Dieu, uniquement. La bataille était celle de Dieu, mais David devait malgré tout la livrer. Il ne combattit pas avec n’importe quelle parole, mais avec la Parole de Dieu. Dès l’instant où il prononça la Parole de Dieu, cela engagea la responsabilité de Dieu à lui accorder la victoire.

Le dénouement de la bataille fut exactement ce que David avait prédit. Goliath fut tué, les Philistins furent dispersés, et Israël fut libéré. Mais avez-vous songé pourquoi toute l’armée des Philistins s’est enfuie après qu’un seul homme fut abattu ? Sur le plan humain, on pourrait penser que c’est par chance que Goliath fut tué par un garçon solitaire armé de quelques pierres. Il est évident que la supériorité physique des Philistins sur Israël désarmé ne reposait pas sur un seul homme, si grand fut-il. En réalité, la raison pour laquelle ils s’enfuirent, c’est que la vraie bataille ne fut nullement une bataille physique. Ce fut une bataille spirituelle entre le Dieu d’Israël et les forces démoniaques. Par conséquent, la victoire de Dieu fut plus spectaculaire, à cause du contraste frappant entre un garçon muni de quelques pierres et le très habile guerrier géant. Les peuples antiques comprenaient les implications spirituelles de ce conflit, alors que le monde moderne ne peut pas le comprendre. C’est pour cela que les Philistins s’enfuirent terrifiés.

Si seulement les chrétiens avaient cette même vision spirituelle ! Mais trop souvent nous devenons confus et nous pensons que notre sécurité dépend des tanks et des bombes, des tribunaux et des économies des pays dans lesquels nous vivons. Mais c’est la proclamation de la Parole de Dieu qui fait toute la différence dans le monde. Sans le courage d’un jeune homme de se lever « au nom de l’Eternel des armées », Israël serait demeuré enchaîné.

Une chose plus précieuse que la vie

Je pense à un autre héros, Patrick Henry, qui se leva dans l’église St-Jean à Richmond, en Virginie, en 1775, et fit la déclaration de ses principes, malgré les risques qu’il prenait :

« Les gentilshommes peuvent crier la paix, la paix, mais il n’y a pas de paix. La guerre a effectivement commencé ; nos frères sont déjà sur le front. Comment pouvons-nous rester dans l’oisiveté ? La vie est-elle si précieuse, ou la paix si douce qu’il faille les acheter au prix des chaînes et de l’esclavage ? Empêche-le Dieu Tout-Puissant. Je ne sais pas ce que feront les autres, mais quant à moi, donne-moi la liberté ou donne-moi la mort. »

Nous vivons une époque où les chrétiens à travers le monde sont engagés dans une guerre d’indépendance, une guerre spirituelle dans laquelle nos propres vies et notre bonheur ne comptent pas beaucoup. J’ai écrit un livre à ce sujet, à partir d’une phrase de Patrick Henry, et lui ai donné comme titre : « La vie est-elle si précieuse ? »

David ne considérait pas que sa vie fut tellement précieuse qu’il ne pouvait se lever au nom du Seigneur Dieu. Il n’a ni réfléchi, ni planifié, ni combiné. De même qu’il arracha l’agneau des mâchoires du lion pour faire son devoir envers son père, il aurait eu honte devant son Père céleste, s’il avait fui le danger plutôt que de faire son devoir.

Notre mission c’est d’utiliser nos richesses, notre savoir et nos ressources pour répandre la Parole de Dieu parmi les nations captives, où le lion et l’ours se sont déjà introduits. Nous devons admettre que nous sommes impuissants à empêcher les événements ; le monde est envahi de réalités que nous ne pouvons fuir. C’était une réalité que les Philistins se trouvaient sur les terres de Juda, à seize kilomètres seulement de Jérusalem. Mais c’était aussi une formidable réalité, que Dieu pouvait disposer d’un jeune héros prêt à se donner totalement.

La situation d’aujourd’hui nous a été imposée, mais c’est notre devoir de la changer. Dieu veut que nous soyons des guerriers. Est-ce bien ce que nous faisons ?

Le coût de la victoire

Je crois hélas qu’un bon nombre d’entre nous joue au Monopoly spirituel, au contraire. Nous jetons les dés et nous déplaçons nos jetons sur le tableau de jeu : « Allez directement à la Pentecôte, ne vous arrêtez pas à Gethsémané ; ne vous arrêtez pas au Calvaire ; ramassez vos six cents francs. » Cela est un jeu mortel, aussi bien pour votre efficacité dans le Royaume que pour le salut du monde.

Lorsque je voyage dans les pays communistes, je rencontre souvent de jeunes pasteurs qui veulent quitter leur pays pour le « libre » Occident, les Etats-Unis de préférence. Mais je leur dis toujours : « Ne faites pas cela. Si Dieu vous a donné la responsabilité de pasteur, restez avec vos brebis ; vous ne devez pas vous enfuir. Vous devez rester là où vous êtes et servir Dieu. Vous pouvez mieux vous battre pour Dieu, à l’endroit où l’ennemi est le plus agressif. Si vous fuyez loin du champ de bataille et que vous essayez d’éviter le conflit, vous serez non seulement moins efficace, mais vous risquerez de ne plus être à la place où se trouve Sa divine protection sur vous. »

Le danger de rechercher un intérêt personnel

Voyez-vous, j’ai découvert que plusieurs de ceux qui ont quitté leur pays pour trouver la « sécurité » dans une autre région, ont souvent perdu leur foi. Dieu les avait équipés pour un genre de combat, là où ils se trouvaient, mais ils ne sont pas préparés à affronter la guerre spirituelle de la société matérialiste dans laquelle ils vont s’établir.

J’ai partagé un jour cette opinion avec une communauté à Cuba. Un pasteur vint me trouver après mon sermon, et devant l’auditoire silencieux, il m’a dit : « Frère André, je m’étais préparé à quitter Cuba pour l’Amérique. Ma demande a déjà été déposée, mais après ce que je vous ai entendu dire au sujet du berger qui doit rester avec son troupeau, j’ai pris ce soir la décision, devant Dieu, de rester. »

L’assemblée se leva comme un seul homme et applaudit. Ils s’écriaient : « Merci Père ! Ah ! merci Père ! » Ils étaient si heureux que cet homme ait décidé de rester. J’ai su par la suite que ce pasteur était puissamment utilisé à Cuba par le Seigneur.

Il y aura des souffrances

Pour être des héros de la foi, nous devons entrer dans la bataille en sachant qu’il y aura, en effet, des souffrances et des blessures, la douleur et la mort. C’est être réaliste, tout simplement. Comment la guerre pourrait-elle être différente ?

La merveilleuse histoire de David nous montre comment un homme a changé le cours de l’histoire d’Israël et — tel un ancêtre de Jésus — notre destinée spirituelle aussi. On reconnaît que David n’était pas un homme ordinaire, mais à cette époque nul ne le savait. Saül, les frères de David, et Goliath considéraient tous qu’il n’avait aucun intérêt. Lorsque nous recherchons des héros autour de nous, notre tendance nous porte à regarder quelqu’un de très connu, au-dessus de la moyenne, très instruit — et nous pensons qu’il est évident que Dieu fera une grande œuvre à travers cette personne. C’est un non-sens ! Les héros de la foi sont souvent des personnes ordinaires, comme vous et moi.

Je n’oublierai jamais la Conférence Mondiale sur l’Evangélisation, à laquelle j’ai assisté à Berlin en 1966. La liste des orateurs était très impressionnante. Une page entière avait été consacrée à quelques-uns d’entre eux, à leurs réalisations, à leur renommée, et au nombre de livres qu’ils avaient écrits. Cependant, en lisant les qualifications des professeurs et des docteurs, je repérais un nom familier : Corrie ten Boom, horlogère.

A présent, plus de vingt ans après, je les ai tous oubliés, mais je me souviens encore de Corrie. Durant toute cette semaine, dans la vaste salle du congrès, là où se trouvait une foule de gens rassemblés, Corrie était au milieu d’eux, exerçant son ministère. Elle n’était pas professeur, elle n’avait pas de diplômes, mais elle était une héroïne de la foi. Elle connaissait les principes de Dieu, les avait mis en pratique, et en avait payé le prix.

David aussi avait payé le prix. Cela n’avait pas été une victoire facile, et ses dérisoires petites pierres n’étaient certainement pas des armes capables d’impressionner le monde. Mais il le fit au nom du Seigneur, et à cause de cela il obtint la victoire.

Sommes-nous décidés à devenir des héros de la foi et à proclamer la Parole de Dieu, quoiqu’il puisse nous en coûter ? Si Dieu a pu accorder une victoire à travers David, Il peut le faire à travers nous aussi. David n’a accompli qu’une petite partie de l’Ancien Testament, mais il l’a fait avec audace. Aujourd’hui, nous avons l’Ancien et le Nouveau Testament au complet, d’innombrables traductions et commentaires, de grands orateurs, la télévision et la radio, pourquoi n’avons-nous pu conquérir le monde pour Christ ?

Prenons la décision ensemble de devenir des héros de la foi. Dieu donne gratuitement la foi à tous ceux qui veulent la recevoir et marcher dans Ses voies. Sommes-nous décidés à aller dans un monde dangereux avec la seule et unique arme, l’Epée de l’Esprit ? On ne peut voir ni sentir le tranchant de sa lame, mais elle nous rendra invincible. Ni le Rideau de Fer, ni le rideau des cultures, ou le rideau des religions, n’ont le pouvoir de fermer la porte à ceux qui s’y rendent avec la Parole de Dieu.

Les ennemis viennent avec leurs armes lamentables, mais, nous, nous allons au nom du Seigneur. La victoire est à nous !

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