André Adoul évangéliste itinérant

Chapitre 3

A l’écoute de Dieu

“Avant que je t’aie formé dans le ventre de ta mère,
je te connaissais, et avant que tu sois sorti de son sein,
je t’avais consacré…”

Jérémie 1.5

André Adoul était un homme honnête et droit, conscient d’être d’abord vu de Dieu avant d’être vu des hommes. Sa conversion ne fut pas radicale, mais plutôt un cheminement vers plus de connaissance de Dieu, de sa Parole avec les conséquences qu’elle peut avoir dans un cœur aussi ouvert qu’était le sien.

En 1943 André et Alice assistent, en basse Lozère, à des rencontres bibliques présidées par M. René Pache, alors Dr. en droit et professeur à l’Institut Biblique et Missionnaire Emmaüs, en Suisse. M. Pache, qui possédait alors une propriété à Anduze, non loin de St Jean du Gard, répondait assez régulièrement aux invitations des églises pour des temps d’enseignement de la Bible. Il travaillait en collaboration avec la Ligue pour la Lecture de la Bible Suisse (dont nous reparlerons). Exposés remarquables, au dire d’André, qui l’interpellent profondément. Et c’est à l’écoute de ce serviteur de Dieu qu’il est éclairé, saisi par le Saint-Esprit et poussé à étudier davantage encore les Ecritures. Dès lors André devient un véritable passionné de la Bible et sa foi s’en nourrit et s’y enracine profondément. MM Pache et Adoul se lient assez rapidement d’amitié et se rencontrent régulièrement.

C’est donc tout naturellement qu’en avril 1944, sur ses conseils, André décide d’organiser des études bibliques dans l’appartement de fonction qu’il occupe avec Alice et Jean Pierre leur enfant. La nouvelle se répand très vite aux alentours et comme les distractions n’étaient pas courantes à cette époque, de nombreux jeunes, qui côtoient l’église, s’y joignent, accompagnés d’adultes assoiffés, eux aussi, de la Parole de Dieu. André commente le texte sacré avec une grande simplicité et avec aisance. Il faut dire qu’il passe du temps à la préparation de ses soirées hebdomadaires. Aussi rigoureux qu’un écolier, le jeune prédicateur remplissait à la plume, d’une encre violette, des cahiers entiers, faisant l’exégèse des Ecrits Bibliques20. Sa “passion” pour l’étude de la Bible transpire à la simple vue de toutes ces pages remplies d’une écriture aussi sûre que régulière. Commence alors son apprentissage théologique autodidactique ; André découvre, seul, la beauté et la richesse des 66 livres qui la composent21, et à travers eux l’immense Amour de Dieu pour tous les hommes qu’il ne cessera de proclamer tout au long de sa vie. Le contenu de ces rencontres y est donc solide et nourrissant, et s’attarde sur les détails du texte étudié pour en faire surgir des applications pratiques si indispensables à la croissance spirituelle de tous ses auditeurs captivés. Ces derniers, venant des campagnes environnantes, aiment à se retrouver ensemble, particulièrement les jeunes qui n’hésitent pas à braver le couvre-feu, rendant leurs parents inquiets.

20 Etudes de la Genèse, du livre de Job, le livre de Ruth, les épîtres aux Galates, aux Romains, aux Thessaloniciens, à Timothée, Tite, 1 Pierre, Hébreux, ainsi que les livre prophétiques de Jérémie et les lamentations, Ezéchiel, Daniel, Ezéquiel, Jonas, et l’Apocalypste ; cahiers d’André Adoul, archives familiales.

21 Dans les années 20, un petit fascicule, appelé “Union de lecture Biblique”, (ancêtre des notes bibliques ?), était édité mensuellement et proposait des études, de Georges Goodman, pour une lecture de chaque jour de la Bible. Plusieurs d’entre eux, parfois annotés de sa main, figurent en bonne place dans sa bibliothèque et laissent supposer qu’il s’en est inspiré pour lui-même.

Car l’époque est bien mouvementée et il apparaît important de nous y arrêter quelques instants pour nous imprégner du contexte national et régional. En effet, la plus grande partie de la France est occupée par les troupes allemandes. Il faut se rappeler que dès 1940, le pays est divisé en deux zones : la zone occupée administrée militairement par l’Allemagne et la zone libre gérée par le gouvernement de Vichy du Maréchal Philippe Pétain. La région de Branoux — La Favède — La Grand-Combe, se trouve en zone libre, mais pour quelques années encore seulement. Dans sa prédication du 30 juin 1940, dédiée à la mémoire des morts de la guerre, le pasteur en service de l’Eglise Réformée Evangélique Indépendante de La Grand-Combe, qu’a côtoyé André Adoul, alors jeune chrétien novice, profite de la situation pour adresser un vibrant appel au réveil spirituel :

“(…) A plusieurs peut-être le sacrifice de nos morts paraît inutile puisque le résultat de la guerre, pour l’instant, est si navrant pour notre patrie. Il ne nous appartient pas de porter un jugement sur la valeur de tels sacrifices dans les circonstances présentes. Attendons quelque temps et, dans le recul de l’histoire nous apprécierons mieux (…) Nous attendons davantage de la défaite que de la victoire. l’enthousiasme de la victoire de 1918 a exalté l’orgueil de l’homme, la puissance de l’homme et nous a fait oublier Dieu et sa puissance. L’humiliation et la défaite nous fait rentrer en nous-mêmes et nous ramènent vers Dieu (…) Le redressement moral auquel nous convie le chef de notre gouvernement, ne s’obtiendra pas par un décret qui fera de nous un peuple capable d’entendre la vérité (…) Ce n’est pas un décret qui obtiendra que, selon les expressions de la Bible, “le lit conjugal soit exempt de souillure et le mariage soit respecté par tous” (Hébreux 13.4), que le jeune homme et la jeune fille sachent conserver leur corps dans l’honnêteté et la pureté pour le jour de leur mariage (…) Seul Jésus-Christ, le Seigneur, par son Esprit, par sa grâce seule, peut changer les cœurs, les régénérer, et faire de chacun d’entre nous, selon sa propre définition un homme nouveau, né de nouveau. Les hommes nouveaux, ce sont les chrétiens ; ceux qui, comme l’apôtre Saint Paul, peuvent dire : “C’est par la grâce de Dieu que je suis ce que je suis” (…) Mais entendons-nous bien : non plus selon une expression vulgaire, des “chrétiens de sacristie”, des chrétiens qui ne le sont qu’à la messe ou au temple, mais des chrétiens qui le sont par leurs actes de chaque jour, partout, dans toute leur vie, à l’exemple de Jésus-Christ, leur Sauveur. Ici nous pouvons tous nous frapper la poitrine, nous repentir, implorer le pardon de Dieu. “Mea culpa” : nous avons péché, nous avons fait ce qui est mal à tes yeux. Seigneur pardonne. Et c’est la première victoire de Dieu que cette repentance et cette humiliation. Puisse-t-elle se généraliser et gagner le cœur de notre peuple de France (…) Sommes-nous prêts aujourd’hui à montrer par nos actes que nous sommes des disciples de Jésus-Christ ? (…)”22 André Adoul ne cessera de dénoncer l’hypocrisie23

22 Extrait de la prédication du pasteur Teulon du 30 juin 1940 à la Fraternité (E.R.E.I.)

23 “Il est un cantique bien connu que chantent les assemblées. Voici la première phrase ‘Tendre Père, j’aime te contempler.’ Je me permets de vous poser les quatre questions suivantes en vous demandant d’y répondre honnêtement avant d’entonner ce cantique : — Avez-vous une idée exacte de ce qu’est la contemplation du Père ? — Vous arrive-t-il vraiment de contempler le Père céleste ? — Quand l’avez-vous contemplé pour la dernière fois ? — Est-il bien vrai que vous aimez le contempler ? Si vos quatre réponses sont affirmatives, alors entonnez-le de tout votre cœur. Cependant je crains que les assemblées, dans leur majorité, ne fassent souvent monter vers Dieu un mensonge de taille lorsqu’elles chantent et répètent cette strophe de cantique. Ceci sans juger qui que ce soit. 0n pourrait aussi évoquer la phrase suivante tirée de l’un de nos beaux cantiques : ‘Ah ! je n’aspire qu’à m’immoler’ Il faut vraiment du courage et une belle dose de prétention pour oser chanter de telles paroles devant Dieu. Choisissons bien nos cantiques en éliminant les strophes difficiles à chanter, sans nous laisser tenter par une mélodie agréable. Que nos chants exaltent essentiellement le Seigneur.” (André Adoul, archives familiales).

Mais si la situation spirituelle se dégrade, la situation économique devient, elle aussi rapidement difficile. L’arrêt des échanges commerciaux entre la France et l’Allemagne, conduit, dès 1941, à une période de pénurie qui débouche sur la mise en circulation de cartes de rationnement.24 Le département du Gard souffre durement et l’insuffisance des denrées alimentaires accentue la disette et favorise la flambée des prix au marché noir. “Durant toutes les années de l’Occupation la situation sera très critique dans ce bassin houiller, comme, d’ailleurs, dans les villages et petites villes de la région qui manqueront de tout. Cette situation assez catastrophique, confinant bien souvent à une quasi-famine, est, très vite, la source d’un vif mécontentement que les Résistants vont exploiter. Dès 1942 se produisent à la Grand-Combe des manifestations contre l’insuffisance du ravitaillement.”25 C’est donc un temps de détresse et de malheurs. Beaucoup de familles y sont sensibles car impliquées d’une manière ou d’une autre, que ce soit par les privations, l’incertitude de l’avenir, la peur des arrestations ou la mort brutale et violente d’un parent proche. Alice Adoul se souvient encore : — je me trouvais dans la cuisine, lorsque soudain un terrible et effroyable hurlement retentit. Il venait d’une des maisons voisines dont je connaissais les occupants. C’était le cri strident d’une maman qui venait d’apprendre la mort de son fils à la guerre. Peu de foyers étaient épargnés.

24 Dès la fin de cette même année, tous les biens de consommation ne pouvaient être acquis qu’en échange de tickets attribués aux citoyens en fonction de la catégorie à laquelle il appartenait. Leur généralisation visait à une répartition équitable des produits entre tous.

25 Aimé Vielzeuf, La Résistance dans le Gard (1940-1944), 1979, p.6., p.6.

Dans ce même temps, de nombreux Juifs trouvent aussi refuge dans les Cévennes et sont cachés dans des maisons de vacances, des mas abandonnés ou dans des familles qui prennent alors de gros risques. Les troupes Allemandes sont très présentes dans cette région, particulièrement à cause des actes de résistance du maquis qui rendent les soldats de la Wehrmacht, tendus et nerveux. “Des S.S. de la Panzer Division Hohenstaufen du général Bittrich, au repos dans le Gard, pour effrayer la population et démanteler la résistance, lancèrent (fin février-début mars 1944) en Cévennes et dans l’Est du département, une vaste “opération de nettoyage” qui se termina par des incendies et des massacres (pendaisons publiques)… Ce qui s’est passé en Juin 1944 témoigne de la brutalité des troupes Allemandes. Celles-ci se rendent au village de La Rivière26 pour arrêter des résistants. Mais ceux-ci, avertis, organisent un guet-apens à la sortie du Collet de Dèze (Lozère), distante de 15 kms de la Grand-Combe. Un platane est abattu et barre la route. Les résistants se postent tout autour et donnent l’assaut sur la colonne de soldats. Cependant, quelques-uns d’entr’eux réussissent à s’enfuir. Mais le lendemain, ils reviennent en nombre (300 soldats) et fortement armés pour détruire et incendier le village de La Rivière que les habitants ont juste le temps d’abandonner dans l’urgence. Alors que la libération est en marche, les résistants ripostent en attaquant des convois isolés, en sabotant toutes les voies ferrées, les lignes téléphoniques, les lignes électriques à haute tension. Plus de 300 “actes de terrorisme” sont signalés par les services de police. Et pour paralyser la production industrielle, riche dans cette région, des grèves éclatent, fin juillet, dans les charbonnages et dans diverses entreprises. Les transports ferroviaires et routiers deviennent très difficiles, ce qui aggrave un peu plus la pénurie alimentaire dans la plupart des localités qui restent des semaines sans viande, sans sucre, des journées sans pain et sans courrier…”27 Ces faits et bien d’autres encore, reflètent le climat dans lequel se trouvait la population.

26 Aujourd’hui Saint Michel de Dèze (48).

27 Aimé Vielzeuf, La Résistance dans le Gard (1940-1944), 1979, p.17-19 & 31.

Cette même année de 194428 André et son épouse ont été directement confrontés aux soldats Allemands. Une nuit leur fils Jean-Pierre, alors âgé de quelques mois, se met à pleurer. André et Alice, réveillés en sursaut, sautent hors du lit et éclairent l’appartement pour essayer de calmer leur enfant. Malgré les nombreux câlins, les paroles apaisantes d’usage et l’allaitement, Jean-Pierre ne se console pas et le temps qui passe ne joue pas en leur faveur à cause du couvre-feu qu’ils ont inconsciemment enfreint. Mais c’est trop tard. Le bruit de bottes dans l’escalier, précédé de celui d’une porte brutalement ouverte, les figent de peur. A peine ont-ils le temps de réaliser leur erreur que plusieurs soldats, attirés par la lumière, font irruption dans l’appartement, armes à la mains pointées sur la petite famille regroupée :

28 Décès du papa d’André Adoul le 20 juillet.

— Hände hoch ! Keine Bewegung ! Was machen sie hier zu dieser Zeit ? (Halte, mains en l’air ! Que faites-vous à cette heure ?)

Après des palabres incompréhensibles, témoigne André, ils repartent comme ils sont venus. Ouf ! le couple a pu expérimenter la protection de Dieu. Puis ce sera l’Armistice du 8 mai 1945.29 “Avec la fin de la guerre depuis trois jours, la vie semble être plus calme et les relations plus faciles, aussi combien nos cœurs sont reconnaissants de cette grande délivrance, mais il saigne, parce que beaucoup de nos compatriotes sont morts des suites des mauvais traitements infligés par l’ancien occupant. Oui notre pays ressort bien meurtri de la lutte, et bien amoindri, mais il a soif de l’évangile, et nous devons l’apporter à nos frères.”30

29 A la fin du mois d’Août 1944 les Cévennes retrouvent la liberté. (Les Allemands sont chassés du sud de la France par les troupes Alliés fraîchement débarquées en Provence).

30 Note en post-scriptum de la lettre du 11 mai 1945 de M. Foex (agent de la Ligue pour la Lecture de la Bible) à M.Abei secrétaire général de la LLB Suisse.

L’année suivante, André Adoul, sera témoin de cette misère et n’en sera pas indifférent : “Nombreux sont les amis et frères qui crient au secours dans leur grande détresse. Il y a beaucoup de ruines, beaucoup de cœurs qui saignent dans notre vaste pays. Un jeune homme, dans une de ses lettres m’avouait ce qui suit : “(…) je n’ai pu trouver aucun travail, et nous avons vécu, ma mère (malade) et moi avec le produit de la vente de quelques meubles qui nous restaient (…)” Avec quelques Ligueurs (jeunes participants aux camps bibliques, dont nous reparlerons) nous avons pu porter secours à cet ami. C’était trop peu ! Et pourtant le Seigneur a permis que cela soit momentanément suffisant. En effet, peu de jours après il répondait : “Je ne sais vraiment pas comment exprimer ma reconnaissance. Cet apport m’a permis d’améliorer nos rapports familiaux en couvrant une partie de notre pension (…) Je crains toujours que d’un moment à l’autre nous ne soyons obligés de partir ; je me demande alors ce que nous ferions… Oui, cher frère, je me confie en Dieu de tout mon cœur et je suis persuadé qu’il me viendra en aide (…)”31

31 André Adoul, rapport d’activité du 1er trimestre 1946, archives L.L.B.

Très rapidement, avec grand étonnement, la pièce de leur appartement, où sont organisées les études bibliques, devient trop étroite (une trentaine de personnes y sont régulièrement présentes). Il faut changer de lieu. C’est ainsi qu’ils se retrouvent au petit temple de la Favède, gentiment prêté par le conseil presbytéral de l’Eglise Réformée Evangélique Indépendante. Les rencontres se poursuivent donc une fois par semaine, le mercredi soir, André étant en congé le lendemain, et se déroulent toujours de la même façon : commentaire de la Parole de Dieu suivit d’un temps de partage qui se conclut par un moment de prières souvent précédé d’un appel à la consécration. Cette soif spirituelle et cet engagement d’André lui donnent alors l’occasion d’entrer dans un ministère d’enseignant de la Parole de Dieu.

Son talent d’orateur est vite reconnu, apprécié et mis à contribution. Il est, par exemple, l’un des tout premiers intervenants invités aux rencontres dites de l’Ascension32 qui débutent dans ces années quarante et qui ont pour mission le rapprochement des membres de l’églises Evangélique Libre du Collet de Dèze et ceux de l’Eglise Réformée Evangélique Indépendante de la Grand-Combe. On lui demande aussi d’apporter, de temps en temps, la prédication au Temple de Branoux, à quelques kilomètres seulement de la Favède. C’est timidement et avec beaucoup d’émotion que le jeune André se met à prêcher, se souvient une auditrice de l’époque. Mais soucieux de permettre à chacun de travailler dans la moisson du Maître, André se fait accompagner de ces jeunes gens, désireux de mettre leur foi en pratique. Il leur demande de faire des lectures bibliques ou d’apporter un témoignage de ce qu’ils vivent avec le Seigneur au quotidien.

32 Elles se tenaient au lieu dit “Sauveplane” et sont encore organisées aujourd’hui.

Cet engagement d’André à travers les études de la Bible est rapidement approuvé et béni par le Seigneur lui-même. En effet, les premiers fruits se concrétisent par de réelles et profondes conversions auxquelles s’ajoutent de véritables vocations. Comme celle du jeune Rémy Bonal, alors âgé d’à peine vingt ans. Il a donné sa vie à Jésus-Christ après avoir compris qu’être protestant ne suffisait pas pour être sauvé mais qu’il fallait passer par une réelle repentance et un abandon total à Jésus-Christ, mort pour ses péchés. Il témoigne des années plus tard, qu’André Adoul a été son “père spirituel.” Quelques temps après cette expérience spirituelle, sur les conseils d’André Adoul, le jeune Rémy part à l’Institut Biblique et Missionnaire Emmaüs33, pour se former.34

33 Où enseignait M. René Pache, devenu proche d’André Adoul.

34 M. Bonal a été pasteur pendant trente sept ans. Il a invité à plusieurs reprises André Adoul, devenu alors évangéliste itinérant, comme orateur dans l’église où il officiait.

Vivement encouragé de voir tous ces jeunes s’ouvrir à l’Evangile et s’engager à obéir au Seigneur, André acquiert la conviction que Dieu le réclame à son service à temps plein. Mais son tempérament naturel, plutôt prudent et sage, le laisse dans l’interrogation. Est-ce vraiment Dieu qui le lui demande ? Il ne veut pas se tromper de peur d’entraîner avec lui la famille vers un avenir incertain. De plus il est important pour lui que son épouse ait aussi la même conviction que lui. Afin de le seconder Alice lui confie à son tour qu’elle ressent aussi cet appel au fond de son cœur et se doute bien, en le voyant s’investir avec autant d’ardeur et de passion pour l’œuvre du Seigneur, qu’il est fait pour ça. Ces propos lucides de sa chère épouse sont un signe du ciel. Et ils ne tardent pas à avoir une confirmation d’en haut. En effet, quelques jours plus tard seulement, c’était un matin, en entrant ensemble dans la cuisine, leurs regards se portent sur une feuille de calendrier tombée au le sol, certainement perdue la veille par une personne venue leur rendre visite. Imprimé en gros caractères, ils lisent : “Tu es mon serviteur, je te choisis et ne te rejette pas. Ne crains rien car je suis avec toi. Ne promène pas des regards inquiets car je suis ton Dieu” (Esaïe 41.9-10). Pour eux deux, c’est clair !

— “Alors, on y va !” s’exclame Alice avec un grand enthousiasme.

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