ALORS QUE JE PRÊCHAIS DANS UN PAYS COMMUNISTE, il y a quelques années, j’ai parlé à mon interprète au sujet des restrictions imposées par divers gouvernements concernant la proclamation de l’Evangile, et nous nous demandions dans quelle mesure nous pouvions continuer à les défier. Nous avions été très audacieux jusque-là, et avions rencontré des difficultés de temps à autre. Nous avions été arrêtés, expulsés du pays et étions revenus avec d’autres passeports, pour être arrêtés de nouveau.
Mon ami — qui est encore en Europe de l’Est — me disait : « André, je voudrais que tu penses un peu plus à Daniel. Lorsque Daniel était dans la fosse aux lions, Dieu l’a protégé efficacement, mais il n’a pas tourné autour des lions pour leur tirer la queue. Il n’a pas essayé non plus de leur brosser les dents. »
Jusqu’où pouvons-nous aller face au danger ? Jusqu’où pouvons-nous défier l’ennemi ? Jusqu’à quelle limite devons- nous résister et proclamer que Jésus-Christ est Seigneur ?
C’est très facile de crier « alleluia », lorsqu’on sait qu’il y aura de nombreux « amen » dans l’auditoire. Mais qui se tiendra sur la Place Rouge ou sur une place publique, dans un autre pays hostile au christianisme, pour crier « alleluia » ? Qui va provoquer l’hostilité, en saisissant chaque occasion pour dire aux gens que Dieu est amour ? Dans des situations où le système politique, où la religion prédominante, sont décidés à anéantir l’Eglise ; où les puissances au pouvoir sont devenues des instruments actifs de l’adversaire, qui va se lever — tout seul s’il le faut — pour proclamer que Jésus-Christ est Seigneur ? Qui va dire aux gens que la Parole de Dieu est la vérité, et que l’adversaire n’arrivera pas à ses fins ?
Je pense que Daniel fut cet homme-là ! Et ce qu’il a fait est tout aussi dangereux que de tirer sur la queue d’un lion.
Daniel a vécu durant l’une de ces périodes de marées basses de l’histoire d’Israël, lorsque tout avait mal tourné. Jérusalem avait été détruit, le temple était en ruine, les chefs avaient été tués, et les jeunes gens emmenés en exil à Babylone — avec Daniel et ses amis.
Satan, l’instigateur des ennemis d’Israël, faisait tout ce qu’il pouvait pour anéantir le peuple juif en tant que nation, mais son but le plus ténébreux était de détruire le plan que Dieu avait pour la rédemption de l’humanité. Cette motivation est toujours présente derrière les attaques de Satan. On peut dire, dans un certain sens, que l’adversaire n’est pas contre les personnes individuelles ; il est contre notre consentement à faire la volonté de Dieu. C’est la raison pour laquelle certains athées semblent mener une vie beaucoup plus facile que les croyants. Satan ne s’oppose pas à eux.
L’auteur du Psaume 73 se posait des questions à ce sujet :
« Je jalousais les insensés
En voyant la prospérité des méchants.
Toujours tranquilles, ils accroissent leur richesse.
C’est donc en vain que j’ai purifié mon cœur
Et que j’ai lavé mes mains dans l’innocence.
Tout le jour je suis frappé,
Tous les matins mon châtiment est là. » (Ps. 73.3, 12-14)
Mais ensuite le psalmiste examina dans quelles conditions leur vie s’était achevée (après tout c’est la fin qui compte), car il a dit :
« J’ai donc réfléchi pour comprendre cela ;
Jusqu’à ce que j’arrive aux sanctuaires de Dieu ;
Alors j’ai compris le sort final des méchants.
Oui, tu les places sur des voies glissantes,
Tu les précipites dans la tourmente.
Comment ! en un instant les voilà en (pleine) désolation,
Ils sont à bout, achevés par l’épouvante ! » (Ps. 73.16-19)
La fin est conditionnée par le commencement.
Lorsque les captifs arrivèrent à Babylone, le chef des eunuques du Roi Neboukadnetsar imposa de nouveaux noms aux jeunes hommes hébreux (voir Daniel 1.7) parce que leurs noms juifs, qui avaient été assignés par le Dieu Tout-Puissant, étaient en relation avec leur destinée. L’ennemi n’était pas satisfait par le départ des Hébreux de leur propre pays bien que Jérusalem ne puisse plus fonctionner. Il voulait aussi détruire leur identité.
Satan avait pour objectif de s’assurer, par tous les moyens, que les prophéties messianiques ne puissent jamais devenir réelles. S’il n’y avait plus de nation, ni de peuple identifiables pouvant revenir et reconstruire la nation, il n’y aurait pas de Jésus qui naîtrait à Bethléem. S’il n’y avait pas de Jésus, il n’y aurait pas de Sauveur pour le peuple hébreu ; et sur toute la terre, qui d’autre pourrait être crucifié et ressusciter selon toutes les prophéties ?
L’adversaire voulait non seulement détruire le plan de Dieu, mais il voulait aussi anéantir tout reste religieux. En enlevant les noms des captifs et en les remplaçant par des noms païens — des noms occultes de dieux païens — toute leur religion était mise en péril. Il y avait une bonne chance pour qu’ils oublient complètement le Dieu de leur pères.
Il est évident que Daniel n’a pas laissé son nouveau nom s’attacher à sa personne. C’est amusant de constater ce que les Ecritures en disent : « Ainsi fut Daniel jusqu’à la première année du roi Cyrus » (Dn. 1.21). Cyrus fut le quatrième des rois de la succession de Neboukadnetsar, et il était toujours appelé par son vrai nom, Daniel. Le nom de Belchatsar, que l’eunuque du roi lui avait donné, ne le remplaça jamais.
Ceci me comble de joie ! Cela signifie que l’adversaire ne peut réussir à anéantir la vraie foi en Dieu. Elle sera toujours présente. Les impies viennent et partent, mais le peuple de Dieu demeure et demeurera toujours. Ceci est encourageant, parce que dans le monde d’aujourd’hui, avec la menace constante des révolutions et une persécution intense qui se répand dans de plus en plus de pays, nous aurions pu craindre que l’Eglise soit totalement anéantie. Mais, même si on changeait les noms des croyants pour les remplacer par des chiffres, même si on les chassait de leur pays natal, si on interdisait leur culte du dimanche, si on leur enlevait leur Bible, si on supprimait leur liberté, ainsi que le droit des parents d’instruire leurs propres enfants dans la Parole de Dieu, l’Eglise survivrait. Jésus a promis : « … Je bâtirai mon église, et les portes du séjour des morts ne prévaudront pas contre elle » (Mt. 16.18).
Bien que Daniel et d’autres jeunes hébreux aient été emmenés en captivité à Babylone, le Roi Neboukadnetsar sélectionna parmi eux un groupe de brillants jeunes hommes — dont Daniel et trois de ses amis — afin de leur donner une instruction et une éducation dans le but d’assurer un service spécial auprès du roi. Quelle situation propice pour la tentation ! Coupés de leur maison et de leur héritage spirituel, prisonniers dans un pays étranger, et pourtant comblés, éduqués, favorisés, flattés, beaucoup de jeunes gens se seraient dit&nbp;: « Ah ! c’est merveilleux ! Pourquoi lutterais-je ? C’est une chance inouïe », et ils auraient succombé à l’idolâtrie de cette nouvelle vie.
Cependant, Daniel et ses trois amis refusèrent de suivre le mode de vie de la cour du roi. Ils ne voulurent pas se souiller avec les mets fins et les vins, qui faisaient normalement partie du menu des jeunes gens en formation pour le service du roi. Ce qu’il y a d’étonnant c’est qu’ils le refusèrent de telle sorte que la permission de suivre leurs croyances religieuses, en cette matière, leur fut accordée ; et lorsque le roi constata quels en étaient les résultats il les félicita.
Ceci n’était que le début pour essayer de devenir des héros de la foi dans un pays hostile. Un jour Hanania (Chadrak), Michaël (Méchak) et Azaria (Abed-Nego) étaient gouverneurs de la province, et le jour suivant ils étaient jetésdans une fournaise ardente, parce qu’ils avaient refusé d’adorer l’image du roi ; — un jour Daniel était le conseillerle plus écouté du roi, et le jour d’après il était jeté dans unecfosse aux lions, parce que ses collègues avaient complotéccontre lui. Mais qu’ils soient honorés ou persécutés, ilsdemeuraient fidèles à leur croyance en un seul vrai Dieu età leur identité comme Ses enfants. Et tous les rois babyloniens, depuis Néboukadnetsar jusqu’à Cyrus, furent profondément impressionnés par la constance de leur foi et par la vérité qu’ils exprimaient à travers leur parole.
Contrastant avec la pérennité du juste, l’histoire de Daniel montre aussi la fragilité des impies. Dans Daniel 2.1, nous lisons que le Roi Neboukadnetsar faisait de mauvais rêves, son esprit était troublé et le sommeil l’avait abandonné. Ne serait-ce pas inhabituel ? Le roi le plus puissant du monde tremblait à cause d’une chose qu’il ne pouvait expliquer. Il se passait quelque chose de surnaturel et tout l’empire était secoué sur ses bases mêmes. Cela démontre la faiblesse des impies.
D’après le plan des communistes pour notre propre siècle, après soixante à soixante-dix ans de révolution, il ne devrait plus exister en Russie une seule église. Mais que se passe-t-il en réalité aujourd’hui ? Un puissant réveil est en route, et ils ne peuvent l’arrêter. Cela les ébranle ; ils ne savent comment le contrôler. L’ancien Président Mao pensait qu’après dix ou quinze ans — certainement après la révolution culturelle de 1965 à 1975 — il ne resterait plus une seule église en Chine. Mais les dirigeants communistes sortent de leur rêve. Ils voient que l’Eglise est dix, vingt ou cinquante fois plus grande qu’elle n’a jamais été. Ils ne peuvent expliquer ce phénomène…
Ce qui les étonne nous comble de joie, lorsque nous voyageons à travers les pays où les chrétiens ont été persécutés. Nous savons que nous ne défendons pas une cause perdue. Nous sommes en train de gagner ! Ces régimes antagonistes tremblent, parce qu’ils ne peuvent expliquer les choses qui se passent chez eux. En Russie, les parents emmènent toujours leurs enfants pour être baptisés. En Europe de l’Est, les jeunes viennent au Seigneur. Au Nicaragua, l’Eglise est devenue trois fois plus grande, depuis que les Sandinistes ont pris le pouvoir. Les oppresseurs ne savent pas ce qui se passe. Quelle formidable perspective nous avons aujourd’hui, dans cette guerre spirituelle que nous livrons.
Daniel était capable d’interpréter le rêve de Neboukadnetsar, et bien que son interprétation fût un avertissement et un jugement très sévères contre le roi, Daniel gagna le respect du roi et il devint un dirigeant estimé de tous à travers le pays. Plus tard, durant le règne de Belchatsar, Daniel eut aussi un rêve. Une partie de son interprétation dévoile les tactiques que l’ennemi utilise contre Dieu et Son peuple :
« Il prononcera des paroles contre le Très-Haut,
Il opprimera les saints du Très-Haut,
Il espérera changer les temps et les lois. » (Dn. 7.25)
La bataille qui est ainsi décrite est une bataille de mots, d’idées et d’idéologies. Elle implique des attaques sur ce en quoi nous croyons. C’est une bataille de la pensée, et c’est pourquoi nous ne devrions jamais abandonner notre vision du Royaume de Dieu. Nous devons nous souvenir de la mission que Jésus nous a confiée de prêcher l’Evangile au monde entier et de faire de chaque nation des disciples. Jusqu’à ce que tous les peuples connaissent Dieu et l’adorent volontairement, il y aura toujours une bataille. Le mal combattra toujours le bien; les ténèbres s’opposeront toujours à la lumière ; la haine essaiera toujours de remplacer l’amour. Le démon essaiera toujours de détrôner Jésus-Christ de Son trône dans nos cœurs, de Son trône sur la société et au-dessus du monde entier. Ce n’est pas tout le monde qui sait que tous les royaumes de ce monde deviendront un jour « Le Royaume » de Christ Jésus notre Seigneur.
L’une des tactiques les plus efficaces de Satan c’est l’utilisation d’un déluge de propagande. Il vocifère. Il hurle, il crie, et il le fera sans arrêt exactement comme l’a fait Goliath, le géant. Goliath hurla les mêmes injures, chaque matin et chaque soir, durant quarante jours. Ce qui veut dire qu’il a vociféré sans arrêt le même discours maudit, athéiste, nihiliste, anarchique : « Vous ne réussirez jamais à le faire ; vous ne pourrez pas le faire ; vous serez des esclaves pour toujours ; vous serez toujours faibles ; vous serez toujours battus ; vous n’aurez jamais la victoire. » Quoi que ce discours soit terriblement faux et outrageant, l’esprit humain a tendance à succomber à ce genre de tir de barrage. Daniel dit que le malin projette « d’anéantir les saints », en prononçant d’horribles paroles contre le Très-Haut.
Je constate que cela se passe dans le monde actuellement. Nous sommes tellement las, au sein de l’Eglise, par la propagande acharnée qui nous agresse de tous côtés, à gauche comme à droite, que nous sommes prêts à baisser les bras, par désespoir de ne pouvoir réussir à faire éclater la vérité. Mais Dieu, Lui, possède la réponse !
Connaissez votre Dieu
Daniel 11.32 a dit que le malin « séduira par des flatteries les traîtres de l’alliance. Mais le peuple de ceux qui connaissent leur Dieu agira avec fermeté. » La victoire est assurée pour ceux qui connaissent leur Dieu ; mais le savoir exige du temps. Vous n’arriverez jamais à connaître quelqu’un, à moins que vous passiez du temps avec cette personne. Notre problème c’est, que nous ne nous nourrissons pas suffisamment de la Parole de Dieu, pour parvenir à Le connaître. Il n’est pas étonnant que nous manquions de paix, de sécurité et de joie. Nous sommes à bout. Je veux vous mettre en garde de ne pas vous laisser détruire par ce que vous entendez. Passez moins de temps à lire des livres qui n’ont aucun intérêt, moins de temps à regarder la télévision. C’est la même chose dans le mariage ; plus vous passez du temps avec votre partenaire, plus la vie devient agréable.
Demeurez ferme
Le peuple de Dieu qui Le connaît sera fortifié, et fortifiera les autres. Notre force vient du Saint-Esprit, mais c’est aussi notre force de caractère personnelle, la force de nos « entrailles », notre courage moral pour tenir tête au démon.
Daniel 11.33 dit : « Et les clairvoyants parmi le peuple donneront instruction à beaucoup. » C’est le genre d’action que nous devons entreprendre. Nous devons dénoncer le mal, le démasquer, et proclamer que Jésus-Christ est Seigneur. Nous ne laisserons pas le peuple de Dieu subir la persécution jusqu’à qu’il ne sache plus que faire.
Cependant, pour apporter la compréhension à d’autres personnes, nous devons avoir le discernement au sujet des problèmes qui existent aujourd’hui, comme ils existaient déjà à l’époque de Daniel. C’est pourquoi nous devons accueillir avec gratitude les enseignements que ces héros de la foi nous ont laissés.
Même aux jours les plus sombres, Dieu n’oubliera pas un peuple aussi longtemps qu’il y aura ne serait-ce qu’une personne qualifiée à Ses yeux comme héros de la foi, qui puisse réclamer sa nation pour Lui. Qu’est-il arrivé pour le peuple de Dieu à Babylone ?
Daniel 9.2 relate des événements de la première année du règne de Darius : « Moi, Daniel, je compris par les livres qu’il devait s’accomplir 70 ans pour les ruines de Jérusalem, d’après le nombre des années dont l’Eternel avait parlé au prophète Jérémie. » À cette époque Daniel était déjà nonagénaire. Il avait soutenu ses trois amis lors de l’expérience de la fournaise ardente. Il avait survécu à la persécution dans la fosse aux lions. Il avait été très souvent confronté aux méthodes utilisées par les Babyloniens pour séduire les Hébreux, aussi bien sur le plan de leur religion qu’au sujet de leur particularisme, en tant que peuple. Mais le peuple de Dieu sortit toujours vainqueur, parce qu’il y avait parmi eux des héros prêts à sacrifier leur vie pour la vérité — et les rois païens, eux-mêmes, les respectaient pour cela.
Un matin dans le calme, Daniel ouvrit le livre de Jérémie et lut :
« Mais voici ce que dit l’Eternel : Dès que soixante-dix ans seront écoulés pour Babylone, j’interviendrai pour vous, et J’accomplirai à votre égard ma bonne parole, en vous faisant revenir dans ce lieu. Je connais, moi, les desseins que je forme à votre sujet, — oracle de l’Eternel —, desseins de paix et non de malheur, afin de vous donner un avenir fait d’espérance. Alors vous m’invoquerez et vous pourrez partir ; vous intercéderez auprès de moi, et je vous exaucerai. Vous me cher- cherez et vous me trouverez, car vous me chercherez de tout votre cœur. Je me laisserai trouver par vous. » (Jr. 29.10-14)
Quel allait être ce héros qui rechercherait Dieu de tout son cœur ? Daniel. Il était absolument le seul qui avait fait quelques recherches ; et il avait découvert dans le livre la prédiction selon laquelle la captivité devait prendre fin après soixante-dix ans. Puis il consulta le calendrier et il vit que le temps était accompli. Cette année-là, quelque chose de grand allait donc avoir lieu. Dieu avait un plan : « Nous allons partir de cet endroit ! »
Mais était-ce vrai ? Voici le secret de l’intercession. On peut dire : « Bien, la prophétie a dit que la captivité devait prendre fin. » C’est vrai ; c’était le temps fixé. Mais la prophétie avait aussi dit : « Alors vous m’invoquerez et vous intercéderez auprès de moi. » Il fallait certainement davantage que la garantie d’une délivrance automatique. Dieu a avec nous une action conjuguée. Rappelez-vous que Ninive n’avait pas été détruite à cause du simple fait qu’il y avait une prophétie à ce sujet. L’attitude du peuple affecte l’avenir.
Les situations peuvent être changées lorsque Dieu « change sa décision » à cause de quelqu’un qui se place dans la brèche et qui agit en remplissant les conditions que Dieu impose. Que fit Daniel ? Lorsque Daniel a vu que c’était l’année fixée, il n’a pas fermé sa Bible, croisé ses bras sur sa poitrine, en disant : « Rendons grâce au Seigneur, à présent la fin est proche. » Non. Je crois personnellement qu’Israël n’aurait pas pu sortir d’exil à cette période particulière, si Daniel n’avait pas réagi comme il l’a fait.
Il avait lu ce que Dieu avait dit par l’intermédiaire de Jérémie, et ensuite il avait fait quelque chose de très dramatique. Il avait crié au Seigneur parce qu’il savait que, bien que la prophétie ait été écrite dans le livre, les événements ne pourraient s’accomplir que si des personnes s’engageaient d’une manière personnelle pour que la délivrance s’accomplisse. Il dit, par conséquent : « Je priai l’Eternel, mon Dieu, et lui fis cette confession » (Dn. 9.4). Dans cette puissante prière de repentance, il adora Dieu, le grand et redoutable Dieu qui garde Son alliance et Sa bienveillance envers ceux qui L’aiment et qui observent Ses commandements.
Puis Daniel reconnut la situation dans laquelle se trouvait son peuple, confessant ses péchés — pas quelques petites fautes seulement — mais : « … Nous avons péché, nous avons commis des fautes, nous avons été méchants et rebelles, nous nous sommes détournés de tes commandements et de tes ordonnances. Nous n’avons pas écouté tes serviteurs. » (Dn. 9.5-6). Dans cette confession, Daniel s’identifia au peuple, alors qu’il semble, lorsque nous étudions sa vie, qu’il soit la seule personne dont les Ecritures ne rapportent absolument rien de négatif. Il était un puissant combattant de Dieu, mais il fléchit les genoux dans le sac et la cendre, s’humiliant lui-même pour s’identifier au peuple.
Après avoir confessé le péché et loué le Seigneur, Daniel dit :
« Mon Dieu, prête l’oreille et écoute ! … Car ce n’est pas à cause de nos œuvres de justice que nous te présentons nos supplications, c’est à cause de tes grandes compassions. Seigneur, écoute ! Seigneur, pardonne ! Seigneur, sois attentif ! Agis et ne tarde pas, par amour pour toi, ô mon Dieu ! Car ton nom est invoqué sur ta ville et sur ton peuple. » (Dn. 9.18-19)
A mon avis cela est très rassurant. Nous avons un exemple pour notre intercession pour l’Eglise souffrante de Russie et de Chine. Nous avons un exemple pour demander à Dieu de nous aider à ouvrir toutes grandes les portes, les frontières et les barrières — pas parce que nous méritons que nos prières soient exaucées, mais à cause de la grande compassion de Dieu et parce que ces peuples sont appelés par Son nom.
Les Hébreux seraient-ils repartis pour Jérusalem si Daniel n’avait pas prié ? Ceci est une fausse question. Dans la politique de Dieu, ceux qui se souviennent de Ses caractéristiques, de Sa compassion et de Sa clémence, qui s’humilient, qui confessent leurs péchés et le péché de la nation, sont utilisés par Dieu pour apporter Son message. La question devrait plutôt être : Quels sont les héros de la foi qui vont participer au plan de Dieu par la prière ?
Les promesses de Dieu ne sont pas indépendantes des affaires humaines. Bien que Dieu ait fait ces promesses, elles nécessitent la collaboration des êtres humains pour s’accomplir. C’est là tout le processus qui en fait des héros de la foi. C’est ce qui les rend semblables à Christ — lorsqu’ils disent, à l’exemple de Jésus : « Je suis venu pour faire Ta volonté, ô mon Dieu. »
Dieu agit à travers les hommes. Dieu a travaillé puissamment à travers Daniel. Nous voyons Daniel combattre par la prière ; nous le voyons combattre la paralysie qui s’était abattue sur la nation, parce que l’ennemi et sa propagande acharnée l’avait usée et épuisée.
Enfin, peu de temps après la prière, le jour merveilleux arriva et Daniel se tint aux portes de Babylone pour regarder le premier groupe d’Hébreux repartir vers Jérusalem, afin de reconstruire le temple et la ville, et même les murs éventuellement, de sorte que le peuple puisse vivre et adorer Dieu dans la paix et la sécurité.
Comment analysons-nous cette société qui nous entoure et qui essaie de nous séduire par un mode de vie permissif, par tout le « savoir » d’une éducation laïque, et par des situations de favoritisme ? Cependant, tous ceux d’entre nous qui sont enfants du Très-Haut sont des étrangers dans un pays étranger, quel que soit l’endroit où ils vivent. Même dans notre propre pays, où nous jouissons d’une grande liberté religieuse, nous affrontons aussi des forces hostiles qui veulent détruire notre influence chrétienne sur la vie politique, sociale, éducative et même sur la vie de famille.
Comme Daniel et ses amis, résisterons-nous, que nous soyons honorés ou persécutés à cause de notre activité, comme des héros de la foi ? Serons-nous inébranlables, même si l’adversaire essaie de nous épuiser par son incessante propagande impie ? Confesserons-nous fidèlement nos péchés et les péchés de notre nation, et prierons-nous pour que la volonté de Dieu soit faite dans le pays ?
Dieu attend de chacun de nous qu’il soit un Daniel de sa propre époque.