DEUXIÈME PARTIE
LA BIBLIOLOGIE

Ayant maintenant montré que Dieu s'est révélé lui-même et ayant prouvé son existence par de nombreuses preuves, nous désirons maintenant savoir comment nous pouvons en apprendre davantage à son sujet. Autrement dit, nous nous enquerrons des sources de la théologie, d'une information précise et infaillible au sujet de Dieu et de ses relations avec l'univers. Il y a quatre directions dans lesquelles les hommes cherchent de telles sources :

  1. la raison,
  2. l'introspection mystique,
  3. l'Église
  4. et les Écritures.

Nous avons déjà montré les limites de la raison et de l'introspection mystique ainsi que la place qui leur reviennent. Il reste à savoir si Dieu a donné une telle autorité à l'Église ou si les Écritures sont la seule vraie source d'autorité.

Le catholicisme romain a pendant longtemps prétendu que Dieu avait fait de l'Église l'enseignant autorisé et infaillible. Elle prétend que Dieu lui a communiqué toutes ses révélations, écrites ou non, et que l'Église a la présence et la direction constantes du Saint-Esprit pour la préserver de toute erreur dans ses enseignements. Cette infaillibilité s'étend aux questions de foi et de morale, et à tout ce que l'Église déclare faire partie de la révélation de Dieu. Selon ce point de vue, l'Église catholique romaine est la seule véritable Église. Quand les évêques se rencontrent, ils sont infaillibles en tant que groupe ; et lorsque le pape, l'évêque de Rome, parle ex cathedra, il est l'organe du Saint-Esprit et il émet le jugement infaillible de l'Église.

Mais Dieu n'a confié d'autorité semblable à aucune organisation visible. Pour prendre une décision sur un point contesté de doctrine, il est utile de consulter l'opinion du véritable peuple de Dieu, car l'Église est "la colonne et l'appui de la vérité" (1 Ti. 3.15), mais cela s'applique au corps invisible du Christ, non à une organisation externe. Dieu n'est pas présent en tant que tel dans l'organisation visible, mais dans le cœur de ses vrais disciples ; la promesse de la direction progressive dans la vérité faite dans Jn. 16.12ss. ne s'étend pas au-delà des hommes à qui elle a été faite, sauf pour leur permettre de comprendre les choses qui leur ont été données de la part de Dieu (1 Co. 2.12), c'est-à-dire ce qui nous est rapporté dans les Écritures. Chaque enfant de Dieu profite du ministère d'illumination du Saint-Esprit pour lui permettre de comprendre la Parole ; il ne s'agit pas d'un don qui a été fait à une organisation externe (1 Jn. 2.20, 27).

La Bible doit être reçue comme l'autorité suprême. Tout au long de son histoire, la véritable Église a cru que la Bible est l'expression concrète d'une révélation divine et que les documents qui renferment cette révélation sont authentiques, dignes de foi, canoniques et surnaturellement inspirés. La bibliologie examine les Écritures pour voir si ces croyances à propos de la Bible sont vraies.

CHAPITRE V
—•—
Les Écritures : l'expression concrète d'une révélation divine

La possibilité de la théologie provient de la révélation de Dieu et des capacités de l'homme. La seconde de ces idées a suffisamment été traitée pour le moment, mais nous devons ici nous occuper plus en détail de la première. Le point de vue chrétien a toujours maintenu que la révélation de Dieu a été exprimée par écrit et que nous avons cette expression concrète dans les Écritures. Les Écritures sont donc la source suprême de la théologie chrétienne. Quelles sont les preuves de cette croyance ?

I. L'ARGUMENT A PRIORI

À proprement parler, il s'agit d'un argument tiré d'une chose antérieure à une autre qui lui est postérieure. En ce qui concerne la présente discussion, on peut l'énoncer ainsi : l'homme étant ce qu'il est et Dieu étant ce qu'il est, nous pouvons nous attendre à une révélation de la part de Dieu et aussi à une expression concrète des parties de cette révélation qui sont nécessaires pour fournir une source de vérité théologique digne de confiance et infaillible. Nous devons examiner de plus près les parties de cet argument.

L'homme est non seulement pécheur et sous la condamnation d'une mort éternelle, mais aussi porté à s'éloigner de Dieu, ignorant des desseins et des méthodes de salut de Dieu, et incapable de retourner à Dieu par ses propres forces. Il est, autrement dit, dans une situation des plus désespérées, dont il n'est que partiellement conscient, et il ne sait pas s'il peut en être sauvé, ni même comment il pourrait l'être. Les révélations générales et spéciales de Dieu qui ne sont pas écrites ne peuvent pas donner de vraies réponses à cette question. Il est donc très clair que l'homme a besoin d'un enseignement infaillible concernant son plus important problème dans la vie : son bonheur éternel.

En contrepartie de ce profond besoin de l'homme, nous avons les attributs et le caractère exceptionnels de Dieu qui rendent possible, sinon probable, la satisfaction de ce besoin. Le Dieu du chrétien est omniscient, saint, bon, aimable et omnipotent. Puisqu'il est omniscient, il connaît donc parfaitement les besoins de l'homme ; puisqu'il est saint, il ne peut fermer les yeux sur le péché et laisser l'homme entrer en communion avec lui dans sa condition déchue ; puisqu'il est bon et aimable, il peut être poussé à rechercher un plan de salut et à le mettre à exécution ; et puisqu'il est omnipotent, il peut non seulement se révéler lui-même, mais aussi faire connaître par écrit les révélations de lui-même qui sont nécessaires pour l'expérience du salut.

Nous admettons que cet argument ne nous amène pas au-delà de la simple possibilité ou tout au plus de la probabilité. Car, bien que Dieu soit amour et qu'il exerce cet attribut dans la divinité, nous ne pouvons pas être assuré qu il aime le pécheur sans une claire révélation à cet effet. Nous ne pouvons pas faire de son amour une attitude obligatoire à l'égard du pécheur, sinon l'amour n'est plus l'amour, la miséricorde n'est plus la miséricorde, et la grâce n'est plus la grâce. Il nous faut retenir la spontanéité dans chacun de ces éléments, puisque l'homme a perdu tout droit à l'amour, à la miséricorde et à la grâce. Malgré cela, l'argument a une certaine valeur en insufflant l'espoir que Dieu pourvoira aux plus profonds besoins de l'homme.

II. L'ARGUMENT TIRÉ DE L'ANALOGIE

C'est un argument tiré de la correspondance dans les rapports ou les relations entre les choses. Il renforce l'argument précédent dans la direction de la probabilité d'une expression concrète de la révélation divine. L'argument peut être énoncé en deux parties. D'abord, aussitôt que nous passons dans la région de notre monde où il y a un besoin de communication entre les individus possédant une intelligence quelconque, nous rencontrons une expression directe ou "révélation". Même les animaux révèlent par leur voix leurs différents sentiments. Et partout dans la société, il y a un parler quelconque. Il y a une communication directe de l'un à l'autre, une révélation constante et immédiate des pensées et des sentiments profonds, exprimée de manière à être clairement comprise. Par conséquent, on ne peut pas s'opposer de prime abord au fait d'une révélation directe, claire et véridique à partir de l'analogie de la nature. Bien que cet argument ne puisse pas prouver que la révélation de Dieu s'exprimera concrètement dans un livre, elle contribue cependant à ce point de vue.

Deuxièmement, il y a dans la nature des signes d'une bonté réparatrice et, dans la vie des individus et des nations, des preuves de patience dans les opérations providentielles de Dieu, ce qui donne une raison d'espérer. Il y a la cicatrisation des membres, la guérison des maladies et le retardement du jugement. Cela nous donne certaines raisons de penser que le Dieu de la nature est un Dieu de patience et de miséricorde (Ac. 14.15-17).

Cet argument nous amène un peu plus loin que l'argument a priori. Le premier présente simplement l'espoir que Dieu puisse venir à l'aide d'un être déchu ; le dernier, en montrant que Dieu a pourvu à la guérison de plusieurs maux dans le monde végétal et animal, et en montrant qu'il agit avec patience et bonté pour l'humanité en général, prouve qu'il vient effectivement à l'aide de ses créatures dans le besoin. Mais de nouveau, ce n'est que d'une façon très générale que nous pouvons tirer de cet argument l'assurance qu'il exprimera ses plans et ses promesses sous forme écrite.

III. L'ARGUMENT TIRÉ DE L'INDESTRUCTIBILITÉ DE LA BIBLE

Quand nous nous rappelons qu'il n'y a qu'un très petit pourcentage de livres qui survivent plus d'un quart de siècle, qu'un pourcentage encore plus petit durent plus d'un siècle et que seulement un nombre très infime existent encore après mille ans, nous nous rendons aussitôt compte que la Bible est un livre exceptionnel. Et quand, de plus, nous nous souvenons des circonstances au travers desquelles la Bible a survécu, cela devient vraiment surprenant. En outre, "la Bible a non seulement reçu plus de vénération et d'adoration que nul autre livre, mais elle a aussi été l'objet de plus d'oppositions et de persécutions que nul autre."1

1 — Bancroft, Christian Theology, p. 360.

Nous ne pouvons mentionner que quelques-uns des efforts qui ont été faits pour supprimer ou détruire la Bible, ou, lorsque cela n'a pas réussi, pour la priver de son autorité divine. Les empereurs romains ont vite compris que les chrétiens fondaient leurs croyances sur les Écritures. Ils ont donc cherché à les supprimer ou les détruire. En 303 apr. J.-C., Dioclétien a exigé, par édit royal, que toute copie de la Bible soit détruite par le feu. Il tua tant de chrétiens et détruisit tant de Bibles que lorsque les chrétiens gardèrent le silence pendant une certaine période et se tinrent cachés, il crut avoir effectivement mis fin aux Écritures. Il fit frapper une médaille avec l'inscription : "La religion chrétienne est détruite et l'adoration des dieux restaurée." Seulement quelques années plus tard, Constantin monta sur le trône et fit du christianisme la religion d'état.

Au cours du Moyen-Âge, les scolastiques mirent la confession de foi au-dessus de la Bible. Bien que la plupart d'entre eux cherchassent encore à soutenir la confession de foi par les Écritures, la tradition levier de devint de plus en plus importante. L'Église d'État s'appropria l'autorité d'interpréter les Écritures, et l'étude des Écritures par des laïcs fut restreinte et on se montra soupçonneux à cet égard. Elle finit par être absolument interdite.

Durant la Réforme, quand la Bible fut traduite dans la langue du peuple, l'Église établie imposa de sévères restrictions à sa lecture en invoquant comme raison que les laïcs étaient incapables de l'interpréter correctement. Le lecteur ne devait pas chercher à l'interpréter lui-même. Un grand nombre sacrifièrent leur vie pour la simple raison qu'ils étaient des disciples de Jésus-Christ et mettaient leur confiance dans les Écritures. On passa même des lois pour interdire la publication de la Bible.

A ce propos, il est intéressant de remarquer que Voltaire, l'incroyant français bien connu qui mourut en 1778, prédit qu'en moins de 100 ans le christianisme serait disparu.

Ni les édits impériaux ni les restrictions ecclésiastiques ne réussirent à faire disparaître la Bible. Plus on fit d'efforts dans ce sens, plus la Bible se répandit. La dernière tentative pour priver la Bible de son autorité fut de chercher à l'abaisser au niveau de tous les autres anciens livres religieux. Si l'on ne peut empêcher que la Bible soit en circulation, il faut alors montrer qu'elle ne possède aucune autorité surnaturelle. Mais la Bible continue d'exercer une puissance surnaturelle et elle est lue par des millions de croyants autour du monde et traduites en des centaines de langues, et même des milliers pour des portions de son contenu. L'indestructibilité de la Bible suggère fortement qu'elle est l'expression concrète d'une révélation divine.

IV. L'ARGUMENT TIRÉ DU CARACTÈRE DE LA BIBLE

Quand nous considérons le caractère de la Bible, nous sommes forcés d'en tirer la conclusion suivante : elle est l'expression concrète d'une révélation divine. Considérons d'abord son contenu. Ce livre reconnaît la personnalité, l'unité et la trinité de Dieu ; il glorifie sa sainteté et son amour ; il explique que la créature est une création directe de la part de Dieu, faite à son image ; il présente la chute de l'homme comme une révolte délibérée contre la volonté révélée de Dieu ; il décrit le péché comme inexcusable et sous le jugement d'une condamnation éternelle ; il enseigne la domination souveraine de Dieu sur l'univers ; il fait connaître avec beaucoup de détails comment Dieu a pourvu au salut de l'homme et les conditions à remplir pour en jouir ; il trace les desseins de Dieu pour Israël et pour l'Église ; il prédit les développements du monde sur le plan social, économique, politique et religieux ; il décrit le point culminant de toutes choses dans la seconde venue de Jésus-Christ, les résurrections, les jugements, le millénium et l'état éternel. Ce livre vient sûrement de la main d'un Dieu infini.

Considérons, en deuxième lieu, l'unité de la Bible. Bien qu'elle ait été écrite par une quarantaine d'auteurs différents sur une période d'environ 1600 ans, la Bible est un seul livre. Elle n'a qu'un seul système doctrinal, une seule norme morale, un seul plan de salut, un seul programme pour l'histoire. Ses différents récits des mêmes incidents ou enseignements ne sont pas contradictoires, mais complémentaires. Par exemple, l'inscription dans le haut de la croix était sans aucun doute la suivante : "Celui-ci est Jésus de Nazareth, le roi des Juifs." Matthieu dit : "Celui-ci est Jésus, le roi des Juifs" (Mat. 27.37) ; Marc, "Le roi des Juifs" (Mc. 15.26) ; Luc, "Celui-ci est le roi des Juifs" (Luc. 23.38) ; et Jean, "Jésus de Nazareth, roi des Juifs" (Jn 19.19). La loi et la grâce s'harmonisent quand on comprend la nature exacte et le but de chacune. L'exposé des actions mauvaises des hommes et des nations ne peut faire aucun mal et il peut même être utile si l'on remarque qu'il est présenté pour les condamner. La doctrine du Saint-Esprit trouve son harmonisation dans le caractère progressif de la révélation de cette vérité. Par contraste avec les écrits musulmans, zoroastriens et bouddhistes, qui sont pour la plupart des collections de matériaux hétérogènes sans commencement, sans milieu et sans fin, la Bible constitue un tout admirablement unifié. Étant donné le contenu et l'unité de la Bible, nous sommes obligés de conclure qu'elle est l'expression concrète d'une révélation divine. Quels hommes auraient pu être à l'origine d'une telle conception du monde et de la vie ? Quels auteurs auraient pu l'exprimer sous une forme aussi harmonieuse et conséquente ? Pache déclare : "Seul l'Éternel, pour lequel le temps ne compte pas, peut embrasser d'un seul coup d'œil toute la destinée de l'univers. D'éternité en éternité Il est Dieu (Ps. 90.2). Il envisage à la fois l'éternité qui est derrière nous et celle qui est devant nous, si l'on peut s'exprimer ainsi. Lui seul, inspirateur de toute l'Ecriture, peut lui donner une telle unité de vision.2

2 — Pache, L'inspiration et l'autorité des Écritures, p. 104.

V. L'ARGUMENT TIRÉ DE L'INFLUENCE DE LA BIBLE

Le Coran, le Livre de Mormon, Science et Santé, le Zend-avesta et les classiques de Confucius ont tous exercé une influence énorme sur le monde. Mais il y a une grande différence dans le genre d'influence exercée comparativement à celle de la Bible. Les premiers ont conduit à une piètre conception de Dieu et du péché, ou n'en ont même pas tenu compte. Ils ont produit une indifférence stoïque à l'égard de la vie et ont simplement abouti à une conception de la morale et de la conduite. La Bible, au contraire, a produit les meilleurs résultats dans toutes les conditions sociales. Elle a conduit aux types les plus élevés de créations dans les domaines de l'art, de l'architecture, de la littérature et de la musique. Les lois fondamentales des nations en ont été influencées ; elle a donné lieu à de grandes réformes sociales. Quel est, sur toute la terre, le livre qui puisse se comparer, même de loin, à la Bible quant à son influence bénéfique sur l'humanité ? C'est sûrement la preuve qu'elle est la révélation de Dieu à une humanité dans le besoin. En plus de cela, il y a aussi son effet régénérateur sur des millions de vies individuelles.

VI. L'ARGUMENT TIRÉ DE L'ACCOMPLISSEMENT DE LA PROPHÉTIE

Le point traité ici semble s'associer davantage au point précédent (argument tiré du caractère de la Bible), mais nous le traitons ici séparément à cause de son aspect exceptionnel. Nous avons établi au Chapitre II le fait de la prophétie ; nous y revenons ici pour démontrer que la Bible est l'expression concrète d'une révélation divine. Seul Dieu peut révéler l'avenir, et la prophétie, quand elle fait des prédictions, est un miracle de connaissance. L'accomplissement des prophéties indique que les auteurs de ces prophéties possédaient d'une certaine manière une intelligence surnaturelle. Pierre parla de cela quand il déclara à propos des prophètes de l'Ancien Testament : "C'est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu" (2 Pi. 1.21). Si nous pouvons démontrer que des prophéties de l'Ancien Testament ont été accomplies en tout point, nous pourrons alors prouver la révélation divine. Considérons certaines prophéties.

Les prophéties concernant la dispersion d'Israël se sont réalisées dans leurs moindres détails (Deu. 28.15-68 ; Jér. 15.4 ; 16.13 ; Os. 3.4). Dans l'accomplissement, Samarie devait être renversée mais Juda préservé (1 Ro. 14.15 ; És. 7.6-8 ; Os. 1.6ss.) ; Juda et Jérusalem, bien que délivrés des Assyriens, devaient tomber aux mains des Babyloniens (És. 39.6 ; Jér. 25.9-12) ; la destruction de Samarie devait être finale (Mi. 1.6-9) tandis que celle de Jérusalem serait suivie d'une restauration (Jér. 29.10-14) ; le nom même de celui qui devait restaurer Juda avait été prédit (És. 44.28 ; 45.1) ; les Mèdes et les Perses devaient s'emparer de Babylone (Es. 21.2 ; Da. 5.28) ; la ville de Jérusalem et le temple devaient être reconstruits (Es. 44.28).

Les prophéties concernant les nations païennes furent également accomplies. Les prophéties concernant Babylone, Tyr, l'Égypte, Ammon, Moab, Edom et la Philistie furent accomplies (És. 13-23 ; Jér. 46-51). Plus particulièrement, les prophéties concernant les quatre grands empires mondiaux dans Da. 2 et Da. 7 se sont aussi accomplies. Certaines parties à propos du quatrième de ces empires concernent manifestement l'avenir et nous conduisent au retour de Jésus-Christ, mais le reste a été accompli. La prophétie de la lutte détaillée entre la Syrie et l'Égypte, à la suite du démembrement de l'empire d'Alexandre le Grand, s'est également accomplie. Les correspondances entre les prédictions de Da. 11 et les faits de l'histoire sont si exactes que les anti-surnaturalistes sont dogmatiques dans leur assertion qu'il s'agit là d'histoire et non de prédiction. Sur la base de cette hypothèse, ils font dater le livre de Daniel de 168 à 65 av. J.-C. Mais ceux qui croient à la révélation surnaturelle de Dieu continuent de soutenir que nous avons dans ce chapitre une des preuves les plus solides que nous avons dans la Bible l'expression concrète de la prescience divine et non le récit d'événements déjà passés constituant une fraude pieuse.

Il y a dans la Bible de nombreuses autres prédictions que nous pourrions mentionner pour prouver la même chose. Certaines parlent de l'accroissement de la connaissance et l'augmentation des voyages dans les derniers jours (Da. 12.4), de la continuation des guerres et des rumeurs de guerres (Mt. 24.6ss.), de l'intensification de la méchanceté (2 Ti. 3.1-13), de la préservation d'un reste d'Israël (Ro. 11.15, 25-32) et du mouvement des ossements desséchés et de leur retour à la vie nationale et spirituelle (Éz. 37.1-28). Quel homme aurait pu prédire une seule de ces choses ? Cela prouve à nouveau que nous avons dans la Bible l'expression concrète d'une révélation divine.

VII. LES DÉCLARATIONS MÊMES DES ÉCRITURES

La Bible affirme être non seulement une révélation de Dieu, mais un enregistrement infaillible de cette révélation. L'infaillibilité des Écritures sera considérée plus loin. Ce qui nous intéresse ici, ce sont ses propres déclarations soulignant qu'elle est la révélation de Dieu. Mais nous rencontrons d'emblée l'objection que c'est présumer la question résolue que d'en appeler au témoignage des Écritures pour prouver qu'elles sont une révélation divine. Ne devrait-on pas douter de ce témoignage ? Mais si nous pouvons prouver l'authenticité des livres de la Bible et la véracité de ce qu'elle rapporte sur d'autres sujets, nous serons alors justifiés d'accepter également leur témoignage en leur propre faveur. Si nous avons vérifié les lettres de créance d'un ambassadeur et sommes satisfaits de sa véracité par rapport à son mandat, nous pouvons alors accepter également ses déclarations personnelles en ce qui concerne la nature de ses pouvoirs et la source de ses informations.

Dans le Pentateuque, nous avons souvent des déclarations comme celle-ci : "L'Éternel parla à Moïse, et dit" (Ex. 14.1 ; Lév. 4.1 ; No. 4.1 ; Deu. 32.48). Dieu lui commanda d'écrire dans un livre ce qu'il lui disait (Ex. 17.14 ; 34.27) et c'est ce qu'il fit (Ex. 24.4 ; 34.28 ; No. 33.2 ; Deu. 31.9, 22, 24). De même, les prophètes disent : "Car l'Éternel parle" (Es. 1.2) ; "Alors l'Éternel dit à Ésaïe" (Es. 7.3) ; "Ainsi parle maintenant l'Éternel" (És. 43.1) ; "La parole fut adressée à Jérémie de la part de l'Éternel en ces mots" (Jér. 11.1) ; "La Parole de l'Éternel fut adressée à Ézéchiel" (Éz. 1.3) ; "La Parole de l'Éternel fut adressée à à Osée" (Os. 1.1) ; "La parole de l'Éternel fut adressée à Joël" Joë. 1.1). On dit que des déclarations semblables reviennent plus de 3800 fois dans l'Ancien Testament. L'Ancien Testament affirme donc être une révélation de Dieu.

Les auteurs du Nouveau Testament affirment de même qu'ils annoncent le message de Dieu. Paul affirme que ce qu'il a écrit sont les commandements de Dieu (1 Co. 14.37) ; que ce qu'il a prêché, les hommes doivent le recevoir comme la parole même de Dieu (1 Th. 2.13) ; que le salut des hommes dépend de la foi aux doctrines qu'il a enseignées (Ga. 1.8). Jean enseigne que son témoignage est le témoignage de Dieu (1 Jn. 5.10). Pierre voulait que ses lecteurs se souviennent "des choses annoncées d'avance par les saints prophètes, et du commandement du Seigneur et Sauveur, enseigné par vos apôtres" (2 Pi. 3.2). Et l'auteur de l'Épître aux Hébreux prédit une condamnation plus sévère pour ceux qui rejettent le message qui leur a été confirmé par ceux qui ont entendu Jésus-Christ que celle qui a frappé les violateurs de la loi de Moïse (Hé. 2.1-4).

La force de la preuve est cumulative. Si nous soupesons séparément les arguments présentés dans ce chapitre, nous trouverons peut-être qu'aucun d'entre eux n'est concluant ; mais si nous laissons chacun contribuer par son minimum de vérité, nous serons alors forcés de conclure que la Bible est l'expression concrète d'une révélation divine. Acceptant cette idée comme démontrée, nous avons les éléments de base pour l'étude des autres sujets de la bibliologie.

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