EN 1955, JE FUS INVITÉ À UN FESTIVAL de jeunes à Varsovie, en Pologne. Trente mille étrangers avaient envahi le pays pour constater de visu comment les communistes avaient reconstruit Varsovie après sa destruction par les Nazis durant la Seconde Guerre mondiale. J’y suis allé pour contacter les chrétiens polonais.
Presque tous ceux à qui j’avais parlé étaient très impressionnés par le « paradis des travailleurs » au fur et à mesure qu’ils visitaient des écoles, des usines, et d’imposants immeubles résidentiels, au cours de visites guidées. Hans, un communiste d’Amsterdam, me dit un jour combien il était enthousiasmé par tout ce qu’il avait vu et entendu. Il ne pouvait comprendre pourquoi je ne partageais pas son enthousiasme.
« Pourquoi n’abandonnez-vous pas demain la visite guidée, et ne faites-vous pas une petite promenade par vous-même ? » lui ai-je demandé. Et je lui ai suggéré d’emprunter une route, que j’avais découverte quelques blocs d’immeubles plus loin, et qui conduisait à l’arrière de la façade pour aboutir à des décombres et à des sous-sols d’immeubles détruits par les bombes, où des milliers de gens vivaient encore. « Parlez à quelques personnes, lui ai-je conseillé, et voyez ce qu’elles pensent du progrès. »
Il eut le mérite d’y aller et de questionner les gens. Ce soir-là lorsque je revis Hans, il était pâle et effrayé. « André, me dit-il, je m’en vais ce soir même par le train de minuit. Je suis paniqué par ce que j’ai vu et entendu aujourd’hui. » C’est bénéfique d’être fouineur et de poser les bonnes questions, car cela permet de dénoncer, ou même de changer, certaines conditions de vie scandaleuses qui sont inhérentes à tous les pays. S’il vous arrivait, par exemple, de vous rendre dans certains quartiers de Paris ou de sa banlieue, après avoir atterri à l’Aéroport Charles de Gaulle, vous pourriez être confronté à des situations qui vous feraient soit fuir soit vous engager dans un ministère, pour combler ce besoin, comme l’a fait David Wilkerson en créant « Teen Challenge ». La situation est la même à Calcutta, Londres ou Amsterdam.
D’avoir à affronter la réalité peut en faire fuir plus d’un. En effet, aspirer à changer le monde lorsque nous avons vu sa triste réalité, peut paraître utopique à n’importe qui, et c’est évident si nous devions le faire par nos propres forces. Celui qui pense le contraire serait atteint de la folie des grandeurs. Toutefois, Dieu utilise des personnes ordinaires qui sont bien décidées à poser des questions ardues sur ce qui se passe réellement.
Il y a quelqu’un dans les Ecritures, qui illustre très nettement ceci : Néhémie. À mon avis, la Bible est un livre qui concerne des personnes ordinaires qui sont devenues extraordinaires, parce qu’elles ont posé les vraies questions, et ont ensuite permis à Dieu d’agir dans leur vie. Cette transformation, de l’ordinaire à l’extraordinaire, se produit au moment où nous répondons à l’appel de Dieu. Et cet appel de Dieu vous est adressé personnellement.
Jetons un regard sur la vie d’un homme très ordinaire, Néhémie. Le Livre de Néhémie est l’histoire d’une nation en exil. Son message est d’actualité, parce que dans le monde actuel il y a plus de réfugiés qu’il n’y en eut jamais. D’après les statistiques communiquées par le Comité américain auxRéfugiés, les chiffres ont augmenté de plus de 1 250 000 en 1986. L’année se termina avec 11 698 000 réfugiés pour le monde entier — dont 4,7 millions venant d’Afghanistan, 3,1 millions d’Afrique, 2,1 millions de Palestine, 1 million d’Asie du Sud-Est, et plus de 250 000 venant d’Amérique Centrale — en ne tenant compte que des régions les plus troublées du monde. (Statistiques des Réfugiés Mondiaux, révision 1986, avril 1987.)
Les Etats-Unis ont été effectivement fondés par l’arrivée massive de réfugiés et d’immigrants. Un grand nombre d’entre eux y furent contraints par la persécution, le manque de liberté, ou le dénuement total. Cette situation est encore plus grave à présent qu’elle ne l’a jamais été dans le passé.
Israël était en exil il y a vingt-six siècles. Point n’est besoin de chercher bien loin pour en connaître les raisons. A chaque fois que les choses tournaient mal pour Israël, c’était à cause du péché. Le pouvoir de Dieu et Son amour sont suffisamment puissants pour protéger le peuple qui marche selon Sa volonté et Ses préceptes, mais le Livre de Néhémie débute en relatant combien le peuple de Dieu s’était éloigné de la voie qu’il aurait dû suivre et de la place qui lui était destinée :
« Paroles de Néhémie, fils de Hakalia.
Au mois de Kislev, la vingtième année, comme j’étais à Suse, la capitale, Hanani, l’un de mes frères, et quelques hommes arrivèrent de Juda, je les questionnai au sujet de Juda, je les questionnai au sujet des Juifs rescapés qui étaient restés de la captivité, et au sujet de Jérusalem. Ils me répondirent : Ceux qui sont restés de la captivité sont là dans la province, au comble du malheur et du déshonneur ; la muraille de Jérusalem a des brèches, et ses portes sont brûlées par le feu. » (Né. 1.1-3)
Dès les premières pages de la Bible, nous voyons queDieu et Satan sont engagés dans une ultime guerre sainte, dont l’enjeu concerne les âmes des hommes et des femmes. Satan semble avoir gagné la première partie en séduisant la race humaine par le péché, mais Dieu a mis en route une contre-attaque — un plan pour la rédemption de tous les hommes et de toutes les femmes.
Le démon a évidemment riposté. Dieu avait déjà pourvu au problème du péché. Mais Satan essaya de détruire le plan de Dieu, bien que la Bible dise que l’Agneau, Jésus-Christ a été « immolé dès la fondation du monde&nbs;» (Apo. 13.8). Il fallait seulement que vienne le temps de l’accomplissement du plan de Dieu et que les humains — héros de la foi — coopèrent à ses objectifs.
Chacune des manœuvres de Satan rapportées dans l’Ancien Testament avait pour but de ruiner ce plan. Ses tentatives pour empêcher Jésus de naître à Bethléem furent particulièrement virulentes. Satan ayant échoué dans toutes ses tentatives pour empêcher la naissance de Christ et pour faire obstruction à Son ministère, en particulier à Son sacrifice rédempteur sur la croix, concentre aujourd’hui tous ses efforts à discréditer le Corps de Christ et à entraver la propagation de l’Evangile. Lorsque vous étudiez la Parole, si vous gardez en mémoire les objectifs sous-jacents de Satan et que vous observez les événements mondiaux, vous acquerrez un discernement précieux, et une compréhension des événements passés et actuels. Cela vous donnera une vision nouvelle ; vous verrez comment Dieu a appelé des hommes et des femmes en leur demandant de payer parfois très cher de leur personne afin de déjouer les plans de Satan.
Si nous observons Néhémie dans le contexte de ce combat cosmique, nous l’estimerons sous un angle nouveau, en tant que héros de la foi. Il jouissait d’une vie confortable. Néhémie vivait à Suse, la capitale de la Perse, l’Iran actuel. Il n’avait aucun problème majeur, autant que nous le sachions. Il est vrai qu’il était encore en exil lui-même, mais les conditions de vie étaient agréables — nettement meilleures qu’elles n’auraient été à Juda, s’il était rentré au pays. Il avait une bonne situation comme échanson du roi (cf. Né. 2.1). C’était un travail formidable — dans un cadre grandiose, avec des avantages fantastiques, et un prestige immense. Que pouvait-il désirer de plus ?
Puis un jour Néhémie rencontra quelqu’un qui arrivait tout juste de Juda, et il lui posa deux questions : «&nbs;Comment vont les rescapés de l’exil ? » et : « Qu’est devenue Jérusalem, notre ville bien-aimée ? » A cause de ces deux questions, Néhémie ne fut plus jamais le même.
Je vous assure que si vous posez les vraies questions, comme l’a fait Jérémie, vous ne serez plus jamais le même. Il y a quelques années, le responsable de notre ministère Portes Ouvertes en Asie posa à des croyants chinois la bonne question. Il en est résulté que des millions de Bibles ont été envoyés en Chine — un million lors d’un seul débarquement de nuit sur une plage. Il n’a pas demandé : « Quelles sont les conditions de vie ? Avez-vous besoin de nourriture ? Avez- vous besoin de médicaments ou d’argent ? » Il n’a pas demandé où en était l’organisation missionnaire d’avant-guerre ni même si les gens avaient besoin de Bibles. Ce qu’il a demandé, c’était : « Comment va le Corps de Christ ? »
Cette question a donné une telle confiance dans notre ministère à ces croyants de Chine, qu’ils ont pris le risque d’accepter notre aide. Parce qu’ils se sont fait connaître comme des croyants individuels, toute la Chine s’est ouverte à notre ministère. Tout ceci arriva parce que notre directeur a posé la bonne question.
« Comment vont les Juifs qui ont survécu à la captivité ? » a demandé Néhémie. Il se renseignait sur l’Eglise souffrante.
Il y a trente ans, Dieu m’a dit de « fortifier ce qui reste ». A qui faisait-Il référence ? Les rescapés de la captivité, les rescapés de la persécution, les rescapés de l’Holocauste, ceux qui avaient échappé à tous les massacres, ceux qui restaient après tout ce qui s’était passé lorsque le démon avait essayé d’annihiler l’Eglise de Jésus-Christ.
Récemment, lorsqu’une famine terrible ravageait l’Ethiopie, avons-nous posé la bonne question ? Dans une province en Ethiopie, le gouvernement a fermé 748 églises en un laps de temps de deux mois. Mais personne ne l’a mentionné. Vous ne l’avez pas lu dans les journaux, ni vu à la télévision. Nous avons été accablés par les images choquantes des enfants qui mouraient, et c’est normal que nous l’ayons été. Mais qui est- ce qui a demandé des nouvelles du peuple de Dieu ? Avons-nous posé des questions qui auraient produit une différence stratégique pour l’avenir de cette nation ? Avons-nous posé des questions qui nous auraient placés au-dessus du niveau de ceux qui se contentent de faire l’aumône aux gens ? Ne pensons-nous pas que si l’Ethiopie doit revenir à une situation saine, en tant que pays, l’Eglise aura à jouer un rôle vital ? Est-ce que la puissance économique et militaire des gouvernements occidentaux représente le seul moyen, que nous puissions concevoir, pour sauver un pays comme l’Ethiopie des griffes cruelles du marxisme, qui organise des famines massives afin d’assujettir des tribus ?
« Comment vont les rescapés de l’exil ? » et « Qu’est devenue Jérusalem, notre ville bien-aimée ? », Je pense que ce sont de bonnes questions posées par Néhémie. L’une d’elles concernait les gens et l’autre avait une orientation stratégique. Toutes deux se trouvaient au cœur du plan de Dieu pour Son peuple.
Dieu avait promis un Messie. Mais avant qu’Il puisse venir, il fallait qu’il y ait un peuple pour Le recevoir et un lieu pour Son ministère. Il fallait qu’il y ait une famille, une lignée, un héritage. Il fallait qu’il y ait un peuple qui connaisse Dieu afin que quelques-uns, au moins, l’accueillent comme le Messie. Un jour Il se rendrait au Temple — le même temple qui avait été détruit par Babylone. Un jour Il enseignerait les descendants de ceux qui avaient été dispersés par l’exil et réunis à nouveau. Un jour Il mourrait sur la croix et ressusciterait de la tombe prêtée par un homme riche. Il fallait un lieu.
Dieu a toujours fait appel à l’homme pour accomplir Son plan, quoi que le démon fasse pour l’en empêcher. Cela devrait nous réconforter même au milieu de grands conflits. Si Dieu a assez confiance en vous pour vous appeler à participer à Son plan, alors vous êtes qualifié comme héros de la foi. L’unique condition consiste en votre décision de faire la volonté de Dieu.
On a dit très souvent que les pasteurs ne répondent qu’aux questions que personne ne pose. Mais je pense que c’est encore pire. Je pense que les gens ne posent plus de questions du tout, ou tout au moins s’ils en posent, c’est sans ouverture d’esprit pour recevoir les réponses et les mettre en application. Nous avons besoin de demander ce que nous pouvons faire, et nous devons être prêts à nous conformer à la réponse.
A titre d’exemple, pourquoi l’apôtre Paul a-t-il réussi si bien ? Il y a plusieurs raisons à cela, mais l’une d’elles fut sa propension à l’action. C’était un combattant. Avant sa conversion il se battait même contre Jésus. C’est pourquoi Jésus s’intéressa tout spécialement à lui. Il savait que lorsque Paul comprendrait qu’il avait résisté à Dieu, sa conversion le replacerait dans la bonne direction pour se battre pour l’Evangile. Paul utilisant une métaphore, se définissait comme un captif de Jésus-Christ. Comment serez-vous jamais un captif si vous n’êtes pas conscient d’avoir fait, dans le passé, partie de l’opposition ?
Lorsque Néhémie s’est enquit de la situation de Jérusalem, il lui fut répondu que les murs s’étaient écroulés et que les portes avaient été détruites par le feu. Que signifiait ce compte-rendu, sinon que les choses étaient dans un grand délabrement. Il décrivait un problème fondamental : il n’y avait aucune protection pour le peuple. Et si le peuple n’était pas protégé, il n’y avait aucun moyen pour lui de vivre la vie de Dieu. Le psalmiste a dit : « Quand les fondements sont renversés, le juste, que ferait-il ? » (Ps. 11.3). Ceci suppose que même le peuple de Dieu ne peut rien faire s’il n’y a pas de protection.
La protection ne vient pas nécessairement et fondamentalement d’un gouvernement, même dans un pays libre. Ce n’est pas une protection automatique qui vient uniquement parce qu’on est un enfant de Dieu. Il est important de noter que le temple avait déjà été reconstruit à cette époque. Mais malgré le temple, qui représentait le centre de la pratique religieuse, la vie était très ténue parce que la communauté — se tenir ensemble, en tant que peuple — n’était pas possible sans la protection d’un mur.
Nous avons des églises partout et des croyants qui les fréquentent souvent. Mais nous n’obtiendrons la protection qui entretient la vie dynamique de Dieu qu’en réparant le mur de la communauté chrétienne — la solidarité et l’unité qui devraient caractériser le Corps de Christ.
Néhémie était décidé d’être un membre vital du peuple de Dieu. Lorsqu’il apprit que son peuple était dans une grande détresse et dans l’opprobre, quelque chose se passa en lui. Il aurait pu se dire : « C’est trop loin de chez moi. Je n’irai probablement jamais là-bas de toute façon. J’ai été très prévoyant ; mon avenir est assuré ; ma pension est organisée, et je mène une bonne vie. Personne ne peut me faire de reproche. » Mais ce n’est pas ce qu’il fit. Il fit ce que tout héros de la foi doit faire et qu’il fait en réalité, lorsqu’il se rend compte de l’immensité du besoin. Voici ce qui arriva :
« Lorsque j’entendis ces paroles, je m’assis, je pleurai et, pendant plusieurs jours je pris le deuil. Je jeûnai, je priai devant le Dieu des cieux, et je dis : Ah ! Eternel, Dieu des cieux, Dieu grand et redoutable, toi qui gardes l’alliance et la bienveillance envers ceux qui t’aiment et qui gardent tes commandements ! Que ton oreille soit attentive, et que tes yeux soient ouverts pour exaucer la prière de ton serviteur. Je suis en prière devant toi en ce moment, jour et nuit, pour tes serviteurs les Israélites… » (Né. 1.4-6)
Si nous voulons réellement devenir des héros de la foi, si nous voulons être des hommes et des femmes de Dieu, nous ne pouvons réagir autrement que par une grande compassion lorsque nous apprenons que nos frères et nos sœurs en Christ, à travers le monde, sont dans une grande détresse.
Savez-vous qu’il existe une loi en Russie qui empêche les parents chrétiens de donner à leurs enfants une éducation chrétienne ? Ceci est un exemple qui montre comment le peuple de Dieu peut être dépouillé de sa protection. En Russie, en tant que père et mère, vous ne pouvez légalement instruire vos propres enfants à prier et à aimer Jésus et à croire à la Bible. Cela est défendu.
Une église que j’ai visitée en Union Soviétique m’a dit qu’elle avait perdu son pasteur parce qu’il avait fait une terrible erreur. Pendant un service de Noël, il s’est adressé à quelques-uns des plus jeunes dans l’église et a dit : « Mes enfants, savez-vous pourquoi Jésus est venu dans le monde ? » C’était tout son sermon de Noël. À cause de cette question il fut chassé de l’église et envoyé en exil dans un lieu isolé où il n’y avait ni église ni communauté.
Nous vivons dans un monde où 66 % de la population mondiale vit dans des zones de restriction, privé de la liberté que nous connaissons. Pourquoi ? Ont-ils péché ? Il existe une terrible, terrible théorie — et je hais cela de tout mon être — selon laquelle si vous souffrez, c’est certainement parce que vous avez péché. Elle proclame que si vous gardez les commandements de Dieu, que vous payez vos dîmes, que vous faites ceci ou cela, vous n’aurez aucun problème. Je hais cette théorie parce que c’est une insulte à l’église qui souffre, à ces frères et à ces sœurs qui sont en première ligne payant le prix dans cette bataille cosmique entre Dieu et Satan.
Dieu accomplit ses desseins en collaboration avec Ses enfants. Je suis convaincu que ceux qui sont aujourd’hui dans les camps de concentration, à cause de leur foi, sont là parce qu’ils paient le prix pour ma liberté, pour votre liberté. Quelle insulte pleine d’ingratitude que de suggérer qu’ils paient pour leurs propres mauvaises actions !
Il y a une Eglise souffrante aujourd’hui. La plus grande partie de l’Eglise souffre actuellement plus qu’elle n’a jamais souffert dans le passé, et que faisons-nous ? Notre ministère Portes Ouvertes garde la trace des prisonniers chrétiens en Union Soviétique. Nous avons les noms et les photos de centaines de dirigeants chrétiens qui sont en prison en Russie actuellement. Quelques-uns ont une très grande famille de dix ou quinze enfants. J’éprouve ce qu’a éprouvé Néhémie lorsque j’ai de leurs nouvelles. Je m’assieds et je pleure, mais je dois faire davantage.
La seconde réaction de Néhémie est une prière touchante de confession, non pas pour ceux qui sont persécutés, comme si leur triste état était de leur faute, mais pour sa propre part et pour celle de sa famille, qui vivaient dans le confort et dans l’aisance.
« … Moi et ma famille, nous avons péché. Nous avons vraiment mal agi envers toi et nous n’avons pas observé les commandements, les prescriptions et les ordonnances que tu as donnés à Moïse, ton serviteur. » (Né. 1.6-7)
C’est parce que nous n’avons pas gardé les commandements de Dieu qu’il y a tant de besoins dans le monde. Je suis convaincu que nos péchés d’omission sont plus graves que nos péchés en tant que témoins. Nous pouvons nous comporter avec politesse, moralité et même religieusement, et malgré tout ne rien faire de valable pour Jésus.
Beaucoup parmi nous ne se sont même jamais donnés la peine de faire la volonté de Dieu. Mais cela peut changer si nous posons la bonne question : « Comment vont mes frères ? » Cette question a fait de Néhémie un instrument de Dieu, et elle peut faire de même pour vous.
C’est par cette préparation — ayant posé les bonnes questions, ayant pris la mesure de l’énormité des besoins, et ayant fait la confession des péchés passés — que Néhémie fut prêt à l’action. Dieu a donc béni puissamment ses actions. Il reçut la totale coopération et l’assistance du roi, ainsi que la bénédiction de Dieu lorsqu’il revint à Jérusalem. La mission fut bénie, bien qu’elle n’ait pas été facile.
Pendant la reconstruction des murs, Néhémie fut accablé de paroles sarcastiques, de complots pour faire cesser le travail, d’attaques par les ennemis, de fausses rumeurs qui se répandaient au sujet de ses motivations, et de menaces contre sa propre vie. Cependant au milieu de tous ces obstacles, Néhémie ne perdit pas la vision du travail à accomplir.
Un de mes amis a posé plusieurs questions au sujet de la Sibérie. Il savait que le Seigneur l’appelait à devenir missionnaire dans ce coin glacé du monde, mais comment cela pouvait-il se faire ?
« L’unique moyen par lequel vous pouvez devenir un missionnaire en Sibérie, lui dit un chrétien russe, c’est de vous faire arrêter en Russie, et vous serez alors envoyé là-bas. »
Quelle réponse à sa question ! Quelle fut sa réaction ? Il fit précisément cela et passa vingt-quatre années dans un camp de prisonniers en Sibérie, dans des conditions épouvantables. Il y avait énormément de violence, de meurtres et des travaux forcés sous des températures au-dessous de zéro. Mais chaque jour, durant toute cette période, il fut un missionnaire de Jésus, partageant sa foi avec les autres dans les camps. Beaucoup parvinrent à connaître Christ à travers son ministère désintéressé.
Lorsqu’il fut enfin relaxé (il fut échangé contre deux espions russes qui avaient été pris à New York), je l’ai rencontré. « André, me dit-il, je n’ai jamais été malade durant ces vingt-quatre années, pas même un jour. Dieu garda Sa main sur moi durant tout ce temps. »
Dieu garde Sa main sur tous ceux qui, après avoir posé la bonne question, consentent à payer le prix. Posez-vous les bonnes questions ? Etes-vous résolu à payer le prix ?