CHAPITRE VII
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L'inspiration des Écritures

Nous avons été encouragés dans notre quête de certitude par la preuve que nous avons dans la Bible, l'expression concrète d'une révélation divine. Il a été montré que les documents qui nous donnent cette révélation sont authentiques, dignes de foi et les seuls qualifiés pour transmettre cette révélation. Mais si nous devions nous arrêter ici, nous n'aurions encore qu'un ancien ouvrage traitant de questions religieuses. Peut-on affirmer plus que cela à propos des Écritures ? Sont-elles également inspirées verbalement et infaillibles dans tout ce qu'elles disent ? Nous le croyons et nous abordons maintenant l'étude de la question de l'inspiration.

I. LA DÉFINITION DE L'INSPIRATION

Pour donner une définition précise et adéquate de l'inspiration, il nous faut considérer plusieurs concepts théologiques connexes et réfuter les fausses théories.

A. LES TERMES CONNEXES

Les termes connexes sont révélation, inspiration, autorité, inerrance et illumination.

1. Révélation. Nous avons mentionné que Dieu s'était révélé lui-même dans la nature, l'histoire et la conscience. Il s'est également révélé dans son Fils et dans sa Parole. Nous nous intéressons maintenant, surtout à la révélation directe en tant que distincte de l'indirecte, et à la révélation immédiate en tant que distincte de la médiate. La révélation concerne la communication de la vérité que l'on ne pourrait pas découvrir autrement ; l'inspiration concerne l'enregistrement de la vérité révélée. Nous pouvons avoir une révélation sans inspiration, comme cela a été le cas avec un grand nombre des enfants de Dieu dans le passé. Cela est clair du fait que Jean entendit les voix des sept tonnerres mais qu'il ne lui fut pas permis d'écrire ce qu'elles avaient dit (Ap. 10.3ss.) Nous pouvons aussi avoir une inspiration sans une révélation directe, comme lorsque les auteurs ont mis par écrit ce qu'ils avaient vu de leurs propres yeux ou découvert par leurs recherches (Lu. 1.1-4 ; 1 Jn. 1.1-4). Luc, en tant qu'historien, a cherché des documents écrits et a vérifié des traditions orales pour écrire son Évangile, et il a été un témoin oculaire d'une grande partie des Actes ; Jean, d'un autre côté, reçut la plus grande partie de l'Apocalypse par une révélation directe de la part de Dieu. Les deux hommes furent inspirés dans la rédaction de leurs matériaux, mais ils avaient reçu ces matériaux de manière différente. Bien entendu, dans le sens le plus large, nous considérons la totalité des Écritures comme étant la révélation que Dieu a donnée de lui-même ; une partie de la révélation est venue directement, et une autre indirectement, par l'entremise des interventions salvatrices de Dieu dans l'histoire de l'homme.

2. Inspiration. L'inspiration concerne l'enregistrement de la vérité. L'Esprit de Dieu poussa des hommes à écrire les 66 livres de la Bible (Ac. 1.16 ; Hé. 10.15-17 ; 2 Pi. 1.21). Les Écritures ont été inspirées de façon plénière et verbale ; elles sont animées du souffle divin (2 Ti. 3.16). Un peu plus loin dans ce chapitre, nous donnerons une définition plus complète de l'inspiration.

3. Autorité. La Bible porte avec elle l'autorité divine de Dieu. Elle oblige l'homme : son intelligence, sa conscience et son cœur. Les hommes, les confessions de foi et les Églises sont tous sujets à l'autorité des Écritures. Dieu a parlé ; nous devons donc nous soumettre. "Ainsi parle l'Éternel" est notre norme.

4. Inerrance. Non seulement les Écritures sont inspirées et font autorité, mais elles sont aussi inerrantes et infaillibles. Par ceci, nous voulons dire qu'elles sont sans erreur dans leurs manuscrits originaux. Elles sont inerrantes dans tout ce qu'elles affirment aussi bien dans les questions historiques et scientifiques que morales et doctrinales. L'inerrance s'étend à toutes les Écritures et ne se limite pas seulement à certains enseignements de celles-ci.

5. Illumination. Celui qui a inspiré les hommes lors de la rédaction des Écritures illumine l'intelligence de ceux qui les lisent. À cause du péché et de la compréhension voilée due au péché, personne ne peut comprendre parfaitement les Écritures (Ro. 1.21 ; Ep. 4.18). Mais l'Esprit peut éclairer l'esprit du croyant pour qu'il les comprenne. C'est ce que dit en essence 1 Co. 2.6-16 (voyez aussi Ép. 1.18) ; Jean en parle également dans 1 Jn. 2.10, 17.

B. LES THÉORIES INADÉQUATES DE L'INSPIRATION

Au cours des âges, on a suggéré diverses théories de l'inspiration qui renferment souvent quelque vérité mais qui demeurent des définitions inadéquates.

1. La théorie de l'inspiration naturelle ou de l'intuition. Cette théorie soutient que l'inspiration n'est qu'une perspicacité supérieure de la part de l'homme naturel. Ce n'est qu'un renforcement et une élévation des perceptions religieuses de l'auteur. Ce point de vue place certains des grands hymnes de l'Église sur le même pied que la Bible. Il confond en fait l'œuvre d'illumination de l'Esprit avec son œuvre particulière d'inspiration. L'illumination ne traite pas de la transmission de la vérité, mais de la compréhension de la vérité déjà révélée.

2. La théorie de l'inspiration dynamique ou partielle. Cette théorie soutient que Dieu a fourni la capacité nécessaire pour transmettre fidèlement la vérité que les auteurs des Écritures étaient chargés de communiquer. Cela les rendait infaillibles dans les questions de foi et de conduite, mais non dans les choses qui n'ont pas un caractère directement religieux. L'auteur pourrait ainsi avoir commis des erreurs en ce qui touche l'histoire et la science. Les problèmes que soulève ce point de vue sont évidents. Comment peut-on accepter une déclaration de la Bible et pas une autre ? Qui peut dire quelle section est juste et laquelle ne l'est pas ? Et en outre, qui peut nous dire comment faire la distinction entre ce qui est essentiel à la foi et à la cvonduite, et ce qui ne l'est pas. La Bible ne nous dit nulle part que l'inspiration ne concerne que ce qui a trait à la foi et à la conduite. Elle déclare plutôt que toute Écriture est inspirée de Dieu (2 Ti. 3.16).

3. La théorie selon laquelle les pensées, mais non les mots, sont inspirées. Selon cette théorie, Dieu a suggéré les pensées de la révélation mais a laissé à l'homme le soin de la mettre par écrit. Mais les Écritures indiquent que les mots eux-mêmes sont inspirés. Paul a dit qu'il parlait "non avec des discours qu'enseigne la sagesse humaine, mais avec ceux qu'enseigne l'Esprit" (1 Co. 2.13). Il déclara plus tard que toute Écriture est inspirée (2 Ti. 3.16), cela comprend les mots eux-mêmes. De plus, il est difficile de séparer les pensées des mots. Comme le dit Pache, "les idées ne peuvent être conçues et transmises que par des mots"1. Il est inconcevable de dissocier les unes des autres. Saucy conclut : "Il ne peut donc pas y avoir une inspiration des pensées qui, en même temps, n'englobe pas aussi les mots dans lesquels les pensées sont exprimées."2 Les mots doivent certainement être inspirés eux aussi et non seulement les pensées et les idées.

1 — Pache, L'inspiration et l'autorité des Écritures, p. 53.
2 — Saucy, The Bible : Breathed from God, p. 48.

4. La théorie selon laquelle la Bible contient la Parole de Dieu. Selon cette théorie, la Bible est un livre humain que Dieu peut faire devenir sa Parole au moment de la rencontre personnelle. Les auteurs des Écritures ont parlé de leurs rencontres avec Dieu dans les schèmes de pensée de leur époque. Ils ont incorporé dans leurs écrits divers mythes surnaturels et légendes miraculeuses pour communiquer des vérités spirituelles. La tâche de l'interprète, c'est alors d'enlever tous les enjolivements mythiques et de chercher à en arriver à la vérité spirituelle que Dieu veut nous communiquer. Il faut ainsi "démythiser" les Écritures. Elles deviennent pour nous la Parole de Dieu au moment existentiel où Dieu se fraie un passage jusqu'à nous et se révèle lui-même dans sa Parole. On peut dire plusieurs choses pour réfuter ce point de vue. Premièrement, il s'agit d'une approche très subjective des Écritures. Quelqu'un pourrait faire dire quelque chose à la Bible, et quelqu'un d'autre tout à fait autre chose. Cette position déprécie la valeur de l'approche objective de l'interprétation des Écritures. Elle rejette en fait toute vérité propositionnelle. Pache pose la question suivante : "Si vraiment une grande partie des pages de la Bible est inauthentique et mythique, que reste-t-il de sûr ?"3 Puisque l'homme, tout au long de l'histoire, a suffisamment prouvé sa faillibilité et le fait qu'on ne peut pas toujours lui faire confiance en ce qui concerne les théories de l'interprétation, ne devrions-nous pas plutôt accepter les Écritures comme la révélation de Dieu à l'homme, inspirée par l'Esprit de Dieu, entièrement digne de confiance et inerrante sur chaque point ?

3 — Pache, L'inspiration et l'autorité des Écritures, p. 59.

5. La théorie de la dictée. La théorie de la dictée soutient que les auteurs des Écritures n'étaient que de simples porte-plumes, des secrétaires, non des êtres dont les caractéristiques individuelles ont été préservées et, en quelque sorte, mises à contribution dans l'acte de transmission. Selon ce point de vue, le style est celui du Saint-Esprit. Certains ont même affirmé que la grammaire doit être partout parfaite puisque c'est celle du Saint-Esprit. Mais cette théorie laisse de côté les différences manifestes dans le style de Moïse, de David, de Pierre, de Jacques, de Jean et de Paul, par exemple. Certains ont essayé de surmonter cette difficulté en supposant que le Saint-Esprit a, dans chaque cas, adopté le style de l'auteur, mais il y a une meilleure façon de rendre compte de l'inspiration verbale et de la défendre. Nous devons reconnaître la double nature des Écritures : d'un côté, il s'agit d'un livre inspiré de Dieu, mais de l'autre, elles ont un caractère humain. Dieu s'est servi d'hommes vivants, non de simples outils sans vie. Il n'a pas mis de côté la personnalité humaine mais s'est plutôt servi de la personnalité même des auteurs humains dans la rédaction de sa révélation.

C. LA DOCTRINE BIBLIQUE DE L'INSPIRATION

Le Saint-Esprit a si bien guidé et supervisé les auteurs du texte sacré, en se servant de leurs personnalités particulières, que ces derniers ont écrit ce qu'il voulait qu'ils écrivent, sans écart ou erreur. Nous devons faire remarquer certaines choses :

  1. L'inspiration est inexplicable. Elle est l'opération du Saint-Esprit, mais nous ne savons pas exactement comment fonctionne cette puissance de l'Esprit.

  2. L'inspiration, dans son sens restreint, se limite aux auteurs des Écritures. Les autres livres ne sont pas inspirés dans le même sens.

  3. L'inspiration est par essence une supervision, c'est-à-dire que le Saint-Esprit a dirigé le choix des matériaux à utiliser et des mots à employer dans la rédaction.

  4. Le Saint-Esprit préserva les auteurs de toute erreur et de toute omission.

  5. L'inspiration s'étend, non seulement aux pensées et aux concepts, mais aussi aux mots. C'est pourquoi nous parlons de l'inspiration plénière et verbale des Écritures ; plénière parce qu'elle est entière et sans restriction, c'est-à-dire qu'elle inclut tous et chacun des passages (2 Ti. 3.16) ; verbale parce qu'elle inclut chaque mot (1 Co. 2.13).

  6. Et nous n'affirmons que l'inspiration des autographes des Écritures, non des versions, qu'elles soient anciennes ou modernes, ni d'aucun manuscrit hébreu ou grec qui existe, ni d'aucun texte critique connu. On sait que ces écrits sont fautifs sur certains points ou qu'ils ne sont certainement pas exempts de toute erreur. Bien que nous n'ayons aucun des autographes originaux, le nombre de mots encore douteux est très petit, et n'affecte aucune doctrine.

Il faudrait dire un mot au sujet de la distinction entre l'inspiration et l'autorité. Les deux sont habituellement identiques, si bien que ce qui est inspiré fait également autorité pour l'enseignement et la conduite ; mais il arrive qu'à l'occasion ce ne soit pas le cas. Par exemple, ce que Satan a dit à Ève a été écrit sous l'inspiration du Saint-Esprit, mais ce n'est certainement pas vrai (Ge. 3.4ss.). On pourrait dire la même chose du conseil de Pierre à Jésus (Mt. 16.22) et de la déclaration de Gamaliel devant le sanhédrin (Ac. 5.38ss.). Étant donné qu'aucun de ces passages ne représente la pensée de Dieu, ils ne font donc pas autorité bien qu'ils fassent partie de la Bible. On pourrait dire la même chose des textes sortis de leur contexte et auxquels on donne une signification toute différente de celle qu'ils ont dans leur contexte. Les mots sont encore inspirés, mais la nouvelle signification ne fait pas autorité. Nous devrions considérer toute déclaration comme inspirée et faisant autorité, à moins qu'il y ait un indice dans le contexte qui indique que ce n'est pas le cas dans cette circonstance particulière.

II. LES PREUVES DE L'INSPIRATION

Il y a deux choses fondamentales sur lesquelles nous pouvons fonder la théorie de l'inspiration verbale et plénière : la caractère de Dieu et le caractère et les affirmations de la Bible elle-même.

A. LE CARACTÈRE DE DIEU

L'existence de Dieu est évidente du fait qu'il s'est révélé lui-même, et cela a été établi par les diverses preuves de son existence. Dans l'étude de cette révélation et de ces preuves, nous avons déjà découvert quelques-unes de ses caractéristiques distinctives. Il nous reste encore à étudier différentes choses à propos de sa nature, mais nous avons déjà vu qu'il est un Dieu personnel, tout-puissant, saint et aimable.

Si Dieu est tout cela, nous nous attendrions qu'il prenne soin de ses créatures et qu'il vienne à leur aide. Qu'il prenne soin de l'homme et qu'il vienne à son aide est évident puisqu'il pourvoit à ses besoins matériels et temporels. Il a mis des réserves de minéraux et de pétrole dans la terre ; il a créé une atmosphère dans laquelle l'homme peut vivre ; il a donné de la fertilité au sol ; il envoie le soleil et la pluie, le froid et la neige ; et il a donné à l'homme une compréhension des façons dont ces choses peuvent combler ses besoins. Mais l'homme a aussi des besoins spirituels et éternels. Le péché lui cause un problème. Rien dans la nature ou dans sa conscience ne lui dit qu'elle est la vraie norme éthique de la vie ni ne lui indique comment devenir juste devant Dieu. L'homme sent qu'il est immortel et il se demande ce qu'il peut faire pour se préparer pour l'éternité. Dieu, qui a pourvu si abondamment aux besoins intérieurs de l'homme, ne pourvoira-t-il pas également à ses besoins plus élevés ? Il semble qu'il faille répondre un oui catégorique. Dieu étant le Dieu qu'il est et l'homme ayant le besoin qu'il a, nous pouvons nous attendre à ce que Dieu fasse connaître ses normes et son plan de salut. Et s'il les fait connaître, le fera-t-il de façon incertaine et faillible ? Il est vrai que Dieu se sert d'hommes rachetés, mais faillibles, comme ministres de la réconciliation (2 Co. 5.18-20). Mais nous, hommes sauvés mais pécheurs, avons besoin d'une Parole infaillible pour nous le déclarer. Le Dieu de toute vérité nous a donné une telle Parole inerrante et qui fait autorité. Nous pouvons la croire et la proclamer. Shedd écrit :

Il est improbable que Dieu révélerait un fait ou une doctrine à l'esprit de l'homme et qu'il ne ferait ensuite rien pour s'assurer qu'elle soit énoncée de façon précise. C'est particulièrement le cas lorsqu'il s'agit de la doctrine d'un des mystères de la religion. Des vérités aussi profondes que la Trinité, l'incarnation, l'expiation pour autrui, etc. exigent la supervision et la direction d'un Esprit infaillible pour assurer que leur énonciation ne porte pas à confusion. Il est donc plus naturel de supposer qu'un prophète ou un apôtre qui a reçu directement de Dieu une vérité profonde et mystérieuse que l'intelligence humaine ne peut saisir, ne sera pas laissé seul pour communiquer ce qu'il a reçu. Il est particulièrement improbable qu'une communication provenant de Dieu soit voilée dans un déguisement extravagant et légendaire.4

4 — Shedd, Dogmatic Theology, I, p. 76.

B. LE CARACTÈRE ET LES AFFIRMATIONS DE LA BIBLE

Le contenu de la Bible est supérieur à celui de tous les autres livres religieux. Il présente les normes morales les plus élevées, prescrit l'obéissance la plus absolue, dénonce toute forme de péché et fait cependant connaître au pécheur comment il peut devenir juste aux yeux de Dieu. Comment des hommes non inspirés auraient-ils pu écrire un livre semblable ? La Bible fait preuve d'une remarquable unité. Bien qu'il ait fallu plus de quarante personnes sur une période de plus de 1600 ans pour produire les 66 livres qui composent la Bible, elle n'est en fait qu'un seul livre. Elle n'a qu'une seule conception doctrinale, qu'une seule norme morale, qu'un seul plan de salut, qu'un seul programme pour l'histoire, qu'une seule conception du monde. Les particularités du système mosaïque sont claires à la lumière d'une révélation progressive. La loi et la grâce, et la doctrine du Saint-Esprit sont liées aux desseins dispensationnels de Dieu. L'étroite alliance entre les éléments politiques et religieux dans l'administration juive n'était que temporaire et n'avait pas été conçue pour la période actuelle. Il y a dans tout cela un plan et un dessein. Aucun autre livre sacré ne fait preuve d'une unité organique comme celle que l'on trouve dans la Bible.

Elle affirme être la Parole de Dieu. Si un homme ou un livre parle véridiquement sur tous les autres sujets, nous devrions aussi le laisser parler de lui-même. La Bible parle véridiquement sur les autres sujets et fait certaines affirmations sur elle-même. Ces affirmations se présentent de différentes façons :

  1. Les auteurs de l'Ancien Testament utilisent plus de 3800 fois les expressions "ainsi parle l'Éternel", "la parole de l'Éternel fut adressée" à telle ou telle personne, "l'Éternel dit" ou une autre expression équivalente.

  2. Les auteurs du Nouveau Testament se sont servi d'expressions comme "je vous ai déclaré tout le conseil de Dieu", "des discours... qu'enseigne l'Esprit", "ainsi qu'elle l'est véritablement, comme la Parole de Dieu" et "le commandement du Seigneur".

  3. Divers auteurs affirment la perfection absolue et l'autorité de la loi et du témoignage (Deu. 27.26 ; 2 Ro. 17.13 ; Ps. 19.8 ; 33.4 ; 119.89 ; És. 8.20 ; Ga. 3.10 ; 1 Pi. 2.23).

  4. Un livre en reconnaît un autre comme parlant avec une irrévocabilité absolue (Jos. 1.7ss. ; 8.31ss. ; Esd. 3.2. ; Né. 8.1 ; Da. 9.2, 11, 13 ; Za. 7.12 ; Mal. 4.4 ; Ac. 1.16 ; 28.25 ; 1 Pi. 1.10ss.).

  5. Pierre met les Épîtres de Paul sur un pied d'égalité avec les "autres Écritures" (2 Pi. 3.15ss.).

  6. Et Paul déclare que tout l'Ancien Testament est inspiré (2 Ti. 3.16). Pierre écrit : "Sachez tout d'abord vous-mêmes qu'aucune prophétie de l'Écriture ne peut être un objet d'interprétation particulière, car ce n'est pas par une volonté d'homme qu'une prophétie a jamais été apportée, mais c'est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu" (2 Pi. 1.20ss.).

Remarquez aussi les opinions du Seigneur sur l'inspiration. Il a dit que "l'Écriture ne peut être anéantie" (Jn. 10.35). Dans les trois divisions de l'Ancien Testament, "dans la loi de Moïse, dans les prophètes, et dans les psaumes", il trouva des enseignements à son sujet (Luc 24.44 ; voir aussi Luc 24.27). Il a aussi dit qu'il n'était pas venu pour abolir la loi mais pour l'accomplir (Mt. 5. 17) ; et il a fait connaître sa conception de l'inspiration en disant : "Tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu'à ce que tout soit arrivé" (Mt. 5.18 ; voir aussi Lu. 16.17). Il croyait donc à l'inspiration verbale de la loi. La "loi" dans ce contexte inclut sans doute tout l'Ancien Testament.

De plus, Jésus fit certaines prédictions significatives au sujet de la préservation et de l'interprétation des faits qui sont reliés à lui ou à sa mission. Avant de partir, il dit à ses disciples que le Saint-Esprit leur permettrait d'enseigner fidèlement la vérité. Le Saint-Esprit ferait cela, leur dit Jésus, en venant vers eux, en leur enseignant toutes choses, en leur rappelant tout ce qu'il leur avait dit, en les guidant dans toute la vérité et en leur annonçant les choses à venir Jn. 14.26 ; 16.13). Ces promesses englobent les faits concernant la vie terrestre de Jésus-Christ, les expériences des premiers disciples, les doctrines exposées dans les Épîtres et les prédictions de l'Apocalypse. Les apôtres ont affirmé avoir reçu cet Esprit (Ac. 2.4 ; 9.17 ; 1 Co. 2.10-12 ; 7.40 ; Ja. 4.5 ; 1 Jn. 3.24 ; Jud. 1.19) et parler sous son influence et son autorité (Ac. 2.4 ; 4.8, 31 ; 13.9 ; 1 Co. 2.13 ; 14.37 ; Ga. 1.1, 12 ; 1 Th. 2.13 ; 4.2, 8 ; 1 Pi. 1.12 ; 1 Jn. 5.10ss. ; Ap. 21.5 ; 22.6, 18ss.). Il faut donc comprendre que notre Seigneur a aussi garanti l'inspiration du Nouveau Testament.

III. LES OBJECTIONS À CETTE CONCEPTION DE L'INSPIRATION

À la lumière des faits ci-dessus, les hommes devraient croire à l'inspiration verbale des Écritures ; mais cette conception soulève des problèmes que nous nous devons d'aborder.

A. DES EXTRAITS QUI SONT DES IGNORANCES OU DES ERREURS

Devant Ananas, Paul dit : "Je ne savais pas, frères, que c'était le Souverain sacrificateur" (Ac. 23.5). Ici, Paul reconnaît tout simplement son ignorance et il n'aborde pas du tout la question de l'inspiration. La rédaction de cette déclaration est pleinement inspirée. Les discours des consolateurs de Job contiennent des erreurs. L'inspiration garantit la rédaction précise de ces discours, non la véracité de leur contenu. Il y a une différence entre ce qui est raconté et ce qui est affirmé, entre le fait que quelque chose a été dit et la véracité de ce qui a été dit. Tout ce que les Écritures "affirment comme vrai et exempt d'erreur doit être reçu comme tel."5

5 — Pinnock, Biblical Revelation, p. 79.

Mais que signifie la phrase suivante : "Aux autres, ce n'est pas le Seigneur, c'est moi qui dis" (1 Co. 7.12) ? Le Seigneur a donné des commandements concernant le divorce (Mt. 5.31ss. ; 19.3-9) ; mais Paul parle ici avec l'autorité qui lui a été conférée. Il ne trace pas une ligne entre les commandements de Jésus-Christ, qui eux font autorité, et les siens. Il dit plutôt qu'il a l'inspiration et l'autorité pour établir la doctrine et la conduite (voir aussi 1 Co. 7.12, 25). Il a "l'Esprit de Dieu" (1 Co. 7.40).

B. EN SCIENCE ET EN HISTOIRE

La Bible n'est pas un manuel de science ou d'histoire ; mais si elle est verbalement inspirée, nous nous attendons alors à ce qu'elle parle véridiquement chaque fois qu'elle aborde ces sujets. Mais tout comme les scientifiques parlent encore du lever et du coucher du soleil, des quatre coins de la terre, etc., la Bible se sert de même du langage des apparences. Les apparentes imperfections, erreurs et contradictions disparaissent habituellement quand nous tenons compte du style non technique des auteurs, du caractère fragmentaire d'un grand nombre de leurs récits, de la nature complémentaire d'une grande partie de ce qui est rapporté par plusieurs auteurs, des situations historiques qui ont donné lieu à une ligne de conduite et de la faillibilité des scribes.

Les découvertes archéologiques ont grandement contribué à confirmer la précision historique de l'Ancien Testament. Hammourabi, Sargon II, les Hittites et Belschatsar ne représentent plus des problèmes pour l'historien. Cela est également vrai pour le Nouveau Testament. Quirinius (Lu. 2.2), Lysanias (Lu. 3.1), Paulus (Ac. 13.7) et Gallion (Ac. 18.12) ont tous été identifiés, ce qui prouve l'historicité des récits.

Les différences dans le nombre de personnes frappées par le fléau (No. 25.9 ; 1 Co. 10.8) disparaissent si on lit attentivement les deux textes. Le "plateau" (Lu. 6.17) était probablement un plateau sur la montagne (Mt. 5.1). Il y avait une vieille ville de Jéricho et une nouvelle, et les aveugles ont probablement été guéris entre les deux (Mt. 20.29 ; Mc. 10.46 ; Lu. 18.35). Marc et Luc n'ont probablement voulu mentionner que celui qui avait le plus attiré les regards, comme dans la guérison en Décapole (Mt. 8.28 ; Mc. 5.2 ; Lu. 8.27).

C. DANS LES MIRACLES ET LES PROPHÉTIES

Nous avons déjà donné la preuve des miracles et des prophéties, mais nous devons ajouter que le récit des miracles de Jésus-Christ est si organiquement entremêlé au récit du reste de sa vie qu'il est impossible d'éliminer ceux-là sans détruire en même temps celui-ci. Si l'on croit à la résurrection physique de Jésus-Christ, il ne reste plus alors d'obstacle insurmontable pour accepter également tous les autres miracles des Écritures. Ou comme le remarque Saucy : "Quand on accepte le fait de Dieu... il ne peut pas y avoir de raison légitime de refuser son intervention surnaturelle où et quand il le veut."6 À la lumière de l'accomplissement des prophéties concernant Babylone, la Médie et la Perse, Grèce, Rome, Israël, Jésus-Christ et le caractère de l'époque actuelle, nous ne devrions plus être sceptiques au sujet de la possibilité de la prophétie. Ce qui est considéré comme des erreurs dans la prophétie ne sont habituellement que de fausses interprétations de celle-ci. Des parties de Da. 2; 7; 9; 11; 12, de Za. 12-14 et la plus grande partie de l'Apocalypse ne sont pas encore accomplies.

6 — Saucy, The Bible : Breathed from God, p. 89.

C. DANS LES CITATIONS ET L'INTERPRÉTATION DE L'ANCIEN TESTAMENT

La plupart des difficultés à ce sujet disparaîtront si nous observons certains points.

  1. Les auteurs du Nouveau Testament ne faisaient souvent qu'exprimer leurs idées en paroles empruntées d'un passage de l'Ancien Testament sans prétendre pour autant interpréter le passage (Ro. 10.6.8 ; voir aussi Deu. 30.12-14).

  2. Ils soulignaient parfois un élément typique dans un passage qui n'était pas généralement reconnu comme tel (Mt. 2.15 ; voir aussi Os. 11.1).

  3. Ils mentionnaient parfois une prophétie mais la citaient en fait sous une forme ultérieure (Mt. 27.9 ; voir aussi Za. 11.13).

  4. Ils citaient à l'occasion une traduction apparemment fausse des Septante parce que cette mauvaise traduction rendait au moins une des significations contenues dans le texte hébreu (Ép. 4.26 ; voir aussi Ps. 4.5 dans les Septante).

  5. Et ils combinaient aussi parfois deux citations en une seule et l'attribuaient entièrement à l'auteur le plus important (Mc. 1.2ss. ; voir aussi Es. 40.3 ; Mal. 3.1).

De plus, si nous croyons à la possibilité d'une œuvre surnaturelle du Saint-Esprit dans le cœur de l'homme, nous ne devrions pas trouver difficile de croire à la possibilité d'une opération surnaturelle de l'Esprit dans la production des Écritures. Et si nous reconnaissons dans l'Esprit le véritable auteur des Écritures, nous ne pouvons pas alors lui refuser le droit de se servir de l'Ancien Testament de toutes les façons mentionnées ci-dessus.

D. DANS LA MORALE ET LA RELIGION

Presque toutes les soi-disant erreurs dans la morale et la religion se trouvent dans l'Ancien Testament. Mais toutes ces difficultés disparaîtront si nous gardons les faits suivants à l'esprit.

    Les péchés des hommes sont peut-être rapportés, mais ne sont jamais sanctionnés ; comme par exemple l'ivresse de Noé (Ge. 9.20-27), l'inceste de Lot (Ge. 19.30-38), la tromperie de Jacob (Ge. 27.18-24), l'adultère de David (2 Sa. 11.1-4), la polygamie de Salomon (1 Ro. 11.1-3 ; voir aussi Deu. 17.17), la sévérité d'Esther (Est. 9.12-14) et les reniements de Pierre (Mt. 26.69-75). Certains actes mauvais semblent être sanctionnés, mais c'est plutôt la bonne intention ou la vertu qui est soulignée et non l'acte mauvais lui-même ; par exemple la foi de Rahab et non son mensonge (Jos. 2.1-21 ; Hé. 11.31 ; Ja. 2.25), le patriotisme de Jaël et non sa traîtrise (Jug. 4.17-22 ; voir aussi Jug. 5.24), la foi de Samson et non ses fugues (Jug. 14-16 ; voir aussi Hé. 11.32). Certaines choses étaient permises comme étant relativement et non absolument bonnes ; par exemple le divorce (Deu. 24.1 ; voir aussi Mt. 5.31ss. ; 19.7-9) et la vengeance (Ex. 21.23-25 ; voir aussi Mt. 5.38ss. ; Ro. 12.19-21). Certaines prières et commandements divins n'expriment que le dessein d'un Dieu souverain, qui se sert souvent des hommes pour accomplir ses desseins ; par exemple les psaumes imprécatoires (Ps. 35; 69; 109; 137) et l'ordre de détruire les Cananéens (Deu. 7.1-5, 16 ; 20.16-18).

    Quelques personnes ont prétendu que certains livres n'étaient pas dignes d'avoir leur place dans le canon sacré. De telles critiques ont porté particulièrement sur Esther, Job, le Cantique des cantiques, l'Ecclésiaste, Jonas, Jacques et l'Apocalypse. Pour répliquer, nous pourrions dire que cette opinion repose sur une méprise quant au but et aux méthodes de ces livres et laisse de côté le témoignage d'un grand nombre quant à leur valeur. Quand on perçoit la véritable intention de ces livres, nous trouvons alors qu'ils sont non seulement utiles mais aussi indispensables pour avoir un aperçu complet de la doctrine.

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