Évolution ou création

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Du simple au complexe ?

Nous avons signalé le vaste a priori que constitue l’interprétation évolutionniste des fossiles. Elle suppose que la vie serait apparue par hasard (ou par la volonté d’un dieu donnant le coup de pouce initial à sa création évolutive) il y a des centaines de millions d’années et qu’elle se serait peu à peu diversifiée. De génération en génération, les êtres vivants seraient devenus plus complexes, jusqu’à parvenir au degré de perfection que nous constatons actuellement dans les espèces qui nous entourent, et chez l’homme en particulier. Cette idée conduit à établir les arbres généalogiques des espèces fossiles que l’on trouve dans tous les manuels scolaires.

1. LES ARBRES GÉNÉALOGIQUES EN PALÉONTOLOGIE

On les obtient artificiellement en reliant entre eux les fossiles qui se ressemblent. Il convient d’être conscient de cela : les seuls « faits » paléontologiques, ce sont les fossiles représentant les diverses espèces du passé. Sur les tableaux généalogiques, leur représentation picturale se traduit par des « traits continus », ou des points, que l’on reliera entre eux pour constituer les « arbres ».

Un coup d’œil jeté sur un tableau honnête (car tous ne le sont pas), comme celui que nous reproduisons ci-après, nous montre immédiatement que les fossiles, indiqués en relation avec les couches où on les trouve, sont artificiellement reliés entre eux par des pointillés qui suggèrent l’idée d’une filiation. Encore peut-on s’estimer heureux lorsque ce ne sont que des pointillés ! Le plus souvent, les tableaux représentent des arbres dont les épaisses branches donnent l’image même de la solidité, de la certitude. Or, ces pointillés, ou ces branches, ne sont que le produit d’une interprétation évolutionniste. Pour s’en tenir aux faits, il faudrait supprimer des arbres généalogiques les liaisons graphiques imposant l’idée d’une filiation entre des espèces disparues, alors même que l’on ne connaît pas de fossiles représentant les chaînons intermédiaires supposés. Ce sont ces liaisons qui orientent les esprits et leur imposent l’idée de l’évolution alors que ces liaisons elles-mêmes sont les produits de cette idée. Elles traduisent l’idée d’évolution, et non pas les faits. Elles suppléent à l’absence des fossiles, au lieu de concrétiser graphiquement leur présence. En science, un graphique se doit d’être la traduction des faits, et non la représentation figurée de l’idée. Du moins, lorsque cette représentation est hypothétique et ne fait qu’illustrer une idée, convient-il de l’indiquer clairement et de ne pas représenter de la même manière des faits avérés et de simples hypothèses. Nul doute que l’idée d’évolution serait grandement affaiblie si on cessait de la suggérer par de tels schémas mêlant sans distinction les faits aux hypothèses ; une fois de plus, les arbres généalogiques ne traduisent nullement les faits ; ils ne sont que l’interprétation arbitraire des données de la paléontologie.

1, Paromomys ; 2, Phenacolemur ; 3, Palæchton ; 4, Pronothodectes ; 5, Plesiadapis ; 6, Platychoerops ; 7, Chiromyoides ; 8, Megachiromyoides ; 9, Anagalopsis ; 10, Anagale ; 11, Tupaloidés actuels ; 12, Pelpcodus ; 13, Smilodectes ; 14, Notharctus ; 15, Protoadapis ; 16, Anchomomys ; 17, Pronyticebus ; 18, Adapis ; 19, Lemuridés subfossiles et actuels ; 20, Indriidés subfossiles et actuels ; 21, Daubentoniidés subfossiles et actuels ; 22, Progalago ; 23, Indraloris ; 24, Lorisidés actuels ; 25, Teilhardina ; 26, Omomys ; 27, Washakius : 28, Ourayia ; 29, Hemiacodon ; 30, Macrotarsius ; 31, Tetonius ; 32, Paratetonius : 33, Absarokius ; 34, Anaptomorphus ; 35, Pseudoloris ; 36, Microchoerus : 37, Necrolemur ; 38, Tarsius ; 39, Homunculus ; 40, Neosaimiri ; 41, Cebupithecia ; 42, Platyrhiniens sub-fossiles et actuels ; 43, Apidium ; 44, Mæripithecus ; 45, Semnopithecus ; 46, Mesopithecus ; 47, Lybipithecus ; 48, Dolichopithecus ; 49, Macacus ; 50, Simopithecus ; 51, Cynomorphes subfossiles et actuels ; 52, Aisaticopithecus ; 53, Gesneropithex ; 54, Amphipithecus ; 55, Pondaugia ; 56, Parapithecus ; 57, Propliopithecus ; 58, Limnopithecus ; 59, Pliopithecus ; 60, Epipliopithecus ; 61, Hylobatinés actuels ; 62, Sivapithecus afr; 63, Sivapithecus ; 64, Pongo subfossile et actuel ; 65, Gorilla actuel ; 66, Proconsul ; 67, Dryopithecus ; 68, Hispanopithecus ; 69, Ankarapithecus ; 70, Pan actuel ; 71, Bramapithecus ; 72, Sugrivapithecus ; 73, Ramapithecus cf. brev. ; 74, Gigantopithecus ; 75, Oreopithecus ; 76, Ramapithecus brev. ; 17, Australopithecus ; 78, Pithecanthropus ; 19, Homo.

Arbre généalogique des Primates (d’après Genet-Varcin, Les Singes actuels et fossiles, P., 1963, p. 220, 221).

Ce tableau est un des rares qui soit vraiment honnête, en ce sens que les filiations, hypothétiques, ne sont que suggérées par des pointillés. Les points et traits en noir (forme de gouttes) sont les seules certitudes : ils sont attestés par des fossiles. Les connexions sont arbitraires. Même ainsi, les pointillés suggèrent, imposent à l’œil et à l’esprit l’idée de l’évolution.

De plus, non seulement l’idée d’une filiation est suggérée artificiellement, mais encore le classement même des fossiles et leur emplacement dans le tableau sont établis en fonction de cette idée préconçue : ressemblance implique filiation. Il est inutile de souligner combien cette affirmation est discutable et constitue encore un cercle vicieux de la pensée. Elle ne s’impose que par la force des idées reçues.

Mais laissons les critiques portant sur l’interprétation et tournons-nous vers les faits eux-mêmes. Que savons-nous des fossiles ? Que nous apprennent-ils ? Avons-nous, dans les archives paléontologiques, de véritables indices de complexité croissante? Avons-nous des « séries évolutives » convaincantes ?

2. ABSENCE D’ORGANISMES PRIMITIFS AU PRÉCAMBRIEN

La thèse évolutionniste implique que toutes les espèces se sont peu à peu diversifiées à partir d’espèces originelles rudimentaires et, en définitive, à partir d’un ancêtre commun à toutes, qu’elles soient végétales ou animales. Logiquement, cette affirmation doit pouvoir s’appuyer sur des preuves paléontologiques. Trouve-t-on, dans les premières couches de la terre (celles qui se sont déposées d’abord) des traces fossiles de ces organismes primitifs ?

Pas du tout. Et c’est là un point bien gênant pour les évolutionnistes ! Darwin, le grand promoteur de l’idée, en était déjà conscient lorsqu’il écrivait : « La difficulté d’expliquer par des bonnes raisons l’absence de vastes assises de couches fossilifères au-dessous des formations du système cambrien supérieur reste toujours très grande1. »

1 Ch. DARWIN, L’origine des espèces, trad. E. BARBIER, Paris, 1951, p. 385.

Depuis Darwin, on a multiplié les recherches dans les couches précambriennes afin de retrouver les formes primitives. Elles n’ont pas été couronnées de succès et les évolutionnistes le déplorent. Déjà, en 1929, le grand paléontologiste français M. Caullery exprimait sa déception : « On pouvait espérer que la Paléontologie aurait conservé, dans les strates les plus anciennes, non seulement certaines formes primitives, mais même des ensembles fauniques correspondant à des phases initiales de l’évolution. Cet espoir a été déçu2

2 M. CAULLERY, Les aspects principaux actuels du problème de l’évolution, dans L’évolution en biologie, Paris, 1929, p. 11.

Et pourtant, on a bien décelé quelques indices de vie dans les couches précambriennes3 : ce sont des organismes microscopiques, mais dont le très haut niveau de complexité étonne, et qui n’ont rien de « primitif ». En revanche, on n’a pas du tout retrouvé d’organismes rudimentaires qui puissent être considérés comme des ancêtres possibles des formes vivantes multiples apparaissant dans les couches suivantes. Et pourtant, si la thèse transformiste était vraie, c’est dans ces couches qu’il faudrait trouver les ancêtres des espèces déjà très diversifiées et très nombreuses qui existent au Cambrien. En effet, « la faune se complète et l’on peut dire que les grands cadres de la classification existent dès cette époque. Par conséquent c’est bien avant le Cambrien, probablement durant le Précambrien, que la phase principale de l’Evolution, celle qui est responsable de l’individualisation de ces groupes primordiaux, a dû se réaliser4. » Or, on n’en trouve aucune trace !

3 3. Voir en particulier E.S. BARGHOORN et S.A. TYLER, Microorganisms from the Gunflint Chert, dans « Science », vol. 147, 5 février 1965, p. 563-577, et P.E. GLOUD, Signifiance of the Gunflint microflora, dans « Science », vol. 148. 2 avril 1965, p. 27-35. Voir aussi H.D. PFLUG, Systematik der Jungpräkambrischen Petalonamae dans Palaontologische Zeitschrift, Bd 46, Nr 1/2, mai 1972, p. 56-67.

4 L. MORET, Précis de géologie, Paris, 1967, 5e éd., p. 314.

Fig. 11 – Apparition et évolution des principaux groupes d’animaux, d’après Tocquet (L’aventure de la vie, Larousse, 1967, p, 60, 61). Leur rythme évolutif est schématisé par les surfaces en noir ; le signe + indique quel groupe s’est éteint.

A gauche, durée des ères et des périodes géologiques. Les intervalles figurant les ères et les périodes correspondent à la durée de celles-ci ; la durée de l’ère quaternaire et de l’époque actuelle équivaut à l’épaisseur du trait supérieur.

On remarquera la disparition abrupte des Ammonites et des Bélemnites à la fin du Secondaire. Noter aussi la présence de sept ordres dès le début du Cambrien.

Comment expliquer cette étrange absence, si l’on songe que, selon l’actualisme, l’époque précambrienne se serait étendue sur plusieurs centaines voire milliers de millions d’années. Les dépôts précambriens sont nombreux et ils atteignent parfois des épaisseurs considérables, de l’ordre de 1000 à 1500 m. Est-il raisonnable de croire qu’aucune des formes vivantes en marche vers le progrès n’ait été fossilisée pendant tout ce temps et dans de telles quantités de dépôts ?

C’était là un coup sévère porté à la doctrine évolutionniste. Il aurait dû logiquement détourner les esprits de cette thèse. Mais là encore, la théorie subsista. Au lieu d’abandonner une théorie qui ne s’accordait pas avec les faits, on conserva la théorie et l’on s’efforça d’expliquer pourquoi les faits ne s’accordaient pas avec elle. Ainsi on imagina toutes sortes de raisons pour justifier ce hiatus5.

5 On trouvera une liste de ces explications insuffisantes et abandonnées dans D.I. AXELROD, Early Cambrian Marine Fauna, dans « Science », vol. 128, 4 janvier 1958, p. 7-9.

Nous ne mentionnons ici que les deux principales d’entre elles en signalant cependant que toutes ont dû être abandonnées. Ainsi on supposa que les premiers organismes avaient un corps mou, sans squelette, donc impropres à la fossilisation. Mais on connaît des fossiles d’animaux à corps mous provenant d’autres couches6. De plus cette supposition n’expliquait pas l’apparition brutale de tous les animaux à carapace ou à squelette des couches supérieures. Le hiatus subsistait ! On pensa alors trouver l’explication de cette absence en invoquant le métamorphisme. C’est lui qui aurait été cause de la destruction des fossiles témoignant des premières ébauches rudimentaires de la vie. L’explication était ingénieuse, car ainsi on pouvait dire : les formes vivantes primitives ont existé, mais leurs fossiles ont disparu dans le métamorphisme. On ne les retrouvera jamais. Comme l’écrivait E. Guyénot, « les plus anciennes archives de la vie sont donc à tout jamais perdues7 ».

6 Cf. N.D. NEWELL, The Nature of the Fossil record, dans Procedings of the American Philosophical Society, vol. 103, 1959, p. 264-285. On connaît même de nombreux excréments fossiles (coprolithes) au Secondaire ! D’ailleurs tous les fossiles connus au Précambrien sont des fossiles sans coquille ni carapace calcaire.

7 E. GUYÉNOT, Deux problèmes insolubles de la biologie transformiste, Genève, 1950, p. 21. C’est encore la raison invoquée dans de nombreux manuels.

Malheureusement, il a été démontré depuis que, dans de très nombreux cas, d’épaisses couches précambriennes n’ont jamais subi de métamorphisme et sont donc parfaitement aptes à la fossilisation. On devrait donc retrouver des fossiles primitifs.

On ne les retrouve pas ! Et ce fait reste une énigme pour les évolutionnistes. Ainsi le professeur N.D. Newell, de l’université de Columbia, reconnaît que toutes les théories avancées pour expliquer cette absence ne sont pas satisfaisantes8. De même D.I. Axelrod, un des meilleurs spécialistes du monde, concède que c’est là un des principaux problèmes non résolus de la géologie et de l’évolution9. Ce n’est pas le seul.

8 N.D. NEWELL, Ibid. Voir aussi ROMER, L’évolution animale.

9 D.I. AXELROD, Early Cambrien Marine Fauna, dans « Science », vol. 128, 4 juillet 1958, p. 7.

3. HAUT DEGRÉ DE COMPLEXITÉ DES FOSSILES CAMBRIENS

C’est un tableau très différent qui nous apparaît au Cambrien. Cette fois les fossiles ne sont plus rares. Ils sont même très nombreux et très diversifiés. « La Faune cambrienne renferme, en effet, des représentants de tous les grands groupes d’invertébrés qui existent encore10. » Les espèces vivantes sont déjà nettement distinctes, avec tous leurs caractères, dès qu’on les rencontre dans les couches anciennes où elles ont été fossilisées. C’est un début « explosif ».

10 E. GUYÉNOT, op. cit., p. 20. Voir aussi R. FURON, Introduction à l’histoire de la terre, Paris, 1970, p. 104, qui mentionne l’apparition soudaine de 1500 espèces d’Invertébrés dont 60% de Trilabites et 30% de Brachiopodes.

Il en va de même pour les plantes. Des études récentes fondées sur les microfossiles et l’analyse des pollens ont même montré que, dès le Cambrien, la plupart des groupes de plantes complexes sont déjà présents à l’état fossile11. Ceci oblige donc à reconsidérer tout le problème de l’évolution des végétaux, tel qu’il est présenté dans la plupart des manuels scolaires.

11 Voir D.I. AXELROD, Evolution of the Psilophyte Paleoflora, dans « Evolution », février 1959, p. 264-275. Cf. R.P. RITLAND, A Search on Meaning in Nature, Mountain View, 1970, p. 162, 163.

En résumé, on a l’impression, lorsqu’on observe les couches cambriennes (les plus anciennes qui contiennent les fossiles), que la plupart des espèces marines existaient déjà, bien nettement différenciées, ainsi qu’un grand nombre de plantes terrestres. C’est comme si le monde d’alors était déjà aussi complexe que le nôtre. On pourrait le croire sorti tout achevé des mains du Créateur, comme si quelque catastrophe avait figé les formes vivantes. Certaines diffèrent notablement des nôtres, tandis que d’autres en sont extrêmement proches, parfois jusqu’à l’identité totale. C’est le cas des algues bleues, des éponges ou des vers marins par exemple12.

12 Nous reviendrons ailleurs sur les problèmes que posent aux évolutionnistes ces formes fossiles actuelles.

Certes, on peut objecter que toutes les formes vivantes des couches cambriennes sont marines, et que c’est bien la preuve que le monde d’alors différait notablement du nôtre, puisque la terre n’était pas habitée. A ceci nous répondons que nous n’en sommes pas si certains. Nous avons déjà dit plus haut que la micro-analyse des pollens et des spores oblige à mettre sérieusement en doute cette affirmation. On a pu ainsi avoir la certitude de la présence, au Cambrien, de sporaminifères avancés ou de fougères, par exemple. Jusqu’à une date toute récente on croyait que ces formes végétales n’étaient apparues que plusieurs centaines de millions d’années plus tard. Voilà qui perturbe singulièrement l’idée d’une évolution continue13.

13 Sur la présence de sporaminifères avancés au Cambrien, voir S. LECLERCQ, Evidence of Vascular Plants in the Cambrien, dans « Evolution », vol, X, juin 1956, n° 2, p. 109-114.

Le monde cambrien n’aurait-il pas été finalement assez peu différent du nôtre au point de vue de la complexité ? Nous pensons que oui. Il se pourrait que les couches précambriennes ne soient que les premiers sédiments marins dus à une catastrophe affectant le monde entier. Dans ce cas, on comprendrait bien la présence, dans les couches inférieures, d’un grand nombre d’espèces marines nettement diversifiées, ensevelies les premières par les sédiments accumulés dans ces mers.

Mais en ce cas, dira-t-on, ne devrait-on pas trouver aussi quelques fossiles terrestres autres que ceux que nous avons déjà mentionnés ? Il en existe certes, mais en nombre excessivement faible14. En effet, les espèces les plus faciles à « sédimenter » sont les espèces marines, dans le cas d’une catastrophe. Cela ne doit pas surprendre. Les fossiles terrestres, dans notre monde actuel, sont extrêmement rares au fond des océans. Pourtant, les espèces correspondantes existent réellement et la terre en garde les traces. Mais elles ne sont presque jamais fossilisées dans les mers. Ainsi, en 1850, 140 sondages furent faits dans des sédiments récents à des distances pourtant relativement proches des côtes anglaises (500 m à 40 km). On fut surpris de constater que ces 140 sondages ramenèrent un grand nombre d’invertébrés marins, mais très peu de traces de poissons — bien que la mer soit ici très poissonneuse — et ne révélèrent aucun indice de mammifères marins, aucun d’oiseau, aucun d’animal ni de plantes terrestres15.

14 Voir D.I. AXELROD, ibid.

15 Cf. R.M. RITLAND, op. cit., p. 163.

C’est exactement l’image que reflètent les couches cambriennes : de nombreux invertébrés marins, mais très peu d’autres genres. Il n’y a là rien qui puisse surprendre dans le cadre du catastrophisme : les fossiles précambriens, très différenciés, et la plupart du temps marins, sont selon nous les restes d’animaux vivant au fond des mers et que la sédimentation rapide a surpris. Cette explication a du moins l’avantage de ne pas être contraire aux faits. Nous y reviendrons dans un chapitre ultérieur. Contentons-nous pour l’instant de constater que la théorie évolutionniste échoue encore sur le point n°2 mentionné précédemment : le monde cambrien nous donne l’image d’un monde achevé, d’une explosion de formes vivantes. Elles sont déjà très complexes, hautement différenciées, adaptées au milieu marin. Rien ne permet de croire qu’elles aient pu évoluer à partir d’ancêtres plus primitifs. On ne trouve aucune trace dans les couches inférieures de ces ancêtres primitifs supposés. Et aucune explication satisfaisante ne peut rendre compte de cette absence : dans ces conditions, ne vaudrait-il pas mieux se conformer aux faits et cesser de prétendre qu’« ils ont dû exister » ? Ne conviendrait-il pas d’accorder la théorie aux faits et non les faits à la théorie ?

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