Dans les Écritures, le terme "créer" est employé dans deux sens différents : dans le sens d'une création directe, et dans le sens d'une création indirecte. La création directe est cet acte libre du Dieu trinitaire par lequel, au commencement et pour sa propre gloire, sans faire appel à des matériaux préexistants ni à des causes secondaires, il fit, de façon directe et instantanée, tout l'univers visible et invisible. La création directe était donc un acte libre de Dieu, contrairement à toutes les notions panthéistes d'une création obligatoire ; c'était un acte auquel toute la Trinité a participé, ce qui implique l'égalité du Père, du Fils et du Saint-Esprit ; c'était le premier acte de Dieu ad extra ; il fut effectué pour la gloire de Dieu ; ce n'était pas une réorganisation de matériaux préexistants ou l'œuvre de causes secondaires ; c'était un acte immédiat de Dieu qui eut des résultats immédiats ; et c'était un acte dont la portée englobait tout, incluant non seulement toutes les existences matérielles, mais aussi toutes les existences immatérielles.
La création indirecte, d'un autre côté, ce sont les actes de Dieu qui sont dénommés "création" , mais qui n'ont pas été à l'origine de choses ex nihilo ; ils ont plutôt modelé, adapté, combiné ou transformé des matériaux existants. Dieu peut directement modeler, adapter, combiner ou transformer lui-même ces matériaux, ou il peut le faire indirectement par l'effet de causes secondaires. Hodge dit, en comparant la création directe et indirecte : "La première était instantanée, la deuxième graduelle ; l'une exclut l'idée de toute substance préexistante et de toute coopération, l'autre admet et sous-entend les deux. Cette distinction est évidente dans le récit mosaïque de la création."1 Le terme "création directe" devrait probablement être limité à la déclaration de Ge. 1.1 et aux autres déclarations similaires faisant allusion aux mêmes événements.
1 — Hodge, Systematic Theology, 1, p. 556.127
De tout temps, l'homme a essayé de résoudre l'"énigme" de l'univers. Il s'est demandé : "A-t-il toujours existé ou a-t-il eu un commencement ? S'il a eu un commencement, quand et comment a-t-il vu le jour ?" La science ou la raison ne peut pas résoudre ce problème. La science peut essayer de trouver une réponse au problème des origines, mais parce qu'elle doit travailler dans le domaine de la connaissance empirique, l'étude des origines et des causes premières est nécessairement en dehors de son domaine. Et la philosophie n'a pas donné de solution adéquate. Soit qu'elle nie carrément la création, soit qu'elle l'explique de telle façon qu'elle la nie en fait. La solution au problème des origines doit provenir des Écritures et être acceptée par la foi (Hé. 11.3). Les Écritures déclarent le comment et le pourquoi de l'existence matérielle et spirituelle.
On le trouve dans Ge. 1 et 2. Les Écritures nous rapportent la création directe et indirecte de l'univers et de l'homme.
1. La création directe de l'univers. La première phrase de la Bible déclare qu'"au commencement, Dieu créa les cieux et la terre" (Ge. 1.1). Selon ces mots, l'univers n'est ni éternel, ni formé à partir de choses préexistantes, n'a pas découlé d'une nécessité, mais est dû à un acte créateur et immédiat de Dieu. Il a été créé ex nihilo, c'est-à-dire à partir de rien.
La doctrine de la création ex nihilo ne repose pas sur l'emploi du mot hébreu bara et du mot grec ktizein car ils sont parfois utilisés de façon interchangeable avec les mots asah et poiein. Ainsi, il est dit que Dieu a "créé" et "fait" le monde (Ge. 1.1 ; Né. 9.6 ; Col. 1.16ss.). Mais il est clair que dans Ge. 1.1 et 2.3ss., le mot signifie bien créer à partir de rien. Davis explique :
Le verbe bãrã' ("créer") exprime mieux que n'importe quel autre verbe l'idée d'une création absolue, ou d'une création ex nihilo. Le radical qal de ce verbe est utilisé dans l'Ancien Testament exclusivement pour l'activité de Dieu ; l'homme n'en est jamais le sujet. Il est dit que Dieu créa "le vent" (Am. 4.13), "un cœur pur" (Ps. 51.12) et "de nouveaux cieux et une nouvelle terre" (Es. 65.17). Genèse 1 souligne trois grands commencements et chacun a été initié par Dieu (voir 1.1, 21, 27)... L'acte créateur de Dieu reflété au verset 1 n'implique donc aucune matière préexistante ; un Dieu souverain et tout-puissant créa les cieux et la terre à partir de rien.2
2 — Davis, Paradise to Prison, p. 40, 41.
2. La création indirecte de l'univers actuel. Que cela soit dû à un inachèvement voulu dans l'acte original de la création ou à une catastrophe quelconque qui aurait frappé la création originale, nous trouvons dans Ge. 1.2 que la terre était "informe et vide ; il y avait des ténèbres à la surface de l'abîme". La formation de l'ordre actuel a ensuite eu lieu. Cela soulève cependant certains problèmes.
a. La création était-elle directe, indirecte ou une combinaison des deux ? Certains limitent la création directe à l'acte décrit au v. 1 et considèrent le reste du chapitre comme une création indirecte. D'autres voient une combinaison de création directe et indirecte dans tout le chapitre. Le soleil peut avoir été inclus dans la création originale et la lumière (v. 3-5) provenir du soleil. Cependant, Dieu a probablement créé la lumière à part du soleil. Les germes d'une vie végétale peuvent avoir survécu à une condition primitive, si bien que Dieu n'a eu qu'à commander à la terre de produire "de la verdure, de l'herbe portant de la semence, des arbres fruitiers donnant du fruit selon leur espèce et ayant en eux leur semence" (v. 11). Il semble cependant plus probable que la végétation fut créée directement par Dieu. Nous lisons dans Ge. 2.19 : "L'Éternel Dieu forma de la terre tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel". Cela semble enseigner la création indirecte de tous les animaux, les poissons, les oiseaux, les reptiles, etc. (Ge. 1.20-25), bien que la vie animale elle-même fut certainement créée directement par Dieu. Il nous est dit d'une manière bien déterminée que "l'Éternel Dieu forma l'homme de la poussière de la terre, il souffla dans ses narines un souffle de vie" (Ge. 2.7). Cela montrerait également que l'homme fut créé de façon indirecte, du moins en ce qui concerne son corps. Bien que l'homme et les animaux aient été faits de poussière et qu'ils retourneront à la poussière, l'âme de l'homme a certainement été créée directement par Dieu.
b. Qu'est-ce qui était compris dans la création directe de Dieu ? Certainement pas seulement les cieux, mais aussi les êtres angéliques du ciel (Job 38.7 ; Né. 9.6) ; et certainement pas seulement la terre, mais aussi les eaux et les gaz de la terre (És. 42.5 ; Col. 1.16 ; Ap. 4.11). Certains ont suggéré que quelques-uns des êtres angéliques, sous la direction de celui qui devint par la suite Satan, furent vraisemblablement assignés à cette terre (voir Lu. 4.5-8). C'est une hypothèse plausible, mais il n'y a pas de passage biblique pour la supporter, à moins que Éz. 28.12-19 ne soit interprété dans ce sens (voir aussi És. 14.9-14).
c. Ge. 1.2 décrit-il la condition originale de la terre ou une condition due à quelque grand cataclysme ? On peut répondre à cette question de trois façons :
1° La théorie de la restauration, ou théorie de l'intervalle, propose qu'après la création originale (v. 1) Satan soit tombé, entraînant ainsi un jugement divin sur la terre (v. 2). Ce qui suit constitue donc six jours de recréation. Ce point de vue soutient que "était" (v. 2) serait mieux traduit par "devint". Il affirme, de plus, que l'image d'absence de forme, de vide et de ténèbres (v. 2) est principalement une image de jugement divin, car Dieu n'aurait pas pu créer la terre de cette façon (Es. 34.11 ; 45.18 ; Jér. 4.23 ; 1 Jn. 1.5). En outre, cette position présente un cadre temporel dans lequel se serait produit la chute de Satan (Es. 14.9-14 ; Ez. 28.12-19).3
2° Un autre point de vue considère que l'intervalle se serait produit avant Ge. 1.1 et que les versets 1 et suivants constitueraient le récit d'une recréation. Selon ce point de vue, le v. 1 est un résumé de ce qui suit, tout comme 2.1 résume ce qui s'est produit auparavant. Le verset 2 indique un jugement de Dieu, mais comment et pourquoi a eu lieu ce jugement, ces questions demeurent entourées de mystère. Il semble cependant probable que la chute de Satan en ait été la cause. Selon ce point de vue, Moïse nous donne l'ordre de la création actuelle sans parler de la création originale ni de ce qui a causé le jugement de Dieu.4
3° Le point de vue probablement le plus répandu interprète le v. 2 comme présentant l'univers dans un état d'inachèvement. Après avoir déclaré que la terre était inachevée, Moise poursuit en racontant comment elle devint un endroit habitable pour l'homme. L'image d'absence de forme, de vide et de ténèbres n'est pas nécessairement une description de jugement, mais plutôt d'inachèvement ; la terre créée par Dieu se devait d'être habitée (És. 45.18). Ce point de vue ne tient pas compte d'un intervalle entre les versets 1 et 2, ni d'une création avant le verset 1. En ce qui concerne la chute de Satan, l'histoire ne s'en occupe pas ; il est cependant évident qu'elle s'est produite avant Ge. 3.1.5
3 — Pour une présentation savante, voir Custance, Without Form and Void
4 — Pour une bonne présentation de ce point de vue, voir Waltke, Creation and Chaos.
5 — Voir Leupold, Exposition of Genesis, 1, p. 42-47, et Morris, The Genesis Record, p. 46-52.
d. Faut-il considérer les six jours de la création comme :
1° Certains soutiennent que Moïse reçut la révélation concernant la création sur une période de six jours. Selon ce point de vue, les six jours étaient des jours dans la vie de Moise, non des jours de création. "La création a été révélée en six jours et non accomplie en six jours."6 Contre ce point de vue, on pourrait citer un verset comme Ex. 20.11 : "Car en six jours l'Éternel a fait les cieux, la terre et la mer, et tout ce qui y est contenu, et il s'est reposé le septième jour".
2° D'autres soutiennent que les jours font allusion à de longues périodes de temps. C'est la théorie des jours-époques. Il y a des variations à l'intérieur de cette position, mais le point primordial, c'est que Dieu a créé l'univers matériel et la vie, et a ensuite guidé le processus d'évolution à travers de très longues périodes de temps. Cette position, souvent appelée l'évolution théiste, tient compte des époques géologiques, du processus d'évolution et du rôle actif d'un Dieu créateur. Certains raffinent cette théorie en ce que l'on peut penser, comme l'évolution par paliers, que Dieu est intervenu à certains points clés dans le processus évolutionniste pour créer certaines choses nouvelles. Ce point de vue rejette la macro-évolution mais accepte la microévolution, c'est-à-dire qu'il peut y avoir "des changements importants et variés à l'intérieur des "espèces" créées à l'origine par Dieu."7 La création de l'homme lui-même est considérée comme une création spéciale de Dieu.
6 — Ramm, The Christian View of Science and Scripture, p. 222.
7 — Carnell, An Introduction to Christian Apologetics, p. 238.
Une approche similaire à celle de l'évolution par paliers, bien que pas nécessairement en harmonie avec le concept des jours-époques, est le créationnisme progressif. Dieu créa par décret la matière informe et ensuite, par l'œuvre de son Esprit, forma et dirigea progressivement la création selon son plan préétabli. Dieu prit la matière brute pour en former le produit fini. Cela implique plusieurs actes de création par décret ainsi que le recours aux lois naturelles qu'il avait établies.8
8 — Pour une explication plus complète du créationisme progressif, voir Ramm, The Christian View of Science and Scripture, p. 112ss., 271ss.
3° Finalement, plusieurs interprètent les six jours comme des jours littéraux. Mais que signifie alors le terme "jour" ? Il est employé de différentes manières dans la Bible : le jour par opposition à la nuit (Ge. 1.5, 16, 18), le jour et la nuit ensemble (Ge. 1.5), les six jours de la création (Ge. 2.4) et des périodes indéfinies comme "le jour de leur malheur" (Deu. 32.35), "jour du combat" (1 Sa. 13.22), "jour de la colère" (Job 21.30), "jour du salut" (2 Co. 6.2) et "le jour de l'Éternel" (Am. 5.18). Il est parfois traduit par "séjour" (Ge. 26.8). Une simple lecture de Ge. 1 suggérerait un jour littéral de 24 heures. On peut avancer divers arguments : l'utilisation des mots "soir" et "matin", la déclaration de Ex. 20.11, l'apparition du soleil et de la lune pour dominer sur le jour et la nuit, l'interdépendance de l'univers créé (L'herbe verte pourrait-elle survivre longtemps sans soleil ?) et l'utilisation des adjectifs numéraux devant le mot "jour". Les périodes géologiques apparemment longues constituent un problème pour cette dernière position. Plusieurs solutions ont été suggérées : le déluge universel a eu d'énormes effets sur la topographie de la terre ; il y a des trous dans les premières généalogies de la Genèse et on pourrait par conséquent considérer que la création s'est produite beaucoup plus tôt que 4000 ans av. J.-C. ; et puisque Dieu créa l'homme avec une apparence d'âge, il aurait également pu faire la même chose pour la terre.
e. Quel est l'âge de la terre ? Il y a plusieurs points de vue.
1° Les scientifiques non théistes ont proposé différentes théories. Certains considèrent l'origine de l'univers comme l'explosion de l'atome primitif qui produisit l'univers actuel ; d'autres émettent l'hypothèse que l'univers est dans un état continuel de progression et de régression localisées. À l'intérieur de cet univers, la terre prit forme à partir d'une masse originale de poussière et de gaz il y a environ dix milliards d'années. La datation de la terre au moyen des méthodes scientifiques actuelles est très inexacte. Un scientifique admet : "En moyenne, on peut dire que l"âge" de la terre a doublé à tous les 15 ans au cours des trois derniers siècles ; il y a même peut-être eu une légère accélération au cours du dernier siècle."9
9 — Whipple, "The History of the Solar System" dans Adventures in Earth History, p. 101.
Le profil géologique de référence, utilisé par les géologues pour dater les couches de la terre, a été mise au point à partir d'une étude du contenu fossile (paléontologie) des différentes couches et formations rocheuses. Elle attribue des dates selon les ères :
C'est dans l'ère précambrienne que l'on trouve les formes de vie les plus primitives.
On utilise différentes sortes de méthodes de datation. Une méthode, celle qui mesure l'accroissement annuel de sodium dans l'océan, fixe l'âge de l'océan à un peu moins de 100 millions d'années. Une autre méthode mesure le temps géologique en étudiant le taux de désintégration des éléments radioactifs, tels l'uranium, le potassium et le rubidium. Selon cette méthode, certains météorites auraient un âge de 4700 millions d'années. Certains minéraux terrestres auraient 3500 millions d'années. Une autre méthode encore utilise la datation au radiocarbone :
La théorie de la datation au radiocarbone s'énonce comme suit : la proportion d'isotopes de carbone dans la plupart des matières vivantes est pratiquement identique à leur proportion dans le bioxyde de carbone de l'air. Quand un organisme meurt, il ne tire plus de radiocarbone de l'air si bien que la proportion de radiocarbone par rapport aux isotopes stables, C12 et C13, qui l'accompagnent dans les cellules du corps de l'organisme commence à décliner. Une comparaison de la proportion de radiocarbone par rapport aux isotopes stables de carbone dans un organisme mort avec celle de l'atmosphère constitue donc une mesure du temps écoulé depuis la mort de l'organisme.10
10 — Gilluly, et al., Principles of Geology, p. 116.
Ces méthodes de datation ne sont pas exactes, car elles supposent une géologie uniformitarienne, ce que l'on ne retrouve que dans un laboratoire scientifique. L'uniformitarisme présuppose l'absence ou ignore la présence d'un Dieu personnel qui agit dans sa création.
2° L'évolution théiste, comme nous l'avons mentionné plus haut, postule que Dieu dirige et contrôle le processus évolutionniste depuis les tout débuts jusqu'à l'apogée de l'homme. Les méthodes de datation ne sont pas différentes de celles employées dans les méthodes géologiques non théistes mentionnées ci-dessus. La théorie des jours-époques ou les approches similaires cherchent à harmoniser les ères géologiques au récit de Ge. 1.11
3° Et finalement, d'autres soutiennent une date de création récente allant de 6 à 20 ou 30 mille ans. Après une analyse approfondie, Ussher (1581-1656) plaça la date de la création à 4004 av. J.-C. ; d'autres suggèrent que "la Bible ne peut pas soutenir une date pour la création de l'homme qui remonte à plus de 10 000 ans av. J.-C."12 Il semble y avoir certaines preuves de cultures primitives avant 10 000 av. J.C.13 ; il faudrait donc probablement placer le déluge à plus de 12 000 ans av. J.-C. La théorie fixant la création à 10 ou 20 mille ans semble plus soutenable et plus en accord avec les méthodes historico-grammaticales d'interprétation que celle lui attribuant des millions d'années.
11 — Une savante harmonisation a été tenté par le géologue Davis A. Young, Creation and the Flood.
12 — Morris, The Genesis Record, p. 45.
13 — Davis, Paradise to Prison, p. 31.
Il nous faut aussi considérer la théorie de l'intervalle. Si, comme cela a été suggéré par plusieurs, Ge. 1.2ss. est une recréation, la date de la création originale peut être très ancienne ou récente. On ne connaît pas la durée de la période entre la création et la recréation. Certains postulent de longues périodes incommensurables ; d'autres, une période plutôt courte. Si la création (ou recréation) est récente et que l'interprétation littérale des Écritures la favorise, nous devons alors mettre en question l'interprétation de longues périodes géologiques de même que le profil géologique de référence. Quelle est la réponse à la durée apparemment astronomique nécessaire à la formation de la terre ? Comme nous l'avons suggéré plus haut, nous pouvons trouver des réponses dans la création avec une apparence d'âge, dans la géologie du déluge et dans les omissions au sein des généalogies de la Genèse.
Il semble évident, d'après Ge. 2, qu'Adam fut créé adulte. Nous avons donc l'apparence d'âge, du moins dans la création d'Adam. N'est-il pas également concevable que toute la création de Dieu ait aussi une apparence d'âge, incluant peut-être même les fossiles ? De plus, la Bible enseigne qu'il y a eu un déluge universel ; un tel cataclysme aurait sûrement eu des effets d'une portée considérable sur la topographie de la terre. Une étude des diverses généalogies bibliques indique aussi qu'elles sont incomplètes et qu'elles contiennent des omissions. Le fait de reconnaître ces trois éléments nous permet de postuler une date plus ancienne que 4004 av. J.-C. sans pour autant aller jusqu'à des millions d'années. La doctrine de la création est une doctrine que l'on doit accepter par la foi (Hé. 11.3). Nous devons donc accepter le récit biblique comme l'autorité suprême.
Il y a plusieurs autres passages bibliques qui enseignent la création. Quelques-uns d'entre eux parlent de la création originale des cieux et de la terre (És. 40.26 ; 45.18). Un bon nombre parlent de la création de tous les hommes par Dieu (Ps. 102.19 ; 139.13-16 ; És. 43.1, 7 ; 54.16 ; Éz. 21.30). Plusieurs présentent Dieu comme le créateur des cieux et de la terre, et de tout ce qu'ils contiennent (Es. 45.12 ; Ac. 17.24 ; Ro. 11.36 ; Ep. 3.9 ; Ap. 4.11). Comme dans Ge. 1, Dieu est également présenté comme créant par le moyen de son Esprit (Ps. 104.30), de son Fils (Jn. 1.3 ; Col. 1.16) et de sa Parole (Ps. 148.5).
Plusieurs philosophies nient la doctrine de la création et postulent d'autres origines pour l'univers. L'athéisme, qui nie l'existence de Dieu, est obligé de considérer la matière comme éternelle ou de trouver une autre cause naturelle. Le dualisme soutient soit deux principes éternels, un bon et un mauvais, soit deux êtres éternels, Dieu et Satan ou Dieu et la matière. Le panthéisme fait de la création une partie de Dieu. L'agnosticisme dit que personne ne peut savoir quoi que ce soit à propos de Dieu ou de sa création. Le christianisme affirme que la création est l'œuvre de la volonté souveraine d'un Dieu infini, qui, bien que immanent dans sa création, la transcende également.
Le même motif qui a amené Dieu à formuler ses desseins et ses décrets l'a aussi amené à les mettre à exécution. C'est-à-dire qu'il a créé toutes choses pour sa propre gloire. D'abord et principalement, il créa de manière à manifester sa gloire. Les Écritures déclarent : "Éternel, notre Seigneur, que ton nom est magnifique sur toute la terre. Ta majesté s'élève au-dessus des cieux" (Ps. 8.2) ; "Les cieux racontent la gloire de Dieu" (Ps. 19.2) ; et "Alors la gloire de l'Éternel sera révélée, et au même instant toute chair la verra" (És. 40.5 ; voir aussi Ez. 1.28 ; Lu. 2.9 ; Ac. 7.2 ; 2 Co. 4.6).
Il créa, deuxièmement, pour recevoir la gloire. La Bible ordonne : (1 Ch. 16.29) : "Fils de Dieu, rendez à l'Éternel, rendez à l'Éternel gloire et honneur, rendez à l'Éternel gloire pour son nom. Adorez l'Éternel avec des ornements sacrés !" (Psaumes 29.1ss.) ; et "Rendez gloire à l'Éternel, votre Dieu" Jér. 13.16). L'Église a comme responsabilité de glorifier Dieu (Ro. 15.6, 9 ; 1 Co. 6.20 ; 2 Co. 1.20 ; 1 Pi. 4.16).
L'univers est l'œuvre de Dieu et il existe pour manifester sa gloire. Il convient donc de l'étudier de manière à contempler sa gloire. Il convient également de faire ce que nous pouvons pour mettre sa gloire en valeur et la déclarer. Les réponses à nos prières devraient naturellement nous conduire à donner gloire à Dieu ; une étude intelligente des promesses et des dispositions de Dieu pour son peuple devrait aussi nous conduire au même résultat. En effet, comme Paul nous y exhorte : "Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez, soit que vous fassiez quelque autre chose, faites tout pour la gloire de Dieu" (1 Co. 10.31).