Évolution ou création

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Les énigmes de la paléontologie

Rappelons que pour être plausible, l’évolution devrait satisfaire à 7 conditions, énoncées au chapitre 9, p. 99, 100. Si une seule de ces conditions n’était pas vérifiée, la théorie serait hautement douteuse. Or, nous venons de le voir, aucune d’entre elles n’est réalisée. Toutes les bases font défaut : absence d’explication de l’origine de la vie, absence d’organismes primitifs dans les couches les plus anciennes, absence de continuité des formes, manque de chaînons intermédiaires entre les groupes. Tous ces faits (pour se limiter à ceux qui relèvent de la paléontologie) devraient logiquement entraîner un abandon de la thèse traditionnelle. Dans ce chapitre, nous nous proposons de présenter encore un certain nombre d’objections à la thèse évolutionniste et d’esquisser une solution de quelques énigmes.

1. LES FOSSILES VIVANTS

Nous venons de souligner l’absence des formes de transition entre les groupes, entre les familles, entre les genres. Cette absence confirme l’impression que les espèces fossiles n’ont pas dérivé les unes des autres par filiation, mais qu’elles représentent des espèces différentes, stables1.

1 Nous rappelons une fois de plus que nous ne sommes pas fixistes. Les espèces sont stables, comme le montre l’expérience de MORGAN sur les Drosophiles. Mais elles ne sont pas fixes. Il y a stabilité du groupe, mais aussi différenciation des types dans le groupe, au niveau individuel d’abord, puis collectif par hérédité. Mais ces variations n’affectent nullement les caractères fondamentaux du groupe qui demeure stable autour du type moyen. Ces faits d’expérience (car on peut, ici, parler de faits)sont diamétralement opposés à la théorie transformiste.

1. Okapi du Congo

Squelette de Dinornos géant de la Nouvelle-Zélande. Muséum national d’Histoire naturelle de Paris.

La Cœlacanthe. Musée de Tananarive.

De nombreuses preuves expérimentales peuvent être données de ces faits. Les expériences de Morgan sont les plus célèbres. Nous renvoyons sur ce point aux chapitres concernant la biologie contemporaine, p. 155 et suivantes. Mais il est possible, également, d’en donner des preuves paléontologiques. Elles sont fournies par les fossiles vivants, qui constituent une véritable énigme pour un évolutionniste.

Il serait trop long d’en donner une liste complète, tant ils sont nombreux. Nous préférons donc les regrouper en plusieurs catégories :

2 Donc instables, si l’on en croit les évolutionnistes ! Bel exemple d’instabilité qui se poursuit depuis plusieurs millions d’années.

a. Les fossiles vivants permanents

Nous n’en mentionnons que quelques-uns, tant ils sont nombreux3. Ainsi les éponges, les vers marins, les raies, les requins (connus depuis le Dévonien), les lamproies (qui semblent même en régression), les oursins, connus également au Dévonien, les lamellibranches, les scorpions, etc.

3 Voir par exemple E. BASSE DE MÉNORVAL, Les fossiles, Paris, 1968, ou R. FURON, La paléontologie, Paris, 1951, p. 149 ss.

L’un des plus curieux est peut-être le Tuatara, reptile ressemblant à un gros lézard, que l’on trouve fréquemment dans les couches jurassiques, et qui vit actuellement, seul de son groupe, en Nouvelle-Zélande4.

4 Cf. Ch. BOGERT, The Tuatara : Why is it a Lone Survivor ?, dans « Scientific Monthly », vol. LXXVI, mars 1953, p. 163-170.

Mais le record de « stabilité » semble bien appartenir aux algues bleues, dans le règne végétal, aux lingules, dans le règne animal. Toutes deux existent, sans avoir subi la moindre modification, dans toutes les couches géologiques jusqu’à nos jours. Elles n’ont pas changé depuis un milliard d’années pour les algues bleues, près d’un demi-milliard d’années pour les lingules. L’évolution ne les a pas touchées5. On ne peut qu’être surpris d’une telle obstination !

5 Cf. J. CARLES, Les origines de la vie, Paris, 1969, 7e éd., p. 115-119.

Toutes ces espèces ont donc « survécu paisiblement jusqu’à nos jours, sans avoir rien changé à leur apparence, ni à leur mode de vie, en défi à toutes les probabilités de l’évolution6 ». Comment expliquer pareille permanence ? N’ont-elles pas, elles aussi, subi l’action des facteurs évolutifs que l’on suppose pour les autres espèces ? Pourquoi y auraient-elles résisté&nnbsp;? Certes, on nous dit bien que les conditions ont pu favoriser ici l’évolution, et la défavoriser  ! Mais que dire d’une théorie qui s’accommode aussi bien de situations diamétralement opposées ! Y a-t-il variation ? C’est la preuve de l’évolution. Y a-t-il permanence ? C’est l’exception qui confirme la règle !

6 R. FURON, op. cit., p. 128. C’est nous qui soulignons.

b. Les fossiles « ressuscités »

Mais il y a mieux. Certaines espèces, tant végétales qu’animales, connues dans une ou plusieurs couches, font défaut dans toutes les couches qui suivent. Puis elles réapparaissent à notre époque, bien vivantes, et… presque inchangées. Beaucoup d’entre elles ont été découvertes récemment, alors qu’on les avait portées disparues, dépassées par l’évolution dans sa marche en avant, laissées là comme des épaves ou des témoins depuis plusieurs centaines de millions d’années.

Citons le célèbre Cœlacanthe (voir page 130) représentant d’un groupe que l’on croyait éteint depuis la fin du Crétacé, il y aurait 90 millions d’années. Un spécimen fut pêché vivant en 1938 au large des côtes sud-africaines puis un autre en 1952 au large de Madagascar. On en connaît actuellement 9 spécimens7. Ils sont pratiquement identiques aux Cælacanthes fossiles du Crétacé.

7 Cf. H.S. LADD, Ecology, Paleontology and Stratigraphy, dans « Science », vol. 129, 9 janvier 1959, p. 69-78.

Ceci pose un triple problème aux évolutionnistes : Pourquoi le Cœlacanthe n’a-t-il pas évolué ? Pourquoi est-il absent des couches géologiques pendant si longtemps, pour réapparaître de nos jours ? Si l’on considère que l’identification des couches repose sur la présence ou l’absence de tel ou tel « fossile caractéristique », n’a-t-on pas le droit d’être inquiet quant à la certitude de cette identification ?

Le Cœlacanthe est le plus célèbre de ces « fossiles à surprises ». Mais il n’est pas le seul. On peut citer aussi le Lepidocaris, crustacé primitif du Dévonien, supposé éteint depuis plus de 300 millions d’années, et pêché vivant près de Long Island en 19538 ; l’Hutchinsoniella macrocantha et le Derocheilocaris typicus, deux crustacés microscopiques primitifs, découverts dans les fonds sableux de la Nouvelle-Angleterre. Des Crinoïdes aussi ont été trouvés dans le golfe du Mexique. On a même découvert, en 1957, vivant dans les boues profondes de la mer, des crustacés fort proches des trilobites, ces fossiles très répandus au Cambrien9 et inconnus après le Primaire. De même, chez les plantes, citons le Métaséquoia, présent en Chine et porté disparu depuis le Miocène, soit depuis 20 millions d’années selon la thèse actualiste. De tels exemples posent la question : Pourquoi ne trouve-t-on pas leurs fossiles dans des couches géologiques épaisses et étendues ? Si réellement ces fossiles étaient les témoins de formes de vie d’une époque très lointaine, comment expliquer qu’après leur présence en si grand nombre dans une couche déterminée on constate leur totale disparition dans toutes les couches qui suivent et leur réapparition à l’époque contemporaine ? Leur présence dans le monde vivant actuel prouve que ces espèces n’ont pas cessé d’exister à la surface du globe. Comment se pourrait-il que jamais la fossilisation n’aurait affecté l’une d’entre ces formes de vie, pendant des centaines de millions d’années ? La fossilisation est un phénomène rare, dira-t-on, mais tout de même ! On possède des milliards de fossiles !

8 Ibid.

9 Voir Living Fossil Ressembles Long-Extinct Trilobite, dans « Science Digest », vol. 42, décembre 1957.

On est en droit de se demander si la présence aussi abondante de telles formes de vie dans tel type de sédiments ne seraient pas attribuables à quelque soudaine catastrophe qui les aurait ensevelies dans leur « milieu de vie ». Ceci expliquerait à la fois leur extrême abondance dans une couche et leur absence dans les couches suivantes. Autrement dit leur présence dans les couches géologiques où on les trouve serait le résultat d’une catastrophe ayant affecté la zone écologique où vivaient ces espèces lors de leur soudaine sédimentation. Un argument vient étayer cette thèse, c’est le fait que la plupart de ces « fossiles vivants » sont des animaux marins vivant dans les milieux tout à fait spécifiques : les grands fonds, les boues et sables, où précisément on les retrouve encore aujourd’hui. Ensevelis par la sédimentation, ils ne figurent plus dans les couches postérieures et réapparaissent de nos jours dans leur milieu naturel de vie que les survivants ont repeuplé.

Une chose est certaine en tout cas : dans l’hypothèse évolutionniste, des espèces qui ne sont pas fossilisées pendant plusieurs millions d’années dans les couches VIVAIENT CEPENDANT, puisqu’elles vivent encore aujourd’hui. Il y a continuité entre celles du passé et celles du présent. Les évolutionnistes seraient donc mal venus de reprocher aux créationistes l’absence des mammifères ou des hommes dans les anciennes couches de la terre. Leur absence de ces couches ne prouve nullement leur inexistence aux époques correspondantes. Ils n’ont simplement pas été fossilisés, pour des raisons que nous expliquons plus loin.

c. Les « chaînons manquants »… vivants

Nous avons mentionné précédemment les difficultés éprouvées par les évolutionnistes dans leur reconstruction de la chaîne continue de la vie. Des maillons manquent. Les intermédiaires entre groupes ou familles n’existent pas dans les archives des fossiles. Nous voulons montrer maintenant que, même si de tels « intermédiaires » existaient, ils ne constitueraient nullement une « preuve » de l’évolution. En effet, de telles formes (que leurs caractères situeraient entre deux groupes) existent bel et bien dans la nature présente. Selon la théorie évolutionniste, c’est tout le contraire qui devrait se produire. Les intermédiaires, formes transitoires, devraient se rencontrer dans les couches-témoins du passé. Tandis que la nature présente, évoluée, ne devrait pas en posséder10.

10 D’autant plus que selon les évolutionnistes eux-mêmes la nature présente n’évolue plus, elle est figée. Dès lors de tels « chaînons intermédiaires » actuels n’ont (et ne peuvent avoir) aucune signification évolutive : ils ne sont pas des amorces de groupes intermédiaires nouveaux puisque la nature présente n’évolue plus et que les groupes auxquels ils ressemblent sont déjà présents. Ils ne sont pas non plus les témoins de passage ancien entre groupes, puisque ces groupes, plus stables qu’eux, ont parfois disparu alors qu’eux-mêmes, présumés instables, se seraient conservés jusqu’à nos jours. La conclusion qui s’impose, c’est que la présence de « chaînons intermédiaires » n’a aucune signification favorable à l’évolution. Elle n’en aurait aucune non plus si de tels « chaînons fossiles » existaient. Mais plus encore, bien sûr, quand ils n’existent pas, ce qui est le cas.

Le Néopilina galathae, sorte de mollusque segmenté, est connu depuis 1952, date à laquelle il a été dragué par 3500 m de fond au large des côtes du Mexique. Or ce mollusque, que l’on croyait éteint depuis 280 millions d’années, était considéré comme une forme transitoire conduisant aux Céphalopodes11. N’est-ce pas un bel exemple d’obstination pour une forme transitoire que Teilhard de Chardin et la plupart des évolutionnistes après lui postulent comme « nécessairement instable » ?

11 Cf. B. CLASS, New Missing Link Discovered, dans « Science », vol. 126, juillet 1957, p. 158.

Il y a mieux encore : l’Amphioxus semble être une forme intermédiaire possible, selon ses caractères morphologiques, entre les Invertébrés et les Poissons. Il n’a pas de squelette mais est pourvu d’une ébauche vertébrale d’où son caractère « intermédiaire ». S’il avait été découvert fossile, on n’aurait pas manqué de le placer sur les arbres généalogiques, entre les Invertébrés et les Poissons. « Mais il n’est pas connu fossile12. »

12 E. GAGNEBIN, Le transformisme et l’origine de l’Homme, Lausanne, 1947, p. 61.

Lingules

Feuilles de ginkgo

Trilobite

C’est donc bien la situation inverse de celle exigée par l’évolution : absence de « chaînons intermédiaires » dans le passé, présence de ceux-ci dans la nature actuelle. Comment expliquer cette anomalie ? Ne serait-ce pas plutôt que ces prétendues « formes intermédiaires », tant présentes que fossiles, ne sont que des espèces peu connues, mal étudiées, et dont le caractère « intermédiaire » n’existe que sur le plan de la morphologie, et nullement sur le plan chronologique ? Ils sont entre l’Invertébré et le Poisson comme la 3 CV Citroën est entre la 2 CV Citroën et la 4 CV Renault ! Elle est intermédiaire sur le plan de la puissance fiscale, mais nullement sur celui de l’ordre chronologique ! Il y a encore moins filiation dans le sens 2-3-4 !

Tous ces faits nous conduisent plutôt à abandonner l’hypothèse évolutionniste et à considérer le catastrophisme comme une base de travail plus satisfaisante. Y a-t-il d’autres arguments en faveur de cette dernière théorie ? Il semble que oui.

2. PALÉONTOLOGIE ET CATASTROPHISME

La présence même de fossiles dans les couches géologiques devrait nous faire réfléchir. Quelles sont les conditions requises pour qu’un cadavre soit fossilisé ?

Dans les conditions actuelles, la fossilisation est un phénomène exceptionnel. Comme le remarque L. Moret, « il est rare que des cadavres ou autres débris d’êtres organisés puissent se conserver à la surface du sol, car ils ne tardent pas à y être détruits. La condition essentielle de la fossilisation est donc l’enfouissement à l’abri de l’air13. » Les meilleurs agents de fossilisation, dans les conditions présentes de la nature, sont :

13 L. MORET, Précis de géologie, Paris, 1967, p. 268.

Le gel rapide. On connaît le cas de nombreux mammouths gelés en Sibérie14.

La conservation dans les tourbières. Tout le monde connaît le cas de cet homme précipité dans une tourbière au Danemark, au début de notre ère, et retrouvé dans un état de conservation tel qu’on a pu observer la longueur des poils de sa barbe, vieille de 2 ou 3 jours15 (voir illustration, ci-contre).

L’enfouissement rapide sous les cendres volcaniques ou dans l’ambre jaune. On connaît ainsi de remarquables insectes fossilisés dans l’ambre de la Baltique.

14 Sur le problème des mammouths gelés, voir le chapitre 27.

15 Voir le récit de la découverte et les photographies prises sur les lieux mêmes dans P.V. GLOB, Lifelike man preserved 2000 years in peak, dans « The National Geographic Magazine », vol. 105…

L’homme de Tollund, Danemark. Etranglé et précipité dans une tourbière il y a 2000 ans, il a été retrouvé intact.

Dans la plupart des cas, la fossilisation requiert la présence de parties dures dans l’organisme : os, coquilles. Encore n’est-ce généralement pas suffisant car, même dans les déserts, les os les plus résistants n’existent plus au bout de vingt ans. La présence de fossiles exige donc un ensevelissement rapide dans les sédiments. « La condition première de la fossilisation d’un cadavre est donc sa soustraction à l’action des agents atmosphériques et biologiques (bactéries, organismes nécrophages), donc son ensevelissement par les sédiments16. »

16 G. et H. TERMIER, Initiation à la paléontologie, Paris, 1952, t. I, p. 11.

Il faudrait ajouter ensevelissement rapide et massif, comme nous allons le montrer.

Un ensevelissement rapide, car, comme on l’a vu, la décomposition affecte tout de suite le cadavre. De plus, on connaît de très nombreux cas d’empreintes fossiles : empreintes de dinosaures par exemple, dans les couches crétacées de la Paluxy River, aux Etats-Unis17. Or ces empreintes n’ont pu être faites que dans un sédiment encore meuble et, pour s’être conservées, ont dû être presque aussitôt emplies par un autre sédiment, de nature différente, formant ainsi un moulage. Le même phénomène d’ensevelissement rapide ressort clairement de la présence des coprolithes, où excréments fossilisés des reptiles du Secondaire. Ou encore de l’existence, dans la pierre, de fossiles aussi délicats que les larves de papillons, de lézards avec leurs yeux, de fruits, etc., silicifiés au Miocène18. On connaît même des fossiles remarquablement bien conservés depuis le Cambrien (soit, selon les évaluations courantes, depuis plus de 600 millions d’années) ; ce sont parfois même des espèces à corps mou. Ainsi en est-il au mont Stephen, en Colombie britannique. « On a pu y étudier l’anatomie d’organismes à squelettes faibles ou nuls qui ne sont généralement pas fossilisés : méduses, annélides, holothurides, phyllopodes19. » Nous avons déjà parlé de l’Archéoptéryx jurassique conservé avec ses plumes, et chacun garde en sa mémoire quelque vision de l’empreinte délicate d’une fougère ou d’une feuille dans les couches carbonifères. Tous ces exemples ne peuvent s’expliquer que par un ensevelissement ultra-rapide, à la manière d’une catastrophe qui, selon nous, a dû être plus récente qu’on ne le croit puisque beaucoup de feuilles ainsi préservées ont gardé leur pigmentation et leur chlorophyile et que d’autres fossiles, trouvés pourtant dans les terrains cambriens inférieurs (1,4 milliard d’années !) avaient conservé leurs acides aminés20 !

17 Cf. RT. BIRD, We captured a « live » Brontosaur, dans « The National Geographic Magazine », vol. CV, n° 5, mai 1954, p. 707-722.

18 Cf. L.S.B. LEAKEY, Adventures in Search of Man, dans « The National Geographic Magazine », janvier 1953, p. 148, 149.

19 G. et H. TERMIER, op. cit, t. I, p. 14.

20 Cf. P.H. ABELSON, Paleobiochemistry, dans « Scientific American », vol, 195, n° 1, juillet 1956, p. 90,91. Il est vrai que certains acides aminés sont remarquablement stables, mais à ce point…

Une catastrophe de grande ampleur, si l’on en juge par les accumulations extraordinaires d’organismes, marins pour la plupart, entassés les uns sur les autres, parfois sans aucun ciment minéral entre eux. Or, dans la nature actuelle, on ne connaît nulle part de ces « cimetières marins » gigantesques. Aucune fosse n’est en train de préparer pour l’avenir de grandes couches fossilifères comparables à celles que le passé nous a léguées. La notion de catastrophisme « modéré », à laquelle les paléontologistes doivent revenir malgré leur répugnance21, ne nous paraît même pas suffisante, car elle ne peut expliquer l’ensevelissement des millions de poissons responsables du pétrole de l’Europe centrale, par exemple. Si la nature actuelle nous donne bien, hélas ! (avec la pollution) l’image d’une hécatombe d’animaux marins, elle ne nous apprend rien sur leur fossilisation. Tous ces animaux, en effet, sont dévorés avant même de toucher le fond de l’eau !

21 Cf. L. MORET, op. cit., p. 272, ou W.J. MILLER, An Introduction to Historical Geology, New York, 1952, 6e éd. p. 12.

D’ailleurs, comment expliquer, sinon par une catastrophe de grande envergure, l’extraordinaire accumulation de dinosaures dans la région du Colorado, en Utah par exemple où les restes de plus de 300 dinosaures sont entassés au même endroit ? Lorsqu’on sait que ces animaux mesuraient 15 à 20 mètres de long et pesaient entre 10 et 50 tonnes, on imagine l’ampleur de la catastrophe qui les a engloutis, transportés et sédimentés en masse ! Et avec quelle soudaineté, puisque « plusieurs squelettes de ces dangereux reptiles ont été retrouvés en flagrant délit de meurtre sur des dinosaures herbivores, par exemple Allosaurus a été rencontré en train de dévorer un brontosaure22 ».

22 G. et H. TERMIER, op. cit., t. II, p. 106. La « disparition étrange » des Dinosauriens et des Ammonites n’a pas été expliquée de façon satisfaisante. En tout cas « l’extinction a dû être pour ainsi dire instantanée, car on a retrouvé de cette époque des centaines d’œufs de Dinosauriens, de 20 cm de long, non éclos bien entendu » (R. FURON, Introduction à l’histoire de la terre, Paris, 1970, p. 153).

Il nous apparaît donc, à la lumière de tout ce qui précède, que l’hypothèse d’un catastrophisme est beaucoup plus compatible avec les faits de la paléontologie que celle d’une lente évolution dont on ne connaît ni le point de départ, ni les stades intermédiaires et qui se heurte en chemin à tant d’impossibilités. C’est désormais à l’étude de cette hypothèse que nous allons consacrer les pages qui vont suivre.

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