La doctrine des anges suit logiquement la doctrine de Dieu, car les anges sont principalement les serviteurs de la providence de Dieu. Bien que les Écritures aient beaucoup à dire à propos des anges, il y a aujourd'hui une indifférence générale à ce sujet, équivalant souvent à un rejet de la doctrine. Différentes choses, ont contribué à cette attitude. Il y a eu d'abord l'adoration gnostique des anges (Col. 2.18) ; puis les spéculations souvent insensées des scolastiques du Moyen-Âge ; plus récemment, la croyance exagérée à la sorcellerie ; et, finalement, à notre propre époque, l'apparition de l'adoration des démons et de Satan. Il y a cependant plusieurs raisons de croire aux anges.
1° L'existence et le ministère des anges sont enseignés à maintes reprises dans les Écritures. Jésus avait beaucoup à dire à propos des anges et nous ne pouvons pas rejeter son enseignement en prétendant de façon hautaine détenir une connaissance supérieure.
2° L'évidence de la possession et de l'oppression démoniaque, ainsi que de l'adoration des démons, témoignent en faveur de l'existence des anges. Paul considérait l'idolâtrie comme une adoration des démons (1 Co. 10.20ss.). Dans les derniers jours, cette adoration des idoles et des démons prendra une plus grande ampleur (Ap. 9.20ss.).
3° L'accroissement de la pratique du spiritisme suggère que nous avons besoin de comprendre cette doctrine. Les Écritures condamnent la nécromancie ou la consultation des démons familiers (Deu. 18.10-12 ; És. 8.19ss.). Ce phénomène doit également s'accroître dans les derniers jours (1 Ti. 4.1).
4° Et il nous faut comprendre l'œuvre de Satan et des esprits méchants qui nuisent au progrès de la grâce dans nos cœurs et à l'œuvre de Dieu dans le monde, afin de savoir à quoi nous attendre à propos de ce combat dans l'avenir et être assuré que Satan sera bientôt vaincu (Ge. 3.15 ; Ro. 16.20 ; Ap. 12.7-9 ; 20.1-10).
Nous diviserons le sujet de l'angélologie en deux parties :
Les Écritures reconnaissent partout l'existence des anges, aussi bien les bons que les mauvais. Dans Psaume 148.2-5, les anges sont mentionnés avec le soleil, la lune et les étoiles comme faisant partie de la création de Dieu. Jn. 1.3 indique que toutes choses ont été faites par Jésus : "toutes choses" comprenant "toutes les choses qui sont dans les cieux et sur la terre, les visibles et les invisibles, trônes, dignités, dominations, autorités" (Col. 1.16 ; voir aussi Ép. 6.12). Que Dieu seul possède l'immortalité (1 Ti. 6.16) implique que les anges ont été créés par Dieu et doivent la prolongation de leur existence au fait que Dieu les soutient continuellement. Le moment de leur création n'est nulle part indiqué de façon précise, mais il est fort probable qu'elle se soit produite avant la création des cieux et de la terre (Ge. 1.1), car, selon Job 38.4-7, "les fils de Dieu poussaient des cris de joie" quand Dieu posa les fondements de la terre. Il est clair qu'ils existaient déjà dans Ge. 3.1, quand Satan, un être angélique, fit son apparition. Bien que les Écritures ne nous donnent pas de chiffres précis, il nous est cependant dit que le nombre des anges est très grand (Da. 7.10 ; Mt. 26.53 ; Hé. 12.22 ; Ap. 5.11).
Les hommes et les anges sont distincts. Mt. 22.30 dit que les croyants seront comme des anges, mais non qu'ils seront des anges. Les "myriades... d'anges" sont distinguées des "esprits des justes parvenus à la perfection" (Hé. 12.22ss.). L'homme a été créé inférieur aux anges, mais il leur deviendra supérieur (Ps. 8.6 (LXX) ; Hé. 2.7). Dans l'avenir, les croyants jugeront en fait les anges (1 Co. 6.3).
Ils sont appelés des "vents" ou des "esprits" (Hé. 1.7 ; voir aussi Ps. 104.4). Nous lisons dans Hé. 1.14 : "Ne sont-ils pas tous des esprits au service de Dieu, envoyés pour exercer un ministère en faveur de ceux qui doivent hériter du salut ?" Leur incorporalité semble également claire d'après Ép. 6.12 où Paul dit que "nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits méchants dans les lieux célestes."
Les anges se sont souvent révélés sous une forme corporelle (Ge. 18.19 ; Lu. 1.26 ; Jn. 20.12 ; Hé. 13.2), mais cela ne laisse pas supposer qu'ils aient un corps matériel comme élément de leur existence essentielle.
On parle des anges comme d'une armée, mais non d'une race (Ps. 148.2). Ils ne se marient pas et ne sont pas non plus donnés en mariage, et ils ne meurent pas non plus (Lu. 20.34-36). Ils sont appelés "fils de Dieu" dans l'Ancien Testament (Job 1.6 ; 2.1 ; 38.7 ; voir aussi Ge. 6.2, 4), mais il n'est jamais question des fils des anges. Le mot "ange" dans les Écritures est au masculin. Bien que le genre ne signifie pas nécessairement un sexe donné, les anges présents au tombeau du Seigneur furent identifiés comme des hommes (Lu. 24.4). Un jeune homme était assis dans le sépulcre (Mc. 16.5). Parce que les anges forment une troupe et non une race, ils ont donc péché individuellement et non dans un chef de la race. C'est peut-être à cause de cela que Dieu n'a pas pourvu à un salut pour les anges déchus. Les Écritures disent effectivement : "Car assurément ce n'est pas à des anges qu'il vient en aide, mais c'est à la postérité d'Abraham" (Hé. 2.16).
La sagesse d'un ange est considérée comme une grande sagesse (2 Sa. 14.20). Jésus a dit : "Pour ce qui est du jour et de l'heure, personne ne le sait, ni les anges des cieux" (Mt. 24.36). Paul prend les anges à témoin : "Je te conjure devant Dieu, devant Jésus-Christ, et devant les anges élus" (1 Ti. 5.21). Même les anges déchus ont une sagesse au-delà de la sagesse naturelle. Il y en a un qui a dit à Jésus-Christ : "Je sais qui tu es : le Saint de Dieu" (Lu. 4.34). Les anges "cherchent, par investigation, à apprendre quelque chose des merveilles du salut (1 Pi. 1.11-12)."1
1 — Dickason, Angels Elect and Evil, p. 27.
Il est dit qu'ils sont supérieurs aux hommes en force et en puissance (2 Pi.2.11 ; voir aussi "puissants en force", Ps. 103.20). Paul les appelle les "anges de sa puissance" (2 Th. 1.7). Nous trouvons des illustrations de la puissance des anges dans le fait que les apôtres ont été libérés de prison (Ac. 5.19 ; 12.17) et que la pierre a été roulée de devant le tombeau (Mt. 28.2). Nous voyons que leur puissance est limitée dans le fait qu'il y a un combat entre les bons anges et les mauvais (Ap. 12.7). L'ange qui était venu vers Daniel avait eu besoin de l'aide de Michel dans son combat contre le prince de Perse (Da. 10.13). Ni l'archange Michel (Jud. 1.9) ni Satan (Job 1.12 ; 2.6) n'ont une puissance illimitée.
Ils ne peuvent pas être à plus d'un endroit à la fois. Ils parcourent la terre et s'y promènent (Job 1.7 ; Za. 1.11 ; 1 Pi. 5.8), passant d'un endroit à un autre (Da. 9.21-23). Cela implique du temps et parfois des retards (Da. 10.10-14). Même le fait qu'ils volent suggère que les anges sont "des esprits au service de Dieu, envoyés pour exercer un ministère en faveur de ceux qui doivent hériter du salut" (Hé. 1.14). Les anges déchus sont les serviteurs de Satan (2 Co. 11.15).
Il nous faut considérer à ce moment-ci le problème de l'origine du mal, car le mal a eu le ciel pour origine et non la terre. À l'exception de certains philosophes hindous, qui en parlent comme d'une "maya" ou "illusion", et des adhérents de la science chrétienne, qui l'appellent une "erreur de l'esprit mortel", tous les hommes reconnaissent le grave et solennel fait du mal dans l'univers. Sa présence dans le monde est, en philosophie et en théologie, un des problèmes les plus embarrassants. Cela est dû à la difficulté d'harmoniser l'idée du mal avec la conception d'un Dieu bienveillant, saint et infini. Certains soutiennent que les deux idées sont absolument incongrues et adoptent la position du dualisme, qui affirme que le mal, comme le bien, est éternel. Il n'y a donc jamais eu d'univers parfait ni, par conséquent, de "chute". C'est le point de vue du zoroastrisme mazdéen, du gnosticisme et du manichéisme. Certains théologiens modernes soutiennent à peu près le même point de vue et enseignent que Dieu est un Dieu borné et qu'il livre un combat continuel contre le mal. Toutes ces théories furent inventées pour absoudre Dieu de toute responsabilité quant au mal, mais elles n'y réussissent qu'en le rabaissant à moins que Dieu.
Mais il y a toute raison de croire que les anges furent créés parfaits. Dans le récit de la création (Ge. 1), il nous est dit à sept reprises que tout ce que Dieu avait fait était bon. Dans Ge. 1.31, nous lisons : "Dieu vit tout ce qu'il avait fait et voici, cela était très bon." Cela inclut certainement la perfection des anges en sainteté lorsqu'ils furent créés à l'origine. Si Éz. 28.15 fait allusion à Satan, comme plusieurs le supposent, il n'y a donc pas de doute que Satan a été créé parfait. Mais plusieurs passages bibliques nous présentent certains des anges comme mauvais (Ps. 78.49 ; Mt. 25.41 ; Ap. 9.11 ; 12.7-9). C'est parce qu'ils ont péché, n'ayant pas gardé leur dignité et ayant abandonné leur propre demeure (2 Pi. 2.4 ; Jud. 1.6). Satan fut sans nul doute le chef de cette apostasie. Éz. 28.15-17 semble décrire sa chute. Une autre allusion possible à sa chute se trouve dans És. 14.12-15. Il n'y a nul doute qu'il y a eu une chute précise pour certains des anges.
Les Écritures demeurent silencieuses sur ce point, mais il est clair que la chute des anges s'est produite avant celle de l'homme, puisque Satan entra dans le jardin sous la forme d'un serpent et induisit Ève à pécher (Ge. 3.1ss.). Mais nous ne pouvons pas dire précisément combien de temps avant l'incident en Éden la chute des anges a eu lieu. Ceux qui considèrent les jours de la création comme de longues époques seront tout naturellement portés à penser que cette chute a eu lieu à un certain moment avant ou pendant cette longue période ; ceux qui soutiennent que Ge. 1.2 décrit la conséquence d'une grande catastrophe placeront habituellement la chute des anges à un certain moment avant Ge. 1.1 ou entre Ge. 1.1-2. Il est cependant certain qu'elle s'est produite avant Ge. 3.1.
C'est un des plus profonds mystères de la théologie. Les anges furent créés parfaits ; toute l'affection de leur cœur était dirigée vers Dieu ; leur volonté se portait vers Dieu. La question que nous avons à résoudre est la suivante : comment un être semblable a-t-il pu tomber ? Comment la première affection impie a-t-elle pu voir le jour dans un tel cœur et comment la volonté a-t-elle reçu sa première impulsion pour se détourner de Dieu ? Diverses solutions à ce problème ont été proposées. Nous pouvons en relever quelques-unes.
Certains disent que tout ce qui existe a Dieu pour cause ; il doit par conséquent être l'auteur du péché. À cela nous répondons que si Dieu est l'auteur du mal et s'il condamne la créature pour avoir commis le péché, nous n'avons donc pas un univers moral. D'autres disent que le mal est dû à la nature du monde. L'existence du monde est le plus grand de tous les maux et la source de tous les autres. La nature elle-même est mauvaise. Mais les Écritures elles-mêmes déclarent à plusieurs reprises que tout ce que Dieu a fait est bon et elles rejettent formellement l'idée que la nature soit mauvaise en soi (1 Ti. 4.4). Et finalement, certains suggèrent que le mal est dû à la nature de la créature. Ils soutiennent que le péché est une étape nécessaire dans le développement de l'esprit. Mais les Écritures ne parlent pas d'un tel développement évolutionniste et considèrent l'univers et les créatures comme parfaits à l'origine.
Il est utile de se rappeler que la créature avait à l'origine ce que les théologiens latins appelaient la capacité posse peccare et posse non peccare, c'est-à-dire de pécher et de ne pas pécher. Elle était dans une position où elle pouvait faire l'une ou l'autre sans être contrainte de faire l'une ou l'autre. Autrement dit, sa volonté était autonome.
Nous devons donc en conclure que la chute des anges a été causée par leur révolte délibérée et volontaire contre Dieu. Ils ont choisi le moi et ses intérêts plutôt que Dieu et ses intérêts. Si nous demandions quel motif particulier a pu susciter cette révolte, les Écritures semblent nous donner plusieurs réponses. Une grande prospérité et beauté semblent être des indices possibles à cet égard. Dans Ez. 28.11-19, le roi de Tyr semble symboliser Satan, et il est écrit que c'est pour ces raisons qu'il est tombé (voir 1 Ti. 3.6). Une ambition indue et le désir de surpasser Dieu semblent être d'autres indices. Le roi de Babylone est accusé d'une telle ambition et lui aussi pourrait être un symbole de Satan (És. 14.13ss.). En bref, c'était l'égoïsme, le mécontentement par rapport à sa situation et le désir insatiable d'avoir ce qui appartenait de droit à quelqu'un d'autre. La cause de la chute de Satan a sans aucun doute été également la cause de la chute des autres anges mauvais. La queue du dragon a entraîné le tiers des étoiles (Ap. 12.4) dans sa chute. Cela pourrait faire allusion au tiers des anges qui sont tombés avec Satan.
Les Écritures indiquent plusieurs conséquences de leur chute.
1° Ils ont tous perdu leur sainteté originelle et se sont corrompus dans leur nature et leur conduite (Mt. 10.1 ; Ép. 6.11ss. ; Ap. 12.9).
2° Certains d'entre eux furent jetés en enfer (Tartare) et y sont enchaînés jusqu'au jour du jugement (2 Pi. 2.4 ; Jud. 1.6).
3° Certains autres furent laissés en liberté et s'opposent directement à l'œuvre des bons anges (Da. 10.12, 20ss. ; Jud. 1.9 ; Ap. 12.7-9).
4° Il peut également y avoir eu un effet sur la création originelle. Nous lisons que le sol fut maudit à cause du péché d'Adam (Ge. 3.17-19) et que la création pousse des gémissements à cause de la chute (Ro. 8.19-22). Certains suggèrent que le péché des anges a quelque chose à voir avec la ruine de la création originelle dans Ge. 1.2, 5) Ils seront un jour précipités sur la terre (Ap. 12.8ss.), et après leur jugement (1 Co. 6.3), jetés dans l'étang de feu (Mt. 25.41 ; 2 Pi. 2.4 ; Jud. 1.6). Satan sera détenu dans l'abîme pendant une période de mille ans avant d'être jeté dans l'étang de feu (Ap. 20.1-3, 10).
Les anges se divisent en deux grandes classes : les bons et les mauvais. Il y a diverses subdivisions dans chacune de ces classes.
Il y a plusieurs sortes de bons anges.
1. Les anges. Le mot ange, aussi bien en hébreu qu'en grec, signifie "messager". Les disciples que Jean envoya à Jésus sont appelés aggeloi, ou messagers (Lu. 7.24). Seul le contexte nous permet de déterminer clairement si le mot s'applique à des messagers humains ou surhumains. Il y a des myriades d'anges. Daniel dit : "Mille milliers le servaient, et dix mille millions se tenaient en sa présence" (Dan. 7.10 ; voir Ap. 5.11). Le psalmiste dit : "Les chars de l'Éternel se comptent par vingt mille, par milliers et par milliers ; le Seigneur est au milieu d'eux, le Sinaï est dans le sanctuaire" (Ps. 68.18). Notre Seigneur a dit à Pierre que son Père lui aurait envoyé plus de douze légions d'anges s'il le lui avait demandé (Mt. 26.53). Dans Hébreux, il est question "des myriades qui forment le chœur des anges" (Hé 12.22). Ils peuvent apparaître individuellement (Ac. 5.19), en couple (Ac. 1.10) ou en groupe (Lu. 2.13).
2. Les chérubins. Les chérubins sont mentionnés dans Ge. 3.24 ; 2 Ro. 19.15 ; Ez. 10.1-22 ; 28.14-16. On ne connaît pas de façon certaine l'étymologie du mot, bien qu'il ait été suggéré qu'il signifie "couvrir" ou "garder". Un chérubin gardait l'entrée du jardin (Ge. 3.24). Deux chérubins furent placés sur le dessus de l'arche dans le tabernacle et dans le temple (Ex. 25.19 ; 1 Ro. 6.23-28). Des chérubins étaient également représentés sur les tapis intérieurs et le voile du tabernacle (Ex. 26.1, 31), et gravés sur les portes du temple (1 Ro. 6.32, 35). Du fait qu'ils gardaient l'entrée du paradis, qu'ils étaient représentés comme supportant en quelque sorte le trône de Dieu (Ps. 18.11 ; 80.2 ; 99.1) et qu'il y avait des représentations d'eux sur les tapis et le voile du tabernacle, et sur les portes du temple, nous en retirons qu'ils étaient principalement les gardiens du trône de Dieu. Avant sa chute, Satan faisait peut-être partie de leur nombre (Ez. 28.14-16).
3. Les séraphins. Les séraphins ne sont mentionnés par leur nom que dans És. 6.2, 6. Ils semblent être distincts des chérubins, car il est écrit que Dieu est assis au-dessus des chérubins (1 Sa. 4.4 ; Ps. 80.2 ; 99.1), tandis que les séraphins se tiennent au-dessus de lui (Es. 6.2). Leurs fonctions sont également différentes de celles des chérubins. Ce sont eux qui dirigent l'adoration du Dieu Tout-Puissant dans le ciel et qui purifient les serviteurs de Dieu pour une adoration et un service acceptables. C'est-à-dire qu'ils semblent se soucier de l'adoration et de la sainteté plutôt que de la justice et de la puissance. Les chérubins, au contraire, sont les gardiens du trône de Dieu et ses ambassadeurs extraordinaires. Ainsi chacun a une position et un ministère distincts.
4. Les êtres vivants. Certains identifient les êtres vivants d'Ap. 4.6-9 aux séraphins2, et d'autres aux chérubins3. Il y a des différences frappantes entre eux et il est donc probablement préférable de les identifier comme un type d'ange différent des séraphins et des chérubins. Ils adorent Dieu, dirigent les jugements de Dieu (Ap. 6.1ss. ; 15.7) et sont témoins de l'adoration des 144 000 (Ap. 14.3). Leur action se déroule autour du trône de Dieu, comme d'ailleurs celle des séraphins et des chérubins.
2 — Dickason, Angels Elect and Evil, p. 67.
3 — Hoyt, An Exposition of the Book of Revelation, p. 35.
5. Les archanges. Le terme "archange" ne revient que deux fois dans les Écritures (1 Th. 4.16 ; Jud. 1.9), mais il y a d'autres références à au moins un archange, Michel. Il est le seul ange appelé archange. Il est décrit comme ayant ses propres anges (Ap. 12.7) et présenté comme le chef de la nation d'Israël (Da. 10.13, 21 ; 12.1). Le livre apocryphe d'Hénoch (20.1-7) énumère six anges puissants : Uriel, Raphaël, Raguel, Michel, Zariel et Gabriel. Une variante dans la marge ajoute Remiel comme le septième. Nous lisons dans Tobit 12.15 : "Je suis Raphaël, l'un des sept anges saints qui présentent les prières des saints et pénètrent en présence de la gloire du Saint." Bien que ces livres soient apocryphes, ils nous montrent cependant ce que les anciens croyaient à cet égard. Il semble que Gabriel pourrait être considéré comme un second archange (Da. 8.16 ; 9.21 ; Lu. 1.19, 26).
Les archanges semblent avoir la responsabilité particulière de protéger Israël et de le faire réussir (Da. 10.13, 21 ; 12.1), d'annoncer la naissance du Sauveur (Lu. 1.26-38), de vaincre Satan et ses anges dans leur tentative de faire mourir l'enfant et la femme (Ap. 12.7-12), et de proclamer le retour de Christ pour les siens (1 Th. 4.16-18).
6. Ceux qui veillent. Dans Da. 4.13, il est question d'"un de ceux qui veillent et qui sont saints" ; il sera encore question d'eux au v. de Dan. 4.17. Ce sont probablement des anges envoyés par Dieu pour observer. Leur nom suggère une vigilance. Ils contribuent également à apporter un message de Dieu aux hommes. Nous ne savons cependant pas s'il s'agit d'une classe particulière d'anges.
7. Les fils de Dieu. Une autre expression utilisée pour les anges, est celle de "fils de Dieu". Cette expression est utilisée dans Job 1.6 ; 2.1 et 38.7 pour désigner les anges, y compris Satan. Ils sont fils de Dieu dans le sens où ils ont été créés par Dieu. En fait, le mot "dieux" (elohim) est également employé pour désigner les anges (Ps. 8.6 ; voir aussi Hé. 2.7). Certains soutiennent que les fils de Dieu mentionnés dans Ge. 6.2 sont des anges qui ont cohabité avec des femmes. Il pourrait cependant être question de la descendance de Seth.
Plusieurs passages indiquent qu'il y a parmi les anges une certaine organisation. Dans Col 1.16, Paul parle des trônes, des dignités, des dominations, des autorités, et il ajoute qu'ils ont été créés "par lui et pour lui". Cela semble indiquer que Paul fait allusion aux bons anges. Dans Ép. 1.21, il semble être question aussi bien des bons que des mauvais. Ailleurs, cette terminologie fait certainement allusion aux anges mauvais (Ro. 8.38 ; Ép. 6.12 ; Col. 2.15).
Il semble cependant peu probable que Paul voulait présenter dans Col. 1.16 la hiérarchie habituelle des anges, et il n'avait certainement pas à l'esprit un système complexe d'éons pour servir les fins de la Théologie et de l'éthique métaphysiques. Le Testament des douze Patriarches (Levi 3), écrit vers la fin du premier siècle, enseigne qu'il y a sept cieux. Le premier n'est pas peuplé, mais tous les autres le sont par divers esprits ou anges. Mais Paul n'enseigne pas un tel échelonnement systématique des anges. Tout ce que nous pouvons dire, c'est que les trônes font peut-être allusion à des êtres angéliques dans la présence immédiate de Dieu. Ces anges sont investis d'une puissance royale, qu'ils exercent sous l'autorité de Dieu. Les dignités semblent venir après les trônes quant à leur dignité. Les dominations semblent faire allusion à ceux qui dominent sur les différents peuples ou nations. Ainsi Michel est présenté comme le chef d'Israël (Da. 12.10 ; 12.1), et il y a de plus mention du chef de la Perse et du chef de Javan (Da. 10.20). C'est donc dire que chacun est chef dans chacune de ces principautés. Cela semble également vrai de l'Église, car il est fait mention dans l'Apocalypse des anges des sept Églises (Ap. 1.20). Les autorités sont probablement des autorités subalternes, au service d'une des autres classes.
L'expression "l'ange de l'Éternel" revient souvent dans l'Ancien Testament, mais elle fait allusion non pas à un ange ordinaire, mais au Christ avant son incarnation ; c'est pourquoi nous n'en parlerons pas à ce moment-ci.
Comme pour les bons anges, il y a aussi des différences parmi les anges mauvais.
1. Les anges qui sont gardés en prison. Ils sont mentionnés explicitement dans 2 Pi. 2.4 et Jud. 1.6. Tous semblent d'accord pour dire que Pierre et Jude parlent des mêmes anges. Pierre dit simplement qu'ils ont péché et que Dieu les a précipités dans le Tartare, les incarcérant dans des abîmes de ténèbres et les réservant pour le jugement. Mais Jude précise que leur péché a consisté à ne pas garder leur dignité et à abandonner leur demeure. Il se peut que Jude avait à l'esprit Deu. 32.8 dans la version des Septante. On y lit que Dieu répartit les nations "selon le nombre des anges de Dieu". On suppose que Dieu assigna un ou plusieurs anges sur chacune des nations. D'après Daniel (Dan. 10.13, 20ss. ; 12.1), il est clair que les diverses nations sont ainsi placées sous l'un ou l'autre de ces chefs angéliques. Ne pas avoir gardé leur propre dignité pourrait donc vouloir dire qu'ils n'ont pas été fidèles dans l'accomplissement de leurs tâches, mais cela signifie plus probablement qu'ils ont cherché à obtenir une dignité plus convoitée. Abandonner leur propre demeure pourrait vouloir dire qu'ils ont quitté leur habitation céleste pour venir sur terre.
Une autre interprétation a également été avancée. Dans Jud. 1.7, le péché de Sodome et de Gomorrhe semble être comparé à celui des anges enchaînés. Cela pourrait vouloir dire que le péché des anges était un genre de grossière immoralité. Certains ont suggéré que le péché de Ge. 6.2 est celui d'anges qui ont eu des relations sexuelles avec des femmes. Comme condamnation pour leur péché, Dieu les a précipités dans le Tartare. Dans le Nouveau Testament, le terme "Tartare" ne se trouve que dans 2 Pi. 2.4, bien qu'on le trouve trois fois dans la Septante. Selon Homère, le Tartare est un endroit ténébreux situé sous le Hadès. Si les hommes méchants descendent dans l'Hadès, il ne semble pas improbable que le Tartare, l'endroit où sont détenus les anges méchants, soit encore plus bas. Leur condamnation consiste à être enfermés dans des abîmes de ténèbres et d'être enchaînés éternellement, réservés pour le jugement du grand jour.
2. Les anges qui sont en liberté. Ils sont souvent mentionnés avec Satan, leur chef (Mt. 25.41 ; Ap. 12.7-9). À d'autres occasions, ils sont présentés séparément (Ps. 78.49 ; Ro. 8.38 ; 1 Co. 6.3 ; Ap. 9.14). Ils sont inclus dans Ép. 1.21, où il est question de "toute domination... toute autorité... toute puissance... toute dignité" , et ils sont expressément mentionnés dans Ep. 6.12 et Col. 2.15. Leur principale occupation semble être de soutenir leur chef Satan dans sa guerre contre les bons anges, le peuple et la cause de Dieu.
3. Les démons. Les démons sont souvent mentionnés dans les Écritures, particulièrement dans les Évangiles. Ce sont des esprits (Mt. 8.16), souvent appelés "esprits impurs" (Mc. 9.25). Ils servent sous l'autorité de Satan (Lu. 11.15-19), bien qu'ils soient en définitive soumis à Dieu (Mt. 8.29). Les démons peuvent causer la surdité (Mt. 9.32ss.), la cécité (Mt. 12.22), des blessures personnelles (Mc. 9.18) et d'autres défauts de conformation et difformités (Lu. 13.11-17). Ils s'opposent à l'œuvre de Dieu en corrompant la saine doctrine (1 Ti. 4.1-3), la sagesse divine (Ja. 3.15) et la communion chrétienne (1 Co. 10.20ss.).
Les démons sont-ils ou non distincts des anges déchus en liberté ? Certains suggèrent que les démons sont des esprits désincarnés d'une race pré-adamique. Il est préférable de les identifier aux anges déchus encore en liberté. Le fait de posséder des individus fait partie de leurs efforts continuels pour contrecarrer le programme de Dieu, plutôt que simplement un désir de se revêtir d'un corps humain. Sous l'autorité de Satan, ils sont les ennemis de Dieu et de son royaume. Unger a écrit :
Satan tient sous son emprise les esprits déchus qui ont participé à sa rébellion primitive. Son autorité est sans doute ce qu'il a pu garder de l'état dans lequel il a été créé. Ces esprits, ayant choisi de façon irrévocable de suivre Satan, au lieu de demeurer fidèles à leur Créateur, sont devenus irrémédiablement endurcis dans leur méchanceté, et irréparablement livrés à l'illusion. C'est pourquoi ils ont une entière solidarité avec leur chef et le servent spontanément selon leurs divers rangs et positions dans son royaume du mal extrêmement organisé (Mt. 12.26).4
4 — Unger, Biblical Demonology, p. 73.
4. Satan. Cet être surhumain n'est mentionné expressément dans l'Ancien Testament que dans Ge. 3.1-15 ; 1 Ch. 21.1 ; Job 1.6-12 ; 2.17 ; Za. 3.1ss. Il est peut-être également mentionné en ce qui concerne le bouc émissaire dans Lév. 16.8, un des deux boucs utilisés lors de la fête annuelle des expiations. Dans le Nouveau Testament, il est mentionné très fréquemment (Mt. 4.1-11 ; Lu. 10.18ss. ; Jn. 13.2, 27 ; 1 Pi. 5.8ss. ; Ap. 12 ; 20.1-3, 7-10).
Les Écritures rendent abondamment témoignage à la personnalité de Satan. Des pronoms personnels sont utilisés à son égard (Job 1.8, 12 ; Za. 3.2 ; Mt. 4.10 ; Jn. 8.44) ; des attributs personnels lui sont reconnus (volonté, És. 14.13ss. ; voir aussi 1 Ti. 3.6 ; et connaissance, Job 1.9ss.) ; et il accomplit des actes personnels (Job 1.9-11 ; Mt. 4.1-11 ; Jn. 8.44 ; 1 Jn. 3.8 ; Jud. 1.9 ; Ap. 12.7-10).
Les Écritures font allusion à cet être puissant en employant plusieurs noms différents.
1° Satan (1 Ch. 21.1 ; Job 1.6 ; Za. 3.1 ; Mt. 4.10 ; 2 Co. 2.11 ; 1 Ti. 1.20). Ce terme signifie "adversaire" ; il est à la fois adversaire de Dieu et de l'homme (1 Pi. 5.8).
2° Diable (Mt. 13.39 ; Jn. 13.2 ; Ép. 6.11 ; Ja. 4.7). En tant que diable, terme utilisé seulement dans le Nouveau Testament, il est le calomniateur et l'accusateur des frères (Ap. 12.10). Il calomnie Dieu devant les hommes (Ge. 3.17), et les hommes devant Dieu (Job 1.9 ; 2.4).
3° Dragon (Ap. 12.3, 7 ; 13.2 ; 20.2 ; voir aussi Es. 51.9). Le mot "dragon" semble vouloir dire littéralement "serpent" ou "monstre marin". Le dragon est la personnification de Satan, comme il l'est de Pharaon dans Ez. 29.3 et Ez. 32.2. Le dragon, en tant qu'animal marin, peut très bien représenter l'activité de Satan dans les mers du monde.
4° Serpent (Ge. 3.1 ; Ap. 12.9 ; 20.2 ; voir aussi És. 27.1). Par ce terme, c'est sa malhonnêteté et sa fausseté (2 Co. 11.3) qui sont soulignées.
5° Béelzébul ou Béelzébub (Mt. 10.25 ; 12.24-27 ; Mc. 3.22 ; Lu. 11.15-19). Nous ne connaissons pas la signification exacte de ce terme. En syriaque, il signifie "dieu du fumier". On a également suggéré que le terme signifiait "maître de la maison".
6° Bélial ou Béliar (2 Co. 6.15). Ce terme était utilisé dans l'Ancien Testament dans le sens d'"indignité" (2 Sa. 23.6). C'est pourquoi nous lisons "les gens pervers" (lit. "fils de Bélial" Jg. 20.13 ; voir aussi 1 Sa. 10.27 ; 30.22 ; 1 Ro. 21.13).
7° Lucifer (Es. 14.12). Ce terme signifie l'étoile du matin, une épithète de la planète Vénus. Littéralement, c'est "être lumineux" ', et il peut faire allusion à Satan. En tant que Lucifer, Satan est considéré comme un ange de lumière (2 Co. 11.14).
On attribue également à Satan une série de noms d'un caractère légèrement différent. Plusieurs mots ou expressions le décrivent.
8° Le malin (Mt. 13.19, 38 ; Ép. 6.16 ; 1 Jn. 2.13ss. ; 5.19). Il s'agit d'une description de son caractère et de son œuvre. Il est malin, méchant, cruel et tyrannique sur tout ce qu'il peut contrôler et il est là pour faire le mal chaque fois que c'est possible.
9° Le tentateur (Mt. 4.3 ; 1 Th. 3.5). Ce nom indique son but constant d'inciter l'homme à pécher et les efforts répétés qu'il y consacre. Il présente les excuses les plus plausibles pour pécher et suggère les avantages les plus saisissants du péché.
10° Le dieu de ce monde (lit. "siècle", 2 Co. 4.4). En tant que tel, il a ses serviteurs (2 Co. 11.15), ses doctrines (1 Ti. 4.1), ses sacrifices (1 Co. 10.20) et ses synagogues (Ap. 2.9). Il parraine la religion de l'homme naturel et c'est sans aucun doute lui qui est derrière les fausses sectes et systèmes qui ont affligé la véritable Église au cours des siècles.
11° Le prince de la puissance de l'air (Ép. 2.2). En tant que tel, il est le chef des anges mauvais (Mt. 12.24 ; 25.41 ; Ap. 12.7 ; 16.13ss.). Il a une vaste armée de subalternes pour accomplir ses désirs, et il règne en despote.
12° Le prince de ce monde (Jn. 12.31 ; 14.30 ; 16.11). Cela semble faire allusion à son influence sur les gouvernements de ce monde. Jésus n'a pas contesté certains droits de Satan sur cette planète (Mt. 4.8ss.) ; Dieu lui a cependant fixé certaines limites et, lorsque le temps sera venu, il sera supplanté par le règne du Seigneur Jésus, celui qui peut régner en toute justice.
Les armées du mal sont organisées et Satan est à leur tête. Les dominations de Ro. 8.38 sont des principautés de mauvais chefs (voir Da. 10.13, 20). Il semble que les bonnes et les mauvaises organisations d'anges soient comprises dans les dominations, les autorités, les puissances, les dignités de Ép. 1.21. Dans Ép. 6.12, les dominations, les autorités, les princes de ce monde de ténèbres et les esprits méchants dans les lieux célestes font allusion à l'organisation des forces du mal de même que les dominations et les autorités de Col. 2.15. Les Ecritures ne nous expliquent pas clairement comment ces forces sataniques sont reliées à Satan et les unes aux autres.