CINQUIÈME PARTIE
L'ANTHROPOLOGIE

L'anthropologie est la doctrine de l'homme, mais le terme est aujourd'hui employé aussi bien avec un sens théologique que scientifique. L'anthropologie théologique traite de l'homme par rapport à Dieu, tandis que l'anthropologie scientifique traite de son organisme physico-psychique et de son histoire naturelle. Il y a cependant de grandes variations dans ce dernier usage quand on en vient à l'étendue des sujets inclus dans cette discipline par différents auteurs. Les naturalistes par exemple, englobent sous ce titre l'histoire naturelle de la race, tandis que les philosophes élargissent le terme pour inclure aussi bien la psychologie, la sociologie et l'éthique, que l'anatomie et la physiologie. Il faudrait remarquer que cette distinction ne s'applique qu'aux sujets, et non aux méthodes de traitement ; car l'anthropologie scientifique n'est pas plus scientifique que l'anthropologie théologique, mais traite simplement de différents aspects de la doctrine de l'homme.

Dans cette étude, le thème de l'anthropologie couvre des sujets comme l'origine de l'homme, l'unité de la race, la chute de l'homme et les conséquences de cette chute.

CHAPITRE XV
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L'origine et le caractère originel de l'homme

I. L'ORIGINE DE L'HOMME

Toute personne sérieuse est confrontée un jour à la question de l'origine de la race humaine. Si elle étudie l'histoire, elle observe que les hommes qui existent maintenant semblent être provenus, pendant des milliers d'années, d'autres hommes par le processus de l'engendrement naturel. En analysant l'origine de l'homme, l'interprète de la Bible est confronté à cette question fondamentale : Dieu a-t-il créé l'homme de façon directe ou indirecte, l'homme a-t-il été formé directement de la main de Dieu ou a-t-il évolué grâce à des processus naturels ? Le chrétien doit reconnaître la participation de Dieu, mais était-elle directe ou indirecte ? Les évolutionnistes théistes enseignent que l'homme a évolué à partir d'une forme inférieure. Les évolutionnistes par paliers et les créationnistes soutiennent que l'homme est une création directe et immédiate de Dieu. Carnell, un partisan de l'évolution par paliers, écrit : "L'homme a été créé à partir de la poussière par un acte divin spécial, ab extra, avec un corps dont la structure est semblable à celle de la classe la plus élevée des vertébrés, et une âme Formée à l'image et à la ressemblance de Dieu."1 Un autre partisan de l'évolution par paliers écrit : "Ne pouvons-nous pas soutenir que... Dieu est intervenu dans le passé, même au sein d'un long processus d'évolution, et a créé l'homme en tant que facteur entièrement nouveau ?"2 Certains évolutionnistes suggèrent que le corps humain s'est développé au cours d'un long processus d'évolution, mais que Dieu s'est introduit dans le processus pour créer l'âme directement, donnant ainsi naissance à l'homme. Le Pape Pie XII, dans son encyclique Humani Generis (1950) note : "L'enseignement de l'Église laisse la doctrine de l'évolution question ouverte, aussi longtemps qu'elle confinera ses spéculations au développement du corps humain à partir d'une autre matière qui existait déjà. (Que l'âme ait été créée par Dieu de façon directe est un point de vue que la foi catholique nous impose.)"3 D'autres suggèrent qu'Adam n'était qu'un parmi d'autres contemporains et que Dieu a conféré son image aussi bien aux collatéraux d'Adam qu'à Adam lui-même ; ainsi la primauté d'Adam se serait étendue à ses contemporains de même qu'à sa descendance."4 Comme nous pouvons le voir, essayer d'harmoniser la science profane avec le récit biblique peut prendre plusieurs formes. Il faut d'abord énoncer et réfuter les arguments en faveur de l'évolution et nous pourrons ensuite énoncer une solution biblique.

1 — Carnell, An Introduction to Christian Apologetics, p. 238.
2 — Barnhouse, "Adam and Modern Science", Eternity Magazine, mai 1960, p.8.
3 — Clarkson, et al., eds., The Church Teaches, p. 154
4 — Kidner, Genesis, p. 29.

A. ARGUMENTS EN FAVEUR DE L'HYPOTHÈSE ÉVOLUTIONNISTE

1. L'anatomie comparée. Il y a des similitudes marquées entre l'anatomie de l'homme et celle des vertébrés de la classe la plus élevée. Cela, suggère-t-on, indique que l'homme a évolué à partir de l'animal. Toutefois, si l'homme et les animaux partagent la même nourriture, le même air et vivent dans le même milieu que les autres créatures, les poumons, le système digestif, la peau, les yeux et ainsi de suite ne devraient-ils pas être similaires ? De plus, la similitude d'anatomie suggère un créateur commun, et non pas une créature qui proviendrait d'une autre. On pourrait s'attendre à ce que deux symphonies du même compositeur aient certaines similitudes marquées.

2. Les vestiges d'organes. Ce sont les organes, comme les amygdales, l'appendice et la glande du thymus, qui, selon les évolutionnistes, étaient utiles à nos soi-disant ancêtres plus primitifs mais qui ne remplissent plus maintenant de fonction utile. Contre ce point de vue, nous remarquons qu'avec un accroissement de la connaissance, la science commence à apprendre beaucoup plus de choses à propos de ces organes que l'on prétend inutiles, et à reconnaître leur utilité. Comme l'affirme Culp : "Nous ne devrions pas remettre en question la sagesse du Créateur qui a placé là ces divers organes, simplement parce que nous ne comprenons pas encore pleinement leur utilité."5.

5 — Culp, Remember Thy Creator, p. 66.

3. L'embryologie. Les évolutionnistes affirment que le fœtus humain passe, au cours de son développement, par diverses étapes qui sont parallèles au présumé processus évolutionniste, à partir d'un organisme unicellulaire jusqu'à une espèce adulte. Mais une étude rigoureuse du fœtus humain révèle qu'il y a beaucoup trop de dissemblances par rapport aux supposés parallèles aux étapes du ver, du poisson, de la queue et des cheveux. De plus, les développements sont souvent à l'opposé de ce qu'on allègue. Le ver de terre a un système circulatoire mais pas de cœur, et on avance par conséquent que le système circulatoire doit avoir apparu avant le cœur. Dans le fœtus humain, toutefois, le cœur se développe en premier, et ensuite le système circulatoire. On supposait à une certaine époque que les soi-disant fentes branchiales étaient des branchies rudimentaires, mais on a découvert plus récemment qu'elles n'étaient simplement qu'un sillon entre deux vaisseaux sanguins parallèles.6

6 — Pour une réfutation plus poussée, voir Davidheiser, Evolution and Christian Faith, p. 240-254.

4. La biochimie. Les organismes vivants sont tous semblables dans leur constitution biochimique. On pouvait s'y attendre puisque les divers systèmes vitaux dépendent tous d'acides, de protéines, etc., semblables ou pareilles.

5. La paléontologie. On se sert de l'étude des fossiles pour défendre l'évolution. On trouve la preuve de différentes formes de vie dans diverses couches rocheuses, à partir de la période précambrienne. Les évolutionnistes cherchent à trouver une preuve de continuité entre, par exemple, l'homme et le quadrupède, le poisson et l'oiseau, le reptile et le poisson. Dans l'étude des fossiles, il y a toutefois autant de preuves de discontinuité que de continuité. On n'a pas encore découvert de chaînon entre l'homme et le singe. La Bible dit que la chair de l'homme et celle du quadrupède sont différentes (1 Co. 15.39). L'évolutionniste ne peut pas fournir le chaînon manquant et la Bible ne laisse pas de place pour un tel chaînon.

6. La génétique. C'est l'étude de l'hérédité et des variations entre les organismes apparentés. Pourquoi n'y a-t-il pas deux empreintes semblables ? Cela ne suggère-t-il pas qu'il se produit un changement dans l'espèce humaine ? N'avons-nous pas là un argument en faveur de l'évolution ? Il nous faut ici remarquer trois points. Premièrement, il est déjà reconnu qu'il se produit des mutations, mais elles sont petites, et il faudrait de nombreuses mutations pour produire un effet substantiel. De plus, les changements ont tendance à rendre l'organisme moins bien adapté à son environnement, ce qui menace donc son existence même. Finalement, après des générations de tests avec la mouche du vinaigre, il n'y a pas encore eu de transmutations. Il n'y a pas eu et il ne peut pas non plus y avoir de croisement entre les "espèces" de Ge. 1. L'homme est une espèce particulière et il n'est pas venu d'un quadrupède.

B. LES ARGUMENTS BIBLIQUES EN FAVEUR DE LA CRÉATION DIRECTE DE L'HOMME

1. L'enseignement littéral des Écritures. Bien que les évolutionnistes athées ne croient pas à l'enseignement de la Bible, les évolutionnistes théistes, pour leur part, risquent d'attaquer le caractère de Dieu lorsqu'ils s'efforcent d'expliquer symboliquement le récit de la création. Prises littéralement, les Écritures donnent une explication raisonnable de l'origine de l'homme. Même si l'évolution pouvait prouver sa doctrine de la survie des mieux adaptés, elle ne pourrait pas pour autant expliquer l'arrivée du premier. Nous lisons dans la Bible que Dieu "créa" l'homme (Ge. 1.27 ; 5.1 ; Deu. 4.32 ; Ps. 104.30 : És. 45.12 ; 1 Co. 11.9) et qu'il le "fit" et le "forma" ou "façonna" de la poussière de la terre (Ge. 1.26 ; 2.22 ; 6.6ss. ; Ps. 100.3 ; 103.14 ; 1 Ti. 2.13). Pour ce qui est de son corps, l'homme a été fait de la poussière de la terre ; pour ce qui est de sa nature immatérielle, il a été fait du souffle de Dieu. Ge. 2.7 ; Job 33.4 et Ec. 12.9 incluent les deux idées dans une seule phrase. Cette conception de l'origine de l'homme prise littéralement des Écritures donne à l'homme une dignité quant à son être et une position de responsabilité comme ne le fait aucune autre théorie, et jette en même temps les bases pour un système sensé d'éthique et pour la rédemption.

2. Adam et Ève ont été créés en tant que mâle et femelle. Si Adam et Ève n'avaient pas été tout à fait humains avant que Dieu ne souffle son image en eux, ils auraient déjà été mâle et femelle, mais Dieu les créa mâle et femelle (Ge. 1.27 ; 2.7 ; Mt. 19.4).

3. Ève a été créée directement par Dieu. Ève provient de la côte d'Adam (Ge. 2.21ss. ; 1 Co. 11.8). Le langage de Ge. 2 ne laisse place à aucune autre interprétation. Si Ève a été formée directement par Dieu, il n'est que raisonnable qu'Adam ait aussi été formé par Dieu.

4. L'homme vient de la poussière et retourne à la poussière. Si la poussière de Ge. 2.7 fait allusion au fait que l'homme a évolué à partir d'un quadrupède, son retour à la poussière dans Ge. 3.19 signifierait un retour à un état de quadrupède, ce qui est évidemment absurde.

5. L'homme devint une âme vivante. L'expression "âme vivante" (Ge. 2.7) est la même que celle qui est traduite ailleurs par "animaux vivants" (Ge. 1.21). Quand l'homme fut créé, il devint vivant, pas avant. Il n'était pas déjà une créature vivante qui devint une créature vivante.

6. La Bible fait une distinction entre la chair des animaux et celle de l'homme. Paul dit expressément que la chair des quadrupèdes, et celle des oiseaux, des poissons et des hommes est différente (1 Co. 15.39).

II. LE CARACTÈRE ORIGINEL DE L'HOMME

Les Écritures décrivent la condition originelle de l'homme par l'expression "à l'image et à la ressemblance de Dieu" (Ge. 1.26s ; 5.1 ; 9.6 ; 1 Co. 11.7 ; Ja. 3.9). Il ne semble pas y avoir de différence significative entre les mots hébreux "image" et "ressemblance", et nous n'avons pas besoin d'essayer d'en trouver une. Mais nous devons cependant nous demander en quoi consistait cette image et cette ressemblance.

A. CE NÉTAIT PAS UNE RESSEMBLANCE PHYSIQUE

Dieu est Esprit et n'a donc pas de membres comme un homme. Certains représentent Dieu comme un grand homme, mais ils ont tort. Nous lisons dans Ps. 17.15 : "Dès le réveil, je me rassasierai de ton image." Mais cela ne laisse pas sous-entendre une existence corporelle ; le contexte suggère plutôt une ressemblance quant à la justice (voir 1 Jn. 3.2ss.). Moïse a vu "une représentation de l'Éternel" (No. 12.8), mais il n'a pas pu voir sa face (Ex. 33.20). Bien que l'homme n'ait pas eu une ressemblance physique avec Dieu puisque Dieu est incorporel, il avait cependant une ressemblance en ce qu'il avait une santé parfaite, qu'il n'avait en lui aucun germe de maladie dont il aurait hérité ou qui lui aurait été communiqué d'une autre façon, et qu'il n'était pas sujet à la mort. À l'origine, Dieu semble avoir restreint l'homme à un régime végétarien (Ge. 1.29), mais il lui permit plus tard de manger de la viande (Ge. 9.3). Il est intéressant de remarquer qu'en permettant de manger de la viande, Dieu n'a pas établi de règles concernant les animaux purs et impurs, bien qu'il y ait eu une distinction entre eux (Ge. 7.2). Ce fut une loi ultérieure, s'appliquant à la conduite d'un peuple, et cela, seulement pour un temps (Lév 11 ; Mc. 7.19 ; Ac. 10.15 ; Ro. 14.1-12 ; Col. 2.16).

B. C'ÉTAIT UNE RESSEMBLANCE MENTALE

Hodge dit :

Dieu est un Esprit, l'âme humaine est un esprit. Les attributs essentiels d'un esprit sont la raison, la conscience et la volonté. Un esprit est un agent rationnel, moral et par conséquent libre. En faisant l'homme à son image, Dieu l'a donc doté des attributs qui appartiennent à sa propre nature en tant qu'esprit. L'homme est par conséquent distinct de tous les autres habitants de ce monde et infiniment élevé au-dessus d'eux. Il appartient au même genre d'être que Dieu lui-même et peut donc avoir communion avec son Créateur. Cette conformité de nature entre l'homme et Dieu... est également la condition essentielle de notre capacité de connaître Dieu, et donc la base de notre nature religieuse. Si nous n'étions pas comme Dieu, nous ne pourrions pas le connaître. Nous serions comme les bêtes qui périssent.7

7 — Hodge, Systematic Theology, II, p. 96,97.

Cette affirmation est confirmée par les Écritures. Dans la sanctification, l'homme "se renouvelle, dans la connaissance, selon l'image de celui qui l'a créé" (Col. 3.10). Bien entendu, ce renouvellement commence par la régénération, mais il se poursuit par la sanctification. Que l'homme ait été doué de grandes facultés intellectuelles est sous-entendu dans l'ordre de cultiver le jardin et de le garder (Ge. 2.15), l'ordre de dominer sur la terre et sur toutes les créatures de la terre (Ge. 1.26, 28), et dans le fait qu'il donna des noms à tous les animaux de la terre (Ge. 2.19ss.). Cette ressemblance par rapport à Dieu est inaliénable et, puisque qu'elle constitue la capacité de l'homme pour la rédemption, elle donne une valeur à la vie de tout homme, même de ceux qui ne sont pas régénérés (Ge. 9.6 ; 1 Co. 11. 7 ; Ja. 3.9). Cette conception de la condition originelle de l'homme est très différente de celle de l'évolutionniste, qui conçoit le premier homme à peine supérieur à la bête — non seulement ignorant, mais pratiquement dépourvu de toute capacité mentale.

C. C'ÉTAIT UNE RESSEMBLANCE MORALE

Certains ont fait l'erreur de soutenir que l'image de Dieu selon laquelle l'homme a été créé consistait exclusivement dans sa nature rationnelle ; d'autres encore ont été portés à la limiter à sa domination. Plus correctement, cependant, elle consiste à la fois dans sa nature rationnelle et sa conformité morale à Dieu. Citons encore Hodge :

Il est l'image de Dieu, et il porte et reflète la ressemblance divine parmi les habitants de la terre, parce qu'il est un esprit, un agent intelligent et doué de volonté ; et en tant que tel, c'est à juste titre qu'il est investi d'une domination universelle. C'est ce que les théologiens réformés avaient l'habitude d'appeler l'image essentielle de Dieu, la distinguant ainsi de son image non-essentielle.8

8 — Hodge, Systematic Theology, II, p. 99.

D'après les Écritures, il est clair que l'homme a une telle ressemblance avec Dieu. Si, dans la régénération, l'homme nouveau a été "créé selon Dieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité" (Ép. 4.24), il est sans aucun doute correct d'en déduire qu'à l'origine l'homme avait la justice9 et la sainteté ; le contexte de Genèse 1 et 2 le confirme. Ce n'était que sur cette base qu'il était possible à l'homme d'avoir communion avec Dieu qui ne peut pas regarder l'iniquité (Ha. 1.13). Ec. 7.29 confirme ce point de vue. Nous y lisons que "Dieu a fait les hommes droits" . Nous pouvons également le déduire de cette déclaration de Ge. 1.31 selon laquelle "Dieu vit tout ce qu'il avait fait et voici, cela était très bon." Le "tout" inclut l'homme, et cette phrase ne serait pas vraie si l'homme avait été moralement imparfait.

9 — Beaucoup de théologiens croient que l'homme fut plutôt innocent, car la justice est une qualité morale qui ne s'acquiert que par choix. N.D.L.E.

Qu'est-ce que cette justice et cette sainteté originelles ? Elles ne font pas partie de la substance ou de l'essence de la nature humaine, car si c'était le cas la nature humaine aurait cessé d'exister lorsque l'homme pécha ; elles ne sont pas non plus un don de l'extérieur, ajouté à l'homme après sa création, car il est dit que l'homme a possédé l'image divine du fait de sa création, et non par un don subséquent. Shedd élabore :

La sainteté est plus que l'innocence. Il n'est pas suffisant de dire que l'homme a été créé dans un état d'innocence. Cela aurait été vrai s'il avait été dépourvu de toute disposition morale, bonne ou mauvaise. L'homme a été créé non seulement négativement innocent, mais positivement saint. La condition régénérée de l'homme est une restauration de son état primitif ; et sa justice en tant que régénéré est décrite comme kata theon, Ep. 4.21 ; et comme "une véritable sainteté", Ep, 4.24. Il s'agit d'un caractère positif, et non d'une simple innocence.10

10 — Shedd, Dogmatic Ibeology, II, p. 96.

C'est ce qui est parfois appelé la sainteté "con-créée", par opposition à la sainteté dont l'homme a été dotée par Dieu après la création, selon certains. Cette sainteté originelle peut être définie comme une tendance des affections et de la volonté de l'homme, bien qu'accompagnée par le pouvoir d'un mauvais choix, vers la connaissance spirituelle de Dieu et des choses divines en général. Elle est distincte de la sainteté parfaite des saints, comme les affections instinctives et l'innocence enfantine diffèrent de la sainteté qui s'est développée et qui a été confirmée par la tentation.

D. C'ÉTAIT UNE RESSEMBLANCE SOCIALE

La nature sociale de Dieu est fondée sur ses affections. Il trouve les objets de son amour dans la Trinité. Comme Dieu a une nature sociale, il a de même doté l'homme d'une nature sociale. Par conséquent, l'homme cherche la camaraderie. En premier lieu, l'homme trouva cette communion avec Dieu lu-même. L'homme entendit "la voix de l'Éternel Dieu, qui parcourait le jardin vers le soir" (Ge. 3.8). Cela implique que l'homme avait communion avec son Créateur. Dieu avait créé l'homme pour lui-même, et l'homme trouvait une suprême satisfaction dans la communion avec son Seigneur. Mais Dieu pourvut également à l'amitié humaine. Il créa la femme, car, dit-il : "Il n'est pas bon que l'homme soit seul ; je lui ferai une aide semblable à lui" (Ge. 2.18). Pour que cette amitié soit vraiment très intime, il fit la femme à partir d'un os pris de l'homme. Adam reconnut qu'Ève était os de ses os et chair de sa chair, c'est pourquoi il l'appela "femme". Et à cause de cette relation intime entre les deux, "l'homme quittera son père et sa mère, et s'attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair" (Ge. 2.24). Il est évident que l'homme a été créé avec une nature sociale, comme Dieu a une nature sociale. L'amour humain et les intérêts sociaux proviennent directement de cet élément de la nature de l'homme.

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