Évangile pour le monde – Protestant et fier de l’être

Protestant et fier de l’être

Jean‑Paul R.
(Rhône)

Je suis né en 1953 en Alsace dans une famille de tradition protestante. J’ai été en contact avec les paroles de l’Évangile dès mon plus jeune âge. J’ai toujours cru en l’existence de Dieu, et la foi en Jésus‑Christ m’apparaissait alors comme une évidence. J’étais de surcroît animé d’une grande sincérité dans mon intérêt pour les questions religieuses.

Cependant, dans le fond, rien n’était vraiment clair : je croyais certes en l’existence de Dieu et en l’historicité de Jésus‑Christ, j’étais certes protestant et fier de l’être, mais cela n’avait rien changé à ma vie, Christ n’était pas au centre de mes préoccupations et je n’avais pas vraiment compris les fondements de la foi. C’est sur cette toile de fond que survinrent certains événements qui allaient bouleverser ma vie de manière décisive.

Ce jour de Noël 68, je passai toute l’après‑midi sur la plate‑forme de la cathédrale de Strasbourg en compagnie d’Étienne M., que je connaissais de longue date. Pendant plusieurs années, nous avions fréquenté les mêmes établissements scolaires à Colmar et nous nous étions liés d’amitié. Fils de missionnaires au Tchad, il était lui‑même chrétien fervent. Lors d’un séjour en Afrique, E. avait contracté la malaria, le nerf optique avait été atteint et sa vue baissait progressivement, mais inexorablement. A l’époque déjà, il ne lisait plus qu’avec une loupe. Aussi lorsqu’il m’affirma qu’il avait l’assurance que toutes choses étaient dans la main de Dieu, y compris son infirmité croissante, et qu’il faisait confiance à la bonté de Dieu, je mesurai la profondeur de sa foi que j’admirais. Après son retour au Tchad, nous avions correspondu pendant plusieurs années, et c’est ce jour de Noël que nous nous retrouvions pour la première fois après cette longue séparation, lui‑même habitant également Strasbourg à ce moment là.

Tout naturellement, la discussion porta principalement sur Dieu. Le soir venu, E. m’invita à une fête de Noël qui se tenait dans les locaux de l’Église Évangélique de « La Bonne Nouvelle » de Strasbourg. Là, j’ai vu des hommes et des femmes, des jeunes et des moins jeunes, heureux de lire la Bible et de témoigner de leur foi en Jésus‑Christ. Jamais auparavant, je n’avais vu une piété aussi sereine et en même temps joyeuse. J’étais stupéfait...

En me quittant, E. me conseilla vivement de lire la Bible de façon suivie... Sur le moment, je fus interloqué. Comment osait‑il me conseiller de lire la Bible ? N’étais‑je pas moniteur d’école du dimanche ? N’avais‑je pas fait ma confirmation avec sincérité ? Mais en réfléchissant à ce que j’avais vu ce soir‑là, je me dis que le conseil devait avoir du bon. Je me mis donc à l’ouvrage dès le lendemain en commençant par l’Évangile de Matthieu et ses généalogies... Je devais être manifestement en recherche et assoiffé de vérité car, à partir de ce jour et dans les semaines qui suivirent, je lus quotidiennement l’Écriture Sainte, parfois plusieurs heures d’affilée.

Je prenais soudainement conscience que je n’avais connu jusque‑là que des bribes du message évangélique. Je ne comprenais pas tout, parfois j’étais irrité par certains passages que je trouvais trop durs, mais ce qui est certain, c’est qu’à mesure que je lisais, je ressentais en moi comme un feu intérieur qui me poussait à persévérer dans ma lecture. Si l’on m’avait interrogé alors sur ce que je vivais, je n’aurais pas su l’expliquer. En réalité, et c’était indéniable, Dieu était en train de travailler mon cœur en profondeur par sa Parole et son Esprit.

Le 9 février 1969, soit à peu près six semaines après ma rencontre avec E., celui‑ci m’invita à la projection d’un film organisée par l’Entente des Églises Évangéliques de Strasbourg dans un cinéma du centre ville. On y projetait le film « Accroche toi, Peter ! », un film réalisé par l’Association Billy Graham.

À la sortie du cinéma, un chrétien tenait à la main diverses brochures. Nous étions déjà dans la rue, lorsque je demandai à E. s’il était possible d’avoir l’une de ces brochures. « Bien sûr », me répondit‑il, « c’est fait pour ça ». Je reçus donc la brochure « Dans le cœur des jeunes ».

Ce soir‑là, de retour chez moi, seul dans ma chambre, je lus attentivement cette brochure dans laquelle Billy Graham exposait en toute simplicité et de façon très actuelle le message de l’Évangile. Je savais que ce n’était pas un homme, mais Dieu lui‑même qui s’adressait à moi par le moyen de sa Parole. Le verset clef fut Apocalypse 3.20 où Jésus dit : « Voici : je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec moi ». Je savais aussi que c’était Jésus qui frappait à la porte de mon cœur et que le moment était venu de la lui ouvrir. C’est ce que je fis à cet instant, à genoux, en priant dans une attitude d’humble repentance et d’ardente consécration, en même temps que de joyeuse certitude, la prière contenue dans l’encart : « Ma décision pour Christ ». Je confirmai en inscrivant mon nom et la date : c’est ainsi que je me souviens du jour de ma conversion.

Par la suite, je renvoyai le coupon proposant des numéros gratuits du journal Décision, puis m’y abonnai ; les précieux numéros de ce journal devaient m’aider considérablement dans mes premiers pas de vie chrétienne jusqu’à ce qu’à mon tour je m’intègre à la Communauté dont le témoignage avait été utilisé par Dieu pour mon salut.

Le changement survenu ce 9 février 1969 fut radical. Dès le lendemain, je témoignai de ma nouvelle naissance à mes parents : « Ça y est, je suis devenu chrétien, hier ! » Mes parents me reprirent : « Mais non, tu sais bien que tu es chrétien depuis toujours ! » Je leur répondis qu’on ne naissait pas chrétien, mais qu’on le devenait par un choix personnel ; si j’étais reconnaissant d’avoir côtoyé l’Évangile dès mon enfance, c’était hier seulement que Jésus‑Christ était devenu mon Sauveur et Seigneur personnel !

Cette conviction d’être à présent un enfant de Dieu, d’avoir enfin Christ au centre de ma vie, que la Bible était la Parole de Dieu et que Jésus était la vérité dont chaque homme avait besoin était telle que je ne pouvais m’empêcher d’en faire part à tous mes proches et amis, même d’aborder des personnes dans la rue pour leur en parler.

Dans les semaines qui suivirent, j’acquis aussi progressivement la conviction que le Seigneur m’appelait à son service à plein temps, même s’il fallut encore bien des années de préparation avant que cela se réalise. Le Seigneur m’a également rapidement fait comprendre que, si je l’avais trouvé, c’est parce qu’il me cherchait même déjà avant ma naissance. À lui toute la gloire !

Aujourd’hui, j’exerce en région lyonnaise un ministère de pasteur‑évangéliste dans une Église nouvellement créée. Depuis presque 26 ans de vie chrétienne, j’ai eu la joie de voir de nombreuses autres personnes avoir leur vie changée en se tournant vers le Christ. À un certain nombre d’entre elles, j’ai moi‑même eu le privilège d’annoncer l’Évangile libérateur de la grâce de Dieu par le moyen de la foi, aussi je peux témoigner que l’Évangile est bien « une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit » (Romains 1.16).

chapitre précédent retour à la page d'index chapitre suivant