Bien que la raison de l'homme soit forcée d'admettre l'existence du péché, elle est cependant tout à fait incapable d'en expliquer l'origine et la présence dans la nature humaine. Les Écritures déclarent que l'homme est tombé dans le péché par la transgression d'Adam. La question que nous nous posons est celle-ci : Comment cela s'est-il produit ? Et quelles en furent les conséquences immédiates pour nos premiers Parents ?
Le péché est un fait ; mais comment a-t-il vu le jour parmi les hommes ? Il y a divers points de vue à ce sujet. Nous examinerons d'abord les fausses conceptions et nous présenterons ensuite la véritable position.
Le dualisme cosmique soutient qu'il y a deux principes éternels qui se suffisent à eux-mêmes : le bien et le mal. La spéculation perse concevait ces deux principes sous la représentation de la lumière et des ténèbres. La matière était considérée comme mauvaise en soi. Les Gnostiques et les Manichéens acceptèrent cette doctrine. Selon ce point de vue, le péché a toujours existé. Le bien et le mal ont été en conflit depuis toute éternité et ils continueront de l'être. Ils se limitent l'un l'autre et ni l'un ni l'autre ne remportera une victoire finale sur l'autre. Cette conception provient de la difficulté d'expliquer l'origine du mal tout en continuant à croire en un Dieu omnipotent et saint.
Cette théorie fait cependant de Dieu un être limité et dépendant. Il ne peut pas y avoir deux choses infinies dans la même catégorie, et Dieu ne peut pas être à la fois souverain et limité par quelque chose qu'il n'a pas créé et qu'il n'a pas pu empêcher. Ce point de vue détruit également la conception du péché comme un mal moral. Si le péché est une partie inséparable de notre nature, il ne peut pas être un mal moral. Cela détruit également la responsabilité humaine. Si le péché est inévitable à cause de la constitution même de l'homme, l'homme ne peut pas être tenu responsable d'être pécheur. En effet, en considérant le péché comme une substance, la théorie en détruit la nature en tant que péché. Nous ne pouvons pas soutenir la doctrine de la responsabilité morale de l'homme à moins de pouvoir démontrer que son péché implique la culpabilité.
Leibniz et Spinoza soutenaient que le péché avait pour origine notre caractère limité. Ce n'est qu'une conséquence inévitable des limites de notre être. En tant que substance absolue, Dieu est infiniment bon ; mais pour que d'autres choses que Dieu puissent exister, il doit y avoir en elles, si elles ne sont pas infinies, un minimum de mal. C'est-à-dire que Dieu lui-même, le Dieu panthéiste, ne pouvait rien créer qui n'ait de limites. Cela se voit dans les limitations physiques de l'homme ; on doit s'attendre également à la même chose en ce qui concerne sa nature morale. Certains auteurs soutiennent que le mal moral est l'arrière-plan essentiel et la condition du bien moral. Nous ne pourrions pas connaître le bien s'il n'y avait pas aussi le mal. C'est un élément dans l'éducation humaine et un moyen de progrès.
Mais cette théorie laisse de côté la distinction entre ce qui est physique et ce qui est moral. Bien que l'homme ait été créé avec des faiblesses et des limitations physiques, et qu'il n'aurait pas pu aller au-delà de ces limitations innées dans une situation physique, il ne s'ensuit pas nécessairement qu'il a été créé avec des faiblesses et des limites morales. Il aurait très bien pu obéir parfaitement à Dieu, s'il avait choisi de le faire. Sur le plan physique, l'homme n'était responsable que dans la mesure de ses capacités ; il n'avait cependant aucune limitation morale et pouvait donc obéir parfaitement à Dieu. Autrement dit, son péché n'a pas eu pour origine une nature morale imparfaite. De plus, ce point de vue suppose une conception panthéiste de l'univers. En soutenant que Dieu est la seule substance, elle fait tout autant du mal que du bien une partie de Dieu. Toutefois, nos convictions innées et l'enseignement de la Bible affirment qu'il y a un Dieu personnel et que l'homme est l'auteur de son propre péché. Encore une fois, le mal moral n'est pas essentiel à l'existence du bien moral. Strong dit : "Ce qui est essentiel au bien, ce n'est pas la réalité du mal, mais sa simple possibilité."1
1 — Strong, Systematic Theology, p. 565.
Par sensuel, nous entendons "ce qui est propre aux sens". Schleiermacher soutenait que le péché avait sa source dans notre nature sensuelle, qui serait, par conséquent, mauvaise en soi. Des auteurs plus récents font remonter le mal moral à l'héritage que l'homme a reçu d'un ancêtre animal ; des théologiens plus anciens en attribuaient la cause à l'association de l'âme avec un organisme matériel.
Mais les sens ne sont pas en soi des sources du péché, bien qu'ils deviennent fréquemment les instruments de la nature charnelle pour commettre le péché. En outre, cette doctrine aboutit à diverses pratiques absurdes, comme par exemple l'ascétisme, où il faut affaiblir la puissance des sens. Au lieu d'expliquer l'origine du péché, cette théorie en nie plutôt l'existence ; car si le péché a pour origine la constitution originelle de la nature humaine, nous pouvons le considérer comme une malchance, mais non comme une culpabilité. Et finalement, les Écritures enseignent que le péché n'était pas la condition originelle de l'homme, mais qu'il est venu d'un choix délibéré et libre de l'homme.
Si le péché n'est pas éternel et s'il n'est pas dû au caractère limité ou sensuel de l'homme, d'où vient-il ? Le fait qu'il soit universellement présent exige que nous remontions jusqu'à la source de la race pour trouver une explication. La Bible enseigne que, par le péché d'un seul homme, le péché entra dans le monde, et par lui les conséquences universelles du péché (Ro. 5.12-19 ; 1 Co. 15.21ss.). Cet homme était Adam, et son péché a été de manger du fruit de l'arbre de la connaissance du bien et du mal (Ge. 3.1-7 ; 1 Ti. 2.13ss.).
Que le récit de la chute dans Ge. 3.1-7 soit historique est évident dans le fait qu'il est raconté comme une histoire, qu'il se trouve dans un contexte de faits historiques et qu'il est considéré comme historique par les auteurs postérieurs. Dans la littérature allégorique, les personnages n'ont pas de noms ou leurs noms sont symboliques. Les noms d'Adam et Ève ne sont pas symboliques. Le récit est simple et direct. D'ailleurs le jardin, les fleuves, les arbres et les animaux sont manifestement des faits historiques littéraux ; comment peut-on imaginer qu'entouré d'un tel contexte le récit de la chute puisse être allégorique ? Christ et les apôtres ont traité le récit comme étant historique (Jn. 8.44 ; 2 Co. 11.3 ; Ap. 12.9). De plus, le serpent n'est pas une désignation figurative de Satan et ce n'est pas non plus Satan sous la forme d'un serpent. Le serpent a été un agent entre les mains de Satan. Cela est évident dans la description de ce reptile dans Ge. 3.1 et dans la malédiction prononcée contre lui dans Ge. 3.14.
L'épreuve consistait en l'interdiction de manger de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Il semble qu'il aurait pu y avoir dans le fruit de l'arbre de vie quelque chose pour maintenir la vie, car lorsque Dieu chassa Adam et Ève du jardin, il agit ainsi pour l'empêcher "d'avancer sa main, de prendre de l'arbre de vie, d'en manger, et de vivre éternellement" (Ge. 3.22). Il est possible que l'arbre de la connaissance du bien et du mal ait eu en lui une qualité mystérieuse qui aurait produit le double résultat indiqué par son nom.2 Il est cependant plus probable que cet arbre ait simplement servi de test, car le fait d'en avoir mangé n'a pas donné à Adam la faculté de dire ce qui était bien et ce qui était mal. Pour cela, il devait encore consulter la Parole de Dieu. Adam savait, par sa faculté cognitive, qu'il était mal de désobéir et bien d'obéir, mais il n'avait pas empiriquement cette connaissance. Un manque de connaissance du bien et du mal est un manque de maturité (Es. 7.15ss.), mais cette connaissance constitue une maturité morale (2 Sa. 14.17-20). L'arbre de la connaissance était bon en soi, et son fruit également, puisque c'est Dieu qui l'avait fait ; ce n'était pas l'arbre qui avait la mort en lui-même, mais la désobéissance. Autrement dit, Dieu mit deux bonnes choses devant l'homme : l'arbre de vie et l'arbre de la connaissance du bien et du mal, et non pas une bonne et une mauvaise. Il interdit de manger d'un des arbres, non pas parce qu'il était mauvais, mais parce qu'il voulait mettre à l'épreuve l'obéissance de l'homme à sa volonté.
2 — Pour une discussion plus approfondie de la part de quelqu'un qui soutient cette position, voir Custance, The Nature of the Forbidden Fruit.
Il n'y a rien dans cette interdiction qui suggère que Dieu ait recherché la ruine de l'homme. Il s'agit plutôt d'une simple et juste exigence de la part du créateur. Beaucoup de choses nous montrent, au contraire, que Dieu rendit cette obéissance facile. Il créa l'homme sans une nature pécheresse, le plaça dans un milieu idéal, combla tous ses besoins temporels, le dota de bonnes facultés mentales, lui confia un travail pour qu'il y engage ses mains et son esprit, lui fournit une partenaire, l'avertit des conséquences de la désobéissance et entra dans une relation personnelle avec lui. On ne peut certainement pas blâmer Dieu pour l'apostasie de l'homme.
On peut résumer la tentation de Satan comme attirante pour l'homme de la façon suivante : elle amena l'homme à désirer avoir ce que Dieu avait interdit, connaître ce que Dieu n'avait pas révélé et devenir ce que Dieu n'avait pas l'intention qu'il devienne. Satan chercha d'abord à insuffler dans l'esprit d'Ève un doute quant à la bonté de Dieu. Il dit : "Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ?" (Ge. 3.1). Quand elle répondit que Dieu leur avait permis de manger de tous les arbres du jardin à l'exception de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, Satan nia la véracité de la déclaration de Dieu selon laquelle la désobéissance aboutirait à la mort. "Vous ne mourrez point ; mais Dieu sait, que le jour où vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et que vous serez comme Dieu, connaissant le bien et le mal" (Ge. 3.4ss.). Il semble qu'Ève se mit à croire à ces deux choses et qu'elle franchit promptement les autres étapes qui aboutirent au péché délibéré. Nous lisons que "la femme vit que l'arbre était bon à manger et agréable à la vue, et qu'il était précieux pour ouvrir l'intelligence ; elle prit de son fruit, et en mangea ; elle en donna aussi à son mari, qui était auprès d'elle, et il en mangea" (Ge. 3.6). C'est donc par "la convoitise de la chair, la convoitise des yeux, et l'orgueil de la vie" (1 Jn. 2.16) qu'elle tomba. Pour résumer, la femme tomba par séduction ; l'homme par affection (Ge. 3.13, 17 ; 1 Ti. 2.14). Il faut remarquer que c'est Adam, et non Ève, qui est considéré comme celui par lequel le péché s'est introduit dans la race (Ro. 5.12, 14 ; 1 Co. 15.22). Christ, le second Adam, a connu des tentations semblables, mais il est sorti de chacune d'elles victorieux (Mt. 4.1-11 ; Lu. 4.1-13).
La suite des événements conduisant au premier péché semble être à peu près comme suit : Ève perdit confiance dans la bonté de Dieu ; elle crut au mensonge de Satan ; elle céda à ses appétits naturels ; elle succomba à un désir immodéré du beau ; et elle convoita la sagesse qui ne lui était pas destinée. Adam, semble-t-il, pécha à cause de son amour pour Ève et en pleine connaissance de l'avertissement de Dieu. Mais cela ne fait pas remonter le péché à ses racines. Le premier péché consistait donc dans un désir du cœur, dans le choix des intérêts personnels plutôt que de ceux de Dieu, dans le fait d'avoir laissé le moi devenir le premier but à la place de Dieu. L'acte délibéré exprima tout simplement le péché qui avait déjà été commis dans le cœur (voir Mt. 5.21, 27ss.).
Les conséquences du péché de nos premiers parents furent immédiates, épouvantables et d'une très grande portée. Il est difficile de réprimer le désir de savoir ce qui se serait passé s'ils n'avaient pas péché, mais les Écritures sont silencieuses sur ce point, et il faut s'abstenir de spéculer là où Dieu n'a pas trouvé bon de nous donner une révélation précise. On peut cependant supposer que les conséquences de l'obéissance auraient été tout aussi grandes dans la bonne direction que celles de la désobéissance l'ont été dans la mauvaise. Nous ne pouvons pas en dire plus. Nous pouvons toutefois regarder ce qui arriva à Adam et Ève et à leur milieu comme conséquence de leur péché. Le premier péché eut un effet :
Avant la chute, Dieu et Adam étaient en communion l'un avec l'autre ; après la chute, cette communion était rompue. Nos premiers parents ressentaient maintenant le mécontentement de Dieu ; ils avaient désobéi à son ordre explicite de ne pas manger de l'arbre de la connaissance du bien et du mal, et ils étaient coupables. Ils savaient qu'ils avaient perdu leur position devant Dieu et que sa condamnation reposait sur eux. Au lieu de rechercher sa communion, ils essayaient maintenant de le fuir. Leur conscience coupable ne leur laissait aucun repos ; ils essayèrent donc d'en rejeter la responsabilité. Adam dit qu'Ève, la femme que Dieu lui avait donnée, l'avait conduit dans le péché (Ge. 3.12) ; Ève, à son tour, accusa le serpent (Ge. 3.13). Les deux étaient coupables, mais les deux essayèrent de rejeter la responsabilité de leur péché sur quelqu'un d'autre.
Quand Adam et Ève sortirent de la main du créateur, ils étaient non seulement innocents, mais également saints. Ils n'avaient pas une nature pécheresse. Mais ils avaient maintenant un sentiment de honte, de déchéance et de corruption. Il y avait quelque chose à cacher. Ils étaient nus et ne pouvaient se présenter devant Dieu dans leur condition déchue. C'est ce sentiment d'incapacité qui les poussa à se confectionner des ceintures de feuilles de figuier (Ge. 3.7). Ils avaient non seulement honte de paraître devant Dieu dans leur nouvelle condition, mais aussi de se présenter l'un devant l'autre. Ils étaient moralement détruits. À propos du fruit défendu, Dieu avait dit à Adam : "Le jour où tu en mangeras, tu mourras certainement" (Ge. 2.17). Cette mort est avant toute spirituelle ; c'est une séparation de l'âme d'avec Dieu. Elle implique non seulement l'incapacité de faire quoi que ce soit d'agréable aux yeux de Dieu, mais aussi la possession d'une nature corrompue. Ainsi, "par un seul homme le péché est entré dans le monde" (Ro. 5.12).
Que le péché soit entré dans le monde par Adam signifie que le péché commença son cours et que l'homme se mit à pécher, que la nature humaine devint corrompue et que l'homme devint coupable. L'homme a été rendu pécheur (Ro. 5. 19). La transgression provient de la nature pécheresse de l'homme.3
3 — Pour une bonne discussion sur la signification de Ro. 5.12, voir Hodge, Commentary on the Epistle to the Romans, p. 144-155.
Quand Dieu a dit qu'en cas de désobéissance l'homme mourrait certainement (Ge. 2.17), cela incluait le corps. Immédiatement après l'offense, Dieu a dit à Adam : "Tu es poussière, et tu retourneras dans la poussière" (Ge. 3.19). Les paroles de Paul, "Et comme tous meurent en Adam" (1 Co. 15.22), font premièrement allusion à la mort physique. Le sujet de Paul est la résurrection physique et il la met en parallèle à la mort physique. Quand il a écrit que "par un seul homme le péché est entré dans le monde, et par le pêche la mort," (Ro. 5.12), il incluait le concept total de la mort : physique, spirituelle et éternelle. En outre, parce que le corps de résurrection fait partie de la rédemption (Ro. 8.23), nous pouvons en déduire que la mort du corps est une conséquence du péché d'Adam.
Ceux qui rejettent la doctrine du péché originel soutiennent que la mort est un mal naturel, découlant de la constitution originelle de l'homme, et que, par conséquent, ce n'est pas plus une preuve que tous les hommes sont pécheurs que la mort des bêtes est une preuve qu'elles ont péché. Il est suffisant de faire remarquer que les hommes ne sont pas des bêtes, et que la Bible enseigne que la mort physique fait partie de la peine du péché (Ge. 3.19 ; Job 5.18ss. ; 14.1-4 ; Ro. 5.12 ; 6.23 ; 1 Co. 15.21, 56 ; 2 Co. 5.1, 4 ; 2 Ti. 1.10).
Et si l'homme n'avait pas péché ? Il aurait sans aucun doute continué dans la sainteté et aurait été confirmé dans la sainteté ; sa sainte nature serait devenue un saint caractère. Et le corps ? La Bible ne nous le dit pas, mais il semble que le corps naturel (animal) aurait été transformé en un corps spirituel, un peu comme les corps transformés lors du retour de Jésus-Christ (comparer Ge. 2.7 avec 1 Co. 15.44-49).
La maladie physique est également due au péché. Le texte hébreu de Ge. 2.17 pourrait être traduit comme suit : "de mort tu mourras" À partir du moment où l'homme mangea du fruit défendu, il devint une créature qui allait mourir. La corruption a été introduite à cette occasion. Les douleurs que l'homme et la femme allaient endurer provenaient de cette seule apostasie. Le fait que l'homme ne soit pas mort instantanément est dû aux desseins de rédemption de Dieu. À cause de la relation étroite entre le corps et l'esprit, nous pouvons supposer que les facultés mentales aussi bien que physiques ont été affaiblies et ont commencé à se détériorer. Cela ne veut pas dire que toute maladie est la conséquence directe d'un acte personnel de péché (Job 1, 2 ; Jn. 9.3 ; 2 Co. 12.7), mais que, en définitive, les maladies physiques et mentales sont une conséquence du péché d'Adam. Cet élément de la peine du péché ébranle à lui seul la théorie de l'évolution. L'homme n'a pas développé une force physique et mentale de plus en plus grande, mais il a dégénéré d'une condition primitive parfaite jusqu'à la condition actuelle, affaiblie et imparfaite.
Nous lisons que le serpent a été maudit "entre tout le bétail et entre tous les animaux des champs" (Ge. 3.14). Il est évident que la création animale a souffert comme conséquence du péché d'Adam. Dans une époque future, cette malédiction sera enlevée, et les féroces animaux sauvages se coucheront avec les dociles animaux domestiques (És. 11.69 ; 65.25 ; Os. 2.18). Dieu a dit : "Le sol sera maudit à cause de toi. C'est à force de peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie, il te produira des épines et des ronces, et tu mangeras de l'herbe des champs. C'est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu'à ce que tu retournes dans la terre" (Ge. 3.17-19). Même la nature inanimée est présentée comme souffrant de la malédiction du péché d'Adam. Étant donné qu'il en est ainsi, la Bible nous dit ailleurs que le temps viendra où la création "aussi sera affranchie de la servitude de la corruption, pour avoir part à la liberté de la gloire des enfants de Dieu. Or, nous savons que, jusqu'à ce jour, la création tout entière soupire et souffre les douleurs de l'enfantement" (Ro. 8.21ss.). És. 35 nous parle de la restauration de la nature à ses condition et beauté primitives. Adam et Ève furent chassés du jardin et forcés de se débrouiller dans ce monde déchu. Au début, ils étaient dans le milieu le plus beau et le plus parfait qui soit ; ils étaient maintenant obligés de se tirer d'affaire dans un monde imparfait et presque hostile. Leur milieu a définitivement subi un changement à cause du péché.