Jean C.
(Nord)
Opéré en 1983 à la colonne vertébrale et ne pouvant plus exercer mon métier de technicien en chauffage, j’ai donc été dans l’obligation de prendre une place comme surveillant de nuit dans une résidence pour personnes ayant besoin de repos.
Le 31 janvier 1985, lors d’une ronde habituelle, ma jambe gauche a soudainement lâché et je me suis retrouvé par terre. Suite à cette chute, mon médecin traitant m’a fait passer plusieurs examens. Il s’est avéré que l’on ne pouvait rien faire : s’agissant de séquelles de mon opération, je ne pouvais que tomber de plus en plus fréquemment et mener ma vie dans une chaise roulante d’handicapé. Aussi le médecin me demanda de faire attention lorsque je tombais ; il me conseilla de marcher muni de cannes et d’un corset rigide pour éviter un nouvel accident à ma colonne vertébrale. Mais je tombais de plus en plus souvent. Je commençais à en avoir assez de tomber et de souffrir, de sorte que je ne supportais plus personne autour de moi, et encore moins les piqûres pour calmer les douleurs.
À cette époque, j’habitais Nice. Dans le courant du mois de septembre 1986, j’ai trouvé dans ma boîte aux lettres une invitation pour aller écouter Billy Graham au théâtre de verdure à Nice à partir du 24 du même mois. Par curiosité je m’y suis rendu avec ma compagne, ayant en ma possession une carte stipulant que la station debout m’était pénible. Je suis arrivé beaucoup plus tôt, croyant que j’allais voir une pièce de théâtre ou quelque chose de ce genre. À l’entrée, les responsables m’ont laissé entrer. Après quelques minutes, j’ai vu une personne qui installait un stand de livres. Je suis allé voir : ne voyant rien de ce dont j’avais l’habitude, j’ai choisi un livre au hasard pour passer le temps avant le début de la réunion et ce livre était une Bible. C’est à ce moment que je me suis rendu compte que l’on allait parler de Dieu.
Au début de la rencontre, il y eut certains contretemps techniques qui furent utilisés par les organisateurs pour faire une quête, et là je me suis révolté en pensant que c’était une escroquerie comme c’est le cas dans toutes les religions. Par la suite, j’ai écouté attentivement ce qui était dit et, à la fin, quand Billy Graham a demandé à ceux qui voulaient être pardonnés de leurs péchés de se lever et de s’avancer, je n’ai pas bien compris ce qui s’est passé, mais j’étais un des premiers à m’avancer avec ma compagne. Depuis cette soirée, je ne suis plus jamais tombé, je ne mets plus de corset et ne prends plus de cannes pour marcher, bien que les médecins pensent que cet état n’est que passager.
Ma compagne et moi vivions maritalement depuis 18 ans. Le 20 décembre de la même année, nous nous sommes mariés et le 4 avril 1987 nous avons été baptisés. Depuis ce moment, notre vie a beaucoup changé. J’ai débuté comme visiteur de prison à Nice sous l’impulsion de J.‑P. D. qui nous a beaucoup aidés, ainsi que les frères et sœurs de l’Église de Nice.
Par la suite, lorsque nous sommes venus dans le Nord et que l’on m’a proposé le poste d’Aumônier au Centre Pénitencier de Maubeuge, c’est avec joie que j’ai donné mon accord. Depuis cette époque, j’ai réussi à former un Cercle Biblique dans cette prison et j’ai beaucoup d’encouragement de la part des détenus, du personnel surveillant et de la Direction. Nous sommes membres de l’Église Évangélique Baptiste de Denain dont je suis l’un des diacres. Mon épouse et moi‑même persévérons dans la Parole du Seigneur et cela nous permet d’expérimenter la présence du Seigneur à nos côtés, malgré les épreuves inévitables de la vie. C’est là notre réconfort et notre grande joie.
Nous sommes très reconnaissants pour Billy Graham qui a été l’instrument de la grâce du Seigneur envers nous.
Que la bonté du Seigneur et son amour continuent à nous garder nous, nos familles et tous nos amis !