Évangile pour le monde – Je n’ai plus peur

Je n’ai plus peur

Albert F.
(Vienne)

Je suis né au Viêt-nam à Saïgon. Mon père, un Français, travaillait dans la police. Il avait épousé une Vietnamienne et en avait eu sept enfants : quatre garçons et trois filles. Il était « catholique non pratiquant » comme on dit. Mes parents ayant voulu nous laisser plus tard le libre choix de notre religion, je n’ai reçu aucune connaissance sur Dieu.

C’était la tradition : quand j’étais malade, ma mère, une Vietnamienne bouddhiste, et mes tantes m’emmenaient dans les pagodes de Saïgon et me faisaient passer sous le ventre de statues immenses de lions, de tigres…

Les bonzes priaient pour moi et, quelquefois, j’ai même été guéri. Enfant, je croyais déjà à la réincarnation, aux revenants, aux esprits des morts qui hantent les maisons, tout l’univers bouddhiste ! Et j’avais peur de la mort, peur de la nuit, peur des morts.

En 1956, j’avais alors neuf ans et demi, nous avons été rapatriés d’Indochine, suite à son indépendance, en même temps que les militaires.

Comme mes frères et sœurs, je ne parlais pas le français. Ce fut une période très dure pour nous tous. J’ai donc grandi en France, en comptant sur mes propres forces : aussi suis-je devenu égoïste, orgueilleux, imbu de moi-même. Je pensais bien qu’il existait un Dieu, mais il me paraissait lointain. Je croyais en lui si j’éprouvais un besoin et après, c’était oublié ! Je n’avais pas vingt ans quand j’ai rencontré et épousé Danielle et nous avons eu très vite trois enfants. Notre foyer a sombré peu à peu dans la monotonie : chacun de nous menait une vie indépendante. Danielle qui élevait les enfants à la maison — il y avait de quoi faire — et moi à l’extérieur. Je cherchais tous les prétextes pour fuir, faire des courses, rencontrer les copains pour discuter. Sans vraie vie de famille, je mangeais souvent seul. Je ne fumais pas, ni ne buvais, mais notre couple allait sûrement vers le naufrage. J’avais 35 ans, j’étais gendarme.

Egocentrique mais frustré, je rêvais d’être un personnage connu, de faire parler de moi. J’avais déjà été en contact avec des guérisseurs et je souhaitais détenir des « pouvoirs », pour la gloire des hommes, pas pour le gain. Un guérisseur m’a pris comme disciple pour m’apprendre la magie blanche et guérir les gens. Il prétendait que j’étais très sensible aux esprits : je ferais donc un bon guérisseur ! Il était lui-même très fort, sans toutefois pouvoir se passer des médailles diverses qu’il portait au cou. Ce que j’appris un jour m’effraya : peu de temps après une intervention sur des animaux malades, il avait été lui-même victime de graves problèmes cardiaques et de troubles de mémoire. Je pris peur et ne cherchai plus à le revoir…

Mon foyer allait de mal en pis. Ma femme, stressée, vivait « à 400 à l’heure » : elle s’irritait facilement avec les enfants dès la moindre bêtise. Elle avait du mal à dormir et il lui arrivait de prendre des somnifères. Je n’étais pas très conscient de son état… Un jour, une amie d’enfance lui conseilla de faire de la course à pied : après l’exercice physique et la fatigue, elle dormirait bien ! Elle s’inscrivit dans un club, s’entraîna et, les premiers jours, put dormir ! Mais assez vite, avec les entraînements, les compétitions de vétérans, les coupes remportées, le stress reprit le dessus ! Fatiguée ou non, elle ne trouvait plus le sommeil.

A cette époque, des amis nous montrèrent des films vidéos parlant de la foi chrétienne. En septembre 1986, ils nous invitèrent à une série de réunions retransmises dans toute la France par satellite sur écran géant : l’évangéliste Billy Graham parlait à Paris-Bercy. J’eus du mal à emmener Danielle, « catholique non pratiquante », à la maison du Peuple à Poitiers où cela se déroulait. Je ne savais pas moi-même de quoi il était question. J’étais simplement curieux. Laurence, notre aînée, nous accompagnait. Mais au fur et à mesure que le temps passait, nous étions de plus en plus convaincus que cet homme s’adressait à nous, oui à nous ! Et lorsqu’il lança l’appel à accepter Jésus-Christ, je me suis avancé, suivi de ma fille. Il y avait bien 600 personnes ! Des hommes ont prié pour nous. J’avoue ne rien avoir ressenti de spécial, sinon une grande envie d’avoir une Bible à la maison. Je m’en procurai donc une. Le troisième soir, ma femme, encore désespérée, fut aussi convaincue que c’était le moment pour elle de donner son cœur à Jésus, ce qu’elle fit alors.

La nuit même, Danielle a bien dormi et les jours suivants nous avons tous vu qu’elle était transformée : la paix et la joie de vivre rayonnaient sur son visage. Elle ne s’énervait plus. Les enfants ébahis disaient : « Maman, que faut-il faire pour que tu nous ‘disputes’ ? » Amis, parents, personne n’en revenait. C’était le jour et la nuit.

Quelques semaines plus tard, j’étais en train de lire la Bible, la Parole de Dieu. J’eus alors la révélation de Jésus sur la croix ; il avait le regard triste, les yeux baignés de larmes. C’est là que j’ai pris conscience qu’il était vraiment mort pour moi, à cause de moi. Je me suis mis à sangloter, puis à pleurer…

Un jour, j’ai parlé de mes peurs à un responsable de mon Eglise. La crainte ne m’avait pas quitté depuis mon enfance et pourtant j’aimais regarder les films d’horreur à la télé ou au cinéma ! Quand je prenais tout seul mes permanences de nuit dans le grand bâtiment de la gendarmerie, je n’osais pas aller dans les couloirs, j’allumais partout et… j’avais peur. La Bible dit : « Celui qui est en vous (Jésus) est plus grand que celui qui est dans le monde (Satan) » (1 Jean 4.4). J’eus alors la profonde certitude que tout esprit mauvais, que les esprits des morts ne pouvaient rien contre moi ! Quelle joie ! Par Jésus-Christ, j’ai autorité sur eux et l’obscurité ne m’inquiète plus !

Aujourd’hui j’ai plaisir à goûter la vie familiale, près des miens et suis presque devenu casanier. J’aime ma femme et mes enfants ; ensemble nous avons vécu bien des délivrances, sur le plan financier par exemple. Trois de mes frères et sœurs ont confié leur vie au Seigneur Jésus-Christ, comme notre fille Laurence, Danielle et moi.

Vous aussi, vous pouvez comme moi ne plus avoir peur. Venez à Jésus-Christ, il vous libérera, car avec lui vous connaîtrez la Vérité et la Vérité vous affranchira (Jean 8.32).

chapitre précédent retour à la page d'index chapitre suivant