CHAPITRE XXVII
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L'œuvre du Saint-Esprit

Tout comme l'œuvre de Christ est importante dans l'accomplissement du salut, il en est de même de celle du Saint-Esprit. Nous avons déjà considéré la divinité et la personnalité du Saint-Esprit dans le chapitre traitant de la Trinité. Nous y avons vu que le Saint-Esprit est Dieu. Cela a été prouvé par le fait que des attributs de la divinité lui sont attribués, qu'il accomplit des œuvres divines et aussi par sa relation avec les autres membres de la Trinité. Nous avons aussi remarqué que le Saint-Esprit est une personne. Des pronoms personnels lui sont appliqués, des noms personnels lui sont donnés et des attributs de la personnalité lui sont reconnus. Il accomplit des actes personnels, il est associé d'une façon personnelle aux autres personnes de la Trinité et il peut être traité comme une personne. Ayant considéré sa divinité et sa personnalité, passons maintenant à son œuvre. Bien que notre principal but à ce moment-ci soit de clarifier son œuvre en ce qui concerne le salut et la vie chrétienne, nous devons également examiner son œuvre par rapport au monde, aux Écritures et à Christ.

I. SA RELATION PAR RAPPORT AU MONDE

A. DANS LA CRÉATION ET LA PRÉSERVATION

Il est intéressant de remarquer que la création est attribuée aux trois personnes de la Trinité :

Dans Ge. 1.2, nous voyons que l'Esprit a participé activement à la création. Élihu dit à Job : "L'Esprit de Dieu m'a créé, et le souffle du Tout-Puissant m'anime" (Job 33.4), et Job répond à Bildad : "Son souffle (Esprit) donne au ciel la sérénité" (Job 26.13). Le psalmiste laisse sous-entendre l'œuvre de l'Esprit dans la création : "Les cieux ont été faits par la Parole de l'Éternel, et toute leur armée par le souffle (Esprit) de sa bouche" (Ps. 33.6). L'Esprit est non seulement mêlé à la création, mais aussi à la préservation. Ces deux actions sont mentionnées dans Ps. 104.30 : "Tu envoies ton Esprit : ils sont créés, et tu renouvelles la face de la terre." Dans És. 40.7, nous discernons l'action de l'Esprit : "L'herbe sèche, la fleur tombe, quand le vent (Esprit) de l'Éternel souffle dessus." En parlant de la grandeur des activités créatrices et providentielles de Dieu, Ésaïe demande : "Qui a sondé l'Esprit de l'Éternel, et qui l'a éclairé de ses conseils ?" (És. 40.13). Il semble évident que des expressions comme l'Esprit (souffle) de sa bouche, l'Esprit (souffle) de l'Éternel, l'Esprit de son Fils et l'Esprit de Jésus font toutes allusion au Saint-Esprit, la troisième personne de la Trinité (Job 26.13 ; Ps. 33.6 ; És. 40.7 ; Ga. 4.6 ; Ac. 16.7, respectivement).

B. DANS LES AFFAIRES DES NON CROYANTS

En plus de son activité providentielle dans la création, l'Esprit est également actif dans le monde des non croyants, et cela dans trois domaines principaux :

Dieu a oint Cyrus, le roi de Perse, du Saint-Esprit pour accomplir son ministère, même si celui-ci ne connaissait pas Dieu (És. 44.28-45.6). À propos du roi Saül, Kuyper a écrit :

Il n'y a aucune raison de considérer Saül, comme l'un des élus de Dieu. Après l'onction de Saül, le Saint-Esprit est venu sur lui, est demeuré avec lui et a agi sur lui aussi longtemps qu'il est resté le roi choisi par l'Éternel pour son peuple. Mais aussitôt qu'il a perdu cette faveur, par sa désobéissance volontaire, le Saint-Esprit l'a quitté et un mauvais esprit de l'Éternel a commencé à le troubler.1

1 — Kuyper, The Work of the Holy Spirit, p. 39.

Il n'est pas surprenant que David, après avoir péché et sachant très bien ce qui était arrivé à Saül, ait demandé à l'Éternel : "Ne me retire pas ton Esprit saint" (Ps. 51.13). Cette œuvre de l'Esprit en Cyrus et en Saül est quelque chose de tout à fait différent de la régénération. Nous devons également reconnaître que l'Esprit est aussi venu un peu de la même façon sur des croyants de l'Ancien Testament pour un ministère spécial (voir Betsaleel, Ex. 31.2ss. ; Othniel, Jg. 3.9ss. ; Jephthé, Jg. 11.29).

En plus du ministère souverain de l'Esprit aussi bien sur le non croyant que sur le croyant, les Écritures parlent aussi de son œuvre dans le cœur de l'incroyant pour l'amener à se tourner vers le Seigneur. Différents termes sont utilisés pour exprimer ce ministère. Il est décrit comme un témoin. Pierre et les apôtres ont dit : "Nous sommes témoins de ces choses, de même que le Saint-Esprit" (Ac. 5.32). À propos de son ministère de témoignage, Jésus a dit : "L'Esprit de vérité... rendra témoignage de moi" (Jn. 15.26). Il semble que l'action d'éclairer dans Jn. 1.9 et d'attirer dans Jn. 6.44 et Jn. 12.32 font allusion à l'œuvre que le Père et le fils accomplissent par l'Esprit. finalement, il convainc. Jésus a dit de l'Esprit : "Il convaincra le monde en ce qui concerne le péché, la justice, et le jugement" (Jn. 16.8). Si un incroyant attribue ces œuvres de l'Esprit à Satan, il blasphème contre l'Esprit, péché pour lequel il n'y a pas de pardon (Mc. 3.29). Un péché délibéré contre la vérité constitue un outrage contre l'Esprit de la grâce (Hé. 10.29). Après que l'Esprit ait lutté avec les hommes méchants pendant la période antédiluvienne, Dieu a dit : "Mon Esprit ne restera pas à toujours dans l'homme" (Ge. 6.3). Cent vingt ans plus tard, Dieu détruisit la terre par le déluge. Résister au Saint-Esprit est un terrible péché (Ac. 7.51 ; voir aussi Ac. 6.10).

L'Esprit restreint aussi le mal. Tout le monde sait que la conscience, la lumière du jour et les gouvernements, entre autres choses, servent à restreindre le mal. La présence de personnes pieuses a également pour effet de limiter et de réprimer le mal. Celui qui retient l'iniquité dans 2 Th. 2.6-8 semble bien être le Saint-Esprit. Lors de la grande tribulation, l'Esprit ne remplira plus son ministère pour restreindre le mal et empêcher la révélation de l'homme impie. Le mal pourra alors régner.

II. SA RELATION PAR RAPPORT AUX ÉCRITURES ET AU CHRIST

A. PAR RAPPORT AUX ÉCRITURES

Le Saint-Esprit est à la fois l'auteur et l'interprète des Écritures. Comme l'indique Pierre : "C'est poussés par le Saint-Esprit que des hommes ont parlé de la part de Dieu" (2 Pi. 1.21). Dans l'Apocalypse, à la fin de chacune des sept lettres aux Églises, Jésus a dit : "Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises" (Ap. 2.7, 11, etc.). "C'est l'Esprit qui devait diriger les apôtres dans toute la vérité et leur montrer les choses à venir (Jn. 16.13)."2 Des affirmations comme "C'est avec raison que le Saint-Esprit, parlant à vos pères par le prophète Ésaïe" (Ac. 28.25) et "le Saint-Esprit... a annoncé d'avance, par la bouche de David, au sujet de Judas" (Ac. 1.16) révèlent clairement que les apôtres étaient fermement convaincus que le Saint-Esprit était l'auteur des Écritures (voir aussi Hé. 3.7 ; 10.15). C'est lui qui a révélé aux apôtres et aux prophètes du Nouveau Testament des choses que la philosophie humaine et le processus naturel de raisonnement de l'esprit humain n'auraient pas pu découvrir (Ép. 3.5).

2 — Evans, The Great Doctrines of the Bible, p. 119.

Non seulement l'Esprit est-il l'auteur des Écritures, mais il en est également l'interprète. Paul a prié que Dieu puisse donner aux croyants d'Éphèse "un esprit de sagesse et de révélation dans sa connaissance" (Ép. 1.17). Es. 11.2 laisse sous-entendre qu'il s'agit là du Saint-Esprit. Paul écrit aussi que Dieu nous a donné "l'Esprit qui vient de Dieu, afin que nous connaissions les choses que Dieu nous a données par sa grâce" (1 Co. 2.12). L'Esprit prend les paroles de Christ et les révèle aux croyants (Jn. 16.14). Il nous enseigne "employant un langage spirituel pour les choses spirituelles" (1 Co. 2.13). Jean rappelle à ses lecteurs qu'ils ont tous reçu "l'onction de la part de celui qui est saint" (1 Jn. 2.20), et il écrit un peu plus loin : "L'onction que vous avez reçue de lui demeure en vous, et vous n'avez pas besoin qu'on vous enseigne ; mais... son onction vous enseigne toutes choses" (1 Jn. 2.27). Le même Esprit qui a écrit les Écritures est aussi celui qui les interprète.

B. PAR RAPPORT À CHRIST

L'Esprit était actif dans la vie de Christ. Nous pouvons remarquer certaines choses qui ont rapport au ministère terrestre de Jésus-Christ. Notre Seigneur a été conçu par l'Esprit (Lu. 1.35). Il a été oint de l'Esprit à son baptême (Mt. 3.16 ; voir És. 61.1 ; Lu. 4.18). L'Esprit, donné sans mesure (Jn. 3.34), l'a équipé pour son ministère messianique, et c'est à ce moment-là que Jésus "commença son ministère" (Lu. 3.23). Immédiatement après son baptême, "Jésus, rempli du Saint-Esprit, revint du Jourdain, et il fut conduit par l'Esprit dans le désert, où il fut tenté par le diable pendant quarante jours" (Lu. 4.1ss. ; voir Mt. 4.1 ; Mc. 1.12). Pierre dit à Corneille "comment Dieu a oint du Saint-Esprit et de force Jésus de Nazareth" (Ac. 10.38). C'est par l'Esprit que Jésus a accompli ses miracles (Mt. 12.28). En outre, l'Esprit a été actif dans sa crucifixion et sa résurrection (Hé. 9.14 ; Ro. 1.4 ; 8.11).

Quand Jésus est remonté au ciel, il a demandé au Père d'envoyer l'Esprit (Jn. 14.16, 26 ; 15.26). L'Esprit devait remplacer Jésus de sorte que les disciples, pour lesquels ce serait avantageux, ne soient pas orphelins (Jn. 14.18 ; 16.7-15). Avant de s'en aller, Jésus a préparé ses disciples à recevoir l'Esprit (Lu. 24.49 ; Jn. 20.22 ; Ac. 1.8). Kuyper résume ainsi :

Le même Saint-Esprit qui a accompli son œuvre dans la conception de notre Seigneur, qui a assisté au dévoilement de sa nature humaine, qui a mis en œuvre en lui chaque don et chaque faculté, qui l'a consacré à son rôle de Messie, qui l'a équipé pour qu'il puisse faire face à tout conflit et à toute tentation, qui l'a rendu capable de chasser les démons, et qui l'a soutenu dans son humiliation, sa passion et sa mort cruelle, était le même Esprit qui a accompli son œuvre dans sa résurrection, afin que Jésus soit justifié par l'Esprit (1 Ti. 3.16), et qui habite maintenant dans la nature humaine glorifiée du Rédempteur dans la Jérusalem céleste.3

3 — Kuyper, The Work of the Holy Spirit, p. 110.

III. SA RELATION PAR RAPPORT AU CROYANT

Note de l'éditeur : Nous renvoyons ici aux deux excellents ouvrages de Ralph Shallis :

  • Le miracle de l'Esprit
  • Explosion de vie

Le ministère du Saint-Esprit à l'égard du croyant peut être énoncé brièvement en quelques termes. Certaines de ces doctrines seront considérées plus en détail dans les prochains chapitres. Examinons d'abord celles qui ont rapport au salut et ensuite celles qui ont rapport à la vie chrétienne.

A. L'ŒUVRE DE L'ESPRIT LORS DU SALUT

1. Il régénère. C'est par le ministère de l'Esprit qu'une personne naît de nouveau Jn. 3.3-8), car c'est l'Esprit qui vivifie (Jn. 6.63). Paul parle du "renouvellement du Saint-Esprit" (Tit. 3.5).

2. Il habite dans le croyant. Étroitement liée au ministère de régénération de l'Esprit, il y a sa présence. Au sujet de la venue du Consolateur, Christ a dit : "Vous le connaissez, car il demeure avec vous, et il sera en vous" (Jn. 14.17). La présence de l'Esprit est si importante que si une personne ne l'a pas, elle n'appartient pas à Christ (Ro. 8.9). À l'Église de Corinthe déchirée par le scandale, Paul a dit : "L'Esprit de Dieu habite en vous" (1 Co. 3.16 ; voir 1 Co. 6.19). La présence de l'Esprit garantit la résurrection (Ro. 8.11).

3. Il baptise. Christ baptise les croyants dans l'Esprit pour qu'ils fassent partie du corps de Christ (Mt. 3.11 ; Mc. 1.8 ; Lu. 3.16 ; Jn. 1.33 ; Ac. 1.5 ; 11.16). Paul écrit : "Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d'un seul Esprit" (1 Co. 12.13). Ce baptême a lieu lors du salut. Le rite du baptême d'eau symbolise le baptême de l'Esprit (Ro. 6.3ss. ; voir aussi Ép. 4.5 ; Col. 2.12).

4. Il scelle. Dieu scelle le croyant du Saint-Esprit (Ép. 1.13ss. ; 4.30). Paul écrit que Dieu "nous a aussi marqués d'un sceau et a mis dans nos cœurs les arrhes de l'Esprit" (2 Co. 1.22). Ce sceau parle de plusieurs choses : sécurité, droit de propriété et garantie. L'Esprit est un esprit d'adoption et il "rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu" (Ro. 8.16 ; voir Ga. 4.6). Ces quatre œuvres de l'Esprit ont lieu simultanément au moment où quelqu'un croit à salut.

B. L'ŒUVRE PERMANENTE DE L'ESPRIT DANS LE CROYANT

Après la conversion, l'Esprit continue d'avoir un ministère actif dans la vie des croyants. Nous pouvons remarquer plusieurs points.

1. Il remplit. Il est ordonné aux croyants d'être "remplis de l'Esprit" (Ép. 5.18). Lors de sa conversion, le croyant est habité de l'Esprit ; au cours de sa vie, il a besoin d'être dominé par le même Esprit. Des hommes, comme par exemple les sept administrateurs de l'Église primitive de Jérusalem (Ac. 6.3) et Barnabas (Ac. 11.24), ont été remplis de l'Esprit. Le jour de la Pentecôte, il semble que la présence et la plénitude de l'Esprit aient été des événements concurrents (Ac. 2.4 ; voir l'expérience de Paul, Ac. 9.17), la première étant une expérience qui se produit une fois pour toutes, et la dernière une façon de vivre dans la soumission à l'Esprit. La plénitude de l'Esprit peut être divisée en :

Pierre fut rempli de l'Esprit lorsqu'il prit la parole (Ac. 4.8 ; voir Ac. 4.31 ; 13.9), mais il était certainement déjà plein de l'Esprit avant de parler. Nous pouvons en déduire qu'il vivait une vie remplie de l'Esprit et que, dans des moments critiques, il était rempli de l'Esprit d'une façon unique et spéciale.

2. Il guide. Il est ordonné au croyant de marcher dans l'Esprit et de se laisser diriger par l'Esprit (Ga. 5.16, 25). Cela lui permettra, d'un côté, de ne pas accomplir les désirs de la chair et, de l'autre, de ne pas être esclave du légalisme (Ga. 5.16-18 ; voir Ro. 8.14). L'Église primitive était dirigée par l'Esprit ; l'Esprit disciplinait (Ac. 5.9), dirigeait (Ac. 8.29), désignait des personnes (Ac. 13.2), prenait des décisions (Ac. 15.28) et empêchait (Ac. 16.6ss.).

3. Il donne la puissance. Le croyant est engagé dans un combat : la chair contre l'Esprit, et l'Esprit contre la chair. Il faut la présence de l'Esprit de Dieu pour avoir la victoire (Ro. 8.13 ; Ga. 5.17). Il est le secret de la victoire. C'était aussi vrai à l'époque de l'Ancien Testament, car nous lisons dans Za. 4.6 : "Ce n'est ni par la puissance ni par la force, mais c'est par mon Esprit, dit l'Éternel des armées." C'est l'Esprit qui produit en nous le fruit de l'Esprit (Ga. 5.22ss. ; voir Ép. 5.9 ; Ph. 1.11).

4. Il instruit. Jésus a promis la venue de l'Esprit à ses disciples pour les diriger dans toute la vérité (Jn. 14.26 ; 16.13). Chaque croyant a l'Esprit et n'a donc pas besoin d'une quelconque révélation spéciale additionnelle ni d'une compréhension mystique (1 Jn. 2.20, 27). Celui qui a inspiré les Écritures est celui qui peut illuminer l'esprit des personnes spirituelles pour leur faire comprendre les Écritures (1 Co. 2.13).

En plus de ce que nous avons mentionné ci-dessus, l'Esprit accorde souverainement des dons spirituels aux croyants (1 Co. 12.4, 7-11 ; voir Ro. 12.6-8 ; Ep. 4.11 ; 1 Pi. 4.10ss.). Il intercède également devant le Père en faveur des croyants (Ro. 8.26). L'Esprit de Dieu accomplit une œuvre bénie dans la vie de chaque croyant, et les croyants sont mis en garde de ne pas attrister l'Esprit par des péchés inconsidérés (Ép. 4.30), de ne pas tenter l'Esprit par des mensonges (Ac. 5.9), de ne pas éteindre l'Esprit en restreignant ses ministères (1 Th. 5.19), de ne pas outrager l'Esprit en minimisant l'œuvre expiatoire du sang de Jésus-Christ (Hé. 10.29) et de ne pas résister à l'Esprit en refusant d'obéir à ses directives (Ac. 7.51).

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