Les doctrines que nous considérerons maintenant sont la justification et la régénération.
La conversion est suivie par la justification. Bien que la doctrine de la justification soit un sujet sur lequel la Bible insiste beaucoup, elle a cependant été déformée dans le cours de l'histoire et pratiquement écartée. C'est la gloire de la Réforme protestante d'avoir redonné à cette doctrine la place qui lui revient. Nous sommes plus ou moins désappointés lorsque nous cherchons les doctrines de la régénération et de la sanctification chez les Réformateurs ; on n'a pas suffisamment souligné ces doctrines avant l'époque des réveils wesleyens. Mais nous pouvons nous réjouir de ce que la Réforme ait redonné à l'Église la doctrine fondamentale de la justification. Il nous faut examiner plusieurs aspects de cette doctrine.
Par nature, l'homme est non seulement un enfant du malin, mais aussi un transgresseur et un criminel (Ro. 3.23 ; 5.6-10 ; Ép. 2.1-3 ; Col. 1.21 ; Tit. 3.3). Par la régénération, l'homme reçoit une nouvelle vie et une nouvelle nature ; par la justification, une nouvelle position. On peut définir la justification comme l'acte de Dieu par lequel il déclare juste celui qui croit en Jésus-Christ. Ladd suggère : "L'idée fondamentale dans la justification, c'est la déclaration de Dieu, le juste juge, que l'homme qui croit en Jésus-Christ est juste, bien qu'il soit pécheur, est considéré comme juste, parce que, en Jésus-Christ, il est entré dans une juste relation avec Dieu.1
1 — Ladd, A Theology of the New Testament, p. 437.308
La justification est une proclamation. Ce n'est pas quelque chose qui se produit dans l'homme, mais quelque chose qui est proclamé à son sujet. Ce n'est pas quelque chose qui le rend droit ou juste, mais qui le déclare juste. Cela implique différentes choses.
1. La rémission de la peine. La peine pour le péché, c'est la mort : spirituelle, physique et éternelle (Ge. 2.17 ; Ro. 5.12-14 ; 6.23). Pour que l'homme soit sauvé, il faut d'abord que cette peine soit enlevée. Elle a été enlevée dans et par la mort de Christ, qui a porté la condamnation de nos péchés dans son propre corps sur le bois (Es. 53.ss. ; 1 Pi. 2.24). Puisque Christ a porté la peine de l'homme pour le péché, Dieu remet maintenant cette peine à ceux qui croient en Jésus-Christ (Ac. 13.38ss. ; Ro. 8.1, 33ss. ; 2 Co. 5.21). C'est le pardon des péchés (Ro. 4.7 ; Ép. 1.7 ; 4.32 ; Col. 2.13).
La mort de Christ a rendu le pardon possible, mais pas obligatoire, puisque Christ est mort volontairement et non par obligation. Dieu a encore le droit de dire à quelles conditions l'homme peut recevoir le pardon. C'est ce qu'il a fait en déclarant qu'il pardonne à ceux qui se repentent et qui croient à son Fils. David a dit : "Heureux celui à qui la transgression est remise, à qui le péché est pardonné Heureux l'homme à qui l'Éternel n'impute pas l'iniquité" (Ps. 32.1ss.). "La doctrine de la justification signifie que Dieu a présentement prononcé le verdict eschatologique d'acquittement sur l'homme de foi, avant même le jugement final."2
2 — Ladd, A Theology of the New Testament, p. 446.
2. La restauration de la faveur. Le pécheur a non seulement encouru une peine, mais il a aussi perdu la faveur de Dieu (Jn. 3.36 ; Ro. 1.18 ; 5.9 ; Ga. 2.16ss.). La justification est plus qu'un acquittement ; la rémission de la peine est une chose, le fait de retrouver la faveur de Dieu en est une autre. L'homme justifié devient un ami de Dieu (2 Ch. 20.7 ; Ja. 2.23). Il devient héritier de Dieu et co-héritier de Christ (Ro. 8.16ss. ; Ga. 3.26 ; Hé. 2.11).
3. L'imputation de la justice. Puisque la justification consiste à déclarer quelqu'un juste devant la loi, le pécheur doit non seulement être pardonné pour ses péchés passés, mais aussi recevoir une justice positive, avant de pouvoir avoir communion avec Dieu. C'est l'imputation de la justice de Christ au croyant qui comble ce besoin. Imputer, c'est mettre au compte de quelqu'un. Paul a demandé à Philémon de mettre la dette d'Onésime sur son compte (Phm. 1.18). David déclare heureux "l'homme à qui l'Éternel n'impute pas l'iniquité" (Ps. 32.2). Paul dit à propos de cette déclaration que David "exprime le bonheur de l'homme à qui Dieu impute la justice sans les œuvres" (Ro. 4.6). Comment Dieu peut-il faire cela ? En imputant au croyant la justice de Christ. "Celui qui n'a point connu le péché, il l'a fait devenir péché pour nous, afin que nous devenions en lui justice de Dieu" (2 Co. 5.21). Christ "a été fait pour nous sagesse, justice, sanctification et rédemption" (1 Co. 1.30). Cette justice de Dieu est révélée dans l'Évangile et elle est "par la foi et pour la foi" (Ro. 1.17). Nous devons faire remarquer qu'il ne s'agit pas de l'attribut de justice de Dieu, car notre foi n'a rien à voir avec cela, mais avec la justice à laquelle Dieu a pourvu pour celui qui croit en Jésus-Christ. Ainsi, Dieu nous accorde à nouveau sa faveur en nous imputant la justice de Christ. C'est l'habit de noces qui est prêt pour tous ceux qui acceptent l'invitation au festin (Mt. 22.11ss. ; voir Lu. 15.22-24).
La personne justifiée s'est donc fait pardonner ses péchés et remettre la peine de ses péchés ; elle a également retrouvé la faveur de Dieu par l'imputation de la justice de Christ. Elle n'est pas encore juste en elle-même, bien que l'adjectif dikaios soit parfois utilisé pour une conduite juste, mais elle est juste dans le sens légal, du point de vue de la loi. L'Église catholique romaine définit la justification comme la rémission des péchés et l'infusion de nouvelles habitudes de grâce. La justification est donc traitée comme une expérience subjective et non comme une relation objective. C'est contre ce point de vue qu'ont lutté les Réformateurs. Ils ont insisté sur le fait que la justification est différente de la sanctification, que la première est une déclaration, établissant la relation du pécheur par rapport à la loi et à la justice de Dieu, tandis que la dernière est un acte efficace, qui change le caractère intime du pécheur. Il est évident, d'après les Écritures, qu'il s'agit là du bon point de vue.
Dès l'époque de Job, nous voyons l'homme poser la question suivante : "Comment l'homme serait-il juste devant Dieu ? Comment celui qui est né de la femme serait-il pur ?" (Job 25.4). Le psalmiste plaide avec l'Éternel et dit : "N'entre pas en jugement avec ton serviteur car aucun vivant n'est juste devant toi" (Ps. 143.2). Heureusement, ceux qui ont cherché Dieu dans l'Ancien Testament n'ont pas eu à attendre jusqu'à la naissance de Paul pour trouver une réponse à leur question. Paul nous rappelle qu'Abraham a été justifié par la foi quatorze ans avant de recevoir la circoncision (Ro. 4.1-5, 9-12 ; voir Ge. 15.6 ; 16.15ss. ; 17.23-26) et que David s'est réjoui d'avoir une justice imputée (Ro. 4.6-8). La doctrine de la justification du Nouveau Testament n'est pas une innovation ; c'est une vérité qui était déjà connue à l'époque de l'Ancien Testament, et la justice s'obtenait alors de la même manière que dans la dispensation du Nouveau Testament. Quelle est donc la méthode de justification ?
1. Ce n'est pas par les œuvres de la loi. De façon négative, la justification n'est pas par les œuvres de la loi. Il est vrai que Jésus a référé le jeune homme riche à la loi lorsque celui-ci lui a demandé comment il pouvait hériter de la vie éternelle (Mc. 10.17-22), mais il est évident qu'il n'a fait cela que pour lui démontrer que le salut est impossible sur cette base. Celui qui voudrait être justifié par les œuvres devrait mettre en pratique tout ce qui est écrit dans la loi (Ga. 3.10 ; Ja. 2.10). Cela, personne ne l'a fait ni ne peut le faire. Paul déclare que par les œuvres de la loi personne n'est justifié devant Dieu (Ro. 3.20 ; Ga. 2.16). La loi ne sert qu à révéler le péché (Ro. 3.20 ; 7.7) et à pousser l'âme convaincue de péché à trouver refuge en Christ (Ga. 3.24). À une autre occasion, Jésus a enseigné que "l'œuvre de Dieu, c'est" de croire "en celui qu'il a envoyé" (Jn. 6.29). Les hommes ne sont pas sauvés en faisant de leur mieux, à moins que ce qu'ils fassent soit de croire au Seigneur Jésus.
2. C'est par la grâce de Dieu. Nous pouvons citer deux versets : "Et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est en Jésus-Christ" (Ro. 3.24) et "Afin que, justifiés par sa grâce, nous devenions héritiers dans l'espérance de la vie éternelle" (Tit. 3.7). Ces versets indiquent la source de notre justification. Ce n'est pas à cause des œuvres de justice que nous aurions faites, mais selon sa miséricorde, qu'il nous a sauvés (Tit. 3.5 ; voir Ép. 2.4-8). La justification trouve donc son origine dans le cœur de Dieu. Conscient non seulement de notre manque de justice, mais aussi de notre incapacité à l'atteindre, il a, dans sa bonté, décidé de pourvoir à une justice pour nous. C'est sa grâce qui l'a amené à y pourvoir ; il n'était nullement obligé de le faire. Dans sa grâce, il a tenu compte de notre culpabilité et, dans sa miséricorde, de notre misère.
3. C'est par le sang de Christ. Non seulement le croyant est justifié par la grâce de Dieu, mais aussi par le sang de Christ. Paul a écrit : "À plus forte raison donc, maintenant que nous sommes justifiés par son sang, serons-nous sauvés par lui de la colère" (Ro. 5.9). La Bible dit en outre : "Et presque tout, d'après la loi, est purifié avec du sang, et sans effusion de sang il n'y a pas de pardon" (Hé. 9.22). Cela établit le fondement de notre justification. Parce que Christ a porté la condamnation pour nos péchés dans son propre corps, Dieu peut nous en remettre la peine et nous accorder à nouveau sa faveur. Dans la justification, les péchés ne sont pas excusés mais punis dans la personne de Christ, le substitut. La résurrection de Christ est une preuve que sa mort sur la croix a satisfait aux exigences de Dieu contre nous (Ro. 4.25 ; 1 Jn. 2.2). Le don du Saint-Esprit en est une autre. "L'Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu" (Ro. 8.16 ; voir Ga. 4.5s.).
4. C'est par la foi. La Bible dit : "Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ" (Ro. 5.1), et "Car c'est en croyant du cœur qu'on parvient à la justice, et c'est en confessant de la bouche qu'on parvient au salut" (Ro. 10.10). Elle déclare encore que "ce n'est pas par les œuvres de la loi que l'homme est justifié, mais par la foi en Jésus-Christ" (Ga. 2.16 ; voir Ac. 13.38ss. ; Ro. 3.28 ; Ga. 3.8, 24). C'est la condition de notre justification, non son fondement méritoire. "Si c'était le cas, il faudrait considérer la foi comme une œuvre méritoire de l'homme."3 L'apôtre est immanquablement opposé à une justification par les œuvres (Ro. 3.27ss. ; Ga. 2.16). Ce n'est pas à cause de la foi que nous sommes justifiés, mais par la foi. La foi n'est pas le prix de la justification, mais le moyen de se l'approprier. Il est évident que les saints de l'Ancien Testament ont été justifiés tout comme les croyants du Nouveau Testament (Ac. 13.38ss. ; Ro. 4.5-12 ; Ga. 3.8).
3 — Berkhof, Systematic Tbeology, p. 521.
On peut les résumer brièvement.
1° Il y a la rémission de la peine (Ro. 4.7ss. ; 2 Co. 5.19). Il n'y a plus de condamnation (Ro. 8.1, 33ss.), mais il y a maintenant la paix avec Dieu (Ro. 5.1 ; Ép. 2.14-17).
2° Il y a la restauration de la faveur de Dieu (Ro. 4.6 ; 1 Co. 1.30 ; 2 Co. 5.21).
3° Il y a l'imputation de la justice de Christ (Ro. 4.5). Le croyant est maintenant revêtu d'une justice qui n'est pas la sienne, mais à laquelle il a été pourvu pour lui par Christ, et il est par conséquent accepté dans la communion avec Dieu.
4° Il y a le statut d'héritier. Paul dit : "Afin que, justifiés par sa grâce, nous devenions héritiers dans l'espérance de la vie éternelle" (Tit. 3.7).
5° Il y a également un résultat direct dans la vie pratique. La justification conduit à une vie juste. Les Écritures disent que nous sommes "remplis du fruit de justice qui est par Jésus-Christ, à la gloire et à la louange de Dieu" (Ph. 1.11). Jean écrit : "Petits enfants, que personne ne vous séduise. Celui qui pratique la justice est juste, comme lui-même est juste" (1 Jn. 3.7). C'est ce que Jacques souligne ; il se soucie de ce qu'un homme ait une foi qui produise des œuvres, c'est-à-dire une foi vivante (Ja. 2.14-26).
6° L'homme justifié est assuré qu'il sera sauvé de la colère de Dieu à venir (Ro. 5.9 ; 1 Th. 1.10).
7° Et il est également assuré d'être glorifié (Mt. 13.43 ; Ro. 8.30 ; Ga. 5.5). Ces résultats sont directement reliés à la justification.
La doctrine de la régénération suit logiquement celle de la justification.
La justification a pour but de nous permettre de régner dans la vie et elle est appelée "la justification qui donne la vie" (Ro. 5.18). Du côté divin, le changement de cœur est appelé régénération, nouvelle naissance ; du côté humain, il est appelé conversion. Dans la régénération, l'âme est passive ; dans la conversion, elle est active. On peut définir la régénération comme la communication de la vie divine à l'âme (Jn. 3.5 ; 10.10, 28 ; 1 Jn. 5.11ss.), la transmission d'une nouvelle nature (2 Pi. 1.4) ou d'un nouveau cœur (Jér. 24.7 ; Éz. 11.19 ; 36.26) et la production d'une nouvelle création (2 Co. 5.17 ; Ép. 2.10 ; 4.24). Cette nouvelle vie spirituelle affecte :
Les Écritures déclarent à plusieurs reprises que l'homme doit être régénéré avant de pouvoir voir Dieu. Ces affirmations de la Parole de Dieu sont soutenues par la raison et la conscience.
La sainteté est une condition indispensable pour être accepté dans la communion avec Dieu. La Bible ordonne : "Recherchez la paix avec tous, et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur" (Hé. 12.14). Mais toute l'humanité est, par nature, corrompue, et, lorsqu'elle arrive à l'âge de conscience, est coupable de transgressions véritables. Dans sa condition naturelle, l'humanité ne peut donc pas avoir communion avec Dieu. Ce changement moral dans l'homme ne peut se produire que par un acte de l'Esprit de Dieu. Il régénère le cœur et lui communique la vie et la nature de Dieu. La Bible présente cette expérience comme une nouvelle naissance, par laquelle l'homme devient enfant de Dieu. Jésus a dit : "En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu" (Jn. 3.3 ; voir Jn. 1.12 ; 1 Jn. 3.1). Par nature, tous les hommes sont des "fils de la rébellion" (Ép. 2.2), "des enfants de colère" (Ép. 2.3), des "enfants de ce siècle" (Lu. 16.8 et des "'enfants du diable" (1 Jn. 3.10 ; voir Mt. 13.38 ; 23.15 ; Ac. 13.10). Ce dernier terme est particulièrement utilisé à propos de ceux qui ont rejeté Christ dans Jn. 8.44. Seule la nouvelle naissance peut produire dans les pécheurs cette sainte nature qui rend possible la communion avec Dieu.
La Bible présente la régénération comme l'œuvre de Dieu. Mais il y a un certain nombre de moyens et d'intermédiaires en cause dans cette expérience.
1. La volonté de Dieu. Nous sommes nés de la volonté de Dieu (Jn. 1.13). Jacques écrit : "Il nous a engendrés selon sa volonté, par la parole de vérité" Ja. 1.18).
2. La mort et la résurrection de Christ. La nouvelle naissance est conditionnelle à la foi au Christ crucifié (Jn. 3.14-16), et la résurrection de Christ est également intimement liée à notre régénération (1 Pi. 1.3).
3. La Parole de Dieu. Jacques enseigne que nous avons été régénérés "par la parole de vérité" (Ja. 1.18 ; voir 1 Pi. 1.23). Paul parle d'un lavement "par l'eau de la parole" (Ép. 5.26 ; voir Tit. 3.5). Certains considèrent le baptême comme une condition préalable et obligatoire à la régénération, mais cela rend le salut dépendant des œuvres. Il est clair que Corneille est né de nouveau avant de recevoir le baptême (Ac. 10.47). Il faut comprendre Ac. 2.38 dans le sens d'être baptisé à cause (pour dans le sens causatif) du pardon des péchés, plutôt qu'en vue d'être pardonné ; tout comme Jean a baptisé à cause de la repentance, plutôt qu'en vue de la repentance de ceux qui se faisaient baptiser.
4. Les ministres de la Parole. Dieu utilise des gens dans le processus rédempteur. Leur contribution ne consiste cependant qu'à la proclamation de la vérité et à l'invitation à prendre une décision pour Christ (Ro. 10.14ss. ; 1 Co. 4.15 ; Phm. 1.10 ; voir Ga. 4.19).
5. Le Saint-Esprit. Le véritable agent efficace dans la régénération, c'est le Saint-Esprit (Jn. 3.5s ; Tit. 3.5 ; voir Ac. 16.14 ; Ro. 9.16 ; Ph. 2.13). La vérité ne contraint pas en elle-même la volonté ; de plus, le cœur irrégénéré hait la vérité jusqu'à ce que le Saint-Esprit accomplisse son œuvre en lui.
La Bible déclare qu'il y a un certain nombre de résultats précis qui découlent de la régénération. Ils sont d'une telle nature qu'ils peuvent servir de tests pour savoir si une âme a été régénérée.
1° Celui qui est né de Dieu surmonte la tentation (1 Jn. 3.9 ; 5.4, 18). Le temps présent de tous ces verbes indique une vie habituelle de victoire. Par conséquent, la personne regénérée pratique la justice. Cela ne laisse cependant pas sous-entendre une perfection absolue dans laquelle on ne commettrait plus de péché.
2° L'attitude d'une personne régénérée est différente. Elle aime habituellement les frères (1 Jn. 5.1), Dieu (1 Jn. 4.19 ; 5.2), la Parole de Dieu (Ps. 119.97 ; 1 Pi. 2.2), ses ennemis (Mt. 5.44) et les âmes perdues (2 Co. 5.14).
3° La personne régénérée jouit également de certains privilèges réservés aux enfants, comme le comblement de ses besoins (Mt. 7.11 ; voir Lu. 11.13), la révélation de la volonté du Père (1 Co. 2.10-12 ; Ép. 1.9) et le fait d'être gardé (1 Jn. 5.18).
4° L'homme né de Dieu est également un héritier de Dieu et un cohéritier de Jésus-Christ (Ro. 8.17). Bien que la possession effective de l'héritage soit en grande partie encore à venir, l'enfant de Dieu a déjà maintenant un gage de cet héritage dans le don du Saint-Esprit (Ép. 1.13ss.). Il est bien entendu évident que ces résultats ne sont pas directement visibles aux yeux du monde, mais ils sont néanmoins très réels pour celui qui est né dans la famille divine.