Évolution ou création

Conclusion de la deuxième partie

Au terme de notre première partie, nous avons reconnu que l’évolution n’était qu’une interprétation des faits. Nous avons souligné les difficultés, voire les impossibilités de cette thèse.

Nous venons d’exposer l’interprétation créationiste, à la fois plus ancienne et plus nouvelle. Plus ancienne parce que, sous sa forme théologique et non scientifique, c’est celle que professèrent les juifs et les chrétiens jusqu’à l’ère de la Science, au début du 20e siècle. Mais plus récente aussi car, sous la forme d’interprétation des faits scientifiques, elle est nouvelle, contemporaine1. C’est pourquoi nous admettons volontiers qu’elle présente encore de larges lacunes. Des équipes de chercheurs se doivent de préciser, de nuancer, de modifier sans doute cette thèse. Encore faut-il qu’elle soit connue, et c’est la raison d’être de cette deuxième partie : proposer une tentative d’explication scientifique conforme aux données de la révélation biblique.

1 Cette thèse de l’interprétation créationiste des faits scientifiques a été exposée, aux Etats-Unis surtout, par les auteurs que nous avons déjà signalés (MORRIS-WHITCOMB, PRICE, MARSH, RITLAND, COFFIN, etc.) depuis une vingtaine d’années, principalement. A notre connaissance, il n’existait pas jusqu’à présent de synthèse en langue française présentant cette interprétation.

Non point, entendons-nous, que nous considérions le texte de la Bible comme un document d’ordre scientifique. Mais les faits étant donnés (en paléontologie, en biologie, en physique, en chimie), nous pensons qu’il est légitime de tenter de concilier ces faits avec la vision globale du monde que donne la Bible, selon les différents genres littéraires que ses auteurs emploient pour s’exprimer.

Or, nous l’avons vu, les auteurs bibliques parlent de création parfaite, de péché, de dégénérescence, de déluge, de catastrophisme mondial, entraînant la destruction du monde vivant, de nouveau départ de l’humanité dans un cadre géographique différent et désormais permanent. Tout cela, à notre avis, est conciliable avec les faits.

Le créationisme, comme l’évolutionnisme, n’est pas un fait. C’est une théorie. Elle s’appuie sur des faits scientifiques et elle est conforme à la révélation biblique. Dès lors, selon nous, les savants chrétiens devraient s’engager dans cette voie. C’est le mouvement de recherche dans cette direction que nous souhaitons promouvoir.

Un obstacle, fondamental, semblait en barrer définitivement l’issue : celui de la durée. Nous avons rencontré ce problème tout au long de l’exposé. En effet, à quoi bon tenter d’expliquer les faits conformément au récit biblique si nous nous heurtons à cette certitude : la vie est apparue il y a des milliards d’années ? À quoi bon parvenir à un schéma plus ou moins satisfaisant si les fossiles peuvent être datés avec certitude, si les couches géologiques, comme on le dit, ont bien réellement été déposées il y a des milliards d’années (Précambrien), des centaines de millions d’années (Cambrien), et progressivement jusqu’à nos jours ? On voit l’importance fondamentale du problème des datations absolues, qui va nous occuper désormais. Or, il semble bien que les différentes méthodes découvertes depuis quelques dizaines d’années, que l’on croyait irréprochables, prêtent de plus en plus le flanc à la critique.

Certaines d’entre elles, comme la méthode au carbone 14, présentées il y a peu de temps encore comme un moyen de datation précis et irréfutable, sont de plus en plus suspectées, voire abandonnées. De plus, nous le verrons, il est possible que le principe et les postulats de base mêmes de ces datations soient à revoir totalement.

C’est ce que nous tenterons de montrer dans les pages consacrées à l’étude des procédés de datation. Comme cette étude présente un caractère un peu plus technique que les chapitres qui précèdent, nous avons cru bon d’en dégager les grandes lignes et les conclusions dans les deux chapitres qui suivent. Nous avons reporté en annexe l’analyse plus poussée de ces problèmes. Nous conseillons aux lecteurs un peu familiarisés avec les expressions mathématiques, et à ceux que ces problèmes intéressent de plus près, de se reporter à ces chapitres, p. 319 et suivantes.

chapitre précédent retour à la page d'index chapitre suivant