Dans le chapitre précédent, nous avons exposé sommairement les principes des méthodes de datation. Ces méthodes fournissent, pour les roches et les couches géologiques, des «&nbs;âges » qui se comptent en millions d’années. Ces chiffres, évidemment, nous posent de sérieux problèmes et sont en désaccord avec la conception que nous avons exposée dans les chapitres consacrés à la géologie. Il convient donc maintenant de les interpréter et de répondre aux nombreuses questions que nous avons soulevées et laissées en suspens.
Quelle est la signification de ces « âges » ? Coïncident-ils avec les années solaires ou, plus exactement, une « année » fournie par ces calculs représente-t-elle la durée de la révolution de la terre autour du soleil ? Comment interpréter l’échelle des temps géologiques ? Telles sont les questions que nous nous proposons d’étudier dans ce chapitre.
Nous n’avons pas ici l’intention de mettre en cause la précision des mesures et des calculs faits par d’éminents spécialistes à l’aide d’une technique bien appropriée, mais d’en discuter le principe même. Autrement dit, de donner une autre interprétation de l’ensemble des résultats conformément à l’hypothèse catastrophiste.
Nous n’avons nullement la prétention de dire que tous les problèmes seront résolus. Il y aura toujours des questions qui demeureront insolubles. Notre interprétation ne repose pas non plus sur des faits expérimentaux bien établis pour soutenir la thèse : il est difficile de reconstituer le passé dans un laboratoire. Son unique valeur réside dans une certaine cohérence de l’ensemble des résultats vus à travers son optique. Nous n’osons pas dire que c’est là une preuve absolue du déluge puisque, pour prouver un fait historique, il faut un document irréfutable, ce que nous n’avons pas pour l’instant1.
1 Malgré les affirmations de NAVARRA, le doute subsiste et ne semble pas devoir être levé, voir la note 2, p. 267.
Nous avons eu déjà l’occasion de dire qu’avant le déluge les roches de la croûte terrestre devaient être assez tendres et contenaient dans une proportion assez uniforme tous les éléments avec leurs produits de désintégration s’ils sont radioactifs. Ces divers éléments appartenaient à des cristaux de sels solubles ou insolubles des roches de la surface de la terre. Au moment du déluge, l’eau serait devenue acide par suite de la dissolution d’énormes quantités de gaz carbonique atmosphérique qui, d’autre part, auraient aussi entraîné par la suite un changement du rapport isotopique entre le carbone 14 et le carbone 12. Cette faible acidité aurait suffi pour favoriser certaines réactions chimiques sur les composés minéraux2 : changement de valence par réduction ou par oxydation, etc.
2 R.E. MELIN, Description and origin of Uranium deposits in Shirley Basin, Wyoming, « Econ. Ecology », 59, 835-849, 1964. Dans cet article, l’auteur expose une théorie du mode de transport de l’uranium d’un endroit à l’autre par l’intermédiaire de l’eau souterraine acide.
Ainsi par exemple, l’uranium aurait été lessivé et, selon le degré d’acidité, aurait commencé à se déposer. Les éléments insolubles, tels les sels de thorium, de plomb, ou toutes sortes de débris solides, auraient formé des suspensions dont la concentration variait suivant la profondeur. Au fur et à mesure que l’on descendait vers le fond, on aurait rencontré de plus en plus de substances diverses maintenues à leur niveau respectif par leur propre poids ou par la pression hydrostatique. La présence d’un agent réducteur tel le gaz sulfhydrique (HeS) provenant des éruptions volcaniques aurait accéléré la formation de dépôts des substances chimiques, à l’origine de différents minéraux3.
3 ES. CHENEY, M.L. JENSEN, Stable isotopic geology of the gas Hills, Wyoming, Uranium district, « Econ. Geology », 61, 44-71, 1966. Beaucoup d’auteurs suggèrent un dépôt par réduction mais CHENEY pense que le gaz sulfhydrique agit comme l’agent réducteur.
Au moment de la formation des couches, celles qui se trouvaient au fond auraient donc contenu le plus de dépôts chimiques, ce qui se traduit par un grand âge apparent. Mais, comme nous venons de le voir, cette teneur serait allée en diminuant au fur et à mesure que l’on remontait à la surface. Une telle succession se manifeste effectivement en certains endroits et s’exprime par des échelons d’âges allant du plus fort vers le bas aux plus faibles à la surface.
De même, au moment de la cristallisation des roches, les différentes mailles de réseaux cristallins auraient emprisonné en même temps et d’une manière inégale les éléments radioactifs et leurs produits de désintégration qui existaient déjà avant la catastrophe. Cette inégalité résulterait, par exemple, d’un refroidissement subi différemment par les couches successives au moment où elles furent recouvertes d’eau. Nous verrons un peu plus loin qu’une basse température favorise une rapide cristallisation qui aurait emprisonné des gaz tels l’argon et l’hélium. Les couches et aussi leur intérieur, qui se seraient refroidis plus lentement, contenaient des cristaux qui auraient eu le temps de laisser échapper leurs gaz par diffusion ; d’où des « âges » parfois très différents d’échantillons placés à quelques centimètres les uns des autres.
Mont Ararat.
Ainsi, on pourrait expliquer d’une part cette radioactivité croissante depuis les couches géologiques du Précambrien jusqu’à celles du Quaternaire et, d’autre part, l’inhomogénéité de la composition isotopique de certains éléments tel le plomb, et les écarts entre la teneur radioactive de différentes inclusions microscopiques au sein d’un même massif.
En résumé, pour nous, l’hypothèse selon laquelle, au départ, les roches à dater ne contenaient que l’élément parent radioactif n’est pas soutenable. Les couches déposées au moment du déluge, et après, auraient renfermé déjà, dans des proportions différentes et très aléatoires, divers éléments radiogéniques provenant des roches antédiluviennes ou même du magma dans le cas des éruptions volcaniques. Sous l’action de leur propre poids, de la température et de la pression hydrostatique, ils se seraient déposés inégalement sous forme de cristaux ayant une teneur radioactive et radiogénique inégales suivant la profondeur, l’emplacement par rapport à la surface externe, etc.
Existe-t-il certains faits qui soutiennent cette compréhension de la radiogéologie ? A l’heure actuelle, ils sont tous considérés comme des anomalies, ainsi que l’indiquent d’ailleurs les titres des articles correspondants dans les revues spécialisées. Mais il est possible, et c’est là notre point de vue, que ces anomalies, de plus en plus fréquemment relevées, soient au contraire la règle et résultent d’une formation géologique catastrophique telle que nous l’avons exposée plus haut. Nos arguments sont les suivants :
a. Variation de la teneur radioactive au sein d’une même roche
1) Il y a une dizaine d’années déjà, on a rencontré une anomalie dans le strontium commun d’un même massif de granite en Australie occidentale4. Jusqu’à maintenant, sauf dans les météorites, on avait trouvé que le rapport caractérisant le strontium commun était constant. Or voici un rapport anormalement élevé (8%) près de Perth, pour le granite pré-cambrien. De même, le strontium commun du granite considéré dans son ensemble est de 15% plus important que la normale. Avec la valeur habituelle pour 87Sr/86Sr = 0,71, on a calculé les « âges » de la biotite (650 m. a., m. a = millions d’années), de la microline (1 290 m. a.) et du granite dans son ensemble (2430 m. a.). Comme on le voit, les dates obtenues diffèrent dans de très larges proportions (du simple au quadruple) pour un simple échantillon.
4 W. COMPSTON, P.M. JEFFERY, Anomalous « Common strontium » in granite, « Nature », 184, p. 1792, 1959.
Pour expliquer ces anomalies, certains auteurs avancent que tout le massif se serait cristallisé il y a 2400 millions d’années, mais aux environs de 520 m.a., il se serait métamorphisé. A cette période, certains ou tous ces minerais se seraient reconstitués : le strontium radiogénique aurait quitté la biotite (et le potassium le feldspath) pour se mélanger partiellement ou complètement avec le strontium commun provenant d’autres minerais. Pour nous, ce fait soutient l’idée d’une inhomogénéité (distribution inégale au sein du volume du massif de la teneur radioactive au moment même de la formation de la roche après le déluge), inhomogénéité dont nous avons parlé au paragraphe précédent. Nous pensons que de telles anomalies sont assez fréquentes dans la nature. Malheureusement les publications qui les signalent, encore assez rares à l’heure actuelle, sont mal connues ou peu exploitées.
2) On peut faire des remarques identiques en ce qui concerne d’autres mesures rapportées par les mêmes auteurs5 dans lesquelles la biotite a un « âge » (670 m. a.) quatre fois plus faible que celui des autres minerais : microline (2300 m. a.) et micromuscovite (2370 m. a.).
5 W. COMPSTON,. P.M. JEFFERY. G.H. RILEY, Age of emplacement of granites, « Nature&nsp;», 186, 702, 1960. Les auteurs ont signalé que d’autres avant eux avaient remarqué les mêmes anomalies : G.R. TILTON et al, « Bul. Geol. Soc. Amer. » 69, 1469, 1958, et L.E. LONG, et al, « Amer. J. Sc », 256, 585, 1959.
3) De même le tableau 3 du chapitre sur la méthode de datation rubidium-strontium traduit les mêmes phénomènes (voir p. 365). Là encore ces chiffres largement divergents pour les divers éléments d’un même échantillon peuvent indiquer une inhomogénéité dès l’époque de la formation de la roche.
b. Concentration croissante des particules radiogéniques en fonction de la profondeur.
Tout récemment, on a étudié la radioactivité et « l’âge » des coulées de basalte du volcan sous-marin Kilauea en Hawaï6 dont on est sûr qu’elles ne sont pas vieilles de plus de 10 siècles. On a constaté que l’argon et l’hélium radiogéniques ont une plus grande concentration dans les bas-fonds que près de la surface de l’océan. Les mesures ont montré qu’à 550 m de profondeur, « l’âge » est de 0,22 million d’années ; à 1400 m, on l’évalue à 6,3 m.a. à 2590 m, il devient 42,9 m.a. ; à 3420 m, il rajeunit à 14,1 m.a. ; à 4680 m, il remonte à 30,3 m.a. ; et à 5000 m, redescend à 19.5 m.a. ! Ceci pour des laves vieilles de 1000 ans au maximum. Les expérimentateurs ont tenté de donner une explication à ces faits et ont supposé le rôle de deux facteurs.
6 C.N. NOBLE, J.J. NAUGHTON, Deep ocean basalts, inert gas content and uncertainties in age dating, « Science », 162, 265, 1968. Ceux-ci ont effectué des mesures sur des coulées de basalte vieilles de 200 ans et en ont évalué « l’age » à 22 millions d’années !
1) Effet de la pression hydrostatique. Celle-ci explique la forte concentration d’argon 40 radiogénique pour les profondeurs plus grandes que 2000 m, forte mais aussi variable en même temps. A partir de 1400 m, elle décroit nettement et à 550 m elle est à peine décelable.
2) Effet d’un refroidissement instantané. Celui-ci aurait retenu la plupart de l’argon 40 dans les mailles des cristaux, ce qui explique les différences « d’âges » observées pour des échantillons placés à quelques centimètres les uns des autres et par rapport à la surface de la lave, comme le montre le tableau 1. On voit sur ce tableau que les « âges » du même échantillon varient dans des proportions considérables selon qu’on date un fragment pris en surface de l’échantillon, ou à 2, 4, 8 ou 10 cm en creusant l’échantillon.
Tableau 1. Effet du refroidissement au contact de l’eau
| Profondeur (m) | Profondeur dans l’échantillon | Age en m. a. |
| 2590 m 2590 m 2590 m 2590 m 2590 m |
0 -1 cm 1 - 2 cm 3.5 - 4.5 cm 4.5 - 8.5 cm 10.5 - 12 cm |
42,9 ± 4.2 33,0 ± 5.0 4,3 ± 1.6 1.5 1.0 |
Ainsi, cette méthode appliquée à des laves dont on estime l’âge à moins de 1000 ans, peut-être même 200 ans7, fournit des « dates » extrêmement variables suivant la profondeur de l’échantillon. Selon que l’on prélève l’échantillon à 12 cm ou à 1 cm de la surface, ces dates vont de 1 à 42 millions d’années. Chiffres trop élevés en tout état de cause, et dont les divergences ne sont pas admissibles.
7 G.B. DALRYMPLE, J.G. MOORE, Argon 40 : Excess in submarine pillow basalts from Kilavea Volcano, Huwaï, « Science », 161, p. 1132-1135, 1968, estiment leur âge à moins de 1000 ans, alors que C.N. NOBLE et J.J. NAUGHTON penchent pour 200 ans (cf. note 6).
Comme on le voit, de nombreux phénomènes (dont les mieux connus actuellement sont la pression hydrostatique et le refroidissement sous l’eau) peuvent influer sur la teneur en argon, donc sur les dates fournies par la méthode du potassium-argon. Il n’est pas exclu que d’autres phénomènes encore inconnus aient pu avoir aussi une influence faussant les résultats. Notons que les deux causes connues sont liées à la présence d’eau. Ceci renforce notre position, puisque selon nous la plupart des roches se sont déposées (ou solidifiées, dans le cas de roches plutoniques) lors du déluge, en présence d’une grande quantité d’eau.
Quoi qu’il en soit, ces résultats aberrants sont fort intéressants ; ils montrent que les méthodes de datations absolues considérées comme les plus sûres ne sont pas à l’abri des critiques et doivent même être totalement remises en cause.
c. Influence des éléments radiogéniques préexistant à la formation des couches géologiques
On a étudié tout récemment8 les plagioclases du basalte alcalin subaérien du Nigéria comprenant un des nombreux culots de volcan de la fin du Tertiaire et du Quaternaire. Les « âges » des mêmes échantillons fournis par trois méthodes différentes ont obligé les expérimentateurs à reconsidérer les hypothèses classiques. Le potassium-argon donne 95 millions d’années, l’uranium-hélium 750 et la méthode des traces de fission une valeur inférieure à 30 millions d’années ! Les deux premiers résultats ne s’expliquent que par une perte des éléments parents radioactifs (potassium, uranium) ou un excès anormal des éléments radiogéniques (argon, hélium). Or l’examen de la roche en fine section ne permet pas de soutenir la première hypothèse. Seule la seconde demeure donc valable.
8 D.E. FISCHER, Excess rare gases in a subaerial basalt from Nigeria, « Nature Physical Science », vol. 232, juillet 1971.
D’ailleurs, les mesures de la teneur en argon ou en hélium montrent des chiffres environ 500 fois plus grands que la normale. Les auteurs de l’article pensent que le basalte aurait subi une contamination prééruptive d’origine magmatique par exemple. De plus, il est fort étonnant, d’après eux, que les gaz ne se soient pas échappés pendant le refroidissement de la roche. Ces anomalies qui deviennent de plus en plus fréquentes dans les publications de ces dernières années9 jettent la suspicion sur la méthode K-Ar qui, semble-t-il, était la plus solide jusqu’à maintenant puisqu’elle a prêté son concours pour établir l’échelle des temps géologiques, comme nous l’avons vu. Ce qui est valable pour les roches éruptives peut être étendu aux autres. Ainsi ces anomalies nous confirment dans notre hypothèse selon laquelle les couches géologiques contiendraient des éléments radioactifs et radiogéniques antédiluviens répartis au sein des roches d’une façon inégale et aléatoire, résultats d’un dépôt dû à l’évaporation de l’eau et à une différence de refroidissement entre les divers points. Quelle pourrait être alors la signification des « âges » calculés à partir des multiples méthodes de datations ?
9 C.N. NOBLE et J.J. NAUGHTON, ibid., ont étudié le même volcan des iles Hawaï, De même J.B. WRIGHT, « Nature », 218, 262, 1968, et I. McDOUGALL, « Geochim. et Cosmochim. Acta », 35, 361, 1971, ont remarqué ailleurs les mêmes anomalies.
Si les éléments radioactifs et leurs produits radiogéniques ont coexisté avant le déluge, s’ils ont été ensuite lessivés, dissous par l’eau plus ou moins acide et précipités en même temps avec une distribution aléatoire des cristaux ayant des compositions isotopiques différentes au sein d’une même roche solidifiée, si la concentration des éléments variait en fonction de la profondeur, si, de plus, il y eut divers mouvements tectoniques remaniant les couches et suivis de fortes élévations de température justifiant la perte partielle de certains éléments radiogéniques comme les gaz rares ou le plomb, alors il est permis de douter de l’identité des « âges » calculés par les différentes méthodes avec les années solaires. Dans ce cas, les nombres obtenus ne seraient nullement des « âges » véritables et l’échelle des temps géologiques ne serait que le profil, d’une part, des effets sur les corps de la gravitation, de la pression hydrostatique, de brusques refroidissements au contact de l’eau et, d’autre part, de l’existence antédiluvienne des éléments radioactifs et de leurs produits radiogéniques.
Insistons sur le fait que l’hypothèse habituelle, fondamentale pour la méthode, selon laquelle ces derniers auraient été absents lors de la formation des roches est caduque. C’est elle qui entraîne ces chiffres astronomiques correspondant aux « âges » des échantillons inclus dans les couches géologiques ou trouvés auprès de restes humains ou animaux enfouis sous des sédiments, comme dans la vallée de l’’Olduvai. C’est elle qui est responsable des dates fort élevées attribuées à ces restes puisqu’on postule que ceux-ci et les éléments radioactifs étaient contemporains et ensevelis en même temps, au moment de Ja formation des couches. La méfiance à l’égard de cette hypothèse a été nettement exprimée par D. E. Fisher10.
10 D.E. FISCHER, ibid.
En bref, pour nous, les « âges » des méthodes de datation sont des chiffres abstraits n’ayant aucune signification pratique et ne correspondant pas du tout aux âges réels soit des couches géologiques, soit des échantillons qu’on y rencontre, soit des restes organiques ensevelis.
En résumé, nous avons formulé notre hypothèse selon laquelle les échantillons analysés par les différentes méthodes radioactives auraient hérité des roches antédiluviennes leurs éléments radiogéniques et radioactifs. Nous avons essayé d’expliquer l’origine de différentes anomalies signalées, comme étant la résultante de l’action conjuguée d’un refroidissement, de la gravitation et de la pression hydrostatique. Ces différents facteurs nous ont amenés à douter de la valeur de l’hypothèse classique selon laquelle, à l’origine, l’élément fille serait absent dans un cristal ou un échantillon. Notre doute se trouve confirmé soit par des publications récentes, soit par les interprétations de personnalités autorisées n’épousant pas notre point de vue et dont nous avons utilisé les données dans ce chapitre.
Enfin, après le carbone 14 dont le crédit se trouve fort réduit à l’heure actuelle11, après les méthodes uranium-thorium-plomb qui s’enlisent dans les difficultés que l’on connaît, la méthode de l’argon-potassium, qui jusqu’à maintenant semblait être la plus solide, accuse petit à petit un déclin que l’avenir proche ne fera probablement qu’accentuer.
10 Actuellement, beaucoup d’archéologues et d’historiens de l’Antiquité rejettent complètement toute la chronologie établie à partir du 14C par suite des erreurs systématiques introduites par cette méthode dans l’évaluation des dates, erreurs dont nous avons déjà parlé. Certains, tel Vladimir MILOJCIC, vont même jusqu’à affirmer que «toute la méthode de 14C est dans l’erreur ». Cité d’après Colin RENFREW, Carbon14 and the Prehisrory of Europe, « Scientific American », vol. 225, octobre 1971, p. 67. Voir aussi les doutes émis par le préhistorien A. LEROI-GOURHAN, La préhistoire, Paris, 1968, p. 315, ou par l’historien P. GARELLI, Le Proche-Orient asiatique, Paris, 1969, p. 239.