CHAPITRE XXXVI
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Le fondement de l'Église,
la manière de sa fondation et l'organisation des Églises

Nous considérerons maintenant plusieurs points : le fondement de l'Église, la manière de sa fondation, et l'organisation des Églises dans le Nouveau Testament.

I. LE FONDEMENT DE L'ÉGLISE

À ce point-ci, nous considérerons le fondement de l'Église universelle et de l'Église locale.

A. L'ÉGLISE UNIVERSELLE

Jésus a dit à Pierre : "Et moi, je te dis que tu es Pierre, et que sur ce roc je bâtirai mon Église" (Mt. 16.18). D'après ce passage, il est clair que l'Église est l'Église du Seigneur, puisqu'il l'a appelée "mon". C'est "l'Église de Dieu, qu'il s'est acquise par son propre sang" (Ac. 20.28). Elle est appelée l'Église de Jésus-Christ, et il en est le chef (Ép. 5.23 ; Col. 1.18). Dans l'Apocalypse, Christ est présenté comme le Seigneur des Églises, marchant parmi les chandeliers (Ap. 1.12-20), avec le pouvoir de l'ôter de l'Église locale (Ap. 2.5) ou de juger ceux qui en font partie (Ap. 2.16). Il est donc clair que "l'Église, en tant que nouvelle création de Dieu, repose sur la personne et l'œuvre de JésusChrist."1 Jésus-Christ a dit qu'il bâtirait son Église sur "ce" roc. Les opinions diffèrent quant à la signification de ce roc. Les possibilités suivantes ont été suggérées :

1° Le terme "roc" fait allusion à Pierre. Jésus-Christ est le principal fondement et le fondateur, mais Pierre est celui que Christ a délégué pour fonder l'Église.

2° D'autres suggèrent que le terme "roc" fait allusion aux apôtres et que Pierre n'est que le porte-parole du groupe.

3° D'autres encore ont l'impression qu'à la lumière de versets comme Ro. 9.33 ; 1 Co. 10.4 ; et 1 Pi. 2.8, le seul roc possible n'est nul autre que Jésus-Christ lui-même (voir Mt. 7.24-27).

4° Il y a aussi ceux qui y voient la confession de Pierre concernant la divinité de Christ. L'Église du Nouveau Testament est donc bâti sur la confession que Jésus est le Christ.

1 — Saucy, The Church in God's Program, p. 60.

Le point de vue selon lequel le roc fait allusion à Pierre semble avoir le meilleur appui. Divers arguments peuvent être présentés.

1° Le nom "Pierre" signifie effectivement "roc". Le Seigneur lui a donné le surnom de "Céphas", ce qui signifie "roc", le terme grec étant "Pierre". Soutenir que Christ est appelé un roc ailleurs dans la Bible et que, par conséquent, ce terme doit faire allusion à lui, c'est ignorer que "roc" peut être utilisé pour différentes personnes, comme le terme "lumière" est utilisé aussi bien pour les croyants (Mt. 5.14) que pour Christ (Jn. 9.5).

2° Du point de vue historique, Pierre a été utilisé pour la fondation de l'Église. Il a ouvert la porte de l'Évangile :
• aux Juifs (Ac. 2.14-41),
• aux Samaritains (Ac. 8.14-17)
•et aux païens (Ac. 10.24-48).

3° Christ a utilisé la forme masculine du mot "roc" en parlant de Pierre et la forme féminine en parlant du fondement de l'Église. Cela en a amené certains à dire que le roc et Pierre n'étaient pas la même chose. D'un point de vue linguistique, il était cependant nécessaire de l'exprimer de cette façon, parce que le roc à la forme féminine parle d'un fondement ou d'un rocher ; alors que pour nommer une personne, Christ a dû nécessairement utiliser la forme masculine pour désigner un homme.

4° Et finalement, les apôtres sont désignés comme le fondement de l'Église (Ép. 2.20), Jésus lui-même en étant la pierre principale. Nous en concluons que "le « roc » sur lequel Christ a prédit qu'il bâtirait son Église faisait allusion à l'apôtre Pierre en tant que chef et représentant des apôtres."2 Adopter la position que Pierre est le roc, ce n'est pas ignorer que Christ est le fondement ultime et final, le fondement par excellence. Mais Christ a utilisé des hommes pour la fondation de l'Église. De plus, ce n'est pas non plus ignorer l'importance de la confession. Une personne qui ne ferait pas cette confession ne pourrait pas faire partie du corps de Christ. Tous ceux qui désirent être une pierre vivante (1 Pi. 2.5) dans ce temple vivant doivent confesser la divinité de Christ, comme Pierre l'a fait.

2 — Saucy, The Church in God's Program, p. 63.

Quelle que soit la position que l'on adopte sur ce sujet controversé, trois choses sont cependant claires : Christ bâtit son Église, il se sert d'instruments humains, et ces instruments humains doivent confesser la divinité de Jésus-Christ. L'autorité de lier et de délier n'a pas été donnée à Pierre seulement, mais aussi aux autres apôtres (Mt. 16.19 ; 18.18 ; Jn. 20.23). Il semble qu'il s'agisse d'un pouvoir de déclaration semblable à celui de Jérémie (Jér. 1.10).

B. L'ÉGLISE LOCALE

Il va de soi que, le jour de la Pentecôte, l'Église universelle et l'Église locale de Jérusalem ont toutes deux été fondées et que, à ce moment-là, elles étaient une seule et même chose. Quand les disciples se sont dispersés dans d'autres régions, d'autres Églises locales ont été fondées. Quand des personnes se tournaient vers le Seigneur à différents endroits, elles se réunissaient ensemble et formaient des groupes locaux de croyants. Les groupes voyaient le jour à la suite de la prédication des croyants et ils étaient fondés sur Christ. À propos de l'Église de Corinthe, Paul écrit : "Selon la grâce de Dieu qui m'a été donnée, j'ai posé le fondement comme un sage architecte, et un autre bâtit dessus. Mais que chacun prenne garde à la manière dont il bâtit dessus. Car personne ne peut poser un autre fondement que celui qui a été posé, savoir Jésus-Christ" (1 Co. 3.10ss.). Ainsi, dit Paul, le fondement qu'il a posé était Jésus-Christ. Jésus-Christ doit être le fondement, la Parole de Dieu doit être la règle en matière de foi et de pratique, et l'Esprit de Dieu doit être l'administrateur. Seuls ceux qui confessent librement que Jésus est le Christ devraient pouvoir devenir membres de l'Église locale. Seuls ceux qui, selon toute apparence, sont membres de l'Église universelle devraient être admis dans l'Église locale.

II. LA MANIÈRE DE CETTE FONDATION

L'Église universelle ou la véritable Église n'est pas le produit des efforts de l'homme. Ce n'est pas une organisation mais un organisme vivant. Dans Hé. 12.23, cette Église est appelée "l'assemblée des premiers-nés". C'est-à-dire que la nouvelle naissance est la première condition dans la fondation de cette Église. La seconde est le baptême de l'Esprit. La Bible déclare : "Nous avons tous, en effet, été baptisés dans un seul Esprit, pour former un seul corps, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d'un seul Esprit" (1 Co. 12.13). Au commencement, ce baptême a eu lieu le jour de la Pentecôte (Ac. 1.4ss. ; 2.1ss. ; 11.15-17). Le Seigneur seul peut baptiser du Saint-Esprit (Mc. 1.8) et lui seul peut ajouter à cette Église (Ac. 2.47 ; voir Ac. 5.14 ; 11.24). Jésus-Christ a dit qu'il bâtirait son Église (Mt. 16.18). À l'époque actuelle, tous ceux qui croient sont baptisés dans l'Église, le corps de Christ.

L'Église locale a vu le jour d'une façon très simple. Au début, il n'y avait pas d'organisation, mais simplement un lien d'amour, de communion fraternelle, de doctrine et de coopération. Peu à peu, l'arrangement vague du début sous les apôtres a cependant fait place à une minutieuse organisation. Parce que les membres étaient déjà membres de la véritable Église, ils se sont sentis poussés à organiser des Églises locales dans lesquelles les réalités invisibles en Christ pourraient servir au bien commun et au salut des inconvertis.

Au commencement, il n'y avait qu'une seule Église locale : l'Église de Jérusalem. Il semble que l'on tînt les réunions dans différentes maisons, mais il n'y avait toutefois qu'une seule Église. Le nombre des membres passa de 3000 à 5000, et le Seigneur en ajoutait à chaque jour (Ac. 2.41, 47 ; 4.4 ; 5.14). Les apôtres étaient les responsables de l'Église.

Plus tard, d'autres Églises locales furent fondées à de nouveaux endroits, à mesure que l'Évangile était prêché et cru, comme en Judée et en Samarie (Ac. 8), sans aucun doute d'après le modèle de celle de Jérusalem. La manière exacte de cette fondation ne nous est pas rapportée. Paul recommande à Tite d'établir "des anciens dans chaque ville" (Tit. 1.5), ce qui semble indiquer que là où un groupe de croyants avait été formé dans une communauté, des anciens étaient désignés comme responsables (voir Ac. 14.23). Dans l'Église primitive, lorsqu'une personne répondait à l'Évangile de Jésus-Christ, elle était ajoutée à l'Église. Elle n'avait pas à se demander si elle devait se joindre à l'assemblée locale ; c'était pris pour acquis.

III. L'ORGANISATION DES ÉGLISES

La Bible nous dit très peu de choses de l'organisation entre les Églises, mais nous avons cependant beaucoup d'informations sur l'organisation de l'Église locale.

A. LE FAIT DE L'ORGANISATION

Certaines choses indiquent que, très tôt à Jérusalem, l'Église avait au moins une vague organisation, et il y a des preuves concluantes que, peu de temps après, les Églises locales étaient bien organisées. Plusieurs choses indiquent qu'il devait y avoir une organisation simple même dans l'Église de Jérusalem. Les croyants adhéraient à une règle doctrinale précise (Ac. 2.42), se réunissaient pour la communion fraternelle, s'assemblaient pour prier, pratiquaient le baptême, observaient le Repas du Seigneur, comptaient le nombre des membres, se réunissaient pour le culte public et pourvoyaient à un secours matériel pour les nécessiteux parmi eux (Ac. 2.41-46). Les apôtres étaient les responsables dans cette Église, mais il ajoutèrent bientôt sept personnes pour s'occuper du ministère auprès des pauvres (Ac. 6.1-7). Le jour de la Pentecôte, ils étaient réunis dans la chambre haute (Ac. 1.13 ; 2.1). Le plus souvent cependant, ils semblent s'être réunis dans la maison d'un chrétien (Ac. 2.46 ; 12.12), bien que, pour certains réunions, ils se rendaient apparemment encore au temple (Ac. 2.46 ; 3.1). Tous ces facteurs indiquent les commencements d'une organisation dans l'Église de Jérusalem.

1. Ils avaient des responsables. En plus de l'exemple de la première Église, il y a de nombreuses autres indications que la Bible enseigne la convenance et la nécessité d'organiser les groupes locaux de croyants en Églises. Paul et Barnabas, en revenant sur leurs pas à partir de Derbe, "désignèrent des anciens dans chaque Église" (Ac. 14.23). Le texte original suggère que cela était fait à main levée sous la supervision des apôtres. Paul recommanda à Tite d'établir des anciens (Tit. 1.5). De plus, l'Église de Jérusalem désigna des intendants pour s'occuper des besoins des pauvres (Ac. 6.1-7). Il devait y avoir un moyen pour s'assurer de ce que les gens pensaient, ainsi qu'un règlement déterminant qui avait droit de vote à ce sujet. Dans l'Église d'Éphèse, il y avait des anciens (Ac. 20.17) ; dans l'Église d'Antioche, des prophètes et des docteurs (Ac. 13.1) ; et dans l'Église de Philippes, des évêques et des diacres (Ph. 1.1). Plus tard, l'Église d'Éphèse eut des évêques et des diacres (1 Ti. 3.1, 8).

2. Ils avaient des moments fixes pour se réunir. Les disciples se rencontrèrent le premier jour de la semaine immédiatement après la résurrection de Christ (Jn. 20.19, 26). Dans sa première lettre aux Corinthiens, Paul ordonne à ses lecteurs de mettre à part, le premier jour de la semaine, ce qu'ils pourront, selon leur prospérité (1 Co. 16.2). Cela nous montre que c'est ce jour-là que se faisait la collecte. Lors du dernier voyage de Paul vers Jérusalem, il s'arrêta à Troas et se réunit là avec les disciples le premier jour de la semaine (Ac. 20.7). Dans l'Apocalypse, Jean indique qu'il fut saisi par l'Esprit au jour du Seigneur (Ap. 1.10). On devait avoir pris des mesures concernant le jour à observer, et ce genre d'affaire présuppose une organisation.

3. Ils réglaient la bienséance dans l'Église. Ils réglèrent la bienséance dans l'Église (1 Co. 14.26-40) et exercèrent une discipline. Jésus avait donné des instructions au cas où un croyant refuserait de se soumettre à une réprimande privée ; le cas devait être porté devant l'Église pour discipline (Mt. 18.17). Paul demande très expressément aux Corinthiens d'exercer une discipline dans l'Église (1 Co. 5.13). Il donne des instructions semblables à l'Église de Rome (Ro. 16.17 ; voir 2 Th. 3.6-15). Dans 3 Jn. 1.9ss., nous lisons que Diotrèphe disciplinait très arbitrairement. Ici encore, cela présuppose une organisation, car il est nécessaire dans de tels cas de déterminer quels sont ceux qui peuvent voter et ceux qui ne le peuvent pas. Il semble que, dans les questions de discipline, la majorité l'emportait (2 Co. 2.6).

4. Ils collectaient de l'argent pour l'œuvre du Seigneur. Écrivant à l'Église de Corinthę depuis Éphèse, Paul affirma qu'il avait déjà donné des ordres aux Églises de Galatie et il leur donna ensuite des instructions concernant la collecte pour les saints (1 Co. 16.1ss.). Ils devaient donner régulièrement, proportionnellement et dans un but précis. Ils devaient donner le premier jour de la semaine, selon la prospérité de chacun, pour les saints. Dans 2 Co., Paul les invite à donner libéralement (2 Co. 8.7-9 ; 9.6) et avec joie (2 Co. 9.7). Il fait l'éloge des Églises de Macédoine pour leur grande libéralité à cet égard (2 Co. 8.1-5) et invite l'Église de Corinthe à suivre leur exemple (2 Co. 8.6-9.5). Dans l'Épître aux Romains, Paul parle de la collecte qu'il porte à Jérusalem (Ro. 15.25-28). Devant Félix, Paul fait allusion à cette collecte qu'il avait apportée pour sa nation (Ac. 24.17). Les Églises de Galatie, de Macédoine et d'Achaïe ont donc participé a un effort organisé pour recueillir des fonds pour les pauvres de Judée.

5. Ils envoyaient des lettres de recommandation à d'autres Églises. Ce fut le cas lorsqu'Apollos quitta Éphèse pour Corinthe (Ac. 18.24-28). C'est également ce qui est sous-entendu dans la question sarcastique de Paul, à savoir s'il devait apporter des lettres de recommandation lorsqu'il retournerait à Corinthe (2 Co. 3.1). Dans Ro. 16.1s, nous avons probablement l'exemple d'une telle lettre à propos de Phœbé. Si cette pratique s'est développée, il a dû devenir nécessaire de sonder la pensée de l'Église pour déterminer qui était digne d'une telle lettre. Une telle procédure présuppose une organisation. Le Concile de Jérusalem rendit une décision concernant les conditions selon lesquelles les païens pouvaient être admis dans la communion de l'Église et envoya une lettre (Ac. 15.22-29). Cela aussi présuppose une certaine forme d'organisation.

B. LES OFFICIERS DE L'ÉGLISE

Une organisation implique des officiers. Tout était très simple au début, mais il y avait cependant deux ou peut-être trois offices distincts dans les Églises primitives. Cette preuve nous est en partie donnée par des allusions aux officiers de l'Église et en partie par l'enseignement concernant la désignation et les tâches de ces officiers.

1. Pasteur, ancien, évêque. Ces trois termes dénotent un seul et même office dans le Nouveau Testament. Dans Ac. 20.17, 28, nous lisons que les anciens de l'Église d'Ephèse avaient été établis évêques sur le troupeau, dans le but de paître (berger ou pasteur) l'Église de Dieu. Nous avons ici les termes anciens, évêques et pasteurs qui sont tous utilisés pour désigner les mêmes hommes. Dans 1 Pi. 5.1ss., les tâches d'un pasteur sont attribués aux "anciens qui sont parmi vous". C'est-à-dire que les anciens et les pasteurs étaient les mêmes personnes. Jean (2 Jn. 1.1 ; 3 Jn. 1.1) et Pierre (1 Pi. 5.1) étaient tous deux apôtres, mais ils se nomment eux-mêmes anciens. Cela n'indique certainement pas un office inférieur à celui d'un pasteur ou d'un évêque. Dans Tit. 1.5-9, les termes "ancien" et "évêque" sont employés de façon interchangeable. Le terme grec "berger" revient à plusieurs reprises dans le Nouveau Testament, mais il n'est traduit "pasteur" que dans Ép. 4.11. Sa vraie signification est celle de berger (voir Mt. 9.36 ; 26.31 ; Lu. 2.8 ; Jn. 10.2 ; Hé. 13.20 ; 1 Pi. 2.25). Comme nous l'avons souligné, on avait confié aux anciens et évêques de l'Église d'Éphèse la tâche de paître le troupeau, c'est-à-dire qu'ils avaient été établis pasteurs dans l'Église. Paul s'adresse à l'Église de Philippes de la façon suivante : "À tous les saints en Jésus-Christ qui sont à Philippes, aux évêques et aux diacres" (Ph. 1.1). S'il y avait eu dans cette Église des anciens et des pasteurs distincts des évêques, Paul ne se serait alors adressé qu'à une partie des officiers de l'Église, ce qui est peu probable.

2. Les diacres. Le mot vient du grec diakonos (Ph. 1.1 ; 1 Ti. 3.8). Il est utilisé dans le sens général de serviteur (Mc. 10.43 ; Jn. 2.5 ; 12.26). La forme verbale est traduite par "servir" (Mt. 4.11 ; 20.28 ; Ro. 15.25). Le terme est aussi utilisé de façon non technique à propos de tout ministre de l'Évangile (1 Co. 3.5 ; 2 Co. 6.4 ; Ép. 6.21 ; Col. 1.7 ; 1 Ti. 4.6). Il est toutefois également utilisé d'une façon technique et, en tant que tel, il est habituellement traduit par "diacre" . Nous trouvons cette signification spéciale dans Ph. 1.1 ; 1 Ti. 3.8-13 ; et peut-être Ro. 16.1. Il se peut que les sept hommes choisis pour s'occuper des veuves de l'Église primitive dans Ac. 6.1-6 doivent être considérés comme les premiers diacres, mais ce n'est pas certain. Il est révélateur que les diacres doivent avoir pratiquement les mêmes qualifications spirituelles que les évêques (1 Ti. 3.8-13). Il semble donc que les diacres aient pu participer aussi bien au travail spirituel de l'Église qu'au travail matériel.

La fonction du diacre n'est pas claire dans la Bible, mais il semble qu'elle ait à faire avec l'administration des fonds de secours. Les anciens étaient responsables des besoins spirituels de la communauté des fidèles, et les diacres s'occupaient principalement des besoins physiques. Les qualifications pour occuper cette fonction sont similaires à celles des anciens, sauf que les exigences concernant la capacité d'enseigner et l'hospitalité, bien que mentionnées pour les anciens, ne soient pas requises pour les diacres. Cela laisserait sous-entendre que ces tâches ne faisaient pas partie des responsabilités des diacres. La qualification "éloignés... d'un gain sordide" suggère que les diacres s'occupaient des activités financières de l'Église. Il est raisonnable de dire que les exigences pour devenir diacre semblent particulièrement appropriées pour ceux qui doivent s'occuper des besoins matériels et financiers de l'organisation.

3. Les diaconesses. Il semble clair que des femmes remplissaient une certaine fonction officielle dans l'Église primitive. Phœbé est appelée servante, c'est-à-dire diaconesse (Ro. 16.1), et Paul, dans sa discussion des officiers de l'Église (1 Ti. 3.1-13), mentionne les femmes (1 Ti. 3.11). Il semble convenable qu'il y ait certaines femmes consacrées aux soins des malades, à la préparation des repas en commun, à la distribution des aumônes et, en général, à une forme d'assistance là où leur rôle peut le mieux être utilisé.

L'interprétation des "femmes" dans 1 Ti. 3.11 a été comprise de divers façons. Certains y voient les femmes des diacres. Si c'est le cas, il semblent étrange que les femmes des anciens ne soient pas nommées. Parce qu'elles sont mentionnées au centre des propos de Paul concernant les diacres, il est probable que ces femmes font allusion à un sous-groupe dans la charge diaconale. De plus, il est intéressant de remarquer que Paul a employé un "de même" pour elles, comme pour les diacres (1 Ti. 3.8, 2), ce qui indique que ces femmes remplissaient une fonction particulière dans l'Église. En outre, les exigences pour cette fonction sont étroitement parallèles à celles des diacres.

Nous en concluons que les diacres avaient comme première responsabilité les besoins matériels et financiers de l'Église, et que certaines femmes, appelées "diaconesses", travaillaient avec les diacres dans des domaines où elles faisaient mieux l'affaire que les hommes. Parce que le diaconat n'était pas une charge de direction, les femmes pouvaient y jouer un rôle.

C. LE GOUVERNEMENT DE L'ÉGLISE

Il y a trois formes fondamentales de gouvernement dans l'Église :

  1. épiscopale,
  2. presbytérale
  3. ou congrégationaliste.

La forme épiscopale, c'est le gouvernement de l'Église par les évêques ou surveillants, en réalité, par trois différents ordres de ministres : les évêques, les prêtres et les diacres.

La forme presbytérale, c'est le gouvernement de l'Église par les anciens. Il prévoit habituellement les commissions suivantes : un comité, un consistoire, un synode et une assemblée générale. Il n'y a qu'un seul ordre dans le ministère, à savoir les pasteurs, les anciens qui dirigent ou simplement les anciens, et les diacres. Les pasteurs et les anciens qui dirigent prennent tous deux part aux réunions du consistoire, du synode et de l'assemblée générale.

Dans la forme congrégationaliste de gouvernement, toute l'autorité législative est exercée par l'Église locale. Les organisations régionales et générales n'ont qu'un pouvoir consultatif et ne sont instituées que dans le but d'assurer une coopération dans le travail missionnaire, dans le travail pédagogique et ainsi de suite.

Chacune de ces formes essaie de soutenir sa position par la Bible. La forme épiscopale trouve un appui dans les passages qui parlent de l'autorité des apôtres ou de leur délégués (Ac. 14.23 ; 20.17, 28 ; Tit. 1.5). Mais il n'y a plus d'apôtres ni d'autorité apostolique déléguée. Ce qui nous reste aujourd'hui, ce sont leurs instructions concernant le gouvernement de l'Église, que l'on retrouve dans la Bible. La forme presbytérale trouve son appui dans la conduite du Concile de Jérusalem (Ac. 15.6) et l'ordination de Timothée (1 Ti. 4.14). Mais même dans ces cas, certaines choses indiquent que la congrégation se trouvait mêlée à ces décisions. Le gouvernement de l'Église primitive est une combinaison des formes congrégationaliste et presbytérale. La congrégation choisissait ses responsables, et les responsables agissaient selon les directives et le suffrage des gens. Dans Ac. 6, nous avons une certaine information sur le choix des officiers (Ac. 6.1-6). Le terme traduit par "désigner" dans Ac. 14.23 signifie "lever la main". Paul et Barnabas ont, de toute évidence, dirigé une certaine forme de vote de l'assemblée dans le choix des anciens. Même au Concile de Jérusalem, les apôtres, les anciens et l'assemblée ont été mêlés au processus de prise de décision. Nous pouvons mentionner certains points qui indiquent un gouvernement de type congrégationaliste dans l'Église primitive.

1° L'Église primitive a élu ses propres officiers et délégués (Ac. 6.1-6 ; 15.2ss.).

2° Chaque Église avait le pouvoir d'établir sa propre discipline (Mt. 18.17ss. ; 1 Co. 5.13 ; 2 Co. 2.6 ; 2 Th. 3.6, 14ss.).

3° L'Église, avec ses officiers, rendait les décisions (Ac. 15.22), recevait les délégués (Ac. 15.4 ; 18.27) et envoyait des représentants (2 Co. 8.19) et des missionnaires (Ac. 13.3ss. ; 14.26). L'assemblée locale était activement mêlée à toutes les affaires de l'Église. Quelle qu'ait été l'autorité déléguée, elle n'ignorait pas les besoins du corps.

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