CHAPITRE XXXVIII
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La mission et la destinée de l'Église

Ayant maintenant considéré l'Église dans son fondement, son organisation et ses ordonnances, il convient que nous regardions également sa mission et sa destinée.

I. LA MISSION DE L'ÉGLISE

En travaillant dans l'Église et en planifiant les programmes de l'Église locale, il y a une question fondamentale à laquelle il nous faut répondre : Quelle est la mission de l'Église ? Autrement dit, que doit faire l'Église ? Quels sont ses mandats bibliques ? Nous pouvons en suggérer plusieurs.

A. GLORIFIER DIEU

Le principal but de l'homme est de glorifier Dieu. Cela est tout aussi vrai pour l'Église dans son ensemble que pour l'individu. La Bible indique à plusieurs reprises que c'est là le principal but de l'Église (Ro. 15.6, 9 ; Ép. 1.5, 12, 14, 18 ; 3.21 ; 2 Th. 1.12 ; 1 Pi. 4.11). Cette tâche est si fondamentale que, si elle est fidèlement accomplie, les autres buts de l'Église le seront également. Comment Dieu est-il glorifié ?

1° Nous glorifions Dieu en l'adorant (Jn. 4.23ss. ; voir Ph. 3.3 ; Ap. 22.9).

2° Nous glorifions Dieu par la prière et la louange. Le psalmiste écrit : "Celui qui offre pour sacrifice des actions de grâces me glorifie" (Ps. 50.23).

3° En outre, nous le glorifions également en vivant une vie sainte. Jésus a dit : "Si vous portez beaucoup de fruit c'est ainsi que mon Père sera glorifié, et que vous serez mes disciples" (Jn. 15.8). Pierre déclare que nous devons annoncer "les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière" (1 Pi. 2.9 ; voir Tit. 2.10).

B. S'ÉDIFIER ELLE-MÊME

Paul nous dit que Dieu a donné à l'Église des apôtres, des prophètes, des évangélistes, des pasteurs et des docteurs "pour le perfectionnement des saints en vue de l'œuvre du ministère et de l'édification du corps de Christ, jusqu'à ce que nous soyons tous parvenus à l'unité de la foi et de la connaissance du fils de Dieu, a l'état d'homme fait, à la mesure de la stature parfaite de Christ ; ainsi, nous ne serons plus des enfants, flottants et emportés à tout vent de doctrine, par la tromperie des hommes, par leur ruse dans les moyens de séduction, mais en professant la vérité dans l'amour, nous croîtrons à tous égards en celui qui est le chef, Christ. C'est de lui, et grâce à tous les liens de son assistance, que tout le corps, bien coordonné et formant un solide assemblage, tire son accroissement selon la force qui convient à chacune de ses parties, et s'édifie lui-même dans l'amour" (Ép. 4.12-16). Cela signifie clairement que l'Église doit enseigner la doctrine à ses membres, de manière à ce qu'ils arrivent à l'état d'homme fait et qu'ils puissent résister aux hérésies qui les entourent. Il s'agit là de l'édification du corps en Christ (Col. 2.7). C'est ce que les réunions publiques de l'Église doivent accomplir (1 Co. 14.26), mais les individus doivent également s'édifier eux-mêmes dans leur très sainte foi (Jud. 1.20) et croître "dans la grâce et dans la connaissance de notre Seigneur et Sauveur Jésus-Christ" (2 Pi. 3.18). Paul nous convie à utiliser les bons matériaux dans la construction du temple spirituel de Dieu (1 Co. 3.10-15) et nous met en garde contre l'emploi de mauvais matériaux. L'Eglise doit donc communiquer la doctrine à ses membres, développer en eux les grâces de la vie chrétienne et leur enseigner à coopérer les uns avec les autres dans le service de Christ.

C. SE PURIFIER ELLE-MÊME

Christ s'est donné lui-même pour l'Église "afin de la sanctifier en la purifiant et en la lavant par l'eau de la parole, pour faire paraître devant lui cette Église glorieuse, sans tache, ni ride, ni rien de semblable, mais sainte et irréprochable" (Ép. 5.26ss.). Il y a une épuration que le Père accomplit (Jn. 15.2), principalement par le châtiment divin (1 Co. 11.32 ; Hé. 12.10). Il y a aussi une épuration que le croyant devrait accomplir (1 Co. 11.28-31 ; 2 Co. 7.1 ; 1 Jn. 3.2), mais il y a aussi une épuration que l'Église locale doit faire (Mt. 18.17). L'Église primitive nous fournit un exemple de discipline ecclésiastique, et l'Église actuelle n'est pas exemptée de cette tâche (Ac. 5.11 ; Ro.16.17 ; 1 Co. 5.6-8, 13 ; 2 Co. 2.6, 2 Th. 3.6, 14 ; Tit. 3.10ss ; 2 Jn. 1.10). Les divisions, les hérésies, les immoralités et les choses semblables sont mentionnées comme causes de discipline. La discipline fait partie de la préparation de l'épouse (Ap. 19.7).

D. ÉDUQUER SES MEMBRES

Comme nous l'avons vu ci-dessus, Dieu a donné à l'Église des apôtres, des prophètes, des évangélistes, des pasteurs et des docteurs pour "le perfectionnement des saints en vue de l'œuvre du ministère" (Ép. 4.12). Jésus a établi la grande mission, non seulement pour que les hommes deviennent disciples et soient baptisés, mais aussi pour qu'ils soient par la suite instruits à "observer tout" ce qu'il leur a prescrit (Mt. 18.20). L'Église devrait donc, sans aucun doute, avoir un programme d'enseignement et de formation pour ses propres membres, aussi bien les jeunes que les autres. L'Église doit enseigner la vérité de Dieu à ses membres. Elle doit se consacrer à l'enseignement des apôtres. Paul ordonne aux croyants de Philippes de s'intéresser à toute connaissance profitable. Il dit : "Au reste, frères, que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honorable, tout ce qui est juste, tout ce qui est pur, tout ce qui est aimable, tout ce qui mérite l'approbation, ce qui est vertueux et digne de louange, soit l'objet de vos pensées" (Ph. 4.8 ; voir 2 Ti. 2.2).

E. ÉVANGÉLISER LE MONDE

La grande mission ordonne à l'Église d'aller dans le monde entier et de faire de toutes les nations des disciples (Mt. 28.19 ; Lu. 24.46-48 ; Ac. 1.8). La Bible ne nous ordonne pas de convertir le monde, mais de l'évangéliser. Cela signifie que l'Église a une dette envers le monde entier, c'est-à-dire que l'Église est obligée de donner au monde entier une occasion d'entendre l'Évangile et d'accepter Jésus-Christ. Nous savons que tous ne répondront pas à l'appel de l'Évangile, mais l'Église a cependant le devoir de donner au monde entier une occasion de connaître Jésus-Christ et d'accepter son salut. Dieu appelle aujourd'hui d'entre les païens un peuple qui porte son nom (Ac. 15.14) et il le fait par l'intermédiaire de l'Église et par son Esprit. Cela doit se poursuivre jusqu'à ce que "la totalité des païens soit entrée" (Ro. 11.25). Personne ne sait quand cela se produira, mais c'est l'objectif précis de Christ auquel l'Église doit participer. L'évangélisation commence par une étude des besoins (Jn. 4.28-38 ; voir Mt. 9.36-38) ; chaque Église devrait donc étudier les missions. Elle s'exprime ensuite par l'intercession pour les missions (Mt. 9.38), par des contributions aux missions (Ph. 4.15-18), par l'envoi de missionnaires (Ac. 13.1-3 ; 14.26 ; Ro. 10.15) et finalement en se rendant soi-même sur le champ missionnaire (Ro. 1.13-15 ; 15.20).

F. AGIR COMME UNE FORCE POUR RESTREINDRE
ET DÉVOILER LE MAL DANS LE MONDE

Jésus a dit que les croyants étaient le sel de la terre et la lumière du monde (Mt. 5.13ss.). Par leur influence et leur témoignage, ils retiennent le développement de l'iniquité (voir 2 Th. 2.6ss.). Dieu retarde le jugement à cause de la présence des justes parmi les méchants (Ge. 18.22-33). Les croyants doivent faire connaître les justes exigences de Dieu et le besoin de repentance et de régénération. À cette fin, Dieu a fait de son peuple les gardiens de sa vérité (2 Co. 5.19 ; Ga. 2.7 ; 1 Ti. 1.11 ; 3.15). C'est dans la Bible que les hommes pourront toujours trouver la vérité concernant Dieu et les choses spirituelles, s'ils désirent la connaître. Mais en plus, l'Église doit aussi porter la Parole de vie au monde (Ph. 2.16) et combattre pour la vérité (Jud 1.3). Peu de communautés de ce monde réalisent la véritable valeur du peuple de Dieu parmi eux. Mais il n'y a certainement pas beaucoup d'inconvertis qui voudraient vivre dans un monde où il n'y aurait aucune influence chrétienne.

G. PROMOUVOIR TOUT CE QUI EST BIEN

Bien que le croyant doive se séparer de toute alliance mondaine (2 Co. 6.14-18), il doit cependant soutenir toute cause qui cherche à promouvoir le bien-être social, économique, politique et éducatif de la communauté. Paul a dit : "Ainsi donc, pendant que nous en avons l'occasion, pratiquons le bien envers tous, et surtout envers les frères en la foi" (Ga. 6.10). Nous remarquons ici que notre premier devoir est à l'égard des frères en la foi, mais nous avons également une responsabilité envers le reste du monde. Il est nécessaire d'être bien au clair quant à la place de ce ministère envers le monde. La pratique de Jésus est le meilleur exemple à suivre. Il a toujours subordonné l'aide physique et matérielle à l'aide spirituelle. Il allait partout faisant le bien et guérissant tous ceux qui étaient opprimés par le diable, mais il n'a jamais perdu de vue sa mission principale (Ac. 10.38-43). Le travail de réforme, y compris la philanthropie, doit certainement être subordonné au travail d'évangélisation. Le chrétien devrait faire en sorte que sa charité et sa bonté soient un témoignage pour Jésus-Christ. Jésus a peut-être accompli un acte humanitaire en nourrissant cinq mille personnes, mais il l'a sûrement fait premièrement comme témoignage de sa propre puissance et divinité. Quand Jésus changea l'eau en vin, il fit preuve de bonté envers les mariés, mais il manifesta aussi sa gloire (Jn. 2.11). Il semble avoir guéri l'aveugle-né dans le but de sauver son âme (Jn. 9.35-38). Autrement dit, le chrétien devrait faire en sorte que toutes ses bonnes œuvres témoignent de Jésus-Christ.

II. LA DESTINÉE DE L'ÉGLISE

Les détails de cette destinée seront abordés dans l'étude de l'eschatologie, mais nous devons ici faire mention de l'avenir de l'Église de façon générale.

A. L'ÉGLISE NE CONVERTIRA PAS LE MONDE

Selon la Bible, l'Église ne doit pas gagner le monde entier à Christ, ni s'élever à une position d'influence mondiale dans la vie sociale, économique et politique. La Bible prédit que l'iniquité grandira et que "l'amour du plus grand nombre se refroidira" (Mt. 24.12). Paul écrit : "Mais l'Esprit dit expressément que, dans les derniers temps, quelques-uns abandonneront la foi, pour s'attacher à des esprits séducteurs et à des doctrines de démons" (1 Ti. 4.1 ; voir 2 Ti. 3.1-9). Les gens ne se tourneront pas en masse vers le Seigneur, mais la vie continuera à peu près comme à l'habitude. C'est ce qu'indique la déclaration de Jésus-Christ : "Ce qui arriva du temps de Noé arrivera de même aux jours du Fils de l'homme. Les hommes mangeaient, buvaient, se mariaient et mariaient leurs enfants, jusqu'au jour où Noé entra dans l'arche ; le déluge vint, et les fit tous périr" (Lu. 17.26ss.). La parabole de l'ivraie (Mt. 13.24-30, 36-43) et celle du filet (Mt. 13.47-50) enseignent que le monde ne se convertira pas. Il y aura des bons et des méchants jusqu'à la fin.

B. L'ÉGLISE OCCUPERA UNE PLACE DE BÉNÉDICTION ET D'HONNEUR

L'Écriture nous donne des enseignements précis à ce sujet.

1. L'Église sera unie à Christ. L'Église est appelée l'épouse de Christ (2 Co. 11.2 ; Ép. 5.27), et l'Apocalypse annonce d'avance son union avec Christ lors des noces de l'Agneau (Ap. 19.7). Cela peut seulement vouloir dire qu'elle entrera dans une relation très intime avec lui. Les idées de communion et de possession mutuelle sont ici sous-entendues (Ro. 8.16ss.).

2. L'Église régnera avec Christ. En tant qu'épouse, elle sera à ses côtés et partagera son autorité dans son royaume universel sur terre (1 Co. 6.2 ; Ap. 1.6 ; 2.26ss. ; 3.21 ; 20.4, 6 ; 22.5). Elle jouera même un rôle dans le jugement des anges (1 Co. 6.3). Ayant souffert avec Christ pendant le temps où il était rejeté, l'Église régnera avec lui à l'époque de sa glorification (2 Ti. 2.11-13). Ceux qui ont souffert avec lui seront glorifiés avec lui (Ro. 8.17). La durée de son règne est d'abord précisée comme étant de mille ans (Ap. 20.4-6), mais il est dit ensuite que ses serviteurs régneront aux siècles des siècles (Ap. 22.5). C'est-à-dire qu'ils régneront mille ans avec lui, pendant le millénium, mais que ce ne sera que le début d'un règne qui se poursuivra pendant toute l'éternité.

3. L'Église sera un témoignage éternel. Elle témoignera pendant toute l'éternité de la sagesse et de la bonté de Dieu (Ép. 3.10, 21). Sa présence même avec Christ parlera de sa grâce et de sa puissance, puisqu'il l'aura sauvée et gardée au sein d'une génération perverse. Christ sera donc glorifié éternellement dans l'Église.

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