Tout système de théologie comporte son eschatologie. S'il y a un début, il doit aussi y avoir une fin, non dans le sens absolu où l'univers n'existait pas avant la création, mais dans le sens où il y aura un changement de ce qui est temporel pour ce qui est éternel. Sous ce titre, nous considérerons les doctrines bibliques des dernières choses. Ce sont les doctrines concernant la seconde venue de Christ, les résurrections, les jugements, le millénium et l'état final.
Nous pouvons diviser l'eschatologie en deux grand domaines :
L'eschatologie générale couvre tout le champ des événements futurs à partir du retour de Jésus-Christ jusqu'à la création des nouveaux cieux et de la nouvelle terre. L'eschatologie personnelle traite de l'individu à partir du moment de sa mort jusqu'à ce qu'il reçoive son corps de résurrection. Dans la présente étude, nous ne considérerons que brièvement l'eschatologie personnelle et nous nous attarderons davantage sur l'eschatologie générale. Ce chapitre portera sur l'eschatologie personnelle et sur l'importance de la seconde venue de Christ.
Nous diviserons ce sujet en deux sous-titres : la mort physique et l'état intermédiaire.
Il ne faut pas confondre la mort physique avec la mort spirituelle ou avec la mort éternelle.
•La mort spirituelle, c'est l'état spirituel dans lequel se trouve une personne avant d'être sauvée. Il est dit que nous étions "morts" dans nos offenses et dans nos péchés (Ép. 2.1, 5). Jésus a dit : "En vérité, en vérité, je vous le dis, l'heure vient, et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu ; et ceux qui l'auront entendue vivront" (Jn. 5.25). Une personne est donc considérée comme morte spirituellement tant qu'elle n'est pas devenue vivante en Christ lors du salut.
• La mort éternelle est le jugement éternel qui s'abat, après la mort, sur ceux qui n'ont jamais été rendus vivants spirituellement. C'est le jugement éternel de Dieu qui vient sur ceux qui ne sont jamais, pendant leur vie, passés "de la mort à la vie" (Jn. 5.24 ; voir Ap. 20.10). C'est ce que l'on appelle "la seconde mort, l'étang de feu" (Ap. 20.14).
La mort spirituelle et la mort éternelle se rapportent à l'âme ; la mort physique concerne le corps. La mort physique est la séparation de l'âme d'avec le corps ; c'est la fin de la vie physique. Elle est décrite de plusieurs façons dans la Bible : la séparation de l'âme et du corps (Ec. 12.9 ; Ac. 7.59 ; Ja. 2.26), la perte de l'âme ou de la vie (Mt. 2.20 ; Mc. 3.4 ; Jn. 13.37) et le départ (Lu. 9.31 ; 2 Pi. 1.15). Il ne faudrait cependant pas la considérer comme une annihilation, comme une cessation de l'être ou une non-existence ; c'est plutôt un changement de relations. Il y a une rupture de la relation naturelle entre l'âme et le corps. Le corps se décompose dans la tombe et retourne à la poussière (Ge. 3.19), mais l'âme continue d'exister.
La mort physique a une certaine relation avec le péché, puisque, avant la chute, Adam n'était pas sujet à la mort physique. La mort physique est une conséquence de la mort spirituelle de l'homme (Ro. 5.21 ; 6.23 ; 1 Co. 15.56). La mort physique n'est pas quelque chose de naturel dans l'existence de l'homme. C'est un jugement (Ro. 1.32 ; 5.16) et une malédiction. Christ a délivré le croyant de la puissance de la mort. La Bible nous rapporte que Christ a participé à la chair et au sang "afin que, par la mort, il rende impuissant celui qui avait la puissance de la mort, c'est-à-dire le diable ; ainsi il délivre tous ceux qui, par crainte de la mort, étaient toute leur vie retenus dans la servitude" (Hé. 2.14ss.).
Bien que la mort soit un ennemi universel, grâce à Christ le croyant n'a plus besoin de le craindre. Pour le croyant, la mort est l'entrée dans la présence de Christ. Le chrétien est absent du corps et présent avec le Seigneur (2 Co. 5.8). Pour le croyant, mourir c'est s'en "aller et d'être avec Christ" (Ph. 1.23). L'aiguillon de la mort a été enlevé (1 Co. 15.55-57) et le chrétien s'endort en Jésus (1 Th. 4.14). Contrairement au croyant, l'incroyant n'a pas d'espérance semblable. Ce qui l'attend, c'est la condamnation et le jugement éternel, loin de la présence du Seigneur (Jn. 3.36 ; 2 Th. 1.9 ; Ap. 20.10).
La mort physique concerne le corps physique ; l'âme est immortelle et, en tant que telle, ne meurt jamais. Bien que la Bible déclare que Dieu seul possède l'immortalité (1 Ti. 6.16 ; voir 1 Ti. 1.17), l'homme est également immortel dans le sens où son âme ne meurt jamais. Que l'âme soit immortelle, même après la mort physique, est confirmé par les Écritures. Dans la réponse à la question des Sadducéens concernant la résurrection, Jésus a cité ce que Dieu avait dit à Moïse dans Ex. 3.6 : "Je suis le Dieu d'Abraham, le Dieu d'Isaac, et le Dieu de Jacob" (Mt. 22.32). Il a poursuivi en disant : "Dieu n'est pas Dieu des morts, mais des vivants" (Mt. 22.32). Si Dieu était le Dieu d'Abraham à l'époque de Moïse, Abraham était donc encore vivant. L'histoire de Lazare et de l'homme riche indique également l'immortalité de l'âme (Lu. 16.19-31), comme d'ailleurs la mention des âmes sous l'autel (Ap. 6.9ss.).
Mais qu'arrive-t-il à l'âme après la mort mais avant la résurrection ? Nous regarderons d'abord l'évidence biblique et ensuite quatre positions non bibliques.
1. L'évidence biblique. Bien que la Bible ne nous donne pas beaucoup d'information, elle nous en donne cependant suffisamment pour nous permettre de tirer certaines conclusions. En premier lieu, le croyant est avec Christ. Paul a dit qu'il préférerait "quitter ce corps et demeurer auprès du Seigneur" (2 Co. 5.8, 6). De plus, Paul avait "le désir de... (s)'en aller et d'être avec Christ" (Ph. 1.23). C'est l'encouragement que Jésus a donné au pénitent qui était à côté de lui sur la croix : "Je te le dis en vérité, aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis" (Lu. 23.43). D'après 2 Co. 12.3ss., il est clair que ce paradis était le ciel. Non seulement le croyant est avec le Seigneur et dans le ciel, mais il est aussi en communion avec les autres croyants. L'Épître aux Hébreux parle de "l'assemblée des premiers-nés inscrits dans les cieux" (Hé. 12.23). Les croyants sont vivants, conscients et heureux (Lu. 16.19-31 ; Ap. 14.13). Cet état entre la mort et la résurrection est à préférer à l'état actuel. Paul dit que c'est "de beaucoup... le meilleur" (Ph. 1.23). Il a affirmé qu'il préférait "quitter ce corps et demeurer auprès du Seigneur" (2 Co. 5.8). Une étude soignée de 2 Co. 5.1-9 suggère que le croyant préfère être enlevé et amené en présence du Seigneur que de mourir et d'entrer dans l'état intermédiaire. Il préférerait être vêtu du corps de résurrection que de ne pas être vêtu. Mais l'état de non vêtu est encore préférable à l'état physique actuel, car même s'il n'est pas vêtu, le croyant est auprès du Seigneur.
Dans l'histoire de Lazare et de l'homme riche, Lazare était consolé dans le sein d'Abraham ; l'homme riche souffrait beaucoup (Lu. 16.19-31). Nous en tirons que ceux qui ne sont pas sauvés sont également dans un état intermédiaire et qu'ils subissent le tourment en attendant le jugement du grand trône blanc (Ap. 20.11-15).
2. Le purgatoire. Dans la théologie catholique romaine, les âmes qui sont complètement pures à la mort peuvent entrer au ciel, dans la présence de Dieu, dans la vision béatique. Celles qui ne sont pas parfaitement pures et qui ont besoin de purification vont à un endroit de purgation. Cet endroit, appelé "purgatoire", sert à purger la culpabilité des péchés véniels. Ce n'est pas un endroit de probation, mais de purgation ou de purification. Les âmes y souffrent parce qu'elles perdent pour un temps les joies du ciel et qu'elles y sont affligées. Plusieurs passages sont utilisés pour soutenir cette doctrine (Za. 9.11 ; Mt. 12.32 ; 1 Co. 3.13-15). À l'encontre de cette position, il y a le fait qu'aucun passage biblique solide ne vient l'appuyer et que Christ a pleinement payé notre peine. Nous ne pouvons rien ajouter aux mérites de Christ (Hé. 1.3). Il est vrai qu'il y a des châtiments temporels pour les péchés au cours de cette vie, mais la Bible n'enseigne nulle part, ni explicitement ni implicitement, que ces souffrances se poursuivent après la mort. Le principal appui pour le purgatoire se trouve dans le livre non canonique de 2 Maccabées 12.42-45.
3. Le sommeil de l'âme. Ceux qui soutiennent ce point de vue affirment qu'après la mort l'âme tombe dans un état de sommeil ou de repos inconscient. On défend cela de différentes manières. Les Écritures présentent souvent la mort comme un sommeil (Mt. 9.24 ; Jn. 11.11 ; 1 Th. 4.13). De plus, certaines références semblent enseigner que les morts sont inconscients (Ps. 146.4 ; Ec. 9.5, 10 ; És. 38.18). Finalement, aucun de ceux qui sont revenus d'entre les morts n'a parlé de cet état temporaire. Pour répondre à ces objections, disons d'abord que le sommeil est toujours employé pour les croyants. C'est un euphémisme tiré de la similitude entre l'apparence de quelqu'un qui est mort et de quelqu'un qui dort (voir Ja. 2.26). En outre, la Bible montre que les croyants qui meurent jouissent d'une communion consciente avec Christ. Les versets qui suggèrent une condition inconsciente de l'âme sont présentés du point de vue des vivants. Pour les vivants, les morts dorment.
4. L'annihilationnisme. Cet enseignement concerne principalement ceux qui ne sont pas sauvés. Selon cette doctrine, il n'y a pas du tout d'existence consciente pour les damnés après la mort. La plupart de ceux qui avancent cette position enseignent qu'à la mort ceux qui ne sont pas sauvés cessent simplement d'exister. Les termes bibliques tels mort, destruction et périr sont interprétés comme signifiant "privé d'existence" ou "réduit à une non-existence" (Jn. 3.16 ; 8.51 ; Ro. 9.22). Mais, en réponse à ce point de vue, nous disons que Dieu n'annihile pas ce qu'il a créé. La vie est l'opposé de la mort ; si la mort n'est simplement que la cessation de l'être, la vie n'est alors rien d'autre qu'une existence prolongée. Mais la vie éternelle est une qualité de vie, non simplement une quantité. En outre, la mort et la destruction sont des châtiments ; il est difficile de voir en quoi l'annihilation pourrait être considérée comme un châtiment. Il est clair, dans la Bible, que ceux qui ne sont pas sauvés continueront d'exister pendant l'éternité (Ec. 12.9 ; Mt. 25.46 ; Ro. 2.5-10 ; Ap. 14.11). De plus, il y a des degrés de châtiment, ce à quoi l'annihilationnisme ne laisse aucune place (Lu. 12.47ss. ; Ro. 2.12 ; Ap. 20.12).
5. L'immortalité conditionnelle. Selon cette doctrine, l'âme n'est pas créée ou ne naît pas immortelle, mais reçoit l'immortalité lors de la confession de foi en Jésus-Christ. L'immortalité vient comme un don de Dieu. Celui qui meurt sans Christ cesse simplement d'exister parce qu'il n'a pas reçu le don de l'immortalité. Ceux qui soutiennent cette position avancent que Dieu seul possède l'immortalité (1 Ti. 6.16) et qu'il la donne à ceux qui répondent à son appel. Ils enseignent en plus que la Bible ne parle nulle part de l'immortalité de l'âme. Mais nous répondons que cette doctrine confond immortalité et vie éternelle. La vie éternelle reçue lors du salut est plus qu'une existence éternelle ; c'est plutôt une qualité de vie, une richesse de vie dans la présence de Christ. Il est vrai que Dieu seul possède l'immortalité de façon inhérente ; néanmoins, l'homme a cependant reçu une immortalité de façon dérivée lors de sa création. Il est né en tant qu'être immortel.
Nous en concluons qu'à la mort le croyant entre dans la présence de Christ. Il demeure avec le Seigneur dans un état de félicité consciente jusqu'au moment de la résurrection, où il recevra son corps de gloire. L'incroyant entre dans un état de tourment conscient jusqu'à la résurrection, où il sera jeté dans l'étang de feu. Les doctrines du purgatoire, du sommeil de l'âme, de l'annihilationnisme et de l'immortalité conditionnelle ne peuvent pas être considérées comme des doctrines bibliques.
L'Église primitive était vivement intéressée par la doctrine du retour de Christ. Les apôtres croyaient à la possibilité de son retour à leur époque, et les générations suivantes ont gardé vivante cette bienheureuse espérance, comme si son retour était imminent. Avant le troisième siècle, on n'a pas vu de grandes exceptions à cette règle ; mais à partir de l'époque de Constantin, cette vérité a été rejetée jusqu'à être presque entièrement mise de côté. Ce n'est qu'au cours des cent dernières années environ que cette doctrine a été remise en vogue dans l'Église. Bien qu'il y ait encore de l'indifférence et de l'opposition à l'égard de cette doctrine, il y a aussi un intérêt de plus en plus grand pour cette vérité biblique. Tandis que les chrétiens fervents disent : "Amen Viens, Seigneur Jésus !" (Ap. 22.20), les incroyants et les moqueurs continuent de dire : "Où est la promesse de son avènement ? Car, depuis que les pères sont morts, tout demeure comme dès le commencement de la création" (2 Pi. 3.4). L'incrédulité des moqueurs ne réduit en rien l'importance de cette doctrine ; plusieurs choses indiquent plutôt son importance.
Dans toutes les Écritures, il y a une place importante accordée à la seconde venue de Jésus-Christ. Bien que la première et la seconde venues soient souvent si étroitement fusionnées dans les prophéties de l'Ancien Testament qu'il soit difficile de présenter une promesse précise qui traite seulement de la seconde venue, il y a cependant quelques passages qui le font clairement (Job 19.25ss. ; Da. 7.13ss. ; Za. 14.4 ; Mal. 3.1ss.). Le Nouveau Testament mentionne cette doctrine plus de 300 fois. Des chapitres entiers y sont consacrés (Mt. 24, 25 ; Mc. 13 ; Lu. 21 ; voir 1 Co. 15). Certains livres traitent presque exclusivement de ce sujet (1 Th. ; 2 Th. ; Ap.). Quant à l'importance, cette doctrine se range donc parmi les autres doctrines majeures.
Nous parlons de la prière et d'un esprit qui se laisse facilement enseigner comme de clés pour la compréhension de la Parole de Dieu, mais en plus de celles-ci, il y a aussi la reconnaissance du caractère fondamental de la doctrine du retour du Seigneur. De nombreuses doctrines, promesses, ordonnances et figures bibliques ne peuvent être pleinement comprises qu'à la lumière de la doctrine du retour du Seigneur. Prenons le cas de la doctrine biblique. Christ est prophète, prêtre et roi, mais personne ne peut comprendre correctement sa fonction de roi sans reconnaître la vérité de sa seconde venue. Le salut est présenté comme passé, présent et futur, mais aucune conception adéquate de son aspect futur ne peut être présentée sans une croyance au retour du Seigneur. L'enseignement de Jean concernant les deux résurrections (Ap. 20.4-15) représente une énigme sans cette doctrine. L'alliance avec David (2 Sa. 7.12-16 ; Ps. 89.4ss.) demeure inexplicable pour celui qui rejette la vérité du retour de Christ. La prophétie concernant le rétablissement de la nature et du monde animal (És. 11.6-9 ; 65.25 ; Ro. 8.20-22) devient absurde si elle est interprétée sans faire allusion à la seconde venue. La prédiction de l'écrasement de la tête de Satan (Ge. 3.15) perd toute sa force si elle n'est pas associée au retour de Jésus-Christ.
Plusieurs figures des Écritures perdent leurs plus intéressantes caractéristiques si elles ne sont pas considérées à la lumière du retour de Christ. Le ministère et l'enlèvement d'Hénoc est une de celles-là (Ge. 5.22-24 ; Hé. 11.5 ; Jud. 1.14). L'histoire de Noé tombe au niveau d'un simple fait historique si elle n'a pas de signification typique, comme d'ailleurs la bénédiction du souverain sacrificateur sur le peuple le jour des expiations (Hé. 9.28). On peut dire la même chose à propos d'un grand nombre de promesses de la Bible. Le retour du Seigneur est une clé pour beaucoup de Psaumes (Ps. 2 ; 22 ; 45 ; 72 ; 89 ; 110). Pierre déclare que tous les saints prophètes parlent de temps de rafraîchissement et de la venue de Christ (Ac. 3.19-24). En plus de cela, il y a de nombreuses promesses précises de son retour dans le Nouveau Testament (Mt. 16.27 ; Jn. 14.3 ; 1 Th. 4.13-18 ; Hé. 10.37 ; Ja. 5.8 ; Ap. 1.7 ; 22.12, 20). Dans celles-ci, le chrétien est invité à se préparer pour son retour, encouragé par le fait de son retour, exhorté à consoler les affligés par la vérité de son retour, convié à supporter l'oppression à la lumière de son retour, appelé à garder confiance parce qu'il reviendra bientôt, et assuré que son retour apportera bénédictions et récompenses à tous ceux qui l'attendent. Certaines des plus précieuses incitations à la sainteté tombent certainement si l'on rejette la vérité du retour du Seigneur.
La même chose est vraie des ordonnances ; elles perdent leur pleine signification pour celui qui rejette la vérité du retour du Seigneur. Le baptême implique la résurrection avec Christ à une nouveauté de vie, et cette nouvelle vie en Jésus-Christ sera manifestée lorsque celui qui est notre vie paraîtra dans la gloire (Col. 3.1-4). Le Repas du Seigneur a également rapport à la seconde venue. Paul dit : "Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu'à ce qu'il vienne" (1 Co. 11.26). Et Jésus a dit : "Je vous le dis, je ne boirai plus désormais de ce fruit de la vigne, jusqu'au jour où j'en boirai du nouveau avec vous dans le royaume de mon Père" (Mt. 26.29).
Le retour du Seigneur nous est présenté comme la grande espérance de l'Église. Ni la mort ni la conversion du monde n'est l'espérance du croyant, mais c'est, selon les Écritures, le retour du Seigneur. Paul a dit : "C'est à cause de l'espérance et de la résurrection des morts que je suis mis en jugement" (Ac. 23.6 ; voir Ac. 26.6-8 ; Ro. 8.23-25 ; 1 Co. 15.19 ; Ga. 5.5) et "En attendant la bienheureuse espérance, et la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur Jésus-Christ" (Tit. 2.13). Pierre a écrit : "Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, qui, selon sa grande miséricorde, nous a régénérés, pour une espérance vivante, par la résurrection de Jésus-Christ d'entre les Morts" (1 Pi. 1.3 ; voir 2 Pi. 3.9-13). Et Jean a dit : "Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n'a pas encore été manifesté ; mais nous savons que, lorsqu'il paraîtra, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu'il est. Quiconque a cette espérance en lui se purifie, comme lui-même est pur" (1 Jn. 3.2ss)
La venue de Jésus-Christ est ce qui encourage le plus à un christianisme biblique. Une sincère croyance en cette doctrine est étroitement reliée à l'orthodoxie, car ceux qui ont entretenu cette espérance de tout cœur et avec intelligence n'ont jamais nié la divinité de Jésus-Christ, ni remis en doute l'autorité de la Bible, et ne se sont jamais éloignés de la foi transmise aux saints une fois pour toutes. Mais ce n'est pas tout. L'acceptation de cette vérité incite également à une purification personnelle (Mt. 25.6ss. ; 2 Pi. 3.11 ; 1 Jn. 3.3) ; elle inspire la vigilance et la persévérance (Mt. 24.44 ; Mc. 13.35ss. ; 1 Th. 5.6 ; 1 Jn. 2.28) ; elle convie celui qui est retombé dans le péché à revenir (Ro. 13.11ss.) ; elle constitue un avertissement pour les infidèles (2 Th. 1.7-10) ; et c'est un soutien dans l'adversité et le deuil (1 Th. 4.13-18 ; 5.11 ; 2 Ti. 2.12 ; Hé. 10.35-39 ; Ja. 5.7). Il est clair que cette bienheureuse espérance a incité à un christianisme apostolique. Ceux qui avaient entendu Jésus dire qu'il reviendrait ne pouvaient plus être de nouveau attirés par les séductions de ce monde. Ils attendaient son retour, vivaient en fonction de cela et cherchaient à en conduire d'autres à lui et à l'espérance de son retour.
Dans les promesses et les perspectives de son retour, la Bible fournit le plus grand stimulant pour le service (Mt. 24.45-51 ; Lu. 19.13 ; 1 Co. 3.11-15 ; 2 Co. 5.10ss.). C'est en elles que nous est révélé le but et le programme divins du service (Ac. 1.8 ; 15.13-18 ; Ro. 11.22-32). Cette vérité constitue en elle-même la base des appels les plus efficaces pour l'acceptation de Christ et la consécration de notre vie à Dieu. Paul s'en est certainement servi de cette façon (Ro. 13.11ss. ; 2 Th. 1.7-10). Nous en concluons donc que la seconde venue de Jésus-Christ est une très importante doctrine.