Bien que les deux résurrections indiquent déjà la future condition de l'homme, elles ne permettent cependant pas d'échapper aux jugements. Toute la philosophie des futurs jugements repose sur le droit souverain de Dieu de punir la désobéissance et sur le droit personnel de l'individu de plaider sa cause devant le tribunal. Bien que Dieu soit souverain, il exercera cependant la justice en tant que juge de toute la terre (Ge. 18.25). Il le fera non pour se soumettre à une loi extérieure, mais comme l'expression de son propre caractère. L'individu aura l'occasion de montrer pourquoi il a agi comme il l'a fait et de connaître les raisons de sa sentence. Il y a des facteurs fondamentaux dans tout gouvernement juste. Et autant que les gouvernements humains suivent cet ordre, ils imitent en cela les méthodes de gouvernement de Dieu. Qu'est-ce que la Bible dit à propos de ces jugements ?
La conscience des hommes leur laisse deviner qu'il y aura un jugement aussi bien des justes que des injustes. L'auteur de l'Ecclésiaste, parlant du point de vue de l'homme naturel, encourage les jeunes à vivre selon les désirs de leur cœur, mais ajoute comme avertissement que, pour toutes ces choses, Dieu les appellera en jugement (Ec. 11.9). Dans le chapitre suivant, il écrit : "Dieu amènera toute œuvre en jugement, au sujet de tout ce qui est caché, soit bien, soit mal" (Ec. 12.16). Paul parle de la conscience comme accusant ou défendant les hommes en vue du "jour où, selon mon Évangile, Dieu jugera par Jésus-Christ les actions secrètes des hommes" (Ro. 2.16). Dans Hé. 10.27, nous lisons qu'il ne reste plus à ceux qui pèchent volontairement qu'une "attente terrible du jugement". Il est impossible de penser à l'intensité de la corruption à laquelle l'homme se livrerait si la crainte d'un futur jugement était enlevée. Autrement dit, la conscience semble dire que, s'il n'y a pas de jugement, il devrait y en avoir un.
Ce sentiment spontané du cœur de l'homme est corroboré par la Bible. Dans Genèse, Abraham reconnaît Dieu comme le juge de toute la terre (Ge. 18.25), et Anne dit que "l'Éternel jugera les extrémités de la terre" (1 Sa. 2.10). David a dit que l'Éternel "vient pour juger la terre" (1 Ch. 16.33 ; voir Ps. 96.13 ; 98.9) et qu'il avait "dressé son trône pour le jugement" (Ps. 9.8). Dans Joël, Dieu dit : "Que les nations se réveillent, et qu'elles montent vers la vallée de Josaphat ! Car là je siégerai pour juger toutes les nations d'alentour" (Joël 3.12 ; voir Es. 2.4). Dans le Nouveau Testament, ce fait est encore plus souvent affirmé. Jésus a dit : "Car le Fils de l'homme doit venir dans la gloire de son Père, avec ses anges ; et alors il rendra à chacun selon ses œuvres" (Mt. 16.27). À Athènes, Paul a déclaré que Dieu avait "fixé un jour où il jugera le monde selon la justice, par l'homme qu'il a désigné" (Ac. 17.31 ; voir Ro. 2.16 ; 2 Th. 1.7-9). Il a en outre affirmé que nous devons "tous comparaître devant le tribunal de Christ, afin que chacun reçoive selon le bien ou le mal qu'il aura fait, étant dans son corps" (2 Co. 5.10 ; voir Ro. 14.10). L'auteur de l'Épître aux Hébreux dit qu'après la mort vient le jugement (Hé. 9.27). C'est Jean qui a vu "les morts, les grands et les petits, qui se tenaient devant le trône" pour être jugés (Ap. 20.12). Dieu a donné l'assurance du jugement en ressuscitant Jésus-Christ, le juge, d'entre les morts (Ac. 17.31).
Pourquoi sera-t-il nécessaire pour Dieu de mener ces jugements ? Strong dit : "L'objet du jugement final n'est pas de déterminer mais de manifester le caractère et de lui attribuer les conditions extérieures correspondantes."1 Dieu connaît déjà les conditions de toutes les créatures morales, et le dernier jour ne sera que la révélation du juste jugement de Dieu. Notre mémoire, notre conscience et notre caractère sont des préparations et serviront de preuves pour ce dévoilement final (Lu. 16.25 ; Ro. 2.15ss. ; Ép. 4.19 ; Hé. 3.8 ; 10.27). Les jugements auront lieu pour montrer la justice de Dieu en traitant les hommes comme il le fait. Devant le tribunal de Dieu, toute bouche sera fermée (voir Ro. 3.19). Il n'est pas nécessaire de supposer que chacun reconnaîtra qu'il reçoit la juste rétribution pour ses œuvres, mais il est cependant sous-entendu que personne n'aura raison de se plaindre et que, par conséquent, personne ne se plaindra.
1 — Strong, Systematic Theology, p. 1025.
Dieu est le juge de tous (Hé. 12.23), mais c'est par Jésus-Christ qu'il accomplira son œuvre. "Il a remis tout jugement au Fils" (Jn. 5.22), et il l'a fait "parce qu'il est Fils de l'homme" (Jn. 5.27). De cela, il en a "donné à tous une preuve certaine en le ressuscitant des morts" (Ac. 17.31). Jésus-Christ jugera "les vivants et les morts" (Ac. 10.42 ; 2 Ti. 4.1). Il jugera :
Cette fonction lui a été attribuée comme récompense pour son humiliation (Ph. 2.9-11), et aussi parce qu'il est le seul qualifié pour cette tâche. En tant que Dieu, il connaît toutes choses (Es. 11.3) et il a l'autorité pour juger les hommes ; en tant qu'homme, il comprend l'homme et sympathise avec lui. Dans sa personne, la justice et la miséricorde se rencontrent, et, en tant que juge de toute la terre, il exercera la justice (Ge. 18.25).
Dans un examen détaillé du sujet, nous devons commencer par le jugement qui a déjà eu lieu. En Christ, nos péchés ont été jugés une fois pour toutes (Es. 53.4-6 ; Jn. 1.29 ; 2 Co. 5.21 ; Ga. 3.13 ; Hé. 10.10-14 ; 1 Pi. 2.24 ; 1 Jn. 2.2). En Christ, le croyant est par conséquent libéré de la culpabilité et de la peine du péché, parce que Christ en a accepté la culpabilité et en a payé la peine pour lui. Aucun croyant ne sera jugé pour ses péchés, puisqu'il a déjà été jugé en Christ (Jn. 5.24). Il y a cependant un jugement actuel pour les croyants. C'est le jugement du péché dans leur propre vie. Paul exhorte les croyants à se juger eux-mêmes en privé (1 Co. 11.31ss.) et dans la vie de l'Église (1 Co. 5.5 ; 1 Ti. 1.20 ; 5.19ss.). Le Seigneur châtie ses enfants désobéissants pour les inciter à juger le péché dans leur vie et à l'abandonner (2 Sa. 7.14ss. ; 12.13ss. ; Hé. 12.5-13). Mais ce qui nous intéresse ici, ce sont les jugements qui sont encore à venir. Nous disons jugements au pluriel, car il n'y a pas plus de jugement général qu'il n'y a de résurrection générale. Le moment, les sujets et les résultats indiquent qu'il y a au moins sept futurs jugements.
Comme nous l'avons vu, lorsque le Seigneur reviendra, il jugera les croyants d'après leurs œuvres (Ro. 14.10 ; 1 Co. 3.11-15 ; 4.5 ; 2 Co. 5.10). Chacun devra rendre compte de l'utilisation qu'il a faite de ses talents (Mt. 25.14-30), de ses mines (Lu. 19.11-27) et des occasions (Mt. 20.1-16) qui lui ont été données. Le jour déclarera si quelqu'un a construit avec du bois, du foin, du chaume, ou avec de l'or, de l'argent et des pierres précieuses (1 Co. 3.12-15). Si c'est avec les premières, ses œuvres seront consumées, mais il sera cependant sauvé comme au travers du feu ; si c'est avec les dernières, il recevra une récompense. La Bible mentionne plusieurs couronnes ou trophées :
Dans un sens particulier, la tribulation sera le jour de l'angoisse de Jacob, mais nous lisons qu'il "en sera délivré" (Jér. 30.7). Dans Apocalypse 12.6, 13-17), nous voyons les persécutions d'Israël pendant cette période ; seuls ceux qui seront marqués sur le front seront épargnés (Ap. 7.1-8). Mais il semble qu'il y aura un jugement ultérieur provenant de Dieu lui-même en rapport avec le rassemblement des dispersés d'Israël. Ézéchiel, parlant de ce jugement, le décrit comme une purge des rebelles parmi les Israélites lors de leur retour vers la terre sainte. Ils seront tirés du pays de leur séjour, mais ils périront dans le désert et n'entreront pas dans le pays d'Israël (Ez. 20.33-38). Malachie semble avoir ce même jugement à l'esprit lorsqu'il présente le Seigneur comme un fondeur purifiant les fils de Lévi (Mal. 3.2-5). Ces jugements se produisent sur la terre et ont lieu en rapport avec le retour du Seigneur. Ils déterminent quels sont ceux, parmi les Israélites, qui retourneront dans la terre sainte et constitueront le peuple d'Israël de l'époque à venir.
Sous l'image d'une femme, l'Apocalypse nous décrit un système religieux fédéré (Ap. 17.1-19.4). La femme est d'abord assise sur la bête. Cela montre que le système ecclésiastique dominera pendant un temps le système politique. Mais les dix cornes (rois) se tourneront contre la femme et la haïront, la dépouilleront et la détruiront. La bête s'accaparera alors elle-même l'autorité religieuse suprême. Il semble aussi y avoir une coalition entre le monde religieux et commercial. Lorsque Babylone, en tant que système religieux, est détruite, elle réapparaît dans une grande organisation commerciale universelle. Mais sa prospérité est de courte durée. En un jour, le Seigneur Dieu la jugera et la détruira complètement. Les marchands de la terre déploreront sa destruction, mais les habitants du ciel se réjouiront et chanteront : "Alléluia !", lorsqu'elle sera renversée. Son jugement a lieu avant le retour du Seigneur sur terre (Ap. 19.1-4, 11-21), et son jugement est une condamnation éternelle (Ap. 19.19-21).
Vers la fin de la tribulation, les esprits méchants émanant du dragon, de la bête et du faux prophète iront rassembler les nations de la terre pour le combat du grand jour de Dieu (Ap. 10.12-16). Ils se rassembleront apparemment pour s'emparer de Jérusalem et des Juifs de Palestine (Za. 12.1-9 ; 13.8-14.2) ; mais juste au moment où la victoire semblera assurée, Christ descendra du ciel avec ses armées (Ap. 19.11-16) et interviendra en faveur d'Israël. Ces hordes se tourneront alors pour combattre le Fils de Dieu, mais le conflit sera court et décisif. La bête et le faux prophète seront pris et jetés vivants dans l'étang de feu (Ap. 19.19ss.), et leurs armées seront tuées par l'épée qui sort de la bouche de Christ (2 Th. 1.7-10 ; 2.8 ; Ap. 19.21). L'opposition politique sera ainsi éliminée et la voie ouverte pour l'instauration du règne de Christ. Il faut remarquer que ce jugement aura lieu lors du retour de Christ sur terre. Il ne comprendra que les armées et leurs chefs qui se seront opposés à Christ. Le résultat, c'est l'étang de feu et la condamnation éternelle.
Des passages comme Joë. 3.11-17 ; Mt. 25.31-46 et 2 Th. 1.7-10 semblent parler de ce jugement. Il faut distinguer ce jugement de celui devant le grand trône blanc, car celui-ci précède le millénium. Il faut aussi le distinguer du jugement de la bête, du faux prophète et de leurs armées. Les nations envoient les armées, mais sont distinctes de celles-ci. Après avoir réglé le cas des armées, Jésus-Christ rassemblera les nations pour le jugement. Il faut noter que les brebis entrent dans le royaume, tandis que les boucs s'en vont à une condamnation éternelle. Mais il faut aussi noter que, bien que le traitement accordé aux frères du Seigneur, probablement Israël, soit mentionné en rapport avec ce jugement, les raisons plus profondes de ce jugement gisent dans le fait que les brebis ont la vie éternelle, tandis que les boucs ne l'ont pas.
Pendant la tribulation, Satan sera précipité sur la terre (Ap. 12.7-9, 12). Lorsque Christ viendra sur terre, Satan sera lié et jeté dans l'abîme pour mille ans (Ap. 20.1-3). Après ces mille ans, il sera relâché pour une courte période. Pendant ce temps, il ira de nouveau séduire les nations de la terre et réussira à rassembler une grande multitude pour faire la guerre contre le camp des saints et la ville bien-aimée (Ap. 20.7-9 ; Ez. 38 ; 39). Mais le feu descendra du ciel et les consumera tous. Ils comparaîtront sans doute un peu plus tard devant le grand trône blanc pour être jugés et jetés dans l'étang de feu avec les autres qui ne sont pas sauvés. Après cela, Satan lui-même sera jugé et jeté dans l'étang de feu (Ap. 20.9ss.). C'est probablement à ce moment-là également que les anges déchus seront jugés (2 Pi. 2.4 ; Jud. 1.6). Nous lisons que le feu éternel est préparé "pour le diable et pour ses anges" (Mt. 25.41), et c'est peut-être le moment où ils seront expédiés à leur sort (voir Mt. 8.29 ; Lu. 8.31).
Ce jugement se déroulera après le millénium (Ap. 20.11-15 ; 21.8). À la fin du millénium aura lieu la seconde résurrection (Ap. 20.5). Une bénédiction est prononcée sur ceux qui ont part à la première résurrection, mais non sur ceux qui ressuscitent au moment de la seconde résurrection. Cela laisse sous-entendre que leur sort n'a rien de réjouissant. Ce sont tous ceux qui n'ont jamais été sauvés. Ils ressuscitent pour comparaître devant le grand trône blanc. Ce groupe comprend les riches et les pauvres, les hommes libres et les esclaves, les rois et les sujets, les savants et les ignorants, les employeurs et les employés ; tous seront également coupables devant le juge.
1. La base de ce jugement. Nous pouvons dire deux choses à propos de la base de ce jugement.
1° Ces gens seront jugés "d'après ce qui était écrit dans ces livres" (Ap. 20.12). Ce sont évidemment les livres dans lesquels sont écrits les noms de ceux qui ne sont pas sauvés. Mais en plus de ces livres, il est aussi question d'un "autre livre... qui est le livre de vie" (Ap. 20.12). C'est le livre de la grâce divine, dans lequel sont écrits les noms des héritiers de la grâce (Lu. 10.20 ; Ap. 3.5 ; 13.8 ; 17.8 ; 20.12, 15 ; 21.27).
2° En outre, ils seront jugés d'après leurs œuvres. "Le jugement découle de la preuve fournie aussi bien par les œuvres que par le livre de vie."2 Le croyant sera récompensé selon ses œuvres, mais l'incroyant sera jugé selon elles (voir Ro. 2.5-11). L'ignorance de la volonté du Seigneur n'excusera personne, mais elle amoindrira la condamnation (Lu. 12.47ss.).
2 — Mounce, The Book of Revelation, p. 366.
2. La durée de la condamnation. Tous ceux dont les noms ne seront pas trouvés dans le livre de vie seront jetés dans l'étang de feu (Ap. 20.15). Nous lisons que l'étang de feu, c'est la seconde mort (Ap. 21.8). Cela soulève la question suivante : la future condamnation sera-t-elle éternelle ? Elle le sera, d'après la claire et terrifiante révélation de la Parole de Dieu. Entre l'homme riche et Lazare, il y avait un abîme, de manière à rendre impossible le passage d'un royaume à l'autre (Lu. 16.26). La géhenne est un endroit "où leur ver ne meurt point, et où le feu ne s'éteint point" (Mc. 9.48). Il semble que ce passage soit une citation d'Es. 66.24 et il laisse sous-entendre qu'il y aura toujours quelque chose que le ver pourra manger et que le feu pourra consumer. Nous voyons que la fumée du tourment des adorateurs de la bête monte "aux siècles des siècles" (Ap. 14.11). Ils ne sont certainement pas choisis parmi les damnés de la terre pour recevoir une condamnation plus sévère que les autres qui sont tous aussi damnés La bête et le faux prophète semblent encore en vie après mille ans de condamnation dans l'étang de feu (Ap. 19.20 ; 20.10). Et les méchants sont jetés dans le même étang de feu (Ap. 20.12-15 ; 21.8). Il aurait été préférable pour Judas de n'être pas né (Mt. 26.24). On pourrait difficilement dire cela de quelqu'un qui, après des siècles et des millénaires, serait finalement restauré à une vie bienheureuse.
Mais le point le plus important est peut-être la signification des mots grecs aion et aionios. Le premier revient plus de 120 fois dans le Nouveau Testament et il est traduit par des mots comme :
Avec la préposition eis, il signifie toujours une durée sans fin. L'adjectif aionios revient environ 70 fois dans le Nouveau Testament. Il est appliqué à Dieu (Ro. 16.26), à Christ (2 Ti. 1.9), au Saint-Esprit (Hé. 9.14), aux bénédictions des croyants (2 Th. 2.16 ; Hé. 9.12), à la condamnation des damnés (2 Th. 1.9), etc. Le terme revient parfois deux fois dans la même phrase, "éternel" (littéralement "le siècle du siècle" (Hé. 1.8), et souvent au pluriel "aux siècles des siècles" (Ga. 1.5). Remarquez aussi un autre genre de passages : Ps. 52.6 ; Mt. 12.31ss. ; Mc. 3.29 ; Hé. 6.4-6 ; 10.26-29 ; 2 Pi. 2.17 ; Jud. 1.13. Le passage le plus marquant est probablement Mt. 25.46, où l'éternité de la condamnation des damnés est mise en parallèle à l'éternité de la félicité des sauvés. Si le croyant vivra éternellement dans la présence de Dieu et jouira de sa faveur, l'incroyant existera éternellement loin de la salutaire présence de Dieu.
3. Objections à cette doctrine. Diverses objections à cette doctrine ont été présentées.
1° Les damnés seront détruits (Ps. 9.6 ; 92.8 ; 2 Th. 1.8ss.). À cela, nous répondons que la génération de Noé a été détruite (Lu. 17.27), de même que les villes de Sodome et de Gomorrhe (Lu. 17.29), mais elles comparaîtront cependant pour le jugement (Mt. 11.24). La destruction ne signifie pas l'annihilation ; ce qui a été détruit ne peut plus servir à ce pour quoi il avait été conçu.
2° Les damnés périront (Ps. 37.20 ; Pr. 10.28 ; Lu. 13.1-3). Mais périr, ce n'est pas cesser d'exister. Les disciples se sont écriés : "Seigneur, sauve, nous périssons !" (Mt. 8.25), mais ils ne voulaient pas dire qu'ils étaient en danger d'être annihilés. Caïphe a dit : "Que la nation entière ne périsse pas" (Jn. 11.50), mais il n'exprimait que sa crainte que les Romains viennent et s'emparent de leur ville et de leur nation. Paul utilise le même mot à propos de l'affaiblissement physique du corps. Il dit : "Même si notre homme extérieur se détruit, notre homme intérieur se renouvelle de jour en jour" (2 Co. 4.16).
3° Pour les damnés, le jour qui viendra "ne leur laissera ni racine ni rameau" (Mal. 4.1). Mais cette référence ne parle que du corps. Ils seront physiquement embrasés, mais spirituellement ils continueront d'exister (voir aussi Pr. 2.22).
4° Nous lisons que les méchants mourront dans leurs péchés (Éz. 18.4 ; Jn. 8.21 ; Ro. 6.23). Mais la mort est une séparation, non une extinction. Nous pouvons en prendre à témoin l'homme riche et Lazare (Lu. 16.19-31) et les âmes sous l'autel (Ap. 6.9-11). Si la première mort ne signifie pas l'extinction, comment pouvons-nous soutenir que ce sera le cas pour la seconde (Ap. 20.15 ; 21.8 ; voir Ap. 19.20 ; 20.10) ?
5° Toutes choses doivent être rétablies. Ceci n'est qu'une citation partielle de Ac. 3.21 ; la déclaration complète est limitée par les mots "dont a parlé Dieu anciennement par la bouche de ses saints prophètes d'autrefois." Il est ici question du futur royaume de Dieu sur la terre.
6° Ce qui est considéré comme la plus solide objection, c'est le fait qu'un Dieu d'amour ne pourrait pas punir ses créatures éternellement. Mais c'est oublier qu'à la mort notre caractère est fixé, et que la loi de la convenance exige que les vivants soient séparés des morts. Ce n'est pas l'amour de Dieu qui est en question ici, mais la vie de l'âme. Mais après avoir dit tout cela, nous répétons qu'il y aura des degrés de condamnation (Lu. 12.47 s. ; Ro. 2.5ss. ; Ap. 20.12ss.), selon la justice de Dieu.