Le mot "millénium" vient des mots latins mille et annus, qui signifient mille ans. La doctrine du millénium est souvent appelé chiliasme (de chilioi, qui signifie mille). Elle soutient que Christ reviendra avant le millénium. C'est ce que l'on appelle la doctrine du Millénarisme. Ceux qui avancent que Christ reviendra après une période de paix et de justice universelles soutiennent la doctrine du postmillénarisme. Ceux qui nient qu'il y aura un millénium soutiennent ce qui est connue comme la doctrine de l'amillénarisme. Le mot "millénium" ne se trouve pas dans la Bible, mais les mille ans sont mentionnés à six reprises dans Ap. 20.2-7. Nous avons déjà montré que le retour de Christ se produira avant le millénium ; nous regarderons maintenant le millénium lui-même ; nous examinerons son fondement biblique et son caractère.
L'espérance et l'attente de l'homme n'ont de valeur qu'autant qu'elles soient fondées sur les Écritures. Quel est l'appui biblique pour le millénium ?
Il est question du jour du Seigneur dans 2 Th. 2.2 et dans de nombreux passages de l'Ancien Testament Joë. 2.11 ; Am 5.18 ; So. 1.14-16 ; Mal. 4.2 ; voir És. 10.20 ; 27.1-6). Lors de son premier avènement, Jésus-Christ est venu comme le soleil d'en-haut (Lu. 1.78). Pendant qu'il était dans le monde, il était la lumière du monde (Jn. 9.5). Mais les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière (Jn. 3.19) et l'ont par conséquent rejeté (Jn. 1.11). L'Église est maintenant la lumière du monde (Mt. 5.14 ; Ph. 2.15), reflétant la lumière du soleil invisible (2 Co. 4.6). Déjà "la nuit est avancée, le jour approche" (Ro. 13.12). L'étoile du matin proclamera l'arrivée d'un jour nouveau (Ap. 2.28 ; voir 2 Pi. 1.19), et le soleil de justice l'inaugurera peu de temps après (Mal. 4.2). C'est la période dont les prophètes, les poètes et les sages ont parlé ; c'est le futur jubilé ou sabbat de la terre.
En outre, le Dieu des cieux établira un royaume qui ne sera jamais détruit (Da. 2.44 ; 7.13, 26ss. ; Ap. 11.15). Il ne s'agit pas de l'actuel royaume spirituel, car il ne sera établi qu'après que l'empire des dix rois sera venu et aura cessé d'exister. Il est évident que ce royaume n'interpénétrera pas les royaumes de ce monde, mais les remplacera plutôt. La démolition n'est pas la conversion. Pour tenir son alliance avec David (2 Sa. 7.11-16), scellée par un serment (Ps. 89.4, 21-37), Dieu doit rétablir un royaume terrestre. Lorsque la réalisation de cette espérance sembla s'évanouir pour toujours lors de la prise de Jérusalem par les Babyloniens, Dieu réaffirma la promesse qu'il avait faite à David (Jér. 33.19-22). L'ange Gabriel déclara à Marie que le Seigneur Dieu donnerait à Christ "le trône de David, son père" (Lu. 1.32). Pour montrer qu'il était effectivement descendant de David, Matthieu retrace sa généalogie depuis Abraham, en passant par David, jusqu'à Joseph, son père adoptif (Mt. 1.1-16) ; et Luc retrace sa généalogie depuis Adam, en passant par David, jusqu'à Marie, sa mère (Lu. 3.23-38).
Le but révélé de Christ en revenant sur terre est d'établir son royaume (Mt. 25.31-46 ; Lu. 19.12-15 ; Ap. 19.11-20.6). Jésus est remonté au ciel et il est maintenant assis avec Dieu sur son trône, mais viendra le temps où il s'assiéra sur son propre trône (Mt. 19.28 ; 25.31 ; Ap. 3.21). Les disciples attendaient l'établissement d'un tel royaume. Jésus a refusé de leur révéler le moment de son instauration, mais il ne les a jamais repris ni corrigés pour le fait d'y croire (Ac. 1.6ss.). Les fils de Zébédée étaient égoïstes dans leur requête de s'asseoir l'un à sa droite et l'autre à sa gauche, mais le Seigneur ne les a pas repris parce qu'ils attendaient un tel royaume. Et il a même laissé sous-entendre que leur espérance était bien fondée lorsqu'il a déclaré que ces places seraient accordées à ceux à qui le Père les avaient réservées (Mt. 20.20-24). Pierre a fait allusion au jour du rétablissement de toutes choses comme le moment où Jésus reviendrait (Ac. 3.19-21). À Thessalonique, Paul doit avoir enseigné que Christ serait un roi terrestre, car la populace se serait difficilement enragée à la pensée d'un roi qui aurait régné dans le domaine de l'esprit (Ac. 17.7). Et Jean a prédit et décrit la venue de Christ pour établir ce royaume (Ap. 19.11-20.6).
D'après tout cela, il semble clair que la Bible enseigne qu'il y aura une période pendant laquelle la paix et la justice régneront sur la terre, et que le point de vue amillénariste est par conséquent insoutenable. Le point de vue postmillénariste est également insoutenable parce que Christ régnera physiquement et littéralement ici-bas sur terre. L'idée que les choses iront en s'améliorant sur la terre et que la justice s'accroîtra a connu une défaite retentissante avec l'avènement des deux guerres mondiales et les événements historiques depuis la Seconde Guerre mondiale.
Il est difficile de présenter en quelques mots l'enseignement de la Bible à ce sujet ; nous nous trouvons submergé de matériel concernant l'avenir. Sans essayer d'être exhaustif, nous rassemblerons les principales idées sous sept sous-titres appropriés.
Christ sera personnellement présent sur terre et sera assis sur le trône de David, son père. Il régnera sur toute la terre (Ps. 72.6-11 ; És. 2.24 ; 11.1-5 ; Jér. 23.5ss. ; Za. 14.9). Deux choses caractériseront son royaume : une paix universelle (Ps. 72.7 ; És. 2.4) et une justice universelle (És. 11.4ss. ; Jér. 23.5ss. ; voir Hé. 7.2). Mais avant que cette paix universelle ne soit établie, il y a aura d'abord une guerre mondiale (Joe. 3.9ss. ; Ap. 16.14). Celui qui monte le cheval blanc dans Ap. 6.1-4 n'est pas le même que celui dans Ap. 19.11. Le premier est probablement le prince de l'empire romain restauré, et son règne de paix ne sera que de courte durée (1 Th. 5.3). La justice sera maintenue sur la terre parce que le péché sera promptement jugé (Za. 14.17-19). Jésus régnera avec une verge de fer (Ps. 2.8ss. ; Ap. 2.27 ; 19.15). Satan ne sera plus sur terre et il ne pourra plus séduire les nations (Ap. 20.2ss.).
L'Église régnera avec Christ (Lu. 19.16-19 ; 1 Co. 6.2 ; 2 Ti. 2.12 ; Ap. 2.27 ; 5.9ss. ; 20.4-6). L'État-Église de la période médiévale était prématuré, mais il trouvera cependant sa réalisation. Les saints de l'Ancien Testament régneront aussi avec Christ, et l'Église sera assise avec Christ sur son trône (Ap. 3.21). Il semble que les croyants auront une responsabilité individuelle plutôt que collective dans le royaume (Lu. 19.16-19), mais les détails reliés à ce règne sont en grande partie incertains.
La plus grande partie de l'enseignement touchant cette période concerne Israël, particulièrement dans l'Ancien Testament. Nous remarquons qu'Israël doit être rassemblé (Es. 11.10-13 ; Jér. 16.14ss. ; 23.5-8 ; 30.6-11 ; Ez. 37.1-4 ; Mt. 24.20-33). L'établissement de l'état d'Israël en Palestine est certainement un avant-goût du rassemblement final. Un grand nombre d'Israélites sortiront du pays de leur séjour, mais ne pourront pas entrer dans la terre sainte à cause d'un esprit de rébellion (Ez. 20.33-38). Israël se repentira ensuite et se convertira (Es. 66.8 ; Jér. 31.31-37 ; Ez. 36.24-29 ; 37.1-14 ; Za. 12.10-13.2 ; Ro. 11.25ss.). Les Israélites recevront finalement celui qui était venu autrefois pour être leur Sauveur, et leur acceptation du Seigneur sera comme le passage de la mort à la vie (Ro. 11.15). Nous voyons ensuite qu'Ephraïm et Juda doivent être réunis (És. 11.3 ; Jér. 3.18 ; Éz. 37.16-22 ; Os. 1.11). De plus, nous remarquons que le temple et son culte seront restaurés (Éz. 37.26-28 ; 40-46 ; Za. 14.16ss.). Si nous nous rappelons que les sacrifices peuvent être un mémorial aussi bien qu'un type, nous ne voyons pas alors de raison pour ne pas interpréter littéralement cette prophétie. De nouveau, la Palestine sera divisée entre les tribus (Ez. 47, 48) et sera pour toujours la propriété d'Israël (Ez. 34.28 ; 37.25). En outre, Israël retrouvera ses juges (És. 1.26 ; Mt. 19.28). Et finalement Israël évangélisera les païens (Es. 66.19 ; Za. 8.13, 20-23). Cela fait sans aucun doute allusion aux nations qui naîtront pendant le millénium, car au début du millénium il n'y aura que des convertis.
Après le jugement des nations, les brebis entreront dans le royaume (Mt. 25.34-40). Elle formeront les éléments de base du royaume, avec les Israélites restaurés et convertis. Mais il est évident que des multitudes naîtront pendant cette période (Es. 65.20 ; Jér. 30.20 ; Mi. 4.15 ; Za. 8.4-6) et qu'elles auront besoin d'être évangélisées. Les évangélistes de ces païens seront probablement les Israélites (És. 66.19 ; Za. 8.13, 20-23 ; Ac. 15.16ss.). Nous remarquons finalement que les nations païennes monteront adorer à Jérusalem, particulièrement lors de la fête des Tabernacles (És. 2.2-4 ; Za. 14.16-19). Nous aurons alors un peuple de Dieu unifié et un culte unifié (Es. 19.23-25).
Au début de cette période, Satan sera lié et jeté dans l'abîme pour mille ans (Ap. 20.1-3). Les esprits méchants seront sans aucun doute incarcérés avec lui. À partir de ce moment-là, il ne séduira plus les nations, comme il l'a fait auparavant. Il sera non seulement rendu impuissant en étant lié d'une chaîne, mais il sera également retiré de la scène de l'action. Nous pouvons difficilement nous rendre compte du changement que cela produira dans la vie de l'homme. Bien entendu, l'homme aura encore une nature charnelle, et toutes sortes de méchancetés pourront provenir de cette seule source. Mais, lorsque Satan sera retenu dans l'abîme, les tentations au péché seront sans aucun doute grandement réduites. La différence sera particulièrement remarquable à cause de la liberté dont il aura joui pendant la période de tribulation précédente. À l'époque de Christ, les démons avaient indiqué qu'ils savaient qu'ils étaient destinés à aller dans l'abîme (Mt. 8.29 ; Lu. 8.31). Satan sait aussi sans doute qu'il doit être jeté là. Certains pensent que l'ange qui liera Satan est Christ lui-même ; d'autres pensent que ce sera un autre ange qui accomplira cette tâche. Il n'est pas nécessaire d'imaginer une chaîne physique ; il est suffisant de voir dans ces paroles une assurance qu'il sera réduit à l'impuissance et qu'il ne sera plus sur terre.
C'est la période que Jésus a appelé "le renouvellement de toutes choses" (Mt. 19.28). C'est la renaissance de la création. La création soupire actuellement et souffre les douleurs de l'enfantement, mais elle sera délivrée de l'esclavage de la corruption lorsque Christ reviendra (Ro. 8.19-22). De grands changements topographiques auront lieu (Es. 35.1ss. ; 55.13 ; Za. 14.4-10). La nature des bêtes féroces sera changée (Es. 11.6-9 ; 35.9 ; 65.25 ; Ez. 34.25). La pluie et la fertilité du sol seront restaurées (És. 35.2, 6ss. ; Éz. 34.6ss. ; Joe. 2.22-26) ; seuls ceux qui ne monteront pas adorer à Jérusalem ne feront pas de bonnes récoltes (Za. 14.17-19). La vie de l'homme sera prolongée, mais il y aura cependant des morts (És. 65.20). La maladie diminuera avec la diminution du péché, mais elle ne disparaîtra pas complètement.
La Bible présente cette période comme une période de grande joie et de bonheur. La guérison physique sera accordée à un grand nombre (Es. 35.5ss.) ; les rachetés de l'Éternel retourneront et viendront à Sion en chantant, et une joie éternelle couronnera leur tête ; ils auront l'allégresse et la joie, tandis que la douleur et les gémissements s'enfuiront (Es. 35.10 ; 51.11). Ce sera une période de grande prospérité et sécurité matérielles (Mi. 4.2-5). Ce sera un temps où "la terre sera remplie de la connaissance de l'Éternel, comme le fond de la mer par les eaux qui le couvrent" (És. 11.9). Des relations amicales existeront, non seulement entre les individus, mais aussi entre les nations, et les hommes n'apprendront plus la guerre (És. 2.4). La primauté de l'homme dans la création, perdue par la chute et regagnée par la mort de Christ, sera rétablie (Ge. 1.28 ; 3.17-19 ; Hé. 2.5-10).