CHAPITRE XLVII
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L'état final

Il est évident que le millénium n'est pas l'état final, car le mot "millénium" indique par lui-même un caractère temporaire. Quels sont quelques-uns des derniers événements de l'histoire ?

I. L'ÉTAT FINAL DE SATAN

Cela a été mentionné lorsque nous avons considéré la destinée des anges, mais il nous faut ajouter quelques détails.

A. IL SERA RELÂCHÉ DE SA PRISON

La Bible enseigne qu'à la fin des mille ans Satan sera relâché pour un peu de temps (Ap. 20.3, 7-10). Il n'est pas dit pourquoi il sera relâché, mais un but quelconque dans le plan divin doit le nécessiter. C'est peut-être pour montrer le manque de sincérité d'un grand nombre de ceux qui se sont soumis à Christ pendant le millénium ; c'est peut-être aussi pour prouver que mille ans dans l'abîme n'ont pas servi à changer Satan. Pendant cet intérim, Satan rassemblera les nations, Gog et Magog, qui seront aussi nombreuses que le sable de la mer. Sous son autorité, ces armées entoureront le camp des saints et la ville bien-aimée. Cette ville est sans aucun doute Jérusalem. Mais le conflit sera de courte durée et l'issue décisive. Le feu descendra du ciel et consumera ces armées (Éz. 38, 39).

B. IL SERA FINALEMENT JUGÉ ET CONDAMNÉ

La carrière de Satan et de ceux qui l'auront suivi prendra donc fin, mais ils devront encore comparaître devant le grand trône blanc pour être jugés avec le reste des perdus. À ce moment-là, Satan sera jugé et expédié à l'endroit final de sa condamnation : l'étang de feu.

II. LE JUGEMENT FINAL

Est mentionné ensuite le jugement, devant le grand trône blanc, de tous les incroyants ressuscités (Ap. 20.11-15 ; 21.8). Nous avons déjà considéré la nature de ce jugement ; nous pouvons cependant mentionner ici quelques détails additionnels. Il semble que ce jugement aura lieu quelque part dans les cieux, car nous lisons que "la terre et le ciel s'enfuirent" (Ap. 20.11). Le texte nous amène à penser que c'est l'apparition du trône, avec le Seigneur assis dessus, qui en est la cause. Ce jugement ne s'adresse apparemment qu'aux inconvertis, à moins peut-être que les croyants qui seront morts pendant le millénium ne soient également jugés à ce moment-là. Nous avons ici la seconde résurrection, et elle a lieu après les mille ans. Il est intéressant de remarquer que la mer rendra ses morts, de même que la mort et le séjour des morts. Lorsque tous ceux dont les noms ne seront pas trouvés dans le livre de vie seront jetés dans l'étang de feu, la mort et le séjour des morts seront eux-mêmes jetés dans cet endroit de damnation. Il faut distinguer ce jugement de celui des nations (Mt. 25.31-46). De plus, la seconde mort ne doit pas être considérée comme une annihilation, mais comme une condamnation éternelle.

III. LE ROYAUME FINAL

C'est apparemment à ce moment-là que Christ "remettra le royaume à celui qui est Dieu et Père, après avoir réduit à l'impuissance toute domination, toute autorité et toute puissance" (1 Co. 15.24). La mort sera le dernier ennemi qui sera réduit à l'impuissance, et c'est pour cela qu'il semble que ce sera à ce moment-là que Christ remettra le royaume à Dieu (1 Co. 15.26). Il n'y a pas de pause entre le millénium et l'état éternel, sauf pour le jugement du grand trône blanc. Les armées de Satan ne réussiront pas leur attaque ; en fait, il n'est même pas certain qu'elles attaqueront effectivement le camp des saints et la ville bien-aimée. Tout ce qu'elles feront sera de monter contre eux, lorsque le feu descendra du ciel et les consumera. L'étape temporelle du royaume ayant ainsi pris fin, Christ le remettra au Père. "Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous" (1 Co. 15.28). Cela signifie probablement que le Fils, qui a été pendant le millénium le chef suprême sur la terre, prendra de nouveau sa place éternelle, et le Père, le Fils et le Saint-Esprit, un seul Dieu, seront alors tout en tous. L'état éternel sera ainsi instauré.

IV. LA NOUVELLE CRÉATION

Il y aura un nouveau ciel, une nouvelle terre et une nouvelle Jérusalem.

A. LE NOUVEAU CIEL ET LA NOUVELLE TERRE

Plusieurs passages des Écritures les portent à notre attention (És. 65.17 ; 66.22 ; 2 Pi. 3.10-13 ; Ap. 21.1ss.). Ils sont appelés "nouveau" mais cela ne signifie pas nouveau dans un sens absolu, car la terre demeure éternellement (Ps. 104.5 ; 119.90 ; Ec. 1.4). Les passages de la Bible qui disent que la terre passera (Mt. 5.18 ; Mc. 13.31 ; Hé. 1.10-13 ; Ap. 21.1) ne signifient pas qu'elle cessera d'exister, mais suggèrent plutôt l'idée d'une transition. Ni le ciel ni la terre ne seront annihilés. Comme durant le millénium, ils seront renouvelés (Mt. 19.28), de même dans la nouvelle création, ils seront sanctifiés (2 Pi. 3.10-13). Pourquoi serait-il étrange de penser que la matière doive exister éternellement ? Si Dieu désire qu'elle continue d'exister, il faut alors rejeter toutes les opinions humaines qui ne vont pas dans le même sens. Nous remarquons que tout comme la justice a régné sur la terre pendant le millénium, elle habitera aussi sur la nouvelle terre (2 Pi. 3.13). Certains des rachetés habiteront probablement dans le nouveau ciel, mais même ceux qui habiteront sur la nouvelle terre auront contact avec le nouveau ciel.

B. LA NOUVELLE JÉRUSALEM

Le sujet final de la prophétie, c'est la nouvelle Jérusalem (Ap. 21.2-22.5). Il n'est pas besoin de dire qu'il faut distinguer la nouvelle Jérusalem du nouveau ciel et de la nouvelle terre, car elle nous est présentée comme descendant du ciel, et nous lisons que les rois de la terre y apporteront leur gloire (Ap. 21.2, 24). Certains soutiennent que cette ville apparaîtra au-dessus de la terre pendant le millénium et sera la demeure des saints qui seront déjà avec Christ, mais la mention de l'apparition du nouveau ciel et de la nouvelle terre dans le verset précédent semble rendre improbable que l'auteur revienne ici au début du millénium. Nous croyons donc que la nouvelle Jérusalem n'apparaîtra que lorsque le nouveau ciel et la nouvelle terre seront apparus. Notons brièvement la description de cette ville.

1. Son caractère. Il y a d'abondantes raisons de croire qu'il s'agit littéralement d'une ville. Elle a des fondements, des portes, des murailles et des places. Elle a les mesures d'un cube (Ap. 21.6), ce qui pourrait signifier un cube géométrique ou une pyramide. Ses fondements sont "ornés de pierres précieuses de toute espèce" (Ap. 21.19ss.), dont douze sont mentionnés. Elle a douze portes, sur lesquelles sont inscrits les noms des douze tribus d'Israël (Ap. 21.12ss.) ; et les douze fondements portent les noms des douze apôtres (Ap. 21.14). La muraille est de jaspe et la ville est d'or pur (Ap. 21.18). Chaque porte est une perle (Ap. 21.21), et les portes ne sont jamais fermées (Ap. 21.25), bien que douze anges soient placés devant elles (Ap. 21.12). Sa place est d'or pur (Ap. 21.21), et il y a un fleuve d'eau de la vie et un arbre de vie (Ap. 22.1ss.). "La ville n'a besoin ni du soleil ni de la lune pour l'éclairer ; car la gloire de Dieu l'éclaire, et l'Agneau est son flambeau" (Ap. 21.23). C'est vraiment une ville à la beauté et à la sécurité parfaites !

2. Ses habitants. Nous lisons que la nouvelle Jérusalem est l'épouse, la femme de l'Agneau (Ap. 21.9ss. ; voir Jn. 14.2). Il est cependant évident qu'il s'agit d'une figure de langage, une métonymie, pour les gens qui y habitent (Ap. 21.27 ; 22.3-3). La mystérieuse Babylone avait une ville ; de même la véritable Église a aussi une ville. Il s'agit peut-être de la ville qu'Abraham attendait (Hé. 11.10 ; voir Hé. 11.15ss.) ; c'est celle que les croyants cherchent aujourd'hui (Hé. 13.14). La ville n'a pas besoin de temple, "car le Seigneur Dieu tout-puissant est son temple, ainsi que l'Agneau" (Ap. 21.22). Bien qu'il semble que ce soit la demeure des rachetés, il est clair que le Père et le Fils y habiteront aussi. Ce ne sera peut-être pas leur demeure constante, car le ciel est leur demeure ; mais ce sera certainement un endroit qu'ils fréquenteront, si nous pouvons utiliser un tel langage pour des personnes qui sont omniprésentes. En tout cas, Dieu habitera certainement avec son peuple.

3. Sa félicité. Nous lisons que les nations sauvées marcheront à sa lumière (Ap. 21.24). Cela suggère-t-il que la ville sera suspendue au-dessus de la nouvelle terre ? Il n'y a pas de nuit à cet endroit, car la gloire du Seigneur l'éclaire (Ap. 21.23, 25). Les rois de la terre y apporteront leur gloire (Ap. 21.24, 26) ; cela représente leurs louanges et leur adoration. Ils ne résident apparemment pas dans la ville, mais y font des visites. Nous lisons qu'il n'y aura plus d'anathème ; que le trône de Dieu et de l'Agneau y seront (Ap. 22.3 ; voir 1 Co. 15.24) ; que ses serviteurs le serviront et qu'ils auront son nom sur leur front ; qu'ils verront sa face ; et qu'ils régneront avec lui aux siècles des siècles (Ap. 22.3-5).

Lorsque nous considérons le plan de Dieu et ce qu'il a pourvu pour l'homme, nous pouvons bien nous exclamer avec Paul : "Ô profondeur de la richesse, de la sagesse et de la science de Dieu ! Que ses jugements sont insondables, et ses voies incompréhensibles !" (Ro. 11.33). Nous ne pouvons faire autrement que de le louer en pensant à sa grâce envers nous qui, par grâce, avons été "sauvés, par le moyen de la foi" (Ép. 2.8). Dieu "nous a ressuscités ensemble, et nous a fait asseoir ensemble dans les lieux célestes, en Jésus-Christ, afin de montrer dans les siècles à venir l'infinie richesse de sa grâce par sa bonté envers nous en Jésus-Christ" (Ép. 2.6ss.).

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