Échec à la dépression

FOI ET SENTIMENTS

Il en faut si peu pour être morose et gaspiller sa journée. Un nuage qui passe devant le soleil, une mauvaise nouvelle à la radio, une digestion difficile, l’évocation d’un fait désagréable ou le rappel d’une maladresse, la photo d’un cher disparu, bref, des impressions mal définies assombrissent sans raison des heures destinées à la joie et à l’enthousiasme. Aussi, pour ne pas être la victime de ces sentiments vagues et déprimants :

  1. Demandons-nous pourquoi nous avons l’âme grise.
  2. Prenons le temps de réaliser lucidement que nous n’avons pas de motifs sérieux d’être tristes.
  3. Pensons à quelques récents bienfaits du Seigneur pour lui en témoigner notre reconnaissance. La louange est le meilleur remède à la mélancolie.


♦   ♦

Une jeune fille – vingt à vingt-cinq ans – me demande un entretien. C’est une chrétienne zélée que je devine scrupuleuse, en tous cas soucieuse de plaire à Dieu. Elle m’explique :

– Une chose me trouble et bloque ma vie spirituelle.

Lorsque le matin j’ouvre ma Bible et commence à prier, j’ai l’impression de me trouver devant un mur qui me sépare de Dieu. Alors je suis démolie et malheureuse. Sans doute y a-t-il en moi quelque infidélité que j’ignore et empêche toute communion avec lui. Il faut que je cherche l’interdit …

– Surtout pas ! Ce n’est pas là votre tâche. L’introspection vous égarera et donnera prise au diable. Restez ouverte au Saint-Esprit qui, le moment opportun, vous révèlera l’infidélité à confesser si .… infidélité il y a. Ne vous opposez jamais à sa lumière mais ne soyez pas, vous, la lumière.

– Je ne comprends pas.

– Se juger soi-même, c’est jouer le rôle du Saint-Esprit et donc l’empêcher d’agir (car c’est lui qui convainc de péché). Si vous faites de l’introspection, Satan aura beau jeu ; il soulignera justement ce que Dieu n’estime pas nécessaire de vous révéler. En Père aimant qui ne veut nullement décourager ses enfants, il se garde de dénoncer tous nos écarts. Nous ne saurions trop par quel bout les prendre et passerions notre vie à confesser nos fautes.

Cette réponse à l’air de surprendre mon interlocutrice. Alors, je l’interroge :

– Depuis combien de temps ce « mur » vous arrête-t-il ?

– Oh ! Depuis des mois.

– Et savez-vous au juste de quoi il est fait ? Pouvez-vous me le décrire ?

– Euh ! C’est vague … J’ai plutôt l’impression …

Le mot que j’attendais est lâché et je le retiens : « l’impression ».

– Si je comprends bien, vous vous laissez abattre par des impressions, de vagues impressions, quelque chose de flou. Or, Dieu est le Dieu de la lumière et non celui du clair-obscur ; il ne laisse personne dans le vague lorsqu’il convainc. D’ailleurs, la Bible n’ordonne-t-elle pas de marcher dans la lu- mière et de fuir les ténèbres ?

– Mais, d’après vous, que représente ce mur ? D’où viennent de telles impressions ?

– En tout cas, pas de Dieu. C’est Satan qui cherche à vous ébranler pour vous faire perdre pied et vous éloigner du Seigneur car il redoute par-dessus tout cette communion à laquelle vous aspirez. Ce mur qui vous barre la route de la présence de Dieu n’est en réalité, pour reprendre vos propres termes, qu’une impression. Peut-être l’haleine fétide du diable, son souffle empoisonné destiné à vous faire tomber. Au fond, reconnaissez-le, vous vous laissez émouvoir par des choses que vous ressentez confusément. Vous donnez du poids à de vagues sentiments et tenez pour négligeables les promesses de l’Écriture qui vous rappellent que le chemin du sanctuaire a été ouvert – et reste ouvert – par le sang de la Croix (Hébreux 10.19). En vérité, vous marchez par les sentiments, non par la foi qui ne fait aucun cas des « impressions ».

Le Christ ne disait-il pas aux siens : « Que votre cœur ne se trouble pas : CROYEZ … » (Jean 14.1).

La jeune fille me regarde, sceptique. Elle aurait préféré que je lui révèle quelque interdit et lui prouve que ce mur est une réalité. Alors j’insiste :

– Mademoiselle, marchez par la foi. Trouez ce mur imaginaire qui vous obsède, vous souvenant que le Christ « a renversé le mur de séparation » (Éphésiens 2.14) par son sang (v. 13). Sans doute Paul parle-t-il ici de ce mur de haine qui tenait éloignés juifs et païens. Ou de ce mur de révolte qui sépare le pécheur de son Créateur. Mais pourquoi n’y verrions-nous pas aussi ce mur imaginaire, ces impressions floues qui procèdent de Satan, ces tourments qui enlèvent aux croyants scrupuleux la liberté « de s’approcher avec assurance du trône de la grâce » (Hébreux 4.16). Prenez la Bible. Elle rassure ceux qui viennent à Jésus avec un cœur sincère : « Je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi » (Jean 6.37).

Et j’ajoute en terminant l’entretien :

– « Vivez par la foi », selon Hébreux 10.38, en disant fermement : Non à ces impressions morbides d’où qu’elles viennent (l’essentiel est de savoir qu’elles ne viennent pas de Dieu). lésus est le chemin du sanctuaire, jamais un mur qui en obstrue l’accès. Et s’il advenait que sur ce chemin de lumière quelque infidélité attristant l’Esprit saint vous soit révélée, humiliez-vous simplement (1 Jean 1.9), vous approchant avec assurance du Seigneur pour obtenir pardon et secours (Hébreux 4.16). Dieu est lumière et non pénombre. Il est joie et non tourment. Il donne des convictions et non de vagues impressions. Il attire à lui et ne repousse jamais celui qui le cherche.

Refusons donc avec la dernière énergie tout sentiment vague qui nous tient éloigné de Dieu et ternit notre vie spirituelle. Démasquons l’Adversaire. Rejetons ces impressions qui entravent notre marche et « courons » vers Lui (Hébreux 12.1), avec assurance (4.16), dars la plénitude de la foi (10.22). C’est par la foi que tombent les murailles (11.30). C’est le langage de l’Écriture. Donc, courage !

chapitre précédent retour à la page d'index chapitre suivant