Irréprochables devant sa gloire

11. LE SEIGNEUR DE GLOIRE

« Celui qui m’a vu a vu le Père »

(Jean 14.9)

Croyez-vous qu’il viendrait à l’idée d’un sculpteur de renom, chargé d’exécuter la statue d’un grand de ce monde, de le représenter en nouveau-né dans les bras de sa mère ? Vous imaginez un instant le bébé Napoléon sur son piédestal à Ajaccio ? Bien sûr que non ! Et pourtant, c’est ainsi qu’on montre, en d’innombrables exemplaires, le plus célèbre des bienfaiteurs de l’humanité de tous les temps. Qu’il soit ciselé sur la pierre ou peint sur une toile, – chose que Dieu réprouve formellement (Exode 20.4) – le Roi des rois est presque toujours présenté comme un bébé dans les bras de Marie.

Je vous le demande, est-il possible de fixer sur la pierre la moindre image de Celui qui est infiniment grand et que l’homme ne peut concevoir (Ephésiens 3.20) ? Et pourtant, c’est de cette façon que Satan s’est employé à faire croire aux humains que le Seigneur de gloire est toujours dans les langes, donc qu’il reste une personne insignifiante, de second plan, d’aucun secours pour ceux qui l’implorent. Le “bébé Jésus” est en bonne place dans les cathédrales et la plupart des églises. Alors qu’on ne s’étonne pas d’entendre les mamans parler à leurs enfants du “petit Jésus”.

Il est vrai que notre Seigneur “fait homme pour un temps” a vécu humblement parmi les hommes : “Il n’avait ni beauté ni éclat pour attirer les regards et son aspect n’avait rien pour nous plaire” (Esaïe 53.2). Quoi qu’il en soit, son abaissement ne nous autorise nullement à le rabaisser à notre tour sous prétexte qu’il s’était mis, jadis, volontairement, au niveau des humains pour les approcher et les sauver. Conscient de son infinie grandeur, l’apôtre Paul exalte ainsi la personne de notre Seigneur : “Dieu l’a souverainement élevé, et lui a donné le nom qui est au- dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus, tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père” (Philippiens 2.9 à 11).

Lors d’une rencontre de jeunesse, un chanteur chrétien, se présenta devant son auditoire avec désinvolture, en s’écriant : “Je vais vous chanter Jésus mon copain”. En me remémorant cette soirée, je me dis : NON ! Mille fois NON ! Jésus n’est pas du tout le copain et ne le sera jamais. Il est le Fils de Dieu devant qui “tout genou fléchira”. Quoiqu’il y eût un lien de parenté entre notre Sauveur et Jean-Baptiste (Luc 1.36), ce dernier, qui croyait à la divinité de Jésus, se disait “indigne de délier la courroie de sa sandale”. Les disciples du Fils de l’homme qui le côtoyaient tous les jours, l’appelaient avec respect : “Maître et Seigneur”. Eux non plus ne se permettaient aucune familiarité. Le “prétendu copain” est en réalité le Roi des rois, le Seigneur des seigneurs. C’est dire si le Ressuscité que nous invoquons est digne d’être honoré avec le plus grand respect. Et pourtant, sa grandeur ne doit pas nous tenir éloignés de lui. Conscient d’être poussière devant ce Seigneur de gloire, je dois savoir qu’il accorde, à ceux qui l’aiment et le cherchent de tout leur coeur, la faveur de l’approcher en toute liberté jusqu’à connaître avec Lui une relation des plus étroites, voire intimes. Tous ceux qui croyaient à sa divinité étaient, en sa présence, saisis d’une crainte respectueuse.

Nous aurions un grand besoin de réfléchir là-dessus et de nous appliquer à re-découvrir la grandeur et la majesté de notre Seigneur, sa sainteté parfaite et sa puissance redoutable, afin de prendre humblement notre place à ses pieds, tel un sujet du grand Roi. D’ailleurs c’est un grand roi de ce monde – Salomon – qui nous rappelle à l’ordre sur ce point : “Prends garde à ton pied quand tu vas à la maison de Dieu, et approche-toi pour écouter plutôt que pour offrir le sacrifice des insensés ; car ils ne reconnaissent pas qu’ils font mal. Ne te presse pas d’ouvrir la bouche pour exprimer une parole, car Dieu est au ciel… et toi sur la terre” (Ecclésiaste 4.17 à 5.1).

Lorsque nous parlons à Dieu ou chantons ses louanges, nous devrions adopter une attitude humble et respectueuse, en prenant le temps de réfléchir aux paroles que nous allons énoncer et en pensant surtout à QUI nous les adressons.

La Bible nous apprend …

Que Jésus est Dieu : “En lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité” (Colossiens 2.9). Ce qui signifie que tout ce qui est dit de l’Eternel dans l’A.T. et du Père dans le N.T. peut lui être attribué : “On l’appellera Admirable, Conseiller. Dieu tout-puissant, Père éternel, Prince de la paix” (Esaïe 9.5). Il possède donc tous les attributs de la divinité, à savoir :

  1. L’omniprésence : Le Christ est présent en tout lieu, er particulier “là où deux ou trois sont assemblés en son nom” (Matthieu 18.20). Plus encore, il est présent en chaque croyant, né de nouveau, quel que soit le lieu où il habite : “En ce jour-là, vous connaîtrez que je suis en mon Père, que vous êtes en moi et que je suis en vous” (Jean 14.20).
  2. L’omniscience : Comme le Père, le Christ SAIT TOUT ce qui est dans l’homme (Psaumes 139.1-2 ; Jean 2.24-25 et Actes 1.24). Il connait ses pensées les plus secrètes : “J’éprouve le cœur, je sonde les reins pour rendre à chacun selon ses voies, selon le fruit de ses oeuvres” (Jérémie 17.10). “N’est-il pas bouleversant de savoir que ce Sauveur immense tient à faire de moi son ami alors qu’il sait parfaitement tout” (Psaumes 139), absolument tout ce qu’il y a de pire en moi, il sait tout de ma perversion, de ma dureté de coeur, de mon égoïsme, de mon esprit tortueux et calculateur. Pourtant, en dépit de cette connaissance absolue, le Dieu de sainteté parfaitement lucide sur mon compte, a, et aura jusqu’à la fin, la volonté de me bénir et plus encore, de me faire paraître devant lui, au dernier jour “saint, irrépréhensible et sans reproche” (Colossiens 1.21).
    Alors que je suis déçu de moi-même lorsqu’il m’arrive de céder piteusement à la tentation, Dieu est loin de m’être hostile. Il me rappelle que mes pires chutes ne peuvent, ni le surprendre, ni le décevoir puisqu’il est parfaitement au fait de la faute que je viens de commettre et qui m’attriste profondément. Rien, rien ne l’empêche de faire de moi son ami. Je peux le croire si j’attribue du prix au sang versé au Calvaire. Dieu m’accepte devant Lui “tel que je suis”. Il m’invite constamment à chercher sa face avec assurance en dépit de mes chutes répétées (Psaumes 27.8). Un tel amour, une telle fidélité, une telle miséricorde devraient me pousser constamment à l’adoration” (Le Servir).
  3. L’omnipotence : Il est le Tout Puissant. Le Christ a toute puissance sur la maladie (Luc 4.39), sur la mort (Luc 7.14-15), sur les éléments, les vents et la mer (Matthieu 8.26-27), sur les démons (Luc 4.35, 36, 41). “On amena près de Jésus plusieurs démoniaques. Il chassa les esprits par sa parole et il guérit tous les malades, afin que s’accomplît ce qui avait été annoncé par Esaïe le prophète : Il a pris nos infirmités et il s’est chargé de nos maladies” (Matthieu 8..16, 17).

L’apôtre Paul qualifie le Christ Sauveur de “Grand Dieu” (Tite 2.13).

Il est le Créateur, infiniment grand.

“Tout a été créé par lui et pour lui. Il est avant toutes choses et tout subsiste en lui” (Colossiens 1.16-17). Toute la nature est assujettie d’une façon absolue à la volonté et à la parole de Dieu. “L’Eternel est grand par sa force. L’Eternel marche dans la tempête, dans le tourbillon ; les nuées sont la poussière de ses pieds. Il menace la mer et la dessèche, il fait tarir tous les fleuves… Les montagnes s’ébranlent devant lui, et les collines se fondent. La terre, le monde et tous ses habitants se soulèvent devant sa face. Qui résistera devant sa fureur ? Qui tiendra contre son ardente colère ? (Nahum 1.3-6).

Il est le Seigneur de gloire.

Le roi David, qui était loin de traiter le Seigneur en petit copain, le présente comme le Roi de gloire, puissant héraut couronné comme Roi des rois et Seigneur des seigneurs : “Portes élevez vos linteaux, élevez-vous portes éternelles ! Que le Roi de gloire fasse son entrée ! Qui est ce Roi de gloire ? L’Eternel fort et puissant, l’Eternel puissant dans les combats. Portes, élevez vos linteaux ; élevez-les portes éternelles ! Que le roi de gloire fasse son entrée ! Qui donc est ce Roi de gloire ? L’Eternel des armées. Voilà le Roi de gloire” (Psaumes 24.7-10).

A l’instar de David, l’apôtre Paul le nomme : “Le Seigneur de gloire” : “Aucun des princes de ce siècle n’a connu la sagesse de Dieu, car s’ils l’avaient connue, ils n’auraient pas crucifié le Seigneur de gloire” (1 Corinthiens 2.8).

Le Christ est au-dessus de toute domination, de toute puissance quelle qu’elle soit :

“Afin que vous sachiez quelle est la grandeur surabondante de sa puissance envers nous qui croyons, selon l’action souveraine de sa force, en le ressuscitant d’entre les morts et en le faisant asseoir à sa droite dans les lieux célestes, au dessus de toute principauté, autorité, puissance souveraineté, au-dessus de tout nom qui peut se nommer, non seulement dans le siècle présent, mais encore dans le siècle à venir. (Ephésiens 1.19-21).

“La souveraineté reposera sur son épaule” (Esaïe 9.5)

“L’Eternel règne”. Cette expression apparaît souvent dans les Psaumes. Soulignez-la.

“Il est le juge des vivants et des morts”

“L’heure vient et elle est déjà venue, où les morts entendront la voix du Fils de Dieu ; et ceux qui l’auront entendue vivront. Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même. Et il lui a donné le pouvoir de juger, parce qu’il est Fils de l’homme. Ne vous étonnez pas de cela, car l’heure vient où tous ceux qui sont dans les sépulcres entendront sa voix et en sortiront” (Jean 5.25-28).

Les citations qui proclament la grandeur et la majesté du Fils abondent dans l’Ecriture. Cette constatation devrait nous amener à nous présenter devant lui, humbles et parfaitement obéissants à sa volonté.

La Bible nous apprend qu’à la fin des temps, le Christ remettra le Royaume à son Père, en Fils parfaitement soumis. “Lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous"(1 Corinthiens 15.28).

Prenons le temps de réfléchir à la grandeur du Dieu souverain et à notre façon de l’approcher et de lui parler. Pénétrons-nous de l’idée qu’il ne nous doit rien ; s’il nous comble de ses bontés, c’est toujours par pure grâce et à cause de son immense amour. Nous soumettre à sa volonté devrait être notre constante préoccupation. Comment pourrais-je me rebeller et manquer de respect devant celui qui est adoré par les anges (Hébreux 1.6-7) et qui possède toute autorité sur les démons et les princes de ce monde ?

Que son règne vienne, que sa volonté soit faite sur la terre comme au ciel. Qu’elle soit acceptée et vécue dans ma vie. A Lui le règne, la puissance et la gloire, aux siècles des siècles.

A Dieu seul notre Sauveur, par Jésus-Christ notre Seigneur , soient gloire, majesté, force et puissance, dès avant tous les temps, et maintenant, et dans tous les siècles ! Amen (Jude 25)

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