Je veux t’aimer

ACCUEILLIR SES BEAUX-PARENTS

« Laisse-moi embrasser mon père et ma mère … »

1 Rois 19.20

S’il y a trop de maris qui sacrifient leur épouse aux manigances d’une maman autoritaire, il y a, par contre, trop de femmes qui se révèlent injustes – pour ne pas dire cruelles – à l’endroit de « belle-maman ». Certaines vont même jusqu’à interdire l’accès de leur demeure à leurs beaux-parents pour l’ouvrir toute grande du côté de leur propre famille. C’est humain car une maîtresse de maison est plus volontiers tournée vers les siens. Cependant, à la longue, cette attitude alourdit l’atmosphère du foyer car le mari se sent frustré, attristé qu’il est de voir ainsi méprisés ceux qui lui ont donné le jour.

J’ai reçu les confidences de vieux parents. Les yeux mouillés de larmes, ils m’ont avoué :

— Notre belle-fille, une chrétienne engagée, ne nous invite jamais chez elle et, lorsque exceptionnellement nous nous rendons chez notre fils pour embrasser nos petits enfants, son épouse nous fait sentir sans ménagement que nous sommes de trop. Et après notre départ, son mari a droit à une scène de ménage, à telle enseigne qu’il est venu nous supplier de nous abstenir d’aller les voir. Simplement pour la paix du foyer.

Le résultat ? C’est que nos petits-enfants grandissent loin de nous. Ils nous ignorent et les nôtres, eux aussi tenus à l’écart, se révoltent contre leur frère qui les empêche de voir leurs neveux, ces « petits » que nous aimons tant ! Voilà où en sont les choses et nous ne voyons guère comment elles pourraient changer ».

Il est triste d’apprendre qu’une chrétienne se comporte ainsi vis-à-vis de ses beaux-parents. Pour être objectif et fournir de judicieux conseils, sans doute serait-il nécessaire d’entendre l’autre son de cloche en interrogeant séparément le fils et sa femme afin de connaître le pourquoi de cette attitude troublante qui, vue du dehors, apparaît inacceptable et incompatible avec la foi professée de part et d’autre. Je présume aisément que les beaux-parents frustrés ne sont pas étrangers à cette situation regrettable. Peut-être ont-ils, par une maladresse ou un mot de trop, blessé la belle-fille et donc entraîné la rupture qui les éprouve. Les torts sont rarement d’un seul côté. Quoi qu’il en soit, l’épouse me paraît ici grandement responsable, mais le mari ne l’est pas moins qui tolère cet état de chose. Sans prendre lâchement ou aveuglément parti pour les siens, il se doit de résister à sa compagne, de la désapprouver fermement, sa façon d’agir étant indigne de qui se réclame de Jésus-Christ. Le mari protégera sa femme des intrigues d’une belle-mère autoritaire mais il ne tolérera pas que soit entretenue dans son foyer une quelconque hostilité à l’égard des siens. En ne réagissant pas, il se fait le complice de celle qu’il devrait aider à abandonner sa rancœur et ses réticences pour recevoir de Dieu « l’amour qui supporte tout ». Il est élémentaire qu’un fils accueille chez lui ses parents et élémentaire aussi que des grands parents jouissent de leurs petits-enfants et les serrent sur leur cœur. Qui tient sa propre famille à l’écart, la combat ou la méprise est indigne de porter le nom de fils. Une épouse chrétienne qui fait « la tête » à ses beaux-parents attriste le Saint-Esprit.

Parents, sachez que les enfants ont un besoin psychologique de leurs aïeuls et ce serait une erreur de les en priver. Ils sont, pour la famille, une présence apaisante. Dégagés des responsabilités du foyer (ils sont en visite), peut-être même à la retraite, ils ne sont pas « sur les nerfs » mais détendus, donc tout à eux. D’ailleurs, les cheveux blancs et les rides impressionnent l’enfant et il écoute volontiers celui ou celle qui a du temps à lui consacrer. Et puis, il apprécie celui (ou celle) qui n’a pas la charge de le corriger. Madame de Sévigné ne disait-elle pas à sa fille, avec un brin d’humour : « Élevez-les. Moi, je les gâte » ? Ne dramatisons pas la « faiblesse » des grands-parents … pourvu qu’ils ne dénigrent pas les choses de la foi ou qu’ils ne contredisent pas les parents de l’enfant en disant au petit, par exemple : « Ta mère est trop sévère et a tort de te priver de chocolat. Viens avec moi et je t’en donnerai. Mais tu ne lui diras rien … ».

Si vous avez de justes reproches à adresser à vos parents, oubliez-les et pardonnez-leur comme vous pardonne le Père céleste (Hébreux 10.17). N’acceptez jamais de ne pas les aimer ni de les respecter. N’attendez pas qu’ils changent pour les accueillir mais bénissez-les en dépit même de leur attitude passée ou de leur caractère difficile. C’est aimer son mari que d’honorer ses beaux-parents.

DIALOGUE

1. – ELLE : Votre mari vous reproche-t-il de ne pas faire bon accueil à ses parents ? Etes-vous attirée par eux, heureuse de les recevoir chez vous ? Sinon, pourquoi ?

2. – ELLE et LUI : Comment parlez-vous à vos enfants de leurs grands parents ? Faites-vous en sorte qu’ils aillent volontiers à leur devant ? Donnez-vous « lourdement » la priorité aux membres de votre propre famille ? Vous êtes-vous demandé pourquoi vos beaux-parents venaient rarement chez vous ?

3. – LUI : Si c’est le cas, pourquoi avez-vous accepté sans réagir que les vôtres soient tenus éloignés de votre foyer ? Qu’allez-vous faire maintenant pour réparer cette faute ?

4. – ELLE et LUI : Si vous avez peiné vos beaux-parents par une attitude injuste, demandez-leur pardon et faites tout pour vous réconcilier avec eux.

5. — ELLE et LUI : Invitez vos beaux-parents et réjouissez-vous avec eux. Ensemble, bénissez Celui qui vous gardera sur le chemin de l’amour.

chapitre précédent retour à la page d'index chapitre suivant