Homilétique

Individualiser le texte

Nous ferions volontiers de cette méthode la règle, comme en effet le cas que nous avons supposé est la règle. Mais alors, entrant en plein dans le point de vue, nous abonderons dans l’esprit de ce procédé, qui est de voir, dans chaque assertion d’un auteur sacré, non seulement une assertion, mais un fait, j’entends un fait de l’auteur, un fait qui n’a pas eu lieu deux fois de la même manière.

Nous partirons de l’idée que tout texte est unique, un individu pour ainsi dire ; nous partirons de l’idée que, dans un livre dont les auteurs n’ont point parlé pour parler, il y a autant de pensées que de paroles, que deux formes accusent deux idées. La Bruyère a dit avec justesse, qu’

entre toutes les différentes expressions qui peuvent rendre une seule de nos pensées, il n’y en a qu’une qui soit la bonne.

– Par la même raison, entre tous les sens que nous pouvons donner à un texte, il n’y en a qu’un qui soit le bon. Un mot peut servir à individualiser un texte. Exemple :

N’oubliez pas d’exercer la bienfaisance, etc. (Hébreux 13.16) C’est s’appauvrir et se rendre vague à plaisir que de procéder autrement. C’est se dérober à soi-même une grande partie des sujets qui se trouvent indiqués dans la Bible. C’est renoncer, en beaucoup de cas, à cette conciliation entre le texte et le sujet dont nous avons tant parlé. Car c’est souvent au moyen d’un mot, mais d’un mot caractéristique, qu’un texte peut devenir l’expression exacte ou approximative du sujet que nous avions en vue avant de chercher ou de rencontrer le texte. Bien souvent, pour opérer cette conciliation le vrai moyen n’est pas de faire abstraction de tel ou tel trait du texte, mais au contraire d’en tenir compte.

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