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Le serviteur que Dieu honore

Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera.

(Jean 12.26)

aMes chers Frères et honorés Collègues,

a – Sermon prononcé à L’Assemblée pastorale neuchâteloise, le 9 mai 1883

A cette époque de l’année, notre ancienne Compagnie des pasteurs avait coutume de tenir une assemblée solennelle à laquelle on donnait le nom un peu suranné, qui vous fera sourire peut-être, de Grabeaux. Le ministère de chacun des pasteurs était successivement soumis à l’appréciation de tous ses collègues, et lorsqu’il rentrait au sein de l’assemblée, le président lui faisait part des résultats de cet examen.

Assurément, saint Paul, en face des critiques dont son ministère était l’objet, n’avait pas tort de dire : « Il m’importe très peu d’être jugé par vous ou par aucun jugement d’homme… C’est le Seigneur qui me jugeb ». Le Seigneur est et reste le tribunal suprême auquel une bonne conscience a le droit d’en appeler de toute sentence humaine. Cependant, il arrivait difficilement que le pasteur, qui se trouvait là seul en face de lui-même, tandis que son administration était si sérieusement discutée, ne fit pas un retour sur lui-même, n’entendît pas quelque accent de la voix du juge sans appel, et qu’en se présentant après cela au milieu de l’assemblée de ses frères pour recueillir de la bouche du Doyen les observations faites sur son compte, il n’éprouvât pas quelque chose de semblable à l’émotion qui nous saisira au moment décisif où nous serons pesés dans la balance de Dieu.

b1 Corinthiens 4.3-4.

Cet usage a passé, mes Frères, avec le caractère officiel du corps qui se l’était volontairement imposé. Il ne reste plus de l’ancienne solennité de Mai que cette prédication d’un genre un peu exceptionnel, confiée d’ordinaire à l’un des anciens membres du corps pastoral. Eh bien ! qu’elle serve aujourd’hui à un but analogue !

Replions-nous en ce moment sur la partie de notre ministère déjà accomplie, et si nous n’entendons pas à son sujet l’appréciation de nos frères, puissions-nous entendre celle de notre propre conscience et dans la voix de celle-ci le jugement du Seigneur lui-même ! Nous trouvons énoncées dans notre texte une condition et une promesse : La condition se rapporte à notre conduite envers Jésus-Christ : « Si quelqu’un me sert… » ; la promesse à la conduite de Dieu envers nous : « Mon Père l’honorera ». Le mot si, qui lie ces deux propositions, nous rappelle le lien d’étroite dépendance qui rattache la promesse à la condition. Occupons-nous d’abord de cette dernière, c’est pour nous le point essentiel.

Avant de prononcer la parole qui nous sert de texte, Jésus dit : « Si quelqu’un me sert, qu’il me suive ». Sur quelle voie ? C’est ce qu’indique le verset qui précède immédiatement : « Celui qui aime sa vie, la perdra ; mais celui qui hait sa vie en ce monde, la conservera pour la vie éternelle ». La condition du service de Jésus, tel qu’il l’entend, c’est donc de ne pas aimer, même de haïr sa vie propre, en d’autres termes, de ne plus se servir soi-même. Quelque habileté que nous mettions à concilier ces deux choses, le service de nous-mêmes et le service de Jésus, nous n’y réussirons point. Ce sont deux tendances incompatibles.

Nous servir nous-mêmes, mes Frères, c’est la disposition innée de notre cœur. Elle nous est tellement naturelle, elle se confond si complétement en nous avec le courant habituel de l’existence, que nous ne nous apercevrions pas même de sa présence, si Jésus ne nous y rendait attentifs.

Le service de nous-mêmes consiste, soit dans la recherche de notre propre bien-être, soit dans celle de notre propre gloire. Ce sont là les deux formes principales sous lesquelles cette tendance surgit de bonne heure en nous et nous envahit bien vite tout entier. La satisfaction de notre sensualité, celle de notre amour propre, voilà les deux buts en vue desquels nous agissons instinctivement, tant que nous sommes encore au service de nous-mêmes. Or, pour que le service de Jésus prenne place dans notre vie et n’y soit pas un vain mot, il faut que le service de nous-mêmes sous ces deux formes périsse. Est-ce possible ? Pourrai-je jamais agir sans tenir compte de l’avantage ou du dommage qui peut résulter pour moi de ce que je suis sur le point de faire ? Pourrai-je jamais parler en public sans me préoccuper du désir de faire naître à l’égard de ma personne et de mon talent l’opinion la plus favorable ?

C’est pourtant à cela qu’il faut parvenir, si vous voulez être affranchis de votre vie propre, servir réellement le Seigneur.

Ce but, dès qu’on se le propose sérieusement, paraît absolument hors de notre portée. Est-il un moyen de l’atteindre ?

Mes chers Frères, il y en a un, mais un seul. C’est de contempler le profond abaissement volontaire de notre Seigneur Jésus-Christ et de nous dire, en nous l’appliquant à nous-mêmes : C’est pour moi !

L’abaissement de sa naissance, d’abord : « Lui qui était en forme de Dieu, dit saint Paul, qui existait dans la gloire de l’état divin, il n’a pas envisagé comme une proie d’être égal à Dieu, c’est-à-dire il ne s’est pas jeté avidement sur l’honneur de paraître ici-bas dans l’éclat et la gloire d’un Dieu, mais il s’est anéanti lui-même, en prenant la forme d’un serviteur et se rendant semblable aux hommesc ».

cPhilippiens 2.7.

Mesurez, mes Frères, la distance infinie qui sépare l’être qui est adoré de celui qui adore, l’être qui commande de celui qui obéit, l’être qui possède toutes choses de celui qui est obligé de tout demander… Vous aurez quelque idée de l’abaissement de Jésus, de son dépouillement volontaire dans le fait de sa naissance.

Puis son abaissement dans sa mort. Après avoir, dans le dévouement, dans l’obéissance et dans l’humilité de la prière, rempli la tâche de la vie humaine, il aurait eu le droit de sortir de cette existence terrestre par la porte d’honneur, par une transfiguration, une brillante métamorphose, qui l’eût fait entrer directement dans la gloire. Il a renoncé à cette légitime et glorieuse sortie de la vie, il a choisi de finir comme un pécheur sur un lit de mort ; et quel lit de mort !

Et tout cela pour moi ! Pour moi-même ! « Vous connaissez, dit l’apôtre, la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ qui, étant riche, s’est fait pauvre, afin que par sa pauvreté vous soyez rendus richesd ». Oh ! Le moi, mes Frères, pour lequel nous vivons naturellement, pourra-t-il maintenir ses exigences, ses prétentions et son règne en face d’un Christ qui se dépouille de tout pour lui ? Pourrai-je rechercher ma propre gloire en face d’un Christ qui, pour moi, de Dieu se fait homme, de roi serviteur, de riche mendiant ? Pourrai-je encore vaquer à la recherche de mes aises et faire de mes plaisirs le but de ma vie, à la vue d’un Christ qui, après avoir renoncé à la vie divine pour se revêtir de ma vie humaine, se dépouille encore de celle-ci et la dépose, non dans la mort douce et paisible d’un juste, mais dans le supplice douloureux d’un malfaiteur abandonné de Dieu et rejeté des hommes ? Et cela encore pour moi et à ma place !

d2 Corinthiens 9.8.

Non, non ; la recherche vaniteuse et sensuelle de moi-même, si tenace qu’elle soit, ne saurait tenir devant une pareille puissance d’humiliation et de dévouement. « La charité de Christ nous presse, dit l’apôtre, estimant que, si un seul est mort pour tous, tous donc sont mortse ». Quel croyant pourrait continuer à vivre de sa propre vie et au service de son moi, quand le Christ meurt ? Il nous entraîne irrésistiblement dans son abaissement, dans sa mort. On l’a dit : « Il n’y a rien d’anéantissant pour le monde, comme le fait que le Christ meure ! »

e2 Corinthiens 5.15.

Aussitôt qu’un pareil fait est devenu l’objet de notre foi et a sérieusement pris place dans notre vie, il s’en empare ; il la domine tout entière. C’en est fait du service de nous-mêmes sous ses diverses formes grossières ou subtiles. L’amour de nous-mêmes n’est pas détruit absolument, sans doute ; il nous causera encore des luttes et de mauvais moments ; mais il est mortellement frappé. Et comme en fait de sentiments, aussi bien qu’en fait d’idées ou de coutumes, on ne détruit que ce qu’on remplace, ce service de nous-mêmes fait place en nous à un autre service : « Et qu’il est mort pour nous, ajoute l’apôtre, afin que ceux qui vivent — qui vivent encore ici-bas après être morts en Christ spirituellement — ne vivent plus pour eux-mêmes, mais pour celui qui est mort et ressuscité pour eux ». Ainsi se produit dans le cœur du croyant le don de lui-même à Jésus et s’éveille le besoin de le servir.

Ce service de Jésus ne consiste proprement ni dans certains actes, ni dans certaines paroles, c’est un mouvement du cœur, l’attachement de la foi à sa personne. Les mains ou les lèvres ne le servent qu’autant qu’elles sont mues par ce sentiment, et qu’à ce prodige de charité : Lui pour moi, a répondu dans notre cœur ce cri de foi et de reconnaissance : moi pour Toi ! Alors commence le vrai service de Christ, celui dont il parlait à ses disciples en ces mots : Si quelqu’un me sert.

En quoi consiste ce service ? Nous l’avons entendu de la bouche du Seigneur : « Si quelqu’un me sert, qu’il me suive ! » Le suivre comment ?

D’abord en aimant de son amour ceux qu’il a voulu sauver. L’aimer lui-même premièrement, puis aimer en lui tous ceux qu’il a aimés et dont il a désiré de procurer le salut en souffrant pour eux : voilà, si je puis ainsi dire, l’âme du service de Jésus. Eprouvez-vous, mes Frères, pour ceux qui vous entourent quelque chose des compassions qui ont poussé le Christ à descendre du ciel et à monter sur la croix en faveur de ces âmes perdues qu’il a voulu racheter à tout prix ? Sentez-vous pour ces êtres malheureux comme un redoublement de pitié, d’intérêt, de sollicitude, à mesure que vous voyez abonder chez eux les manifestations du péché ? Retrouver dans la balayure une de ces drachmes perdues et la rapporter à votre Maître, est-ce un gain plus doux pour vous que ne le serait celui d’une grosse fortune ? La cause de votre Seigneur, le salut de toutes ces âmes, surtout de celles qui vous sont confiées, est-ce là votre préoccupation dominante ? S’associer ainsi au sentiment intime de Jésus, aimer avec lui, c’est là le premier pas pour marcher à sa suite et vivre à son service.

Le second, c’est de travailler de concert avec lui. On peut travailler beaucoup et même dans son champ, et en apparence pour lui, sans que ce soit réellement en le suivant et à son service. C’est ce qui arrive quand on travaille sans lui, en suivant sa propre voie, et en faisant sans s’en douter sa propre œuvre. Est-ce comme de sa main et en vue de lui que nous avons accepté la position que nous occupons ? Dans chaque démarche à laquelle nous nous livrons, consultons-nous, non notre agrément personnel, notre avantage propre, mais sa volonté et l’intérêt de sa cause ? Est-ce dans le recueillement, dans la communion du cœur avec lui, que nous préparons nos travaux ? Jésus disait à ses disciples : « Je vous ai transmis les paroles que j’ai reçues de mon Pèref » et aux Juifs : « Comme j’entends, je jugeg ». Faisons-nous comme Jésus ? Agissons-nous de la sorte envers Jésus lui-même ? Recevons-nous de lui ce que nous donnons aux autres ? Avant de prononcer une sentence, l’entendons-nous de sa bouche ? Avant de parler, faisons-nous silence pour écouter sa voix ? Si nous ne travaillons pas avec lui, nous risquons bien de ne pas travailler pour lui. Quand nous donnons du nôtre, c’est pour nous-mêmes que nous le donnons ; tout en pensant servir Jésus peut-être et nos frères, il se trouve que c’est nous-mêmes que nous servons.

fJean 17.8.

gJean 5.30.

Puis, tout en travaillant avec lui, supporter avec lui. Il est bien difficile, quand on travaille seul et par soi-même, de ne pas s’irriter des obstacles et de l’insuccès. Au lieu de faire de la cause de Jésus la nôtre, sans nous en douter, nous faisons de la nôtre celle de Jésus. Nous nous sentons personnellement froissés, indignés des mécomptes de notre ministère. Notre zèle s’aigrit. Or, comme le dit Jacques, « la colère de l’homme n’accomplit point la justice de Dieuh ». C’en est fait dans notre ministère de l’œuvre de Christ. Mes Frères, si c’est bien Jésus que nous servons, et non pas nous-mêmes, nous patienterons, nous attendrons, nous supporterons, nous pardonnerons, nous espérerons, nous persévérerons avec lui, nous nous armerons de sa douceur et nous n’oublierons pas ce que son exemple a appris à la terre : c’est que « le fruit de la justice se sème dans la paixi ».

hJacques 1.20.

iJacques 4.18.

Le suivre enfin, j’ose l’ajouter, en régnant avec lui. Ce que je veux dire par là en ce moment, c’est le suivre en nous associant au point de vue élevé d’où il juge, gouverne et accomplit toutes choses. Jésus règne, et son règne est plus vaste qu’aucune œuvre, qu’aucune forme, qu’aucune association particulière de croyants. Il embrasse tout ce qui se fait sérieusement en son nom, tout ce qui contribue réellement à le glorifier ! C’était en s’élevant à cette hauteur, d’où le Seigneur lui-même contemple et apprécie tout ce qui se fait ici-bas, que l’apôtre saint Paul déclarait se réjouir même d’un travail inspiré en partie par l’antipathie pour sa personne, mais qui cependant contribuait à répandre la connaissance de Jésus-Christ.

Mes Frères, il est dans notre condition terrestre de devoir spécialiser et localiser notre travail. Nous ne pouvons nous mettre au service de l’œuvre universelle que par l’intermédiaire d’une œuvre particulière à laquelle nous nous vouons. Nous ne sommes pas des apôtres établis sur l’Eglise en général ; et encore les apôtres eux-mêmes avaient-ils dû se répartir le travail. L’action de Jésus glorifié est seule élevée au-dessus de toute limite particulière. Mais, tout en travaillant au service de l’œuvre spéciale qui nous réclame et dans laquelle nous avons cru voir la tâche que le Seigneur nous confiait, n’enfermons pas notre sympathie dans ce cadre étroit. Par la puissance de l’Esprit de Jésus, élevons-nous de cœur au-dessus de notre œuvre, de notre église. Comme la charité dans le portrait qu’en a tracé saint Paul, réjouissons-nous de la vérité, avec la vérité, partout où elle éclate, partout où elle célèbre un triomphe ; affligeons-nous de l’injustice partout où elle se déchaine et porte atteinte à l’œuvre de Christ. Et, puisant dans le cœur de Jésus la largeur qui manque naturellement au nôtre, même dans les choses saintes, bénissons tout ce qui appartient à Christ, et aimons quiconque en vérité le suit et le sert, lors même qu’il ne le servirait et ne le suivrait pas avec nousj.

jMarc 9.38-40.

II

Si vous aimez Jésus de telle sorte que vous aimiez vos frères de son amour, que vous travailliez au milieu d’eux dans sa force, que vous les supportiez avec sa douceur, et cela en subordonnant sans hésiter votre œuvre à son règne, vous êtes, mon cher frère, l’homme que Jésus avait en vue quand il disait : « Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera ».

Le Père chérit le Fils, il aime tout ce qui travaille pour lui ; et comme il est dit du bienfaiteur du pauvre qu’il prête à l’Eternel et que c’est l’Eternel qui lui rendra son bienfait, ainsi, et à plus forte raison, tout ce qui est fait pour le Fils va droit au cœur du Père ; il en fait sa propre dette, et il l’acquitte en honorant celui qui travaille de la sorte. Jésus disait : « Je ne cherche pas ma gloire ; il y en a un qui la cherche et qui jugek ». Mon frère, vous avez renoncé à chercher votre gloire propre ; vous avez fait le sacrifice de votre repos, de votre bien-être et de vos propres jouissances. Vous en avez agi ainsi pour Jésus. Il y en a un qui voit cela et qui ne l’oublie point. C’est le Père, le Père de Jésus et le vôtre. Cet honneur que vous ne cherchez pas, il le cherche, Lui, d’autant plus que vous l’oubliez vous-mêmes, et il se plait à vous le prodiguer.

kJean 8.30.

Il le fait déjà maintenant en vous donnant intérieurement le témoignage d’être un vrai serviteur de son Fils. Je regarde aux cieux, je regarde sur la terre pour y découvrir une manifestation humaine ou divine plus glorieuse à la fois et plus douce que ce témoignage intime, tout pâlit à côté du bonheur et de l’honneur de se sentir reconnu, déclaré par Dieu même le fidèle serviteur de son Bien-aimé, de son Fils, du Seigneur des seigneurs.

A ce témoignage intérieur se joint celui que Dieu vous rend, mon cher frère, dans le cœur des hommes auprès desquels vous travaillez au service de Jésus. Il vous honore en bénissant votre travail, en lui imprimant son sceau divin, c’est-à-dire en en tirant sa propre gloire, en faisant de vous auprès de plusieurs l’agent de ses éternels desseins de salut. Et si parmi ceux qui vous entourent, il en est qui repoussent vos appels, qui répondent à vos avances par le mépris, à vos efforts par l’irritation, l’injure et la haine, cela n’empêche point que dans ces cœurs mêmes Dieu ne vous honore par le respect et la crainte qu’il leur fait ressentir pour vous. C’était à ceux qui lui disaient : « Tu es un samaritain, tu es un démon » que Jésus répondait ces paroles sublimes : « J’honore mon Père et vous, vous me déshonorez, mais je ne cherche pas ma gloire. Il y en a un qui la cherche et qui juge ! »

Enfin, il y aura un jugement plus solennel que celui qui s’accomplit déjà à cette heure, un jugement à la suite duquel seront confiées au serviteur de Jésus des choses plus grandes que celles qu’il a administrées ici-bas. Ce qui vous est confié présentement, ce sont cinq talents, dix talents. Mais écoutez ce que le Seigneur, entrant dans son règne, vous dira : « Tu administreras cinq villes, dix villesl ». Vous baissez les yeux, mon frère ; c’est trop d’éclat. Tant d’honneur vous éblouit, vous effraie en quelque sorte. Rassurez-vous. Voici une autre parole plus modeste qui répond mieux au besoin d’abaissement de tout vrai serviteur de Jésus : « Ses serviteurs, est-il dit, le servirontm ». Le meilleur salaire des véritables serviteurs de Christ, ce sera de le servir encore et toujours avec de nouveaux moyens et de nouvelles forces dans de plus hautes sphères. Voilà ce que sera votre règne. Dans le royaume de l’amour régner, c’est servir.

lLuc 19.17, 19.

mApocalypse 22.3.

Mes Frères ici présents, vous qui êtes serviteurs de Christ par la position et le nom, l’êtes-vous aussi en réalité et de cœur ? Au pied de sa crèche, au pied de sa croix, avez-vous une fois tout de bon rompu avec le service de vous-mêmes ? Etes-vous morts à votre propre gloire, à votre satisfaction personnelle, morts à tout cela en celui qui est mort pour vous ? « Votre vie ne vous est-elle plus précieuse, autant que d’achever avec joie votre course et le ministère que vous avez reçu du Seigneur Jésus, pour rendre témoignage à l’Evangile de la grâce de Dieu ?n »

nApocalypse 20.24.

Souffrez que je vous adresse franchement et simplement cette question. Le Seigneur dit : « Si quelqu’un me sert, mon Père l’honorera ». Mais dans cette promesse est renfermée, comme un contraste sous-entendu, une menace : Si quelqu’un ne le sert pas, si quelqu’un, surtout parmi ceux qui se nomment ses ministres, ses serviteurs, qui possèdent la position, l’autorité, les droits attachés à ce titre, ne le sert pas…, mais se sert de lui, Christ, et de son œuvre, et du ministère qu’il a institué et des privilèges qui lui sont conférés pour se servir, ou, comme dit le prophète, pour « se paître lui-même », mes Frères, on n’ose considérer l’avenir de cet homme. A la grandeur de l’honneur promis au fidèle serviteur, mesurez le poids de l’opprobre qu’aura à porter un tel homme ! Aussi vrai, Dieu honorera le premier en le comblant des témoignages de son amour, aussi vrai il abreuvera le second d’ignominie et des marques éternelles de son indignation.

C’est pourquoi allons à lui et disons-lui tous : Seigneur Jésus, t’ai-je vraiment servi ? T’ai-je été fidèle ? Si je l’ai été, fais que je le sois plus complètement. Fais que les derniers restes du service de moi-même, qui m’affligent encore, soient consumés par ton amour plus pleinement encore manifesté à mon cœur ! Si je ne l’ai pas été jusqu’ici … Seigneur, me voici ! Ne me repousse pas ! Pardonne-moi ! Reçois-moi ! Consacre-moi ! Prends-moi tout entier ! Que mon esprit, mon âme et mon corps te servent, ô Jésus ! Et que, malgré tout ce que j’ai à me reprocher vis-à-vis de toi, ton Père puisse encore m’honorer, et non me dégrader et me rejeter !

Amen.

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