Commentaire sur l’Épître aux Galates

Introduction

I. Des Galates

§ 1. Origine et histoire

A une époque difficile à préciser les Galls furent ébranlés dans leur vie de clan par la double invasion druidique et guerrière des Kymry et des Bolg. Cet accroissement de population et l’esprit remuant de la race gaélique déterminèrent un puissant et vaste mouvement. Deux frères jumeaux, sous les inspirations de leur oncle Ambigat, chef de la Gaule centrale, sortirent du pays celtique, chacun à la tête d’une émigration nombreuse, vers l’an 594, avant J. C. Sigoyèse courut vers l’Italie, et Bellovèse poussant les Arécomiques et les Tectosages du Languedoc, vers le nord d’où ils étaient descendus, passa le Rhin vers Bâle, entraîna sans doute des hordes germaines, pénétra dans l’Hercynie, et se répandit dans la Luzace, la Silésie et la Bohême. C’est alors que s’établit une émigration périodique qui dura trois siècles, et que des hordes de Galls, de Kymry, de Bolg, de Germains, se ruèrent vers l’orient, leur primitive patrie, avec une constance séculaire que l’on serait tenté de regarder comme un élan prophétique, vers la lumière qui devait jaillir de ces régions, comme un prélude sanglant du fécond embrassement des mondes oriental et occidental par le sang du Golgotha.

Cette émission, si longtemps soutenue de flots humains, se heurtant, se poussant, se fortifiant, cette marée montante de barbares, alla frapper à travers les vallées du Danube, les portes de la Macédoine, lorsque le héros de cette province interrogeait lui-même à Babylone ce mystérieux Orient. Alexandre se fit des alliés de ces tribus. Mais à sa mort, ressaisies par leur instinct aventurier, elles se hâtent d’exploiter les embarras de ses successeurs et se jettent dans la Grèce et l’Asie, au milieu des discordes. Renforcées par l’arrivée de 300 000 émigrants, elles gravissent, sous les ordres d’un Brenn, le mont Hémus, le Rhodope, le mont Alban, se roulent comme des avalanches dans la Macédoine, l’Epire, la Thrace, rompent les phalanges de Ptolémée-la-Foudre, l’an 280 ; franchissent les Thermopyles, descendent dans la Phocide, et viennent se briser contre le temple de Delphes, où la Grèce entière les repousse, les saccage, les broie, et force les vaincus qui échappent à son glaive, de refluer en partie vers le Danube et le midi des Gaules.

Tandis que quelques divisions galliques épargnées par ce désastre s’étaient fixées dans la Thrace, trois hordes, les Tolistoboïe, les Trocmes et les Tectosages passant le Bosphore s’enfoncent dans l’Asie mineure, et troupes mercenaires, parviennent à s’établir et à se maintenir dans la contrée. Le roi de Bithynie, Nicomède Ier, voulant chasser son frère Zypoétas, achète leur secours, l’an 279, et leur donne des terres, noyau naissant de la contrée qui, de leur nom, fut appelée Galatie. Cette province était bornée au nord par la Paphlagonie et la Bithynie ; à l’est par le Pont et la Cappadoce ; au sud par la Cappadoce et la Phrygie ; à l’ouest par la Phrygie et la Bithyniec. Montueuse mais très fertile surtout le long du fleuve Halysd, elle avait pour villes principales Ancyre (Angora), métropole de la Galatie sous Auguste, Tavium, et Pessinonte fameuse par le culte de Cibèle. L’an 240, ces Gaulois furent défaits par Attale Ier, roi de Pergame ; plus tard, ayant fait une injure à Eumène II, roi de Pergame, et Rome voulant les abattre, avant de sortir de l’Asie, parce qu’ils auraient pu renouveler la guerre, le consul Manlius les attaqua, les vainquit et les confia à la garde d’Eumène, 189 ans av. J. C.e. Le dernier de leurs tétrarques, Amyntas, favori d’Antoine et de l’empereur Auguste, eut, outre la Galatie et la Pisidie, les districts de Lycaonie et de Pamphylie sous sa dominationf. L’an 26 av. J. C, de Rome 729, tout tomba sous la puissance immédiate des Romains, et la Galatie et la Lycaonie eurent un procurateur romaing. Lystre et Derbe avaient appartenu à l’empire du roi Amyntas, et Pline, le premier, les donne à la Galatie. Cependant Luc les sépare de la Gallogrèce (Actes 16.1-6), et les fait dépendre de la Lycaonie (14.6) qu’il distingue de la Galatie avec tous les écrivains de ce temps, au nombre desquels se trouve Pline lui-même (5, 25). Luc cite aussi la Pamphylie comme province particulière (Actes 14.24 ; 15.38).

c – Strabon 12, 566. Pline 5, 42. Amm. Marcel 25, 10.

d – Flor. 2, II. Strab. 12, 567.

e – Liv. 38, 12. Comp. 1 Maccabées  8.2. Velleïus Patere. 2, c., 39. Plutarq. Virt. Mul. p. 258.

f – Dio. Cass. 49, 32 Strab. 12, 569.

g – Dio. Cas ». 53, 26. Eutrop. 7,2. Eusèbe, Chron. ad olymp. 188.

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